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Tollé autour de l'invitation de Chelsea Manning à Harvard


Chelsea Manning, le 18 mai 2017

La prestigieuse université de Harvard a renoncé vendredi à inviter Chelsea Manning, l'ancienne informatrice de WikiLeaks condamnée pour trahison, à y venir donner des cours pendant un an, après des réactions outragées de deux responsables de la CIA.

Harvard avait annoncé jeudi non seulement à avoir invité Mme Manning, nouvelle identité du soldat Bradley Manning qui a changé de genre pendant qu'il était en prison, à venir parler devant les étudiants, mais lui avoir accordé également le titre de "visiting fellow".

Ce titre est accordé généralement à des détenteurs de doctorat qui peuvent ainsi poursuivre leurs recherches en profitant des installations de l'université, et sont le plus souvent chargés de cours.

Mais il peut aussi l'être, de façon honorifique, pour des personnalités considérées comme pouvant apporter une expérience intéressante aux étudiants, devant lesquels il leur arrive d'intervenir.

Dès cette annonce, en protestation, le directeur de la CIA, Mike Pompeo, qui devait parler jeudi soir à un forum à Harvard, a annoncé qu'il ne viendrait pas. Un ancien directeur de la CIA, Mike Morrell, a lui renoncé au titre honorifique de "senior fellow" qu'il avait reçu récemment.

Très tôt vendredi, un responsable de l'université a annoncé que celle-ci n'accorderait finalement pas le titre de "visiting fellow" à Chelsea Manning, même si celle-ci est toujours invitée à venir parler devant les étudiants.

"Je comprends que beaucoup de gens voient ce titre comme honorifique. Nous le retirons donc, mais maintenons notre invitation à Mme Manning à venir passer une journée à la Kennedy School et à parler au forum de cette école", a précisé ce responsable, Douglas Elmendorf, dans un communiqué.

Le directeur de la CIA s'était dit indigné par cette invitation, rappelant que Manning était "un traître".

"Mme Manning a trahi son pays et a été déclarée coupable de 17 charges criminelles pour avoir passé ces informations secrètes à WikiLeaks", a-t-il déclaré dans un communiqué. Elle "est opposée à toutes les valeurs des hommes et femmes courageux aux côtés desquels je sers".

M. Pompeo a estimé qu'il était "honteux" pour Harvard d'apporter ainsi "une approbation officielle" aux actions de Mme Manning.

Bradley Manning a été condamné en 2013 pour espionnage et autres accusations, pour avoir transmis à WikiLeaks des centaines de milliers de documents secrets, notamment de nombreux télégrammes diplomatiques.

Condamné à 35 ans de prison, le soldat, qui avait changé de genre en prison et était devenu Chelsea Manning, a vu sa sentence commuée en mai 2017 par le président Barack Obama à sept ans, à compter du début de sa détention en 2010, et a donc été libéré.

Avec AFP

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