Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Mali

Enquête pour "homicide par négligence" après un crash de 2017

Un hélicoptère militaire éthiopien, à Zala Anbesa, le 26 mai 2000.

La justice allemande a ouvert une enquête jeudi pour "homicide par négligence" à l'encontre de trois employés d'Airbus soupçonnés d'avoir mal réglé des commandes de vol d'un hélicoptère militaire Tigre de l'armée allemande qui s'était écrasé en 2017 au Mali.

"Le parquet de Campidoine (Kempten en allemand) a ouvert une procédure pour suspicion d'homicide par négligence à l'encontre de trois personnes" soupçonnées de n'avoir pas "correctement effectués les travaux de réglage de la commande du rotor principal".

Deux Casques bleus faisant partie du contingent allemand de la Mission des Nations unies au Mali (Minusma) étaient morts en juillet 2017 dans ce crash.

La justice allemande s'est appuyée sur un rapport remis par l'armée allemande, la Bundeswehr, qui stipule que ces travaux de réglage avaient été mal effectués en Allemagne, soit avant l'envol pour le Mali.

"Le mauvais réglage du rotor a donc conduit à une situation qui ne pouvait plus être contrôlée par l'équipage de l'hélicoptère pendant le vol de routine et a donc mené à un accident", explique le parquet de Campidoine dans un communiqué.

Si trois employés sont pour le moment soupçonnés, la justice enquête pour savoir si "d'autres personnes" seraient également concernées.

Dans la matinée, le fabriquant européen Airbus avait reconnu qu'un mauvais réglage des commandes de vol effectué par un de ses employés était à l'origine du crash mortel.

Airbus Helicopters a déclaré "prendre note du fait qu'un mauvais réglage des commandes de l'hélicoptère a été identifié par l'enquête comme l'un des facteurs (...) ayant conduit à cette issue catastrophique", rapporte un communiqué confirmant des informations de presse en Allemagne.

"Des mesures de prévention ont immédiatement été mises en oeuvre pour éviter la répétition d'un tel événement", a ajouté l'entreprise.

En revanche, "l'enquête menée par la Bundeswehr avec le soutien d'Airbus Helicopters a exclu tout problème de conception sur l'hélicoptère Tigre", a souligné le constructeur, qui a exprimé ses condoléances aux familles endeuillées.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda, en grande partie chassés par une opération militaire internationale lancée en janvier 2013, à l'initiative de la France, toujours en cours.

Les islamistes ont depuis regagné du terrain, en particulier dans le centre du pays, et le phénomène s'étend au Burkina Faso et au Niger voisins, se mêlant souvent à des conflits intercommunautaires.

Toutes les actualités

Ouverture d'une enquête sur la mort de sept Mauritaniens au Mali

Un convoi de véhicules de la Coalition du peuple de l'Azawad (CPA) en patrouille près de la frontière Mali-Mauritanie pour protéger les populations locales confrontées à l'insécurité liée aux troubles causés par les bandits, à Soumpi, le 22 janvier 2020.

Le gouvernement malien a annoncé samedi l'ouverture d'une "enquête transparente et diligente" sur un incident sécuritaire ayant coûté la vie à sept Mauritaniens lundi près de Nara, localité frontalière avec la Mauritanie.

"Le gouvernement du Mali, à la suite d'une séance de travail avec une délégation mauritanienne, a décidé d'ouvrir une enquête transparente et diligente dont les résultats seront partagés avec la partie mauritanienne", a annoncé dans un communiqué Abdoulaye Maïga, le ministre de l'Administration territoriale et de la Décentralisation.

Selon des médias mauritaniens, les victimes sont des éleveurs qui se rendaient au Mali pour y rejoindre leur troupeau en quête de pâturage.

"Le gouvernement décline toute responsabilité et souligne qu'à ce stade aucun élément ne met en cause" l'armée malienne, a souligné M. Maïga, assurant que "toutes les mesures seront prises pour arrêter et traduire en justice les auteurs de ces actes tragiques".

Une délégation ministérielle malienne termine sa visite en Mauritanie
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:53 0:00


La présidence mauritanienne avait annoncé vendredi dans un communiqué l'envoi d'une délégation à Bamako pour "faire la lumière" sur la mort de ces Mauritaniens.

Cette décision faisait suite à une manifestation organisée le même jour à Nouakchott, la capitale, par des habitants du département de Adel Bégrou (1.100 km à l'ouest de Nouakchott), localité d'origine des victimes, à la frontière avec le Mali.

Les manifestants voulaient ainsi appeler le gouvernement à assurer la sécurité des citoyens et à faire la lumière sur cette affaire.

Cet incident coïncide avec la tentative des autorités maliennes de la transition d'obtenir le soutien de la Mauritanie pour briser l’embargo de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao).

Une délégation conduite par le ministre des Affaires étrangères Abdoulaye Diop a achevé mardi une visite en Mauritanie.

"Face à l'adversité à laquelle notre pays fait face, le gouvernement trouve troublante la survenue de cet incident", a ajouté le communiqué.

La Cédéao et l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa) ont pris une batterie de mesures économiques et diplomatiques à l'encontre du Mali pour sanctionner les velléités de la junte de se maintenir au pouvoir encore plusieurs années.

La fermeture des frontières mais aussi un embargo sur les échanges commerciaux et les transactions financières hors produits de première nécessité sanctionnent l'engagement révoqué par les colonels d'organiser le 27 février des élections présidentielle et législatives qui auraient ramené des civils à la tête du pays plongé dans une grave crise sécuritaire et politique.

Dernier hommage à IBK au Mali

Dernier hommage à IBK au Mali
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:41 0:00

Les Maliens rendent un dernier hommage à l'ex-président IBK

Une photo d'Ibrahim Boubacar Keita, alors président du Mali est affichée lors d'un meeting pour sa ré-élection à Bamako, Mali, le 3 août 2018.

Le Mali a rendu vendredi un dernier hommage à l'ex-président Ibrahim Boubacar Keïta, décédé cette semaine, un an et demi après avoir été renversé par les militaires.

La junte qui lui a succédé et qui tient tête aujourd'hui à une bonne partie de la communauté internationale a organisé dans un camp militaire de Bamako des obsèques nationales sous la présidence du Premier ministre dit de transition, Choguel Kokalla Maïga.

Le colonel Assimi Goïta, un des leaders du putsch de 2020 depuis investi président de la transition, était quant à lui absent.

Ibrahim Boubacar Keïta, décédé dimanche chez lui à l'âge de 76 ans après s'être tenu à l'écart de la vie publique, devait être enterré dans l'après-midi dans sa vaste résidence après une cérémonie à la fois plus populaire et privée.

Près de 2.000 personnes, y compris d'anciens adversaires, se sont pressées chez lui pour lui dire adieu.

Le colonel Goïta, qui avait pris part aux obsèques de deux autres anciens chefs de l'Etat malien décédés en 2020 après le putsch, a été officiellement "empêché" de participer à la cérémonie officielle.

Celle-ci a rassemblé devant le cercueil recouvert du drapeau national, sur la place d’armes du 34e bataillon du Génie militaire, de nombreuses personnalités, l'ancien président par intérim Dioncounda Traoré, d'anciens ministres, des dignitaires religieux, des diplomates et un des fils du disparu, Bouba Keïta.

La Guinée, également théâtre d'un putsch en septembre 2021 et partenaire privilégié de la junte malienne face aux pressions internationales, avait dépêché son ministre des Affaires étrangères Morissanda Kouyaté.

Baba Hakib Haïdara, au nom des collaborateurs de l'ex-président, a salué "un homme d’Etat ouvert au dialogue".

Il était "un homme d’esprit, un homme de culture, mais aussi, je dirais, un homme de cœur", a dit son ancien ministre de la Santé Michel Sidibé, "il s’est toujours battu pour ce pays, il avait ses forces et ses faiblesses mais ce qui le caractérisait c’était sa dignité et son patriotisme, et cela a été mentionné aujourd’hui".

IBK, comme il était couramment appelé, avait été renversé le 18 août 2020 par des militaires qui, après un deuxième coup d'Etat en mai 2021, invoquent aujourd'hui les maux accumulés par le passé pour justifier leur refus de rendre le pouvoir aux civils dans un avenir proche.

Entamée en 2013, la présidence a largement coïncidé avec la tourmente dans laquelle le Mali est pris depuis 2012 et le déclenchement d'insurrections indépendantiste et jihadiste dans le nord.

La chute d'IBK avait été précédée par des mois de mobilisation au sein d'une population exaspérée par les violences en tous genres - jihadistes, communautaires ou crapuleuses -, par l'inaction et la faillite de l'Etat et par une corruption réputée galopante.

La junte a décrété un deuil national de trois jours à compter de vendredi.

La mission de l'ONU au Mali a annoncé la reprise de ses opérations aériennes

La mission de l'ONU au Mali a annoncé la reprise de ses opérations aériennes
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:00 0:00

Crise au Mali: l'enjeu va bien au-delà du pays, selon Washington et Bruxelles

Crise au Mali: l'enjeu va bien au-delà du pays, selon Washington et Bruxelles
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:48 0:00

Voir plus

XS
SM
MD
LG