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Au Venezuela, les députés de l'opposition peuvent à nouveau entrer au Parlement

Un membre de l'opposition bloque la route à Caracas, Vénézuela, le 30 juillet 2017.

Les députés de l'opposition vénézuélienne pouvaient à nouveau accéder au Parlement mercredi, un jour après s'être vu bloquer l'accès par les forces de l'ordre, selon les images diffusées sur les réseaux sociaux.

Tout sourire, le chef de l'opposition Juan Guaido, qui préside l'Assemblée nationale et qui accusait la veille le pouvoir de Nicolas Maduro de chercher à "bâillonner" le législatif, est arrivé en milieu de matinée entouré de ses collaborateurs.

Mardi matin, des effectifs de la police, de la Garde nationale bolivarienne, un corps militarisé, et des services de renseignement (Sebin) avaient été déployés autour du Palais fédéral et en interdisaient l'accès aux députés et aux journalistes, avait constaté l'AFP. Cela avait été justifié par le gouvernement par une alerte à la bombe.

"Hier, la dictature a essayé d'empêcher la tenue de notre session, mais elle n'y est pas arrivée, et elle n'y arrivera pas. Aujourd'hui, nous allons siéger pour faire honneur au soutien et à la confiance du peuple du Venezuela", a écrit sur Twitter l'opposant, reconnu comme président par intérim par plus d'une cinquantaine de pays.

Plusieurs autres députés de l'opposition étaient arrivés peu avant. Au cours de la session de mercredi, les députés doivent débattre des poursuites contre leurs pairs accusés par la Justice d'avoir "activement" soutenu le soulèvement manqué du 30 avril, auquel avait appelé Juan Guaido.

"Nous sommes à l'intérieur. On est entré normalement, on nous a juste demandé de nous identifier", a déclaré à l'AFP le député Arnoldo Benitez. En revanche, les journalistes n'ont pas été autorisés à entrer et "cela nous inquiète car les médias sont un bouclier pour nous", a-t-il ajouté.

Le Parlement est la seule institution vénézuélienne contrôlée par l'opposition à Nicolas Maduro, auquel Juan Guaido réfute toute légitimité.

Mardi, la Cour suprême, accusée d'être aux ordres du chef de l'Etat, a ordonné l'ouverture de poursuites pénales contre quatre députés d'opposition accusés d'avoir soutenu l'appel au soulèvement, portant à 14 le nombre de parlementaires dans le collimateur de la justice.

Des 14 députés poursuivis, Edgar Zambrano, le vice-président de l'Assemblée nationale, a été arrêté la semaine dernière et transféré dans une prison militaire. Trois députés sont réfugiés dans des résidences diplomatiques et un autre a fui en Colombie voisine.

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Aux confins d'Israël, les Bédouins votent sans trop d'espoir

Un drapeau israélien fait signe à l’ambassade à Moscou le 18 septembre 2018.

"Chaque voix peut faire la différence", explique ce père de 15 enfants, membre de la minorité des Arabes israéliens.

Lui dit avoir exercé son droit de citoyen en participant aux législatives de mardi, les deuxièmes en moins de six mois, le premier scrutin n'ayant accouché d'aucune coalition gouvernementale.

A l'instar des quelque 250.000 Bédouins du désert du Néguev (sud), il appartient à la minorité des Arabes israéliens, descendants des Palestiniens restés sur leurs terres à la création d'Israël en 1948. Ceux-ci, qui représentent environ 20% des neuf millions d'habitants du pays, dénoncent des discriminations par rapport à la majorité juive.

Assis droit sur sa chaise en plastique, au milieu d'un terrain vague où survivent de maigres arbres récemment plantés, le cheikh est le chef d'un village "illégal" dans le Néguev, zone désertique du sud d'Israël où vit la grande majorité des Bédouins du pays, descendants de langue arabe des nomades du désert.

Comme 34 autres villages de la région, le hameau d'Al-Araqib, n'est pas reconnu par l'Etat israélien. Pas d'accès à l'eau, pas d'école, de transport...

D'Al-Araqib, il ne reste que des abris de fortune adossés aux voitures et camionnettes des habitants, dans le cimetière. Le village a été détruit "161 fois", raconte le notable, retroussant sa longue tunique.

Vingt-deux familles résistent dont celle du cheikh, né sur place.

"Avec les morts"

Les Bédouins du Néguev vivent en marge de la société israélienne, souvent dans une grande pauvreté. Ils se plaignent des démolitions répétées de leurs villages par les autorités, de transferts forcés et de spoliation de leurs terres qu'ils refusent de quitter.

Les autorités israéliennes dénoncent pour leur part des constructions anarchiques, l'absence de titres de propriété et le souci d'améliorer les conditions de vie des Bédouins.

"Le gouvernement actuel est extrémiste et criminel", juge le cheikh Sayiah Al-Turi, 70 ans, qui dénonce un "Etat d'occupation" et a voté mardi contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

"Je n'attends rien de bien de ce pays, il est raciste. Je ne crois qu'en Dieu pour changer les choses", affirme le cheikh qui a pourtant voté.

Sa cousine Hakma a elle aussi voté. "J'ai l'espoir qu'il y ait un changement, pas uniquement pour moi, mais pour tous les bédouins du Néguev", dit-elle, montrant un réchaud de gaz à même le sol et des casseroles rangées dans un "placard" improvisé avec un frigo débranché.

"Regardez où je cuisine! Un jour je dors dans la maison, un jour dans le camion, un autre dans le cimetière", poursuit la petite femme vêtue de noir. "On partage l'électricité avec les morts", déplore la mère de neuf enfants.

"Démocratie bidon"

Dans la ville d'à côté, à Shaqef as-Salam, une foule s'agglutine sous les parasols de fortune, pour s'enregistrer pour le vote. A l'écart des regards, des hommes distribuent discrètement des bulletins de vote pour la "Liste unie" des partis arabes.

Saba, dissimulée sous un niqab noir comme la plupart des femmes autour d'elle, vote à chaque élection. "C'est mon droit, je suis citoyenne comme les autres", martèle-t-elle.

Mardi, elle est venue par ses propres moyens, depuis l'un des rares villages bédouins reconnus par Israël, Bir Haddaj. Une heure et demie de route pour glisser son bulletin dans l'urne, précise-t-elle.

Les associations dénoncent une volonté de limiter la participation des Bédouins. Dimanche, le Comité central pour les élections a interdit à l'organisation israélienne Zazim ("on bouge"), d'affréter des bus pour acheminer les habitants arabes les plus éloignés jusqu'aux urnes.

Assis sur le trottoir devant l'école transformée en bureau de vote, Bassel Zaanoun vote "pour qu'ils arrêtent de démolir nos maisons".

Sa maison a été démolie deux fois. "Pour l'instant, on habite dans une bicoque de fortune", lance celui qui a encore une tête de gamin, perdu au milieu du brouhaha.

Selon l'ONG Neguev Coexistence Forum for Civil Equality, 2.326 ordres de démolition ont été exécutés l'an dernier, dont plus de 600 pour des logements. Et, dans 88% des cas, ce sont les propriétaires qui sont contraints d'y procéder.

A Al-Araqib, "Docteur Awad" secoue la tête quand le cheikh parle des élections. "Je ne vote pas. Jamais", proteste le professeur d'université, lunettes de soleil dissimulant son regard. "Où sont les députés arabes?", dit-il, pointant l'emplacement du village désormais vide.

"Ils n'ont pas pu empêcher ne serait-ce qu'une démolition". "C'est une démocratie bidon", lâche-t-il avec mépris. "Je ne vais pas donner ma voix pour les légitimer".

Iran : le guide suprême exclut toute négociation avec les Etats-Unis

L'ayatollah Ali Khamenei reçoit Mohammed Abdul-Salam, à gauche,porte-parole des rebelles yéménites Houthis, à Téhéran, le 13 août 2019.

Le guide suprême iranien a exclu mardi toute possibilité de négociation avec les Etats-Unis à l'heure où le président américain dit être disposé à rencontrer son homologue iranien tout en menaçant Téhéran.

"De l'avis unanime de tous les responsables de la République islamique d'Iran, il n'y aura aucune négociation avec les Etats-Unis, à quelque niveau que ce soit", a déclaré l'ayatollah Ali Khamenei, selon son site internet officiel.

"Négocier avec les Etats-Unis [reviendrait à accepter] qu'ils imposent leurs exigences à l'Iran", indique un message du compte Twitter officiel en anglais de M. Khamenei.

Cela reviendrait à "montrer que la politique américaine de pression maximale [contre l'Iran] est un succès" ajoute le tweet, alors que, selon son compte internet, M. Khamenei a déclaré, en s'adressant à des étudiants, que cette politique était "vaine".

"Si les Etats-Unis se repentent et reviennent [à l'accord sur le nucléaire iranien] dont ils se sont retirés [en mai 2018], ils peuvent participer aux discussions qu'ont l'Iran et les autres membres" parties à cet accord, indique un autre message twitter du compte officiel du guide en anglais.

"Sinon, aucune négociation n'aura lieu entre la République islamique et des responsables américains à quelque niveau, et que ce soit à New York ou ailleurs", ajoute le même message.

La Maison-Blanche a indiqué dimanche que M. Trump n'excluait pas l'hypothèse d'une rencontre avec le président iranien Hassan Rohani malgré les accusations de certains responsables américains tenant Téhéran pour responsable des attaques de drones ayant visé samedi des installations pétrolières en Arabie saoudite.

L'idée d'une telle rencontre, en marge de l'assemblée générale des Nations unies à New York fin septembre, est poussée par la France dans une tentative de faire baisser les tensions entre Téhéran et Washington, qui ont failli dégénérer en affrontement militaire direct en juin.

Le président iranien et d'autres responsables de la République islamique ont répété à plusieurs reprises ces derniers temps que toute rencontre entre MM. Trump et Rohani était exclue tant que les Etats-Unis maintiendraient les sanctions économiques qu'ils ont imposées ou réimposées à l'Iran depuis août 2018.

Lundi, les Etats-Unis ont indiqué préparer une réponse après les attaques contre les installations pétrolières en Arabie saoudite, qui ont fait flamber les prix du baril de brut.

Revendiquées par les rebelles yéménites Houthis, que Téhéran dit soutenir politiquement, ces attaques ont réveillé la crainte d'un affrontement militaire avec l'Iran, mis en cause plus ou moins directement par Washington et Ryad.

"Il semble" que Téhéran soit derrière les attaques, mais "pour le moment je veux savoir avec certitude qui est responsable", a néanmoins déclaré M. Trump.

Avec AFP

Attaques en Arabie saoudite: Washington met en cause l'Iran et prépare la riposte

Le président Donald Trump à la Maison-Blanche, le lundi 16 septembre 2019 à Washington. (Photo AP / Patrick Semansky)

Les Etats-Unis préparaient lundi la riposte après des attaques "sans précédent" contre des installations pétrolières en Arabie saoudite, qui ont réveillé la crainte d'une confrontation militaire avec l'Iran, mis en cause plus ou moins directement par Washington et Ryad.

Les tirs de samedi ont entraîné la réduction de moitié de la production de pétrole du premier exportateur mondial et donc porté un coup d'arrêt brutal à l'approvisionnement de la planète en or noir.

Donald Trump, qui s'est dit dès dimanche "prêt à riposter" et sur lequel tous les yeux sont braqués pour savoir s'il va ordonner des frappes contre l'Iran, a réuni lundi son équipe pour faire le point sur la situation.

"Je peux vous dire que c'était une très grosse attaque et notre pays pourrait très facilement y répondre par une attaque beaucoup plus grosse", a prévenu le président américain devant la presse.

Son ministre de la Défense Mark Esper a assuré que le Pentagone travaillait avec les "partenaires" des Etats-Unis "pour répondre à cette attaque sans précédent et défendre l'ordre international sapé par l'Iran".

- "Armes iraniennes" -

Comme durant le week-end, lorsqu'il s'est abstenu de mettre nommément en cause l'Iran pourtant pointé du doigt par son secrétaire d'Etat Mike Pompeo, Donald Trump a laissé une certaine place au doute.

"Il semble" que Téhéran soit derrière les attaques, mais "pour le moment je veux savoir avec certitude qui est responsable", a-t-il dit.

Le locataire de la Maison Blanche a insisté sur sa volonté de se coordonner avec les autorités saoudiennes pour les "aider", précisant que M. Pompeo "et d'autres se rendraient en Arabie saoudite" prochainement. Dimanche, il avait dit "attendre" que Ryad désigne "le coupable".

Or l'Arabie saoudite a fait un pas en ce sens lundi en affirmant que "les armes utilisées dans l'attaque étaient iraniennes", selon les premiers éléments de sa propre enquête qui "se poursuit" pour "identifier l'origine" des tirs.

L'attaque a été revendiquée par les rebelles Houthis du Yémen, soutenus par l'Iran face au gouvernement yéménite appuyé par une coalition militaire dirigée par Ryad.

Mais l'armée saoudienne a rejeté cette version, et Mike Pompeo a estimé qu'il n'y avait aucune preuve que cette "attaque sans précédent contre l'approvisionnement énergétique mondial" soit venue du Yémen.

L'Irak, pris en étau entre ses deux grands parrains, Téhéran et Washington, a assuré lundi que le chef de la diplomatie américaine avait reconnu que le territoire irakien, où évoluent de nombreuses milices pro-iraniennes, n'avait pas été utilisé pour lancer ces tirs.

- Flambée des prix -

L'administration américaine accuse donc l'Iran mais n'est pas allée à ce stade jusqu'à affirmer que c'est le régime iranien qui a mené l'attaque depuis son propre sol.

Le gouvernement iranien a en tout cas rejeté des accusations "insensées" et "incompréhensibles".

"Le Yémen est la cible de bombardements quotidiens", a lancé le président iranien Hassan Rohani, faisant écho depuis Ankara à la revendication des Houthis. "Le peuple du Yémen a été obligé de répondre. Ils ne font que se défendre", a-t-il martelé.

En visite à Bagdad, le patron de l'Otan Jens Stoltenberg s'est dit lundi, dans un entretien avec l'AFP, "extrêmement inquiet du risque d'escalade", accusant Téhéran de "déstabiliser l'ensemble" du Moyen-Orient.

Cet accès de fièvre intervient alors que Washington et Téhéran ont déjà frôlé la confrontation militaire en juin, lorsque Donald Trump a dit avoir annulé in extremis des frappes contre des cibles iraniennes. Ces dernières semaines, le milliardaire républicain semblait pourtant privilégier la voie diplomatique pour faire retomber la tension et, peut-être, rencontrer Hassan Rohani lors d'un tête-à-tête historique.

L'infrastructure énergétique saoudienne avait déjà été visée par les Houthis notamment en mai et en août.

Mais les attaques de samedi contre l'usine d'Abqaiq et le gisement de Khurais, dans l'est de l'Arabie saoudite, sont d'une autre envergure: elles ont entraîné une chute de moitié de la production saoudienne, à hauteur de 5,7 millions de barils par jour, soit environ 6% de l'approvisionnement mondial.

Les prix du brut sont montés en flèche. Le baril de référence sur le marché mondial, le Brent de la mer du Nord, a bondi lundi de 14,6% pour finir à 69,02 dollars, soit sa plus forte progression depuis que ce contrat a été formalisé en 1988.

Dans ce contexte, les autorités saoudiennes étudient la possibilité de reporter l'entrée en Bourse très attendue du géant pétrolier Aramco, ont indiqué lundi à l'AFP des sources proches du dossier.

Donald Trump a assuré lundi que son pays n'avait "pas besoin du pétrole et du gaz du Moyen-Orient" mais a promis "d'aider" ses alliés. Son ministre de l'Energie, Rick Perry, a tenté de freiner la flambée des cours, soulignant la "quantité substantielle de pétrole disponible".

Il a jugé "prématuré" d'envisager le recours aux réserves stratégiques américaines.

Avec AFP

Cinéma et jeux vidéo, un mariage de raison encore difficile

Des joueurs jouent à Minecraft lors de la Paris Games Week (PGW), un salon dédié aux jeux vidéo à Paris, en France.

Découvrir une aventure sur grand écran avant de la poursuivre sur sa console: ce réflexe fait partie depuis longtemps des habitudes des "gamers", mais les adaptations de films en jeux vidéo donnent parfois des résultats inégaux.

Dernier exemple d'un transfert d'univers: le jeu Blair Witch, sorti pour célébrer les 20 ans du film à succès de la fin des années 1990, et qui replonge le joueur dans son ambiance angoissante.

Il ne sera pas seul: Star Wars: Fallen Order, inspiré de l'univers créé par George Lucas, et Marvel's Avengers sont, entre autres, prévus dans les prochains mois.

Dans ces deux cas, le joueur connaîtra de nouvelles aventures, tout en restant dans un univers familier.

"C'est le type de jeu qui marche le plus souvent", souligne Fanny Renard, animatrice de communauté pour le studio indépendant Goblinz: "un même univers, parfois les mêmes personnages mais une histoire différente, qui vient compléter celle existante".

Un choix assumé par les créateurs de Blair Witch qui se savent "attendus au tournant avec un film aussi emblématique".

"Nous voulions développer notre propre histoire mais en gardant l'esprit du film. Le sentiment d'isolement est important, pris au piège sans savoir quoi faire", explique Barbara Kciuk, auteure principale chez Bloober Team, le studio en charge de l'adaptation.

- "une simple commande" -

Une logique également appliquée avec succès par LucasArts, la filiale vidéoludique de Lucas Films, les créateurs de Star Wars, dont plusieurs jeux, tels que les Jedi Knights ou Galactic Battleground, sont devenus des références.

Ce parti pris n'est pourtant pas celui de la majorité des adaptations de succès cinématographiques. Souvent trop proches du scénario du film, parfois bâclées, les adaptations, qui apparaissent dès le début des années 1980, sont rarement une réussite.

"Atari avait réalisé une adaptation du film E.T., un produit qui les a littéralement tués", rappelle Andrew Kitson, de Fitch Solutions. "Atari avait mis les moyens mais n'avait donné que cinq semaines aux développeurs et un brouillon du script du film pour travailler. Sans surprise, le jeu était pauvre et l'histoire très éloignée de celle du film".

Deux ans après la sortie du film, le pionnier des jeux vidéo cessera de faire des consoles, avant de se vendre au japonais Namco en 1985.

"Le problème vient de la commande. Lorsqu'un jeu est une simple commande, il ne sera pas fait avec le même soin, on aura souvent une oeuvre vidéoludique plus étriquée", souligne Laurent Michaud, directeur d'études pour l'Idate.

"Le développement du jeu commence tard dans le processus de production du film et des produits mal terminés sont mis en vente mais pour les studios peu importe, un mauvais jeu ne viendra pas entacher la réputation d'un film", ajoute M. Kitson.

- Le jeu vidéo investit le cinéma -

Si le cinéma voit surtout le jeu vidéo comme une source de revenus additionnels, il y cherche également de plus en plus de l'inspiration.

Depuis le milieu des années 1990, environ 150 films ont ainsi vu le jour en s'inspirant de jeux vidéo, de Doom à Mario Bros. en passant par Street Fighter ou Prince of Persia. Mais bien peu ont connu un réel succès, à l'exception sans doute des adaptations de Lara Croft (Tomb Raider), ou des Resident Evil, avec Milla Jovovich.

Certains éditeurs, comme le français Ubisoft, ont même décidé de lancer leur propre société de production afin d'adapter leurs licences en films ou séries.

Ubisoft a commencé en 2016 avec une adaptation de son jeu à succès Assassin's Creed, un film qui n'a pas su convaincre la critique mais qui n'enlève rien aux ambitions du groupe: près d'une dizaine de films tirés de ses jeux sont prévus dans les prochaines années.

Pour l'heure cependant, le jeu vidéo n'a pas encore trouvé son oeuvre cinématographique majeure, qui le ferait basculer, au même titre que la littérature, comme une source d'inspiration légitime.

"Le Seigneur des Anneaux a été adapté plusieurs fois au cinéma avant le succès de Peter Jackson, les précédentes versions n'étaient pas brillantes. Il a fallu le temps nécessaire, les bonnes technologies et le bon réalisateur, qui connaissait bien l'oeuvre de J.R.R. Tolkien. Il en sera de même pour les adaptations de jeux vidéo", insiste M. Michaud.

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