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Un sous-préfet rejoint un comité d'auto-défense contre l'armée au Tchad


Des soldats tchadiens patrouillent dans la région du Tibesti, le 28 mars 1999.
Des soldats tchadiens patrouillent dans la région du Tibesti, le 28 mars 1999.

Un sous-préfet du nord du Tchad a annoncé lundi à l'AFP avoir rejoint un comité d'auto-défense contre l'armée tchadienne après avoir démissionné de ses fonctions dimanche pour protester contre une opération militaire tchadienne dans le Tibesti.

Le ministre tchadien de la Sécurité, Ahmat Mahamat Bachir, a de son côté affirmé à l'AFP que ce sous-préfet, Mouli Sougui, avait été "viré, il n'a pas démissionné".

"J'ai démissionné hier (...) de mon poste de sous-préfet" de Yebbi-Bou (région du Tibesti, nord) pour "rejoindre un comité d'auto-défense en tant que porte-parole", a affirmé Mouli Sougui, joint par téléphone depuis Libreville.

L'objectif de ce comité d'auto-défense "est de défaire la force actuellement déployée (de l'armée tchadienne, ndlr), puis penser une stratégie globale avec les autres politico-militaires (des rebelles tchadiens, ndlr) pour chasser ce régime prédateur", selon lui.

L'ex-sous-préfet dénonce "l'opération punitive" de l'armée tchadienne dans la zone aurifère de Miksi - village du Tibesti situé à une centaine de kilomètres de Yebbi-Bou -, qui vise à "exterminer la population autochtone pour s'accaparer l'or" de cette zone.

L'offensive du 24 octobre a provoqué des dégâts "très importants, tant humains que matériels", selon l'ex-sous-préfet qui lance "un SOS aux organisations humanitaires".

Depuis fin août, l'armée tchadienne a mené plusieurs offensives proche de la frontière libyenne, dans le Tibesti, pour "nettoyer" la zone des orpailleurs illégaux, et lutter contre les incursions de groupes rebelles tchadiens basés en Libye.

L'Etat se bat contre "les orpailleurs, les trafiquants d'armes, les esclavagistes", selon le ministre de la Sécurité, Ahmat Mahamat Bachir, joint par téléphone depuis Libreville.

Aujourd'hui, "la situation est sous contrôle total, les bandits de grand chemin sont en débandade", selon le ministre.

L'extrême-nord du Tchad est une immensité désertique aux montagnes présumées riches en métaux précieux, habitée par des Toubou.

Peu contrôlée, cette zone est propice à de nombreux trafics entre le Tchad, le Soudan, le Niger, la Libye. Plusieurs groupes rebelles tchadiens sont présents dans ces pays frontaliers.

Avec AFP

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