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Un responsable de l’Education enlevé en zone anglophone séparatiste au Cameroun

Les forces de sécurité camerounaises déployées dans le village de Kolofata, Extrême nord, Cameroun, 13 septembre 2015.

Ivo Leke Tambo, Chairman du GCE Board (General Certificate of education), instance qui organise les examens officiels du cycle secondaire relevant du sous - système anglophone, a été enlevé samedi en zone anglophone au Cameroun.

L’Ambazonia Defense Forces (ADF), une des milices des anglophones séparatistes, a posté dans les réseaux sociaux une vidéo de M. Ivo, dénudé, assis à même le sol dans une brousse.

Il y apparaît cagoulé au départ, presque sans force devant ses ravisseurs.

Le professeur İvo Leke Tambo a été kidnappé ainsi qu’une trentaine de personnes, selon la vidéo dont VOA Afrique a pu avoir copie.

Les personnes enlevées étaient à bord d’un car de transport qui a par ailleurs été saccagé par la section de l’ADF du département de Lebialem.

>> Lire aussi : Appel à la reconversion des séparatistes anglophones "violents" au Cameroun

Le chauffeur du véhicule est également filmé sous la menace d’une arme.

Ce groupe de personnes est présenté comme devant prendre part à un meeting politique du parti au pouvoir le RDPC (Rassemblement démocratique du peuple camerounais).

Le kidnapping a eu lieu à Fondem dans l’arrondissement d’Alou, département du Lebialem, région du sud-ouest a appris VOA Afrique.

M. Ivo avait auparavant occupé les fonctions de secrétaire général du ministère des enseignements secondaires.

"J’ai bien peur que ce soit lui… ", a déclaré sous anonymat un responsable de ce département ministériel contacté par VOA Afrique.

Le président du GCE Board et la trentaine de personnes kidnappées, allaient, selon la source, prendre part à une marche de soutien et de remerciement au Chef de l’Etat, Paul Biya.

>> Lire aussi : Les "efforts" de l'armée doivent être "poursuivis" au Cameroun selon Biya

Le meeting organisé ce samedi suite, à la nomination le 02 mars dernier de M. Paul Tasong, un anglophone, comme Ministre délégué auprès du ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire.

Ce kidnapping survient alors que le tout nouveau ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, un anglophone est en visite de travail dans cette partie du Cameroun. C’est le troisième officiel camerounais kidnappé depuis février dernier en zones anglophones.

>> Lire aussi : Un gendarme tué dans le nord-ouest anglophone du Cameroun

Le sous-préfet de Batibo et le délégué régional des affaires sociales (région du nord-ouest), sont toujours entre les personnes se réclamant de l’ADF, une branche armée des sécessionnistes anglophones.

Emmanuel Jules Ntap, correspondant à Yaoundé.

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Le sortant Azali grandissime favori de la présidentielle aux Comores

Le président des Comores, Azali Assoumani, arrive à un bureau de vote lors du référendum constitutionnel, à Mitsoudje, près de Moroni, Comores, le 30 juillet 2018

Le président du petit archipel des Comores Azali Assoumani sollicite dimanche son maintien à la tête du pays dans un scrutin lourd de tensions avec l'opposition, qui l'accuse de dérive autoritaire et redoute un "hold-up électoral".

Au pouvoir depuis 2016, M. Azali, 60 ans, fait figure de grandissime favori au terme d'une campagne qu'il a écrasée de tous les moyens de l'Etat.

Sûr de sa force, le chef de l'Etat sortant a rassemblé vendredi plusieurs milliers de personnes dans la capitale Moroni autour du slogan "un seul jour, un seul tour, un seul homme". "Nous gagnerons cette élection dès le 24 mars", a-t-il assuré à ses partisans.

"Il a une vision pour le pays, lui seul est capable d'offrir un avenir meilleur à tous", s'est enthousiasmée une de ses fidèles, Fatoumia Alibazi, chapeau bleu à larges bords aux couleurs de son champion sur la tête.

La machine Azali s'est mise en marche avec la réforme constitutionnelle approuvée par référendum l'an dernier.

Très controversée, elle a étendu d'un à deux mandats de cinq ans la durée de la présidence attribuée successivement à chacune des trois îles de l'archipel (Grande-Comore, Mohéli, Anjouan).

Ce système a donné un coup de canif au fragile équilibre institutionnel instauré en 2001 pour mettre fin aux crises séparatistes et aux coups d'Etat à répétition qui agitaient l'archipel depuis son indépendance en 1975.

- 'Mascarade' -

L'opposition a hurlé au loup mais rien n'y a fait. Au contraire. M. Azali a riposté à la contestation en embastillant nombre de ses détracteurs, à commencer par son ennemi de toujours, l'ancien président Ahmed Abdallah Sambi, accusé de corruption.

Sur sa lancée, l'ex-putschiste, élu en 2016, a remis son quinquennat en jeu dès cette année. En cas de succès, il pourrait garder les rênes du pays jusqu'en 2029.

L'opposition espère bien l'en empêcher. Mais, prise de cours par l'accélération du calendrier politique, elle s'est lancée dans la bataille en ordre dispersé. Et la Cour suprême l'a encore fragilisée en écartant quelques-uns de ses champions de la route du président.

Patron de l'Union de l'opposition, l'ancien vice-président Mohamed Ali Soilihi a été interdit de scrutin. Assigné à résidence, il ne décolère pas.

"Cette élection est une grosse mascarade", se lamente-t-il. "Le scénario est écrit d'avance: le 24 mars au soir, il y aura une déclaration de victoire (d'Azali Assoumani) au premier tour, c'est un passage en force."

C'est l'antienne reprise par tous les adversaires du président. "Tout le monde est contre lui, si le scrutin est transparent, il ne peut pas gagner", assure lui aussi le candidat du parti Juwa, l'avocat Mahamoudou Ahamada, 48 ans. "Azali n'a d'autre choix que de voler les élections".

Plus que la crainte de fraudes, les partisans de l'opposition reprochent au pouvoir sortant la pauvreté persistante de la population et le train de vie des dirigeants du pays.

- 'Plus que Macron' -

"Tu ne peux pas m'expliquer que je vais avoir une vie sans électricité, sans eau. C'est pas possible", se lamente Mahmoud Mze, chômeur de 48 ans. "Et lui (M. Azali), il gagne 34.000 euros par mois, plus que (le président français Emmanuel) Macron. Ca ne va pas !"

Privée par la réforme de présidence tournante en 2021, l'île d'Anjouan, la plus pauvre de l'archipel, bouillonne.

En octobre, des civils armés hostiles au président ont fait le coup de feu avec l'armée pendant six jours à Mutsamudu, la capitale de l'île, avant de s'évaporer mystérieusement dans la nature.

En campagne à Anjouan, le colonel Soilihi Mohamed, dit "Campagnard" pour ses origines rurales, a mis en garde contre les risques d'un passage en force du président.

"Le peuple va s'exprimer par une révolution dans les urnes", prédit l'ancien officier, aussi raide que le sortant est bonhomme. Mais "si jamais le président tente de faire autrement, on risque une révolution populaire".

La menace fait sourire le ministre de l'Intérieur Mohamed Daoudou, qui promet "la transparence totale".

"Il y a trop de mensonges de l'opposition, notre pays n'est pas une dictature", déclare le secrétaire général de la Mouvance présidentielle, Ali Mliva Youssouf.

Plus de 800 observateurs de la société civile comorienne, financés par l'Union européenne (UE), sont annoncés dans les 731 bureaux de vote du pays pour garantir la régularité du scrutin. Les premiers résultats sont attendus lundi.

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