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Crimes/enquêtes

Les autorités nigérianes recapturent une centaine des prisonniers qui s'étaient échappés

Des véhicules incendiés devant une prison à Owerri, au Nigeria, le 5 avril 2021, après que des centaines de détenus se soient évadés de l'établissement.

Au moins 108 des 240 détenus qui se sont évadés dimanche d'une prison du centre du Nigeria ont été recapturés par les forces de sécurité, a indiqué mardi un responsable des services pénitentiaires nigérians.

"Nous avons un total de 108 prisonniers recapturés", a affirmé à l'AFP par téléphone Francis Enobore, porte-parole de l'admministration pénitentiaire, après l'évasion de la prison de Kabba, dans l'Etat de Kogi.

"Ce chiffre va augmenter au fil des heures", a-t-il assuré en affirmant que "diverses mesures" avaient été prises - sans préciser lesquelles - "pour que tous les évadés soient ratrappés".

Le porte-parole avait annoncé dimanche soir l'attaque par des hommes armées non identifés de la prison de Kabba et l'évasion de 240 prisonniers.

Un soldat et un gardien avaient été tués durant l'assaut, avait-il indiqué en précisant que la prison accueillait alors 294 prisonniers, dont 224 prévenus en attente de jugement.

Les évasions de masse de prisonniers ne sont pas rares au Nigeria. Le 5 avril, des hommes armés avaient pris le QG de la police d'Owerri (sud-est) et libéré plus de 1.800 prisonniers.

Depuis plusieurs années, les forces de sécurité nigérianes sont débordées par les opérations de gangs armés dans le centre et le nord-ouest, une insurrection jihadiste dans le nord-est et des troubles séparatiste dans le sud-est.

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Des réfugiés érythréens victimes de "crimes de guerre" au Tigré

Des réfugiés érythréens protestent à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne, contre les conditions dans les camps du Tigré.

Les réfugiés érythréens ont été victimes d'exactions, notamment d'exécutions sommaires et de viols, qui constituent des "crimes de guerre manifestes" durant le conflit qui fait rage dans le nord de l'Ethiopie, estime Human Rights Watch (HRW) dans un rapport publié jeudi.

L'ONG y détaille le rôle des soldats érythréens ainsi que des combattants rebelles de la région éthiopienne du Tigré dans ces exactions à grande échelle, également marquées par des rapatriements forcés et d'importantes destructions dans deux camps de réfugiés.

"Les meurtres horribles, les viols et les pillages contre les réfugiés érythréens au Tigré sont clairement des crimes de guerre", affirme la directrice de HRW pour la Corne de l'Afrique, Laetitia Bader.

"Durant de nombreuses années, le Tigré a été un refuge pour les réfugiés érythréens fuyant les persécutions (dans leur pays)", rappelle-t-elle: "Mais aujourd'hui, ils ne s'y sentent plus en sécurité".

Le nord de l'Ethiopie est ravagé par de violents combats depuis novembre, lorsque le Premier ministre Abiy Ahmed a envoyé l'armée au Tigré pour destituer les autorités régionales issues du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), qu'il accuse d'avoir orchestré des attaques contre des camps militaires.

Le régime érythréen -ennemi juré du TPLF, qui dirigeait l'Ethiopie lors du sanglant conflit frontalier entre les deux pays de 1998 à 2000- a soutenu militairement Addis Abeba en envoyant des troupes dans cette région qui borde sa frontière sud.

Avant le début du conflit, 92.000 réfugiés érythréens se trouvaient au Tigré, dont 19.200 dans les camps de Hitsats et de Shimelba, selon l'Agence éthiopienne pour les réfugiés et les rapatriés (ARRA).

- Réfugiés disparus -

Les forces érythréennes et tigréennes se sont affrontées pour la première fois près de Hitsats environ deux semaines après le début de la guerre.

HRW affirme avoir reçu des "informations crédibles" selon lesquelles les troupes érythréennes ont tué 31 personnes dans la ville de Hitsats. Mais le véritable bilan est "probablement beaucoup plus élevé", ajoute l'ONG.

L'AFP a par ailleurs pu établir comment, une fois que les combats ont atteint le camp de Hitsats, des miliciens pro-TPLF ont ciblé des réfugiés dans le cadre de représailles, tuant neuf jeunes Erythréens devant une église.

Lorsque les Érythréens ont pris le contrôle du camp, ils auraient transporté 17 réfugiés blessés en Érythrée pour y être soignés, selon le rapport de HRW.

Mais la plupart de ces réfugiés sont toujours portés disparus, de même que 20 à 30 autres qui ont été détenus "dont des membres du comité des réfugiés et des membres présumés de l'opposition, dont deux femmes", affirme l'organisation.

Après avoir repris le contrôle de la zone début décembre, les forces tigréennes ont commencé à voler, emprisonner, violer et attaquer les réfugiés avec des armes, dont une grenade, faisant potentiellement des dizaines de morts, affirme-t-elle.

Les forces érythréennes sont revenues le mois suivant et ont forcé ceux qui restaient dans les camps à partir. Des images satellites indiquent que le camp a été en grande partie détruit peu de temps après, selon HRW.

- "Rapatriements forcés" -

Des milliers de réfugiés qui se trouvaient à Hitsats et Shimelba manquent toujours à l'appel.

Des centaines d'entre eux n'avaient d'autre choix que de retourner en Erythrée dans ce que HRW qualifie de "rapatriements forcés".

Certains sont allés dans les camps de Mai Aini et Adi Harush, plus au sud. Mais ceux-ci sont passés ensuite sous contrôle du TPLF en juillet.

L'ARRA a accusé le TPLF d'avoir déployé de l'artillerie lourde à Mai Aini et Adi Harush, de piller des véhicules et des entrepôts d'aide et d'empêcher les réfugiés de partir, ce qui équivaut à "une prise d'otages".

Le TPLF a rejeté ces affirmations, en s'engageant à assurer la protection des réfugiés.

Les autorités éthiopiennes tentent d'accélérer la réinstallation de réfugiés du sud du Tigré vers un site de 90 hectares dans la région de l'Amhara, voisine du Tigré. Mais la région a été gagnée par les combats en juillet.

HRW demande à toutes les parties au conflit d'accorder aux réfugiés la liberté de mouvement et un accès sans entrave à l'aide.

Soixante ans après, la mort toujours mystérieuse de "Monsieur H", patron de l'ONU

Le Secrétaire général de l'ONU Dag Hammarskjold (3e G) arrive à Léopoldville en RDC le 13 sept 1961, accueilli par le général Joseph Mobutu (G) et le 1er ministre Cyrille Adoula (2eG), pour une mission de paix. Il y a trouvé la mort dans un accident d'avion. AFP PHOTO

Erreur de pilotage? Détournement raté? Avion abattu? Soixante ans après, le mystère perdure autour d'un crash en Afrique, fatal au patron de l'ONU. Mais l'enquête continue et suit notamment les pistes sulfureuses d'une implication d'espions, de mercenaires et d'industriels.

Le 18 septembre 1961 peu après minuit, l'Albertina, un DC-6 des Nations unies qui transporte Dag Hammarskjöld, deuxième secrétaire général de l'histoire de l'organisation, disparaît.

Le Suédois, surnommé "Monsieur H" en raison de la difficile prononciation de son nom, se rendait à Ndola, en Rhodésie du Nord (actuelle Zambie). Il devait négocier un cessez-le-feu avec Moïse Tshombé, chef de la province du Katanga, qui a fait sécession en juillet 1960 après l'indépendance de l'ancien Congo belge. Un conflit scruté par les grandes puissances en pleine Guerre froide.

Cette région du "copperbelt" (ceinture de cuivre), où interviennent des Casques bleus régulièrement attaqués par un mystérieux pilote de chasse, est très riche en cuivre, cobalt ou uranium, alimentant les convoitises.

Le gouvernement Tshombé est ainsi financé par l'Union minière du Haut-Katanga (UMHK), groupe anglo-belge qui redoute l'indépendance congolaise, et soutenu par les "affreux", des mercenaires européens.

Le vol SE-BDY de "Monsieur H" n'atterrira jamais à Ndola.

- L'erreur de pilotage d'abord retenue -

Les débris de l'appareil et quinze cadavres sont retrouvés dans une forêt d'acacias à environ 12 km de Ndola. Parmi eux, celui de Dag Hammarskjöld.

L'unique survivant relate une forte explosion à bord, suivie d'explosions moins fortes, six jours avant de décéder.

Pendant de longues années, c'est la thèse de l'erreur de pilotage qui est retenue. Des témoins ayant aperçu un autre avion sont alors ignorés, parce qu'ils étaient noirs, estimeront plus tard des enquêteurs.

- Attaque aérienne -

Mais en 1992, deux anciens représentants onusiens au Katanga se disent "convaincus" que le crash a été provoqué par un tir provenant de deux avions affrétés par des "industriels européens" contrôlant le Katanga.

Six ans plus tard, en 1998, nouveau rebondissement. La Commission vérité et réconciliation, créée en Afrique du Sud pour examiner les crimes commis sous l'apartheid, dévoile des documents mettant en cause Pretoria, la CIA américaine et le MI5 britannique dans un complot pour tuer Dag Hammarskjöld, sous le nom de code "Comment va Celeste?". Les originaux transmis par cette commission ont depuis disparu.

"Les agents du contre-espionnage du Royaume-Uni ne passent pas leur temps à liquider des gens", rétorque le Foreign office.

La personnalité et les projets du patron de l'ONU menaçaient-ils des intérêts géopolitiques et économiques, au point d'être tué?

En 2011, la chercheuse britannique Susan Williams pointe en tout cas, dans son ouvrage "Qui a tué Dag Hammarskjöld?", que beaucoup de preuves suggèrent que l'Albertina a été abattu par un autre avion.

En 2015, l'ONU retient à son tour l'hypothèse d'une attaque aérienne: l'organisation s'appuie sur un rapport d'experts indépendants et estime qu'il faut poursuivre l'enquête.

Le secrétaire général Ban Ki-moon exhorte les membres de l'ONU à "divulguer les informations" qu'ils pourraient détenir, autrement dit des enregistrements de conversations dans le cockpit de l'avion et de messages radio que l'Agence nationale de sécurité américaine (NSA) aurait réalisés en 1961.

En 2017, un rapport de l'ancien juge tanzanien Mohamed Chande Othman, désigné par l'ONU pour enquêter, considère comme cause "plausible" du crash une attaque ou une menace extérieure.

Il déplore, en 2019, l'absence de collaboration de Washington, Pretoria et Londres, qui ont toutefois désigné un "responsable indépendant" pour recenser leurs archives.

L'enquêteur estime notamment impossible de trancher entre des informations contradictoires sur la présence ou non au Katanga lors du crash d'un mercenaire belge, Jan Van Risseghem, soupçonné d'avoir abattu l'Albertina.

Le journaliste français Maurin Picard conclut lui à l'implication de mercenaires étrangers pro-katangais, adversaires des Nations unies, dans un livre-enquête publié en 2019, "Ils ont tué monsieur H".

Plusieurs témoins ont évoqué la présence d'un deuxième avion dans le ciel "projetant" vers l'avion "des rais de lumière et provoquant son écrasement", fait-il valoir dans son ouvrage. Il avance le nom d'un autre pilote qui aurait pu abattre l'avion, l'allemand Heinrich Schäfer.

L'enquête de l'ONU, de son côté, a été prolongée jusqu'en 2022.

"Nous espérons qu'on se rapproche de la résolution du mystère", témoigne auprès de l'AFP Peder Hammarskiöld, membre de la famille de l'ancien patron de l'ONU. "Plus le temps s'écoule, plus c'est difficile".

"Malheureusement" tous les pays ne coopèrent pas, regrette celui qui préside l'Association de la famille Hammarskjöld. "Il est mort depuis longtemps. Nous avons du mal à comprendre quels problèmes pourraient surgir si des pays qui détiennent des archives sur le sujet étaient plus transparents".

Plusieurs commémorations sont prévues pour les 60 ans du décès de "Monsieur H", notamment devant sa tombe à Uppsala, à la fondation Hammarskjöld ainsi qu'au Parlement suédois.

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