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Guinée

Dix-huit morts dans un accident entre un camion et un minibus

Une rue de Conakry, en Guinée, le 12 mars 2018. (VOA/Zakaria Camara)

Dix-huit personnes, en majorité des femmes et des enfants, ont été tuées et 10 autres blessées mercredi dans une région montagneuse du sud-ouest de la Guinée dans une collision entre un minibus et un camion.

L'accident entre le camion remorque et le minibus s'est produit entre les villes de Mamou et de Faranah, dans les montages de la sous-préfecture d'Ourékaba, selon le commandant de gendarmerie Yaghouba Soumah, chargé des constats à Mamou.

"Le chauffeur du camion en provenance de Conakry roulait à vive allure et n'a pas pu maîtriser son véhicule à la vue du minibus qui venait en sens inverse", a précisé l'officier de gendarmerie.

Selon des témoins contactés par l'AFP, 17 personnes sont mortes sur le coup et une femme a succombé à ses blessures à l'hôpital de Mamou.

Parmi les 18 morts figurent trois comédiens de la troupe théâtrale "Sodia", célèbre en Guinée, selon les mêmes sources.

"Sur les 10 blessés, cinq jugés gravement atteints ont été acheminés à Mamou", a expliqué une source médicale ayant requis l'anonymat, en évoquant des "fractures" et des "traumatismes crâniens".

Des accidents impliquant les camions de transport mixte --passagers et marchandises-- sont fréquents dans le sud-ouest du pays, une région au relief très accidenté proche de la Sierra-Leone et où les routes sont particulièrement dégradées.

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Les victimes du massacre du 28-Septembre à Conakry voient arriver l'heure du procès

Des Guinéens lisent le journal à Conakry, Guinée, le 7 décembre 2009.

Des centaines de Guinéens attendent depuis 13 ans que soient jugés l'ancien chef de junte Moussa Dadis Camara et les responsables présumés de l'effroyable massacre commis le 28 septembre 2009. Ce moment est arrivé.

Les victimes et les proches seront nombreux à se presser en ce mercredi, date anniversaire, devant un tribunal flambant neuf à peine achevé dans le centre de Conakry.

Sauf contrordre de dernière minute, le procès historique du capitaine Camara et de dix autres anciens officiels s'y ouvrira, à quelques kilomètres des lieux où des soldats, des policiers et des miliciens se sont livrés à deux heures d'abomination contre des sympathisantes et des sympathisants de l'opposition à l'intérieur et aux abords du stade du 28-Septembre.

Ce jour-là et les suivants, 156 personnes ont été tuées et des milliers blessées avec une cruauté effrénée, au moins 109 femmes ont été violées, affirme le rapport d'une commission d'enquête internationale mandatée par l'ONU, document publié trois mois après les faits.

Les chiffres réels sont probablement plus élevés.

Les atermoiements du pouvoir et l'impunité érigée en "institution", selon la commission internationale, de forces de sécurité quasiment intouchables dans un pays dirigé pendant des décennies par des régimes autoritaires ont longtemps fait douter de la tenue de ce procès.

Jusqu'à ce que le chef actuel de la junte, le colonel Mamady Doumbouya, arrivé au pouvoir par un putsch en 2021 après 11 ans de pouvoir civil, demande en juillet que le procès ait lieu cette année avant la date anniversaire.

La crainte d'un nouvel ajournement ne devrait être totalement dissipée que mercredi, mais l'espoir est là.

Responsabilités

"Cette année, ce ne sera pas seulement une commémoration, mais un procès", se réjouit Saran Cissé, qui se qualifie de "survivante du 28-Septembre".

Comme beaucoup d'autres, elle ne peut évoquer sans larmes, ni même nommer la "honte" du traitement qu'on lui a fait subir, puis la stigmatisation sociale. "De ce procès, j’attends la vérité, rien que la vérité, parce que 13 ans, ce n'est pas 13 jours".

Des dizaines de milliers de personnes s'étaient rassemblées au stade pour démontrer la force de l'oppositioln et dissuader le chef de la junte d'alors de se présenter à la présidentielle en janvier 2010.

Un coup d'Etat avait porté le capitaine Camara neuf mois auparavant à la tête de ce pays pauvre malgré des ressources naturelles considérables.

Une multitude de témoignages rapportent comment les Bérets rouges de la garde présidentielle, des policiers et des miliciens sont entrés dans l'enceinte vers midi, en ont bouclé les accès et ouvert le feu sans discrimination sur une foule civile, festive et désarmée.

Ils ont poursuivi leur besogne au couteau, à la machette et à la baïonnette, jonchant la pelouse, les travées et les couloirs de cadavres. Ils ont abusé de dizaines de femmes et achevé nombre d'entre elles. Des personnes sont mortes piétinées dans la panique.

Les exactions sont constitutives de crimes contre l'humanité, assure l'enquête internationale. Elles ont continué les jours suivants, contre des femmes séquestrées et des détenus torturés.

Le procès aura pour tâche d'établir les responsabilités du capitaine Camara et de ses co-accusés, dont plusieurs personnalités militaires et gouvernementales de l'époque. Certaines sont détenues depuis des années.

"Dadis Camara a joué un rôle central dans le massacre du 28 septembre", soit en en donnant l'ordre, soit en y accordant son consentement, écrit l'organisation Human Rights Watch en 2009 après avoir mené son enquête. La commission internationale lui impute une "responsabilité criminelle personnelle et une responsabilité de commandement".

Retour de Camara

L'ancien autocrate vit en exil au Burkina Faso. En décembre 2009, son aide de camp Aboubacar Sidiki Diakité, alias "Toumba", chef de la garde présidentielle et présent en personne au stade, lui a tiré dessus. "Toumba", également appelé à comparaître, a accusé M. Camara d'avoir commandité le massacre.

M. Camara est rentré en Guinée dans la nuit de samedi à dimanche. "Il sera là pour livrer sa part de vérité" au tribunal, assure à l'AFP un des avocats, Me Almamy Somory Traoré.

"Il a clamé son innocence et nous allons le prouver", renchérit-il.

Les associations s'inquiètent de la présence de tous les mis en cause. Elles redoutent que l'ouverture du procès ne se résume à un effet d'image, avant un renvoi à une date ultérieure.

"Nous espérons avoir une justice claire, transparente, pas (une) parodie de justice, et en présence de tous les inculpés", lance Asmaou Diallo, présidente de l'Association des victimes, parents et amis du 28-Septembre.

C'est sous un nouveau chef de junte que doit se tenir le procès, érigé en marqueur de la lutte contre l'impunité. Les défenseurs des droits font cependant observer que les derniers mois ont vu les nouvelles autorités donner un sévère tour de vis aux libertés.

Le capitaine Moussa Dadis Camara de retour à Conakry pour être jugé

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A la tribune de l'ONU, le président de la Guinée Bissau a mis l'accent sur le dialogue

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La Cédéao annonce des "sanctions progressives" contre les autorités guinéennes

La Cédéao annonce des "sanctions progressives" contre les autorités guinéennes
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Depuis New York, la Cédéao annonce des sanctions contre la junte en Guinée

Le colonel Mamady Doumbouya (au centre) quitte une réunion avec des représentants de la CEDEAO à Conakry, le 17 septembre 2021.

En plus de "sanctions progressives" contre les dirigeants guinéens, la Cédéao va aussi envoyer trois chefs d'État au Mali pour obtenir la libération des 46 militaires ivoiriens détenus depuis juillet.

Les dirigeants des Etats ouest-africains, réunis en sommet extraordinaire jeudi à New York, ont annoncé des "sanctions progressives" contre la junte militaire en Guinée face à l'inflexibilité des militaires sur une date de retour des civils au pouvoir.

Les leaders des pays de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao, 15 pays membres) se sont enfermés plusieurs heures à huis clos dans un hôtel new-yorkais, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, dans un climat tendu entre certains de ses membres et autour de multiples crises qui secouent le sous-continent.

A l'issue du sommet, "nous avons décidé de prendre des sanctions contre la Guinée", a annoncé à l'AFP le président de la commission de la Cédéao, Omar Aliou Touray.

Selon un document résumant cette réunion de chefs d'Etat, consulté par l'AFP, "il a été arrêté la prise de sanctions progressives sur des individus et contre la junte guinéenne".

"Très rapidement, le président en exercice de la Cédéao et le président de la commission de la Cédéao vont établir une liste de personnes à sanctionner et, de manière graduelle, appliquer ces sanctions", selon ce texte.

Crise Mali/Côte d'Ivoire

Autre crise en Afrique de l'Ouest: une querelle ouverte en juillet entre le Mali et la Côte d'Ivoire après que Bamako a arrêté des soldats ivoiriens. Tous les dirigeants ouest-africains --à l'exception du Mali, de la Guinée et du Burkina Faso dirigés par des juntes et suspendus de la Cédéao-- ont réclamé la libération de 46 militaires ivoiriens encore détenus au Mali.

Le colonel Mamady Doumbouya à Bamako
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"Mardi (27 septembre, NDLR), la Cédéao dépêchera au Mali les présidents du Ghana, du Togo et du Sénégal pour obtenir leur libération. (...) L'heure des coups d'Etat est révolue", a martelé Omar Aliou Touray.

C'est la Côte d'Ivoire qui avait appelé il y a huit jours à la tenue d'un sommet "dans les meilleurs délais" devant l'aggravation du contentieux avec le Mali, réclamant même des sanctions contre son voisin.

Le président ivoirien Alassane Ouattara est considéré comme l'un des moins conciliants vis-à-vis de la junte malienne. Les relations se sont détériorées avec l'arrestation des soldats ivoiriens à leur arrivée à Bamako le 10 juillet.

Ils devaient, selon Abidjan et l'ONU, participer à la sécurité du contingent allemand des Casques bleus au Mali mais Bamako a dit les considérer comme des "mercenaires" venus attenter à la sûreté de l'Etat.

Invectives de la Guinée

Quant au dossier guinéen, le sommet de New York a été précédé par des invectives de la junte à Conakry.

Elle a dénigré jeudi avec virulence un sommet très loin de l'Afrique et a critiqué le président en exercice de la Cédéao, le Bissau-Guinéen Umaro Sissoco Embalo. Ce dernier avait prévenu dès mercredi que la Guinée (Conakry) allait au devant "de lourdes sanctions" si la junte persistait à vouloir se maintenir au pouvoir pendant trois ans.

L'Afrique de l'Ouest a vu se succéder les coups de force de colonels et de lieutenants-colonels en moins de deux ans: putsch le 18 août 2020 au Mali, nouveau fait accompli parachevant le premier le 24 mai 2021, putsch le 5 septembre 2021 en Guinée, putsch le 24 janvier 2022 au Burkina Faso.

La Cédéao, alarmée du risque de contagion dans une région vulnérable, multiplie les sommets, les médiations et les pressions pour abréger les périodes dites de transition avant un retour des civils à la direction de leur pays. Elle est confrontée à des autorités qui n'entendent pas lâcher les commandes de sitôt.

Les nouveaux gouvernants en uniforme invoquent la gravité des crises auxquelles ils sont confrontés, sécuritaire au Mali et au Burkina, sociale et politique dans les trois pays. Ils veulent avoir le temps nécessaire à ce qu'ils présentent comme leur entreprise de "refondation" de leur Etat, et à l'organisation d'élections crédibles.

La Cédéao a infligé en janvier un sévère embargo commercial et financier au Mali. La junte dirigée par le colonel Assimi Goïta s'est depuis engagée sous la pression à organiser des élections en février 2024, et la Cédéao a levé l'embargo.

La junte guinéenne avait été parmi les rares à se solidariser avec le Mali face aux sanctions, et avait maintenu les frontières ouvertes. Son chef, le colonel Mamady Doumbouya, sortant du pays pour la première fois depuis septembre 2021, a pris part jeudi au côté de son homologue malien, le colonel Assimi Goïta, aux célébrations du 62e anniversaire de l'indépendance malienne.

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