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Rwanda

Un Rwandais jugé à Bruxelles pour sa participation au génocide de 1994

L'abbé Emmanuel Rukundo est escorté par la garde des Nations unies au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) à Arusha, Tanzanie, 26 septembre 2001.

Le procès d'un ancien haut fonctionnaire rwandais accusé d'avoir pris part au génocide dans son pays en 1994 s'est ouvert lundi devant la cour d'assises de Bruxelles, en présence de proches de victimes qui attendent depuis 25 ans d'obtenir justice.

Fabien Neretsé, interpellé en France en 2011 et qui comparaît libre à ce procès où il encourt la prison à vie, est accusé de treize meurtres et de trois tentatives de meurtres au Rwanda, d'avril à juillet 1994. Il nie les faits.

Vêtu d'un imperméable clair cet homme de 71 ans est arrivé au palais de justice en début d'après-midi, marchant difficilement en s'appuyant sur une béquille, a constaté un journaliste de l'AFP.

Il ne s'est pas immédiatement présenté dans le box, la première audience du procès étant consacré à la sélection des jurés. Les débats doivent démarrer jeudi.

Chose inédite en Belgique, Fabien Neretsé doit répondre de "crime de génocide", une qualification non retenue lors des quatre procès de génocidaires rwandais qui se sont tenus à Bruxelles en 2001, 2005, 2007 et 2009. Des peines allant de 10 à 30 ans de prison avaient alors été prononcées.

Cette qualification impliquant que l'accusé ait voulu s'attaquer à un groupe ethnique déterminé va être "extrêmement difficile à démontrer", a prédit un de ses avocats Me Jean-Pierre Jacques.

Un autre a dénoncé "une machination" contre ce Hutu accusé d'avoir dirigé une milice durant le génocide.

En vertu d'une loi de 1993, les tribunaux belges bénéficient de la compétence universelle pour juger les crimes de guerre, de génocide et crimes contre l'humanité, quels que soient le lieu où ils ont été commis, la nationalité et lieu de résidence des victimes et de leurs accusés.

En l'occurrence, dans ce cinquième procès en Belgique lié au génocide rwandais, une victime civile belge est recensée, dont la sœur s'est portée partie civile en 2001.

Claire Beckers était commerçante à Kigali quand elle a été assassinée dans la capitale rwandaise le 9 avril 1994 au matin avec une dizaine d'autres personnes, dont son mari, un Tutsi, et leur fille de 18 ans.

La scène se passe trois jours après l'assassinat du président hutu Juvénal Habyarimana, événement qui a déclenché le génocide des tutsis au Rwanda.

Fabien Neretsé habite le quartier de la famille Bucyana-Beckers et selon l'accusation c'est lui qui fait intervenir des hommes armés pour empêcher cette famille et d'autres voisins tutsis de fuir pour se mettre à l'abri.

Outre cette dizaine de meurtres à Kigali, d'autres lui sont reprochés dans les préfectures de Gitarama et Ruhengeri (nord) où cet ingénieur agronome avait fondé une école.

Un quart de siècle après les faits, ce procès est "la fin d'un long combat", a dit à l'AFP Martine Beckers, sœur de Claire Beckers, "je ressens un épuisement mais je pense à ma famille, c'est important d'honorer la mémoire des victimes".

Le génocide au Rwanda a coûté la vie, entre avril et juillet 1994, à au moins 800.000 personnes, selon l'ONU, essentiellement au sein de la minorité tutsie, mais aussi parmi les Hutus modérés.

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Paul Kagame salue "un esprit nouveau" entre la France et le Rwanda

Le président rwandais Paul Kagame et son homologue français Emmanuel Macron lors d'une conférence de presse à l'Elysée, à Paris, le 23 mai 2018. (AFP PHOTO / POOL / Francois Mori)

Le président rwandais Paul Kagame a salué un "esprit nouveau" et une "amélioration" dans les relations entre Paris et Kigali, longtemps empoisonnées par le génocide de 1994, dans un entretien au magazine Le Point paru jeudi.

"Le président Macron est un chef d'État dont le point de vue n'est pas marqué par le passé", estime M. Kagame, homme fort du Rwanda qu'il préside depuis 2000.

"Il y a un esprit nouveau. Certains indices révèlent une amélioration des relations entre nos deux pays", relève-t-il, citant notamment ses deux visites officielles en France à l'invitation du président Emmanuel Macron - en mai 2018 et août 2019 - et la désignation de son ex-ministre des Affaires étrangères Louise Mushikiwabo à la tête de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF).

M. Kagame s'est également félicité de la visite à Kigali de l'Agence française de développement (AFD) et d'hommes d'affaires à la recherche d'investissements.

"Tout cela est très positif. Si vous regardez le passé, vous ne pardonnez pas (...) On ne peut pas toujours attendre les excuses des uns ou des autres. C'est à tout un chacun de prendre ses responsabilités et de s'excuser s'il l'estime nécessaire", ajoute le président rwandais.

Ce dernier a longtemps accusé la France de "complicité" dans le génocide de 1994 qui fit 800.000 morts selon l'ONU, principalement dans la minorité tutsi. Des accusations réfutées par Paris qui a toujours défendu son opération militaire Turquoise, dépêchée en juin 1994 au Rwanda pour y créer une zone humanitaire.

Bien que le poste d'ambassadeur de France à Kigali reste vacant depuis 2015, les relations entre les deux pays se sont réchauffées ces dernières années.

Convié à Kigali pour la 25e commémoration du génocide en 2019, Emmanuel Macron ne s'y est finalement pas rendu mais il a envoyé un représentant personnel et a annoncé "une journée de commémoration" du génocide en France le 7 avril.

Le président français a également mis en place une commission d'historiens et de chercheurs afin de faire la lumière sur le rôle controversé de Paris dans cette tragédie.

Parmi les points les plus disputés figurent l'ampleur de l'assistance militaire apportée par la France au régime du président rwandais hutu Juvénal Habyarimana, dont la mort dans un attentat le 6 avril 1994 fut un élément déclencheur du génocide.

L'armée française a aussi été accusée par des survivants d'avoir tardé à secourir des centaines de Tutsi qui ont été massacrés sur les collines de Bisesero, fin juin 1994.

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