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Une ONG appelle la CPI à ouvrir une enquête sur les disparitions au Burundi


Le président du Burundi, 4 mai 2011.
Le président du Burundi, 4 mai 2011.

"De nombreux cas de disparitions forcées" au Burundi sont évoqués dans la demande que le Forum pour la conscience et le développement (Focode) formule à l'endroit de la Cour pénale internationale (CPI).

Une ONG burundaise a appelé mercredi la Cour pénale internationale (CPI) à ouvrir une enquête sur les crimes commis au Burundi depuis le début en 2015 de la crise que traverse ce pays, en évoquant des centaines de disparitions forcées recensées.

Le Forum pour la conscience et le développement (Focode) "demande à la CPI de lancer sans délai son enquête avant le 27 octobre 2017" pour les crimes commis au Burundi depuis fin avril 2015, selon un communiqué transmis à l'AFP.

L'ONG appelle la CPI à engager "des poursuites contre leurs auteurs quelle que soit leur position dans les institutions de l'Etat", en évoquant notamment "de nombreux cas de disparitions forcées".

Le Burundi avait notifié formellement aux Nations unies sa décision de se retirer de la CPI le 27 octobre 2016. Ce retrait sera donc effectif un an après, soit le 27 octobre 2017 et la CPI a jusqu'à cette date pour ouvrir une enquête de son propre chef.

Selon des ONG internationale (la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme) et locale (la ligue Iteka), entre 800 et 1.200 personnes ont été victimes de disparitions forcées au Burundi depuis le début de la crise.

Le Focode a déjà "été alerté par la famille ou des amis des victimes pour 150 cas" et a "enquêté sur 40 de ces cas" depuis qu'il a lancé en avril 2016 son Initiative Ndondeza ("Aide-moi à retrouver le mien" en kirundi, la langue nationale), a expliqué à l'AFP son secrétaire exécutif, Gordien Niyungeko.

"Il s'agit d'enquêtes minutieuses et très documentées, grâce aux témoignages et révélations qui nous viennent des informateurs issus de tous les secteurs dont des policiers, des administratifs, (...), et cela au risque de leur vie", a-t-il poursuivi.

Ces informations sont recueillies à travers un dispositif mis en place sur les réseaux sociaux, selon la même source.

Bujumbura a toujours nié ces accusations en expliquant qu'il s'agirait de crimes commis par l'opposition "pour salir le gouvernement burundais".

Le Focode est dirigé par Pacifique Nininahazwe, l'une des figures de la société civile burundaise à la tête de la contestation contre la décision en avril 2015 du président Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat controversé.

Des manifestations avaient été violemment réprimées et un coup d'État manqué en mai 2015 avait entrainé le pouvoir dans une répression systématique, M. Nkurunziza étant finalement réélu en juillet de la même année.

Les violences qui ont accompagné cette crise ont entrainé de 500 à 2.000 morts, selon les sources (ONU et ONG), des centaines de cas de disparition forcée et de torture, et ont poussé à l'exil plus de 425.000 Burundais.

Avec AFP

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