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Mali

Une dizaine de civils peuls tués dans le centre par des "chasseurs traditionnels"

Le président Ibrahim Boubacar Keïta visite le village peul de Koulogon (centre) après une attaque, dans la région de Mopti, Mali, 4 janvier 2019. (Facebook/IBK Mali président)

Plus de dix civils peuls ont été tués lundi dans la région de Ségou dans le centre du Mali par des chasseurs traditionnels dozos, a appris l'AFP auprès d'une association peule et d'un élu local.

Depuis l'apparition en 2015 dans le centre du Mali du groupe djihadiste du prédicateur Amadou Koufa, recrutant prioritairement parmi les Peuls, traditionnellement éleveurs, les affrontements se multiplient entre cette communauté et les ethnies bambara et dogon, pratiquant essentiellement l'agriculture, qui ont créé leurs "groupes d'autodéfense".

"Un groupe de chasseurs dozos a attaqué ce matin vers 09H00 le hameau peul de Heremakono, situé à 8 kilomètres de la ville de Niono", a déclaré à l'AFP Abdoul Aziz Diallo, président de Tabital Pulaaku, principale association peule du Mali.

"Parmi les victimes figurent des enfants, des femmes et des personnes âgées", a précisé M. Diallo, faisant état d'un "bilan provisoire" de 12 morts.

Un adjoint au maire de Niono a confirmé ce bilan. "Tôt ce matin, des chasseurs traditionnels dozos ont massacré des civils", a-t-il déclaré à l'AFP sous le couvert de l'anonymat, appelant à ce que les coupables soient punis".

Cet élu a évoqué une "véritable chasse à l'homme". "Les assaillants auraient appris que des djihadistes se sont réfugiés à Heremakono, ce qui est faux", a-t-il précisé.

Les violences intercommunautaires dans le centre du Mali ont culminé le 23 mars avec le massacre à Ogossagou, près de la frontière avec le Burkina Faso, de quelque 160 villageois peuls par des membres présumés de groupes de chasseurs dogons.

La Mission de l'ONU au Mali (Minusma) a présenté le 2 mai les conclusions de sa mission d'enquête sur l'attaque d'Ogossagou, "planifiée, organisée, et coordonnée" et menée par "au moins une centaine d'hommes armés, identifiés en majorité comme des chasseurs traditionnels".

Cette attaque a "donné lieu à une confrontation armée ayant opposé les dozos aux éléments armés peuls faisant partie d'un rassemblement de candidats au processus de désarmement volontaire installés dans le village et qui s'étaient constitués de facto en groupe d'auto-défense", selon la Minusma.

Depuis mars 2018, les "agressions intercommunautaires" dans la région de Mopti dans le centre ont fait quelque 600 morts et des milliers de déplacés, a indiqué le 26 mars le Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l'Homme (HCDH).

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Le président malien nomme 9 nouveaux juges à la Cour constitutionnelle, l'opposition annonce des manifestations

Le président du Mali Ibrahim Boubacar Keita s'entretient avec son homologue chinois lors de leur rencontre bilatérale au Grand Palais du Peuple à Beijing, en Chine, le 31 août 2018. AFP PHOTO / POOL / Roman PILIPEY

Le président du Mali, Ibrahim Boubacar Keita, a nommé vendredi par décret neuf nouveaux juges à la Cour constitutionnelle, dans le cadre d'un compromis visant à atténuer la crise politique qui dure depuis des mois dans le pays.

Ces juges devraient prêter serment lundi, selon des sources proches de la présidence.

Difficile de savoir si ce nouveau geste d’ouverture suffira pour calmer les ardeurs de l’opposition.

Plus tôt vendredi, la coalition Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) avait appelé à de nouvelles manifestations le 11 août à Bamako pour exiger la démission du président Keïta.

"Le mardi (11 août), à partir de 14H00 (GMT et locales), nous sortirons pour demander la démission d'IBK (surnom du chef de l'Etat malien) et nous ne rentrerons pas sans avoir (obtenu) cette démission", a déclaré à la presse Choguel Maïga, un des dirigeants du M5-RFP.

La coalition M5-RFP dit non au plan de sortie de crise de la CEDEAO
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Le M5-RFP, une coalition hétéroclite de chefs religieux, politiques, et de la société civile, réclame depuis juin le départ du président Keïta, élu en 2013 puis réélu en 2018 pour cinq ans.

Le weekend du 10 juillet, une manifestation à l'appel de l'opposition a dégénéré en trois jours de troubles meurtriers, les plus graves à Bamako depuis le coup d'Etat de 2012.

L'opposition évoque un bilan de 23 morts et plus de 150 blessés. Le Premier ministre, Boubou Cissé, a parlé de 11 morts et l'ONU de 14 manifestants tués.

Le mouvement avait annoncé le 21 juillet une trêve dans son mot d'ordre de désobéissance civile pour permettre la fête musulmane de la Tabaski de se dérouler dans le calme.

Le président Keïta, soutenu par la communauté internationale, a dit qu'il resterait à son poste.

Exécutions extrajudiciaires: l'ONU accuse les armées malienne et burkinabé

Des troupes de l'armée malienne patrouillent dans l'ancienne ville de Djenné, dans le centre du Mali, le 28 février 2020. (AP Photo)

Les forces de sécurité maliennes ont commis 94 exécutions extrajudiciaires entre le 1er avril et le 30 juin, a affirmé jeudi la Mission de l'ONU au Mali (Minusma). Elle accuse également l'armée burkinabé de 50 exécutions extrajudiciaires sur le territoire malien pendant la même période.

La division des droits de l'homme de la Minusma, dans sa note trimestrielle publiée jeudi, s'inquiète d'une "augmentation des violations graves des droits de l'homme imputables aux forces de sécurité maliennes".

L'ONU, qui avait déjà accusé début avril l'armée malienne d'exactions, a "documenté" 94 cas d'exécutions extrajudiciaires pour lesquels l'armée malienne est impliquée, "particulièrement" dans les cercles de Koro (Mopti) et de Niono (Ségou).

Les accusations d'exactions des forces de sécurité se sont multipliées ces derniers mois au Sahel. A plusieurs reprises, les partenaires internationaux des pays sahéliens ont réclamé enquêtes et sanctions.

Le Mali, avec qui l'ONU indique avoir "formellement partagé" cette note, a annoncé lors de précédentes accusations avoir lancé des enquêtes pour situer les responsabilités.

Dans le centre malien, l'armée a été la cible de nombreuses attaques par des éléments de groupes jihadistes (la dernière en date, dimanche dans le cercle de Niono, 5 morts). Alors, des opérations militaires "se sont parfois apparentées à des opérations de représailles contre les populations civiles" accusées de soutenir les jihadistes, selon l'ONU jeudi.

La Minusma se dit également "préoccupée" par la multiplication des "opérations conduites (par l'armée malienne) avec l'appui des chasseurs dozo".

Ces chasseurs traditionnels, réunis pour beaucoup sous la même bannière d'une milice officiellement dissoute mais qui continue d'opérer, ont été à plusieurs reprises accusés par le passé d'exactions.

Toujours dans le centre du Mali, l'ONU a documenté 50 cas d'exécutions extrajudiciaires commises "entre le 26 et le 28 mai" par l'armée burkinabé, "notamment dans le village de Boulkessi et les campements environnants", zone située à la frontière avec le Burkina Faso.

Cette région du centre du Mali, depuis l'apparition en 2015 d'un groupe jihadiste affilié à Al-Qaïda, connait une multiplication des violences jihadistes, de milices, intercommunautaires ou liés au brigandage, souvent entremêlées.

Les groupes jihadistes évoluant au Mali se sont eux rendus coupables, entre autres attaques contre des postes de contrôle et camps militaires, de 43 meurtres, 25 enlèvements, des attaques contre des écoles et des humanitaires entre avril et juin, selon l'ONU.

Egalement, six cas de violence sexuelle "imputables aux éléments armés extrémistes" ont été documentés par l'ONU dans le centre du Mali (cercle de Douentza).

Entretien avec le professeur Chérif Keita sur la réhabilitation du site de la "Falaise de Bandiagara"

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Crise malienne: le médiateur Pierre Buyoya insiste sur le dialogue direct

L'ex président burundais Pierre Buyoya avec sa femme Sophie (à dr.), en compagnie de l'ancienne présidente d'Irlande Mary Robinson à Kigali, au Rwanda, le 7 avril 2014. (REUTERS/Noor Khamis)

L'envoyé spécial de l'Union africaine pour le Mali et la région du Sahel, l'ancien président du Burundi Pierre Buyoya, a exprimé mardi son optimisme quant à l'issue des négociations en cours pour résoudre la crise au Mali.

"Les Maliens ont compris qu'il y a eu échec probablement parce qu'il n'y a jamais eu un dialogue direct entre protagonistes maliens", a déclaré l'ancien président dans un entretien avec Frédéric Nkundikije de la VOA. "Je pense qu'on finira par y arriver", a-t-il ajouté.

M. Buyoya, 70 ans, s’y connaît en matière de résolution des conflits. Il a été président du Burundi à deux reprises, d’abord de 1987 à 1993 et ensuite de 1996 à 2003. Dans les deux cas, à la faveur d’un coup d'État. Il quitte le pouvoir suite à un accord de paix négocié par l'ancien président sud-africain Nelson Mandela.

Depuis son départ de la présidence burundaise, M. Buyoya a contribué à divers efforts de médiation. Il a aussi dirigé des missions d'observation électorale dans de nombreux pays du continent. Autant d'expérience qu'il entend mettre à profit pour une résolution pacifique de la crise malienne.

"Le Mali est un pays important dans le dispositif de sécurité en Afrique de l'ouest", a déclaré M. Buyoya.

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Comment les Maliens ont passé la Tabaski

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