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Nigeria

Une vingtaine de morts après l'explosion d'un camion citerne dans l'Etat de Cross River

Un pompier près des camion citernes en flammes après un attentat suicide à Maiduguri, Nigeria, le 3 mars 2017.

De nombreuses personnes pourraient avoir trouvé la mort dans l'accident d'un camion-citerne transportant du pétrole qui a pris feu et explosé après avoir dévié de sa trajectoire, dans le sud-est du Nigeria.

L'accident s'est produit vendredi vers 17 heures (16 heures GMT) dans la région d'Odukpani, dans l'Etat de Cross River, juste au nord de sa capitale, Calabar. Des habitants se sont précipités pour récupérer le pétrole qui s'échappait du camion-citerne lorsqu'il a pris feu, ce qui a provoqué l'explosion.

"Le nombre de victimes est élevé" mais "je ne peux pas en confirmer le nombre exact", a déclaré une porte-parole de la police de l'Etat de Cross River, Irene Ugbo.

Un habitant, Akpan Imon, a affirmé qu'au moins 18 personnes sont mortes. "J'ai compté 18 corps, dont ceux de femmes et d'enfants brûlés jusqu'à ne plus être identifiables", a-t-il dit.

"Je pense que le bilan pourrait être plus élevé parce que des habitants de communautés voisines ont afflué" sur les lieux de l'accident, a-t-il ajouté.

Selon un autre habitant, Sunday Ibor, "plus de 20 corps" ont été évacués.

Les blessés ont été évacués à l'hôpital de l'université de Calabar pour des brûlures à différents degrés.

Selon la porte-parole de la police, l'explosion pourrait être due au choc des conteneurs en métal utilisés pour recueillir le pétrole.

Les explosions de camions-citernes et de pipelines sont fréquentes au Nigeria dont la majorité de la population vit dans la pauvreté bien que le pays soit le premier producteur de pétrole du continent, avec près de 2 millions de barils par jour.

Les incendies et les explosions surviennent souvent lorsque des habitants tentent de siphonner du pétrole des oléoducs ou lorsque des camions-citernes ont des accidents sur les routes mal entretenues du pays.

En juillet 2012, au moins 104 personnes avaient été tuées et une cinquantaine blessées alors qu'elles essayaient de retirer du pétrole d'un camion-citerne accidenté dans l'Etat de Rivers (sud). La plupart sont mortes quand le véhicule a pris feu.

En juin 2018, au moins neuf personnes sont mortes à Lagos, la capitale économique du pays, lorsqu'un accident impliquant un camion-citerne a provoqué un incendie qui a carbonisé plus de 50 véhicules.

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Un dirigeant chiite parti se faire soigner en Inde rentre au Nigeria après une querelle sur son traitement

Des étudiants iraniens et nigériens brandissent des affiches du religieux chiite nigérian, l'ayatollah Ibrahim Zakzaky, lors d'une manifestation devant l'ambassade du Nigéria à Téhéran le 17 juillet 2019.

Un dirigeant de la minorité chiite du Nigeria qui avait été autorisé à se rendre en Inde pour y être soigné a pris l'avion vendredi pour revenir dans son pays après une querelle à propos de son traitement médical, a-t-on appris auprès de sa famille et ses partisans.

Ibrahim Zakzaky, fondateur du Mouvement islamique du Nigeria (MIN, pro-iranien) et son épouse Zeenah Ibrahim ont embarqué à New Delhi sur un vol d'Ethiopian Airlines, ont précisé ses proches.

"Ils ont pris un vol Ethiopian Airlines", a déclaré à l'AFP Suhailah Zakzaky, fille du dirigeant chiite.

Ibrahim Zakzaky avait été autorisé le 5 août par la justice à se rendre sous caution en Inde pour se faire soigner, après des mois de manifestations parfois sanglantes pour réclamer sa libération. Le fondateur du MIN et son épouse étaient détenus depuis leur arrestation en décembre 2015 après la répression d'une manifestation qui avait fait plusieurs centaines de morts.

Le couple était parti lundi pour l'Inde. Mais une querelle est survenue sur les conditions du traitement, le MIN se plaignant que M. Zakzaky se soit vu refuser l'accès aux médecins de son choix et ait été placé sous surveillance étroite. Jeudi, M. Zakzaky a annoncé s'être vu enjoindre de quitter l'Inde.

Selon les avocats du dirigeant chiite qui serait âgé d'environ 65 ans, il a perdu son œil droit et risque de perdre le gauche. Il a aussi dans le corps des éclats de balle reçues en 2015.

Le MIN est un groupe représentant la minorité chiite du Nigeria où la majorité des musulmans est d'obédience sunnite.

Inspiré par la révolution iranienne et revendiquant des millions de fidèles dans le nord du Nigeria, il a manifesté quasi quotidiennement ces derniers mois dans la capitale Abuja pour obtenir la libération de son dirigeant.

Au moins huit personnes, six manifestants, un journaliste et un policier, avaient été tués le 22 juillet dans des violences pendant une marche. Le MIN, qui avance un bilan de 20 morts dans ses rangs, a été interdit par la présidence nigériane quelques jours plus tard et le groupe qualifié d’"organisation "terroriste" par la police.

L'organisation de défense des droits de l'homme Amnesty International a affirmé qu'au moins trois personnes arrêtées pendant les manifestations du 22 juillet étaient mortes des suites de blessures par balle, après s'être vues refuser tous soins en détention.

Le MIN, apparu comme un mouvement étudiant en 1978 avant de muer en groupe révolutionnaire, est aujourd'hui encore proche de Téhéran et suscite une grande hostilité au Nigeria, où l'élite musulmane sunnite ne cache pas ses affinités avec l'Arabie saoudite.

La minorité chiite nigériane compterait environ 4 millions de fidèles sur les quelque 190 millions d'habitants du pays dont le Sud est majoritairement chrétien.

Le chef d'un comité anti-corruption suspendu pour "indélicatesses financières"

Des avocats passent devant des policiers qui montent la garde devant un tribunal qui doit statuer sur la demande de libération sous caution du dirigeant chiite Zakzaky à Kaduna, au Nigeria, le 29 juillet 2019.

Le président nigérian Muhammadu Buhari a suspendu mercredi soir de ses fonctions le responsable du comité chargé de recouvrir les biens spoliés de l'Etat, accusé de corruption et d'avoir falsifié ses diplômes.

Okoi Obono-Obla a été suspendu "avec effet immédiat", dans l'attente des résultats de l'enquête menée par la Commission gouvernementale chargée des affaires de corruption, l'ICPC, a annoncé la présidence sur Twitter.

Il fait face à une série d'accusations, dont "la falsification de dossiers et des indélicatesses financières", selon une lettre qui lui a été adressée par le gouvernement.

Il est notamment soupçonné d'avoir utilisé à son bénéfice des fonds saisis dans le cadre de ses fonctions, ainsi que d'avoir falsifié son dossier d'entrée à l'université.

Okoi Obono-Obla proclame son innocence, assurant qu'il est victime d'une cabale montée par des personnes poursuivies par ses services.

L'enquête qui le vise constitue un test pour M. Buhari, 76 ans, réélu en février pour un second mandat.

L'ancien général s'est engagé à lutter contre la corruption endémique au Nigeria, mais ses critiques l'accusent d'avoir surtout visé ses opposants au cours de son premier mandat.

Le Nigeria, première puissance pétrolière du continent, est placé au 148e rang des pays les plus corrompus au monde (sur 180) par Transparency International. La corruption y est un "cancer" selon les propres mots de M. Buhari.

L'ex-dictateur Sani Abacha, qui a dirigé le pays entre 1993 et 1998, aurait détourné à lui seul environ 4 milliards de dollars (soit 2 à 3% du PIB du pays chaque année, selon l'agence des Nations unies contre la drogue et le crime).

Début juin, le gouvernement de l'île anglo-normande de Jersey avait annoncé que près de 267 millions de dollars (238 millions d'euros) détournés par Sani Abacha avaient été saisis sur un compte bancaire hébergé dans ce territoire de la couronne britannique.

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