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Rwanda

Cinq Rwandais renvoyés devant la justice belge pour "crime de génocide" en 1994

Des restes humaines des victimes du génocide, le 4 avril 2014.

Cinq Rwandais accusés d'avoir pris part au génocide de 1994 dans leur pays ont été renvoyés devant la cour d'assises de Bruxelles pour "crime de génocide" et "crimes de guerre", a annoncé mercredi le parquet fédéral belge.

"C'est la première fois qu'une cour d'assises belge aura à connaître de faits qualifiés de crime de génocide", précise le parquet dans un communiqué.

Quatre procès relatifs au génocide rwandais s'étaient déjà tenus en Belgique, l'ancienne puissance coloniale, entre 2001 et 2009, mais ils ne concernaient que des faits de "crimes de guerre", est-il rappelé.

Fin 2009, Ephrem Nkezabera, surnommé le "banquier du génocide", avait été condamné à 30 ans de réclusion par la cour d'assises de Bruxelles.

La même cour d'assises avait déjà condamné à de lourdes peines deux religieuses, un universitaire et un industriel rwandais en 2001, deux commerçants du nord du pays en 2005, puis un ex-major en juillet 2007.

Deux nouvelles procédures concernant au total cinq personnes ont depuis été ouvertes devant la justice belge, à la suite d'arrestations survenues notamment en 2011.

En mars 2011, deux hommes d'origine rwandaise avaient été arrêtés en Belgique et inculpés de "crime de génocide", "crimes de guerre" et "crimes contre l'humanité" pour leur rôle présumé dans le génocide.

Selon le journal rwandais New Times, il s'agissait d'Ernest Gakwaya, dit "Camarade", et d'Emmanuel Nkunzuwimye, dit "Bomboko".

Un mois plus tard, en avril 2011, c'est un ancien magistrat rwandais, Mathias Bushishi, recherché par Interpol pour sa participation au génocide de 1994, qui avait été arrêté et incarcéré à Bruxelles.

Mercredi, le parquet fédéral n'a évoqué les cinq accusés renvoyés aux assises qu'avec des initiales, sans dévoiler les identités.

Selon ce communiqué, "E.G." est "renvoyé pour crime de génocide et crimes de guerre (meurtres et viols)", "E.N" pour "crime de génocide et crimes de guerre (meurtres, tentatives de meurtre et viol)".

Enfin "M.B." devra répondre de "crime de génocide et crimes de guerre (meurtres et tentative de meurtre)".

Le génocide rwandais a fait environ 800.000 morts, selon l'ONU, essentiellement des membres de la minorité tutsi.

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Un dissident rwandais tué par balles au Mozambique

Cleophas Habiyaremye, porte-parole de l'Association des réfugiés rwandais au Mozambique.

Un dissident rwandais, ancien lieutenant de l'armée, a été tué par balles au Mozambique où il s'était réfugié après avoir été chassé de son pays en 1994, a indiqué mardi la police de Maputo. 

Des hommes armés non identifiés ont tiré sur la voiture de Revocant Karemangingo, 49 ans, alors qu'il se rendait à son domicile dans la capitale mozambicaine.

Les attaquants "ont tiré neuf coups de feu sur le véhicule. La victime a été immédiatement transportée à l'hôpital mais elle est décédée", a déclaré à l'AFP la porte-parole de la police, Carmina Leite.


Une enquête a été ouverte mais la police ne tient pour l'instant aucune piste.

Revocant Karemangingo, qui avait monté un commerce de produits pharmaceutiques au Mozambique, était soupçonné de soutenir secrètement l'opposition au Rwanda.

"La communauté rwandaise au Mozambique est effrayée par ce meurtre", a déclaré à l'AFP Cleophas Habiyaremye, président de l'Association des réfugiés rwandais au Mozambique.

"Le gouvernement de Kigali persécute les réfugiés rwandais non seulement au Mozambique mais dans le monde entier", a-t-il ajouté.

Plusieurs opposants au régime du président Paul Kagame ont été assassinés ou cibles d’agressions ces dernières années, notamment en Afrique du Sud.

En février, un responsable d'un parti d'opposition, Seif Bamporiki, 49 ans, a été tué par balles.

En 2014, l'ex-patron des renseignements et ancien proche de Kagame dont il était devenu un adversaire acharné, Patrick Karegeya, avait été retrouvé mort étranglé dans une chambre d'hôtel de Johannesburg.

Un autre exilé rwandais, l'ancien général Faustin Kayumba Nyamwasa, cofondateur du Congrès national rwandais (RNC) avec M. Karegeya, a quant à lui survécu à plusieurs tentatives d'assassinats.

Le Rwanda, dirigé d'une main de fer par Paul Kagame depuis la fin du génocide qui a coûté en 1994 la vie à quelque 800.000 personnes, principalement des Tutsi, est régulièrement critiqué pour ses attaques contre la liberté d'expression.

Portraits d'Africaines du Top 100 des femmes les plus influentes d'Avance Media

La directrice générale de l'Organisation Mondiale du Commerce, Ngozi Okonjo-Iweala, à son arrivée au siège de l'OMC à Genève, en Suisse, le 1er mars 2021.

L’agence de marketing et de notation Avance Media a publié le Top 100 des Africaines les plus influentes, dans lequel figurent des grands noms aux côtés de jeunes communicantes et entrepreneures. Chez les francophones, plusieurs Sénégalaises, Congolaises et Rwandaises ont été sélectionnées.

Patronnes d’entreprises, artistes, femmes politiques, militantes de la société civile, universitaires... plusieurs profils se retrouvent dans ce classement 2021. Ces Africaines issues de divers horizons ont été sélectionnées en raison de leur travail et leurs réalisations.

"Nous pensons que ce projet nous offre une autre opportunité non seulement de célébrer les femmes africaines, mais aussi de mettre en valeur les réalisations individuelles et collectives de femmes qui inspirent la prochaine génération de dirigeantes en Afrique", a écrit le 31 août Avance Media sur son site Internet.

La Vice-présidente du Bénin Mariam Chabi Talata et le président Patrice Talon, Porto-Novo, 23 mai 2021.
La Vice-présidente du Bénin Mariam Chabi Talata et le président Patrice Talon, Porto-Novo, 23 mai 2021.

Parmi les femmes politiques les plus connues figurent notamment la patrone de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), la Nigériane Ngozi Okonjo-Iweala, les présidentes de l'Éthiopie et de la Tanzanie Sahle-Work Zewde et Samia Suluhu Hassan, la Première ministre togolaise Victoire Tomégah-Dogbé, la vice-présidente du Bénin Mariam Chabi Talata et son homologue ougandaise Jessica Alupo.

Bien qu'elle ne soit plus visible sur la scène politique, l’ancienne présidente du Liberia Ellen Johnson Sirleaf figure également dans le classement.

Les nominées sont réparties en huit catégories dont la gouvernance, le leadership économique et les médias sociaux, car l'on ne peut exclure d'un tel classement les "influenceuses", terme générique contemporain pour identifier des communicantes très populaires qui apparaissent dans de nombreuses vidéos sur la toile.

On y découvre en effet des noms bien connus sur les réseaux sociaux, comme notamment Edith Yah Brou, jeune blogueuse et militante ivoirienne.

Co-fondatrice du magazine féminin en ligne Ayana et de l'organisation Akendewa, spécialisée dans les technologies et services de l'information, Edith Yah Brou est l'une des militantes numériques les plus influentes en Côte d'Ivoire et au-delà.

"Akendewa s'appuie sur la valeur ajoutée de chacun de ses membres et possède une importante communauté motivée et dynamique", indique le site Internet de cette organisation bénévole, créée par des passionnés des TIC.

A noter que la plus jeune lauréate à figurer sur la liste pour la deuxième fois est la vice-ministre namibienne des TIC, Emma Theofelus, 25 ans.

Chez les anglophones, l'on retiendra notamment des noms comme Amina Jane Mohammed, Angela Kyerematen-Jimoh, Fatima Kyari Mohammed et Monde Muyangwa.

La Ghanéenne Angela Kyerematen-Jimoh est responsable des opérations d'IBM en Afrique. Cette spécialiste du marketing est la première femme à occuper ce poste, qui requiert le lancement de transactions de grande ampleur sur le continent.

Amina Jane Mohammed est la secrétaire générale adjointe des Nations Unies. Auparavant, elle a été ministre de l'Environnement de 2015 à 2016 dans son pays le Nigeria. Cette onusienne s'est illustrée sur les questions de bonne gouvernance et la lutte contre la corruption.

Fatima Kyari Mohammed, également Nigériane, est l'Observatrice permanente de l'Union africaine auprès des Nations Unies. Elle a notamment fait le plaidoyer pour un mandat renforcé de la force militaire G5 Sahel en 2018.

L'Africaine-Américaine d'origine zambienne Monde Muyangwa est directrice du programme Afrique au centre de recherche Woodrow Wilson International Center for Scholars depuis mars 2014, une agence fédérale américaine dont la mission est de s'atteler aux problèmes mondiaux par le biais de recherches indépendantes.

Les Rwandaises en première ligne

La première dame du Rwanda, Jeannette Kagamé, présidente de la fondation Imbuto, est dans le Top 100 des Africaines les plus influentes, selon Avance Media. Mme Kagamé est reputée pour ses nombreuses actions dans la prévention du VIH/SIDA depuis une bonne vingtaine d'années.

Sa fondation met en œuvre divers projets tels que l'extension des soins de base, l'amélioration des connaissances en santé sexuelle et reproductive, l'éducation des filles et l'entrepreneuriat des jeunes.

Mme Kagamé, qui a occupé des postes au sein de l'Onu, a reçu plusieurs récompenses en reconnaissance de ses efforts pour améliorer la vie des enfants au Rwanda.

Louise Mushikiwabo, secrétaire générale de l'Organisation Internationale de la Francophonie.
Louise Mushikiwabo, secrétaire générale de l'Organisation Internationale de la Francophonie.

La secrétaire générale de l'Organisation Internationale de la Francophonie, Louise Mushikiwabo, est parmi les nomminées rwandaises. Mme Mushikiwabo, connue sur le continent pour son charisme, a été ministre des Affaires étrangères du Rwanda, porte-parole du gouvernement et ministre de l'Information.

Lors d'une conférence internationale sur l’éducation des filles et la formation des femmes dans l’espace francophone, en 2019 à Ndjamena au Tchad, elle avait exhorté les membres de l'OIF à redoubler d’efforts pour que les filles aient le même niveau d’instruction que les garçons.

"Un pays ne peut pas avancer en laissant derrière lui 50% de sa population, et c’est le cas de plusieurs de nos Etats francophones", avait-elle déclaré.

Autre rwandaise du Top 100, la pédiatre Agnès Binagwaho, vice-chancelière de l'Université Global Health Equity, ancienne ministre de la Santé, qui a oeuvré au renforcement du système social dans son pays.

Lorsqu'elle était en charge de ce ministère, Mme Binagwaho -- alors en visite à Washington pour le Global Fund en novembre 2013 -- avait expliqué, dans Le Monde au Féminin de VOA Afrique, le modèle de sécurité sociale rwandais.

Ce système permet à toutes les mères de son pays de bénéficier des soins de santé maternelle, y compris le traitement du VIH-Sida. Pour mettre en œuvre sa politique sociale, le Rwanda utilise un principe de financement basé sur la performance au niveau communautaire.

Dr. Agnes Binagwaho, pédiatre rwandaise, vice-chancelière de l'Université Global Health Equity, ancienne Ministre de la Santé.
Dr. Agnes Binagwaho, pédiatre rwandaise, vice-chancelière de l'Université Global Health Equity, ancienne Ministre de la Santé.

La scientifique rwandaise Agnès Kalibata est également classée comme Africaine influente. Cette agronome est présidente de l'Alliance pour une révolution verte en Afrique depuis 2014, après avoir été ministre de l'Agriculture et des ressources animales pendant près de sept ans. Cette panafricaine a toujours fait le plaidoyer d'une Afrique autosuffisante sur le plan agroalimentaire.

La cinquième rwandaise sélectionnée par Avance Media est l'économiste, politicienne et diplomate Monique Nsanzabaganwa, vice-présidente de la Commission de l'Union africaine depuis le 6 février 2021, après avoir été vice-gouverneur de la Banque nationale du Rwanda pendant 10 ans.

Dr Nsanzabaganwa a permis le développement de programmes tels que le Fonds Rugori, une plateforme de financement pour les petites et moyennes entreprises appartenant à des femmes.

Les congolaises à l'honneur

Trois féministes congolaises ont été retenues dans le Top 100 des Africaines les plus influentes selon Avance Media.

L'ancienne onusienne Angèle Makombo, présidente de la Ligue des Démocrates Congolais (LIDEC), s'est portée candidate aux présidentielles de 2011 et 2018. Elle est conseillère de la République et membre de la Commission de l'environnement et des ressources naturelles au Conseil économique et social.

Mme Makombo, diplomée de la Sorbonne et de Sciences Po en France, a écrit de nombreux articles sur les questions socio-économiques en RDC et a longtemps soutenu l'éducation de filles issues de familles à faible revenu à Kinshasa.

Julienne Lusenge est une militante congolaise reconnue pour son engagement dans la lutte contre les violences sexuelles dans l'est du pays. Elle est présidente de Solidarité Féminine pour la Paix et le Développement Intégral (SOFEPADI) et directrice du Fonds de la Femme Congolaise (FFC).

Julienne Lusenge, présidente de Solidarité Féminine pour la Paix et le Développement Intégral, directrice du Fonds de la Femme Congolaise, lauréate du prix Femmes de Courage 2021 du Département d'Etat américain
Julienne Lusenge, présidente de Solidarité Féminine pour la Paix et le Développement Intégral, directrice du Fonds de la Femme Congolaise, lauréate du prix Femmes de Courage 2021 du Département d'Etat américain

Elle a été nommée chevalier de la Légion d'honneur par le gouvernement français et est récipiendaire de nombreuses récompenses dont le prestigieux prix Femmes de Courage du Département d'Etat américain en 2021.

Dans un entretien réalisé en mars dernier à VOA Afrique, Mme Lusenge dresse un plan macabre de l'insécurité qui prévaut dans l'est de la RDC, où des dizaines de groupes armés sèment encore la terreur.

Elle y décrit des "déplacés forcés perpétuels", une situation de grande pauvreté avec "des jeunes femmes restées veuves avec beaucoup d'enfants, les leurs et ceux des voisins, et sans ressources."

La congolaise Ève Bazaiba au parcours exceptionnel est connue elle aussi pour son militantisme progressiste. Devenue récemment ministre de l'Environnement avec rang de vice-Première ministre, elle est présidente de la commission socioculturelle de l'Assemblée nationale depuis quelques années.

Mme Bazaiba était un membre influent de l'UDPS, l'actuel parti au pouvoir en RDC, et a occupé le poste de secrétaire générale du MLC de Jean-Pierre Bemba. Elle a été arrêtée plusieurs fois sous le régime de Mobutu, emprisonnée sous celui de Kabila père et poursuivie en justice sous Kabila fils.

En tant que militante de la parité en politique, Eve Bazaiba est présidente de la Ligue des Femmes Congolaises pour les Élections (LIFCE).

L'avocate et militante des droits humains tchadienne Jacqueline Moudeina, est parmi les femmes francophones d'Afrique centrale qui figurent au Top 100 des Africaines influentes, en grande partie grâce à son travail ayant permis de traduire en justice Hissène Habré, condamné à la prison à perpétuité le 30 mai 2016 pour crimes contre l'humanité.

En 2004, Me Moudeina a été nommée présidente de l'Association tchadienne pour la promotion et la défense des droits de l'homme (ATPDH). Elle a alors recueilli des témoinages et éléments de preuves sur l'affaire Habré pendant une décennie.

Pour Jacqueline Moudeina, la mort de l'ancien président ne doit pas empêcher le Tchad d’honorer ses engagements vis-à-vis des victimes. Après son décès en août dernier, elle a estimé que le dossier devait être repris rapidement afin que les victimes puissent entrer dans leurs droits.

Deux artistes aux multiples influences

Parmi les artistes francophones figurant dans le classement d'Avance Media, l'on peut retenir notamment la chanteuse pop franco-malienne Aya Nakamura, dont les clips décrochent des records de visites sur le net, à commencer par sa chanson à succès Djadja. Ce tube a largement passé la barre des 800 millions de vues sur Youtube ; le clip Copines, plus de 357 millions de vues et Pookie pas loin derrière. Un véritable phénomène.

Le Top 100 des Africaines inspirant la prochaine génération ne pouvait être sans la célèbre chanteuse-compositrice béninoise Angélique Kidjo, qui se consacre aux droits humains depuis de nombreuses années, en centrant ses actions sur l'autonomisation des femmes et l'éducation des enfants, notamment en tant qu'ambassadrice de l'Unicef.

Angélique Kidjo a fondé en 2006 la Fondation Batonga qui soutient des adolescentes en Afrique francophone pour améliorer leurs moyens de subsistance, tout en leur permettant d'être des agents de changement dans leurs communautés.

La chanteuse franco-béninoise Angelique Kidjo au 43e Festival de Jazz de Montreux en Suisse, le 10 juillet 2009.
La chanteuse franco-béninoise Angelique Kidjo au 43e Festival de Jazz de Montreux en Suisse, le 10 juillet 2009.

Lors d'un entretient à VOA Afrique en 2016, elle avait dit regretter que la parité n'évolue pas plus vite, déplorant que les femmes ne soient pas suffisamment solidaires et que l'on ait "des systèmes en place qui font perdurer le patriarcat et qui permettent aux hommes de rester au pouvoir".

Elle y mentionne aussi le fait que l'on soit "toujours en train de parler des droits des femmes ; pourquoi est-ce que les droits des femmes doivent être séparés des droits de l'Homme? Ne sommes-nous pas des êtres humains?!", s'est-elle interrogée.

Angélique Kidjo jointe par Nathalie Barge
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L'Afrique de l'ouest, dominée par le Sénégal

Dans le Top 100 d'Avance Media figure Nafissatou Jocelyne Diop, cheffe du service Genre et Droits Humains au Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA). Mme Diop milite pour les droits humains, en particulier l'égalité des genres, depuis une vingtaine d'années.

Elle est responsable des questions liées aux adolescentes, à la planification familiale, la santé maternelle et aux pratiques néfastes telles que les mutilations génitales féminines. Son service met en œuvre divers programmes pour améliorer la vie des femmes et des filles.

Oulimata Sarr, directrice régionale d'ONU Femmes couvrant 24 pays d'Afrique de l'Ouest et Centrale, est également dans le classement. Elle est membre du Women's Investment Club Sénégal qui fournit des capitaux aux femmes entrepreneures.

Le fonds d’investissement WIC Capital lancé en 2019 rassemble des investisseurs qui mettent en commun leurs ressources pour soutenir des petites et moyennes entreprises appartenant à des femmes au Sénégal et en Côte d’Ivoire.

L'autre onusienne d'origine sénégalaise considérée comme modèle de femme qui inspire la nouvelle génération est Awa Ndiaye-Seck, Représentante Résidente d'ONU Femmes en RDC et Représentante spéciale de la Directrice Exécutive d'ONU Femmes pour la création des sections nationales du Réseau des Femmes Leaders Africaines.

Madame Ndiaye-Seck a plus de 30 ans d’expérience dans les domaines du genre, de la prévention des conflits et des processus électoraux. Elle est titulaire de plusieurs distinctions dont celles de Chevalier de l’Ordre National du Lion et Officier de l’Ordre National du Mérite du Sénégal.

La quatrième Sénégalaise retenue dans le classement est Jacqueline Fatima Bocoum, directrice de la société de media Com 7. Elle a été journaliste à la RTS et Sud FM avant de devenir directrice des programmes et de l'information à Radio Nostalgie.


Les autres nomminées ouest-africaines

Djamila Ferdjani est médecin entrepreneure et militante sociale nigérienne populaire auprès des jeunes à travers les réseaux sociaux. Elle s’investit notamment dans la scolarisation des filles, l’insertion des jeunes et la promotion de la femme au Sahel.

En 1992, elle a fondé une clinique privée à Niamey. Pendant l'épidémie de méningite en 2015, elle a initié le programme de vaccination des enfants de la rue au Niger.

Reconnue également dans le milieu du sport, Dr. Ferdjani a été présidente de la Fédération nigérienne de basket-ball, directrice du village olympique des Jeux de la Francophonie à Niamey en 2005, et a levé des fonds pour l’équipe nationale de football du Niger à la CAN 2012.

Nialé Kaba, ministre ivoirienne du Plan et du Développement, à Abidjan, le 11 juillet 2017.
Nialé Kaba, ministre ivoirienne du Plan et du Développement, à Abidjan, le 11 juillet 2017.

Nialé Kaba, ministre du Plan et du Développement de Côte d'Ivoire depuis janvier 2016, est présidente du Conseil des gouverneurs de la Banque africaine de développement depuis 2019. Entre 2011 et 2016, elle a été ministre de la Promotion du Logement et la première femme ministre de l’Économie et des Finances dans son pays.

Mme Kaba a fait ses armes en Economie Internationale à la Sorbonne à Paris, entre autres prestigieuses universités, et elle est également diplômée de l’Institut du Fonds Monétaire International. Elle a enseigné à l’École Nationale Supérieure de Statistique et d’Économie Appliquée (ENSEA) à Abidjan.

Cette économiste est une ministre particulièremnent active qui s'investit dans de nombreux projets de développement social. Le 30 août dernier, elle a signé à Khartoum un accord pour un prêt de 25 milliards de FCFA avec la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA) destiné au financement du projet de construction du Centre Hospitalier Universitaire d’Abobo.

L'ancienne mannequin guinéenne Tiguidanke Camara a aussi sa place dans le Top 100 d'Avance Media, en tant que PDG des sociétés minières Tigui Mining Group et Camara Diamond & Gold Trading Network.

L'objectif de cette entrepreneure issue du milieu de la mode est d'étendre ses opérations en Afrique de l'Ouest. En 2018, TMG a conclu une Joint-Venture pour ses permis de Siguiri en Guinée et son projet agricole à Dabou en Côte d'Ivoire.

Le souhait le plus cher de Mme Camara est de mettre les ressources minérales d'Afrique au service du développement économique du continent. Membre de Women In Mining International (WIM), Tiguidanke Camara milite pour la présence des femmes dans le développement de l'industrie minière.

Son programme de formation AgroMine, en partenariat avec des entreprises agricoles, vise à autonomiser les femmes, regroupées en coopératives locales, grâce au développement d'opportunités d'agriculture durable à proximité des centres d'exploration TMG.

Mais ce n'est pas tout, car Mme Camara investi aussi dans le développement immobilier, via l'achat de terrains à Bouaflé en Côte d'Ivoire pour des projets de logements abordables.

Sans aucun doute, la démarche originale de Tiguidanke Camara en fait l'une des Africaines les plus influentes, laissant poindre une nouvelle génération d'entrepreneures dont les initiatives valent tout l'or du monde.

Mme Camara et les 99 autres femmes du Top 100 d'Avance Media 2021 ont ceci en commun: ce sont toutes des militantes des droits humains, féministes de surcroit.

Une simple opération de marketing ?

L'agence de relations publiques Avance Media a été créée par le jeune entrepreneur social d'origine ghanéenne Prince Akpah, qui a lui-même reçu plusieurs prix ces sept dernières années en tant que jeune leader émergent.

Il a lancé le Top 100 des Africaines les plus influentes en 2019. Seulement trois petites années pour faire de son classement une publication notoire, reprise par la presse africaine.

Prince Akpah et son équipe de jeunes Africains anglophones sont eux-même des influenceurs de la nouvelle génération qui aspirent au changement positif. Ces jeunes entrepreneurs sont parvenus à se frayer un passage dans l'univers de la Toile, aussi immense soit-elle, pour l'utiliser à bon escient.

Promouvoir en ligne 100 femmes exemplaires annuellement est en effet une simple opération de marketing qui peut inspirer de nombreuses personnes à devenir aussi des vecteurs de changement. Une action humaniste qui mérite des encouragements.

Paul Kagame défend le procès de celui qui a inspiré le film "Hôtel Rwanda"

Paul Rusesabagina, qui a inspiré le film "Hotel Rwanda", à Kigali, Rwanda, le 25 septembre 2020.

Le président rwandais Paul Kagame a rejeté dimanche les nombreuses critiques formulées à l'encontre du procès pour "terrorisme" visant Paul Rusesabagina, ancien hôtelier ayant sauvé un millier de personnes pendant le génocide de 1994 et dont l'histoire a inspiré le film "Hôtel Rwanda".

Les Etats-Unis, qui lui ont décerné la médaille présidentielle de la liberté en 2005, le Parlement européen ou encore la Belgique ont exprimé leurs préoccupations sur les conditions de son arrestation et l'équité de son procès.

M. Rusesabagina, 67 ans, est jugé pour son soutien présumé au Front de libération nationale (FLN), groupe rebelle accusé d'attaques en 2018 et 2019, ayant fait neuf morts dans ce pays d'Afrique de l'Est. Il est visé par neuf chefs d'accusation, dont celui de "terrorisme".

"Il est ici en train d'être jugé pour cela. Cela n'a rien à voir avec le film. Rien à voir avec son statut de célébrité", a déclaré M. Kagame dans une interview à la télévision nationale, "il s'agit des vies de Rwandais perdues à cause de ses actions et à cause des organisations auxquelles il appartenait ou qu'il dirigeait".

M. Rusesabagina et sa famille rejettent ces allégations et affirment qu'il est victime d'un procès spectacle à motivation politique, car il est un opposant virulent au président Kagame.

Les procureurs ont requis la prison à vie. Le verdict est attendu le 20 septembre.

M. Kagame a souligné qu'il méritait "d'être jugé équitablement devant un tribunal" et qu'il serait "jugé aussi équitablement que possible".

Paul Rusesabagina a nié toute implication dans les attaques, mais il est l'un des fondateurs du Mouvement rwandais pour le changement démocratique (MRCD), un groupe d'opposition dont le FLN est considéré comme le bras armé.

Il a été rendu célèbre par le film "Hotel Rwanda" qui raconte comment cet ancien directeur de l'hôtel des Mille Collines à Kigali, un Hutu modéré, a sauvé plus de 1.000 personnes au cours du génocide de 1994 qui a fait 800.000 morts, principalement issus de la minorité tutsie.

Il vivait en exil depuis 1996 aux Etats-Unis et en Belgique, pays dont il a acquis la nationalité. Il a été arrêté en août 2020 au Rwanda dans des circonstances troubles, à la descente d'un avion qu'il pensait être à destination du Burundi.

Le gouvernement rwandais a admis avoir "facilité (son) voyage" vers Kigali, mais affirmé que l'arrestation était "légale".

M. Rusesabagina et ses avocats ont boycotté les audiences depuis mars, dénonçant un procès "politique" rendu possible par son "enlèvement".

Au pouvoir depuis 1994, Paul Kagame est accusé par ses détracteurs de réprimer ses opposants et de régner par la peur.

Dimanche, il a rejeté les allégations selon lesquelles Kigali aurait utilisé le logiciel israélien de surveillance Pegasus, après qu'une enquête des médias internationaux a révélé que plus de 3.500 Rwandais - dont la fille de M. Rusesabagina - étaient potentiellement espionnés par ce logiciel.

"A la question de savoir si nous espionnons avec cet outil, la réponse est non", a déclaré le président rwandais, "mais comme tout autre pays dans le monde, le Rwanda collecte des renseignements et il existe de nombreuses façons de le faire".

Rwanda: décès du rappeur Jay Polly en détention

Une vue générale du centre-ville de Kigali, le 26 mai 2021.

Le rappeur rwandais Jay Polly, détenu depuis avril après avoir été arrêté durant une fête interdite où se trouvaient des stupéfiants, est décédé dans des circonstances indéterminées, a-t-on appris jeudi auprès de l'hôpital où il avait été transféré dans la nuit.

Jay Polly, de son vrai nom Joshua Tuyishimiye, est arrivé à l'hôpital vers 03H00 du matin jeudi, a indiqué à l'AFP Pascal Nkubito, le directeur de l'hôpital Muhima situé dans la capitale Kigali.

"Il était dans un état critique et inconscient. Les médecins ont essayé de le réanimer mais il est malheureusement décédé peu de temps après. Vers 03H30, il a été déclaré mort", a-t-il déclaré.

"Je ne veux pas spéculer sur la cause du décès. Nous le saurons après l'autopsie", a-t-il ajouté.

Joshua Tuyishimiye, 33 ans, avait été arrêté en avril avec plusieurs autres personnes à son domicile, où se tenait une fête.

Les fêtes sont strictement interdites au Rwanda en raison du Covid-19. Les personnes prises en infraction sont contraintes de passer la nuit dans des stades, où sont diffusées sur haut-parleurs les directives sur le Covid-19, ou placées en détention.

La police a affirmé que Joshua Tuyishimiye et des invités avaient été trouvés "en train de boire et d'abuser de stupéfiants". "Parmi les contrevenants se trouvaient également trois ressortissants étrangers, qui ont été trouvés avec de faux certificats de test négatif au Covid-19", avait déclaré le porte-parole de la police, John Bosco Kabera.

Le musicien avait assisté mercredi à une audience au tribunal, au cours de laquelle la date de son procès pour usage de stupéfiants avait été fixée au 2 décembre.

Il avait demandé à être libéré de prison, au motif que sa période de détention provisoire de 30 jours était expirée, mais la libération sous caution lui avait été refusée.

Les Rwandais ont rendu hommage à ce chanteur populaire, notamment sur les réseaux sociaux où il a notamment été salué comme une "icône culturelle qui a tant contribué à (la) musique" rwandaise.

Un autre musicien, Kizito Mihigo, était décédé en détention en février 2020. Ce chanteur de gospel, connu pour être un féroce critique du pouvoir rwandais qui avait interdit sa musique, avait été retrouvé pendu dans sa cellule. La police a affirmé qu'il s'était suicidé.

L'ONG Human Rights Watch (HRW) avait lancé des appels à une enquête indépendante, rejetés par les autorités rwandaises.

Mihigo, qui avait été condamné à une peine de dix ans de prison en 2015 pour conspiration contre le gouvernement avant d'être remis en liberté, avait été arrêté pour avoir tenté de traverser la frontière sud du Rwanda, vers le Burundi.

Mozambique: en patrouille avec les soldats rwandais

Mozambique: en patrouille avec les soldats rwandais
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