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Une quarantaine de soldats maliens tués ou disparus après une attaque de jihadistes présumés


Des soldats du régiment blindé lors 35ème Régiment blindé à Kati, Mali, 4 mai 2018, (Facebook/FaMa).

Une quarantaine de soldats maliens sont morts ou portés disparus après une attaque imputée aux jihadistes dans le centre du Mali, ont indiqué des responsables militaires lundi.

Il s'agit de la dernière en date des opérations meurtrières attribuées aux jihadistes contre les forces armées du Mali, mais aussi des pays voisins. Elles ont causé la mort de centaines de militaires au cours des derniers mois.

Un convoi militaire composé d'une douzaine de véhicules a été attaqué dimanche dans la localité de Bouka Weré, au sud-est de Diabaly, à une centaine de kilomètres de la frontière mauritanienne, a rapporté un responsable militaire sous le couvert de l'anonymat.

Une partie des véhicules a réussi à se soustraire à l'assaut, mais sur les 64 soldats qui se trouvaient dans le convoi, seuls une vingtaine répondent à l'appel, a-t-il dit sans chiffrer le nombre de morts.

"Des recherches sont en cours pour connaître le sort des soldats portés disparus", a-t-il dit.

L'information a été corroborée par un autre responsable militaire et un élu de Diabaly s'exprimant eux aussi sous le couvert de l'anonymat.

Le Mali est en proie depuis 2012 à une crise profonde et multiforme qui a fait des milliers de morts, civils et combattants, et des centaines de milliers de déplacés, malgré le soutien de la communauté internationale à l'Etat malien et l'intervention de forces onusiennes, africaines et françaises.

Si un accord de paix a été signé en 2015 avec les ex-rebelles séparatistes du Nord, le pays reste en proie aux violences des groupes jihadistes liés à Al-Qaïda et à l'organisation Etat islamique (EI), aux tensions intercommunautaires, fomentées ou attisées par ces mêmes jihadistes, et aux trafics de toutes sortes.

L'autorité de l'Etat ne s'exerce plus que sur des parties du vaste territoire.

- Main tendue -

Les violences parties du nord du Mali en 2012 se sont propagées au centre du pays, ainsi qu'au Niger et au Burkina Faso voisins.

Depuis que des groupes armés se proclamant jihadistes pour certains y ont pris pied en 2015, le centre du Mali est le théâtre d'exactions en tous genres: attaques contre le peu qu'il reste de l'Etat, massacres de villageois, règlements de comptes et actes crapuleux.

Ces groupes, au premier rang desquels la katiba Macina du prédicateur peul Amadou Koufa, affiliée à Al-Qaïda, ont prospéré sur les anciens antagonismes liés à la terre, entre éleveurs et agriculteurs, entre ethnies et au sein même de ces communautés.

La katiba Macina recrute largement parmi les Peuls, tandis que les ethnies Bambara et Dogon ont créé leurs propres "groupes d'autodéfense".

L'Etat malien tente tant bien que mal, avec le soutien de ses alliés, de mener de front le combat militaire et l'action politique, indispensable à une sortie de crise de l'avis général.

Le président Ibrahim Boubacar Keïta est cependant confronté à une sérieuse contestation intérieure depuis les législatives de mars-avril, à un moment délicat de l'engagement international au Sahel.

Il a tendu la main dimanche à la coalition hétéroclite de chefs religieux, d'hommes politiques et de la société civile qui a fait descendre dans la rue des dizaines de Maliens le 5 juin pour réclamer sa démission, et qui appelle à nouveau à manifester vendredi.

Devant la dégradation de la situation sécuritaire, le président malien a reconnu en février chercher à dialoguer avec certains jihadistes, rompant avec la ligne directrice suivie jusqu'alors officiellement. Rien n'est venu indiquer depuis lors que ces ouvertures se seraient concrétisées.

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