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Les Burundaises élèvent leurs voix contre la coutume de "Nikozubakwa"


Une femme porte son enfant au dos et d'autres, leurs affaires sur une route de Bujumbura, Burundi, le 29 avril 2015.

Une coutume ancestrale burundaise appelée Nikozubakwa ("quelle que soit la situation, la femme doit tout accepter" en français) commence à être contestée par une partie des femmes.

Certaines femmes au Burundi n’hésitent pas aujourd’hui à quitter leur enclos familial pour vivre seules avec leurs enfants. Elles ne supportent plus d’être maltraitées au quotidien par leurs maris.

Une bande de joyeux enfants jouent ensemble dans une parcelle située dans un des quartiers populaires de Bujumbura. Parmi ces enfants, quatre vivent avec leur grand-mère. Leur maman, après quinze ans de vie commune avec son mari, l'a finalement quitté pour cause de maltraitances quotidiennes.

Malgré la coutume appelée Nikozubakwa, qui appelle les femmes burundaises à accepter les exigences du mari, la femme a finalement jeté l’éponge.

J'ai vécu pendant 15 ans avec mon mari qui était très difficile, avec beaucoup d'insultes".

"J'ai vécu pendant 15 ans avec mon mari qui était très difficile, avec beaucoup d'insultes", se remémore-t-elle. "Nous ne parlions jamais de l'avenir de nos deux enfants".

Cette pratique ancestrale burundaise prône des valeurs positives de respect et de cohabitation pacifique entre les couples - mariés ou pas - mais la majorité des femmes burundaises ne supportent plus d’être maltraitées par leurs conjoints.

Un Burundais, marié et père de deux filles, revient sur la définition initiale de la coutume burundaise qui "n'est pas toujours d'actualité". "Une femme peut se plaindre si elle est maltraitée et retourne chez ses parents", ce qui n'est pas une solution, selon lui, qui encourage à la discussion.

Causerie, échanges, la vie en commun entre les conjoints burundais, malgré cette coutume burundaise de Nikozubakwa, méritent plus d’attention entre la femme et l’homme pour le bonheur des enfants, selon un adage burundais qui appelle à plus de respect entre les couples.

Christophe Nkurunziza, correspondant à Bujumbura

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