Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Europe

Un report du Brexit aura "un coût", prévient Bruxelles

Le parlement européen en session de travail.

Un report du Brexit aura "un coût économique et politique" a averti Bruxelles, au moment où la Première ministre britannique Theresa May s'apprête à envoyer une lettre à l'Union européenne demandant de repousser la date du divorce.

Reconnaissant que l'impasse au parlement britannique pour faire adopter son accord de sortie de l'UE s'est muée en "crise", le porte-parole de Theresa May a indiqué que la dirigeante conservatrice "va écrire à Donald Tusk, le président du Conseil européen (...) au sujet d'une extension de l'article 50" du traité sur l'Union européenne, en vertu duquel la date du 29 mars a été fixée pour le Brexit.

Un changement de date devra être approuvé par les deux chambres du Parlement britannique, a-t-il ajouté, sans préciser la durée du report demandé à l'UE.

Pour le négociateur en chef de l'Union, Michel Barnier, "une extension, c'est une prolongation de l'incertitude, elle a un coût politique et économique". "C'est la raison, l'objectif de cette extension (...) qui conditionnera la durée" d'un report, a-t-il déclaré mardi devant la presse après une réunion à Bruxelles avec des représentants des 27.

A dix jours de la date théorique de sortie de l'UE, et près de trois ans après le référendum de juin 2016 qui a décidé le Brexit, le pays et le parlement restent tout aussi divisés sur les formes que doit prendre le divorce: coupure nette et sortie sans accord pour les Brexiters, ou sortie ordonnée avec un accord de retrait et maintien de liens étroits.

- "Crise" -

Theresa May comptait essayer de faire adopter l'accord de retrait qu'elle a négocié laborieusement avec Bruxelles avant le sommet européen de jeudi et vendredi, en vue de demander aux 27 un report limité du Brexit permettant la mise en place technique de l'accord. Mais sa stratégie a été sabordée par le coup d'éclat inattendu du président de la Chambre des Communes, le "Speaker" John Bercow.

Ce dernier a décidé lundi qu'un texte ne pouvait être soumis inchangé aux députés une deuxième fois au cours de la même session parlementaire, alors que la seconde version de l'accord de retrait a déjà été rejetée à une large majorité la semaine dernière.

Il a ainsi déclenché la colère de l'exécutif. "Nous traversons une crise constitutionnelle majeure", a estimé Robert Buckland, conseiller juridique du gouvernement.

La presse conservatrice a cloué au pilori M. Bercow, un conservateur qui, selon elle, prend un malin plaisir à mettre des bâtons dans les roues du gouvernement. "Acte de sabotage", a dénoncé le Daily Mail, "Destructeur de Brexit", a titré le Daily Express, "Bercow, on t'emmerde", a même osé le Sun.

"C'était le gouvernement qui devrait accomplir le Brexit... maintenant il ne l'est plus", titre mercredi le Daily Telegraph, tandis que le Financial Times note que "Bruxelles adopte une attitude dure quant au report du Brexit" tandis que les membres du gouvernement May sont "divisés".

Dans une tribune publiée par le Daily Telegraph, Donald Trump Jr., le fils aîné du président américain, critique la tactique adoptée par Mme May quant au Brexit.

"Mme May a ignoré le conseil de mon père, et finalement, un processus qui aurait du prendre juste quelques mois est devenu une impasse qui dure depuis un an avec le peuple britannique laissé à lui-même".

En juillet 2018, le président Trump avait ouvertement critiqué la stratégie de Mme May et déploré qu'elle n'ait pas choisi d'écouter ses conseils.

M. Trump a renouvelé ses critiques le 14 mars dernier. "Je suis surpris de voir à quel point tout se passe mal", a-t-il déclaré. "Franchement, je pense que cela aurait pu être négocié d'une autre façon".

- "Alternative crédible" -

Les Européens de leur côté montrent des signes d'impatience. Le porte-parole de la Commission Margaritis Schinas a appelé Londres "à décider des prochaines étapes" et à en "informer" l'UE "rapidement".

Paris a prévenu qu'une extension n'était "ni évidente ni automatique" et a exigé de Londres une "alternative crédible, dans les tout prochains jours ou prochaines heures", selon la présidence.

Mais la chancelière allemande Angela Merkel a assuré vouloir "se battre jusqu'au bout avant la date butoir du 29 mars" pour éviter un Brexit sans accord, scénario particulièrement redouté par les milieux économiques.

Le ministre chargé du Brexit Stephen Barclay a estimé que le vote sur l'accord, qui doit mettre fin à 46 ans d'appartenance au bloc européen, pouvait encore avoir lieu la semaine prochaine. "La réalité, c'est que le meilleur moyen pour que le Brexit se réalise est de soutenir le plan de la Première ministre", a-t-il plaidé sur la BBC.

"Les gens veulent qu'on aille de l'avant. C'est très clair. Tout le monde devrait se concentrer pour trouver un moyen de quitter (l'UE) avec un accord", a aussi déclaré mardi un porte-parole de Mme May. Cette dernière répondra mercredi au Parlement aux questions des élus.

Le "Speaker" britannique a cependant averti qu'il n'accepterait pas un texte qui ne serait pas "fondamentalement différent", laissant entendre que des changements devaient résulter de nouvelles discussions avec les dirigeants européens.

Bruxelles, cependant, ne veut pas renégocier, répétant que la proposition sur la table est "la meilleure et la seule disponible".

Toutefois, selon des experts du droit constitutionnel, si l'UE acceptait l'extension, cela pourrait constituer le changement suffisant réclamé par M. Bercow.

Avant même la décision du "Speaker", des doutes avaient commencé à apparaître sur l'organisation d'un nouveau vote cette semaine, en raison de l'incapacité de Mme May de rallier à son accord - déjà rejeté à une écrasante majorité le 15 janvier et le 12 mars - les députés les plus eurosceptiques.

Pour sa part, l'ancien Premier ministre Tony Blair, a estimé dans un entretien à la BBC citée par l'agence Press Association qu'en cas de report du Brexit, le délai de sortie devrait être de neuf à douze mois.

Durant la période à venir, "le +no deal+ n'est pas notre défi", a dit M. Blair. "Le défi est (...) d'avoir un plan qui permettra au Parlement de parvenir à une opinion définitive sur la question centrale du Brexit, +soft+ ou +dur+", a-t-il affirmé.

Avec AFP

Toutes les actualités

Après la crise du Covid en France, plan "historique" pour les hôpitaux"

Le musée du Louvre rouvre ses portes (AP Photo/ Thibault Camus)

Gouvernement et syndicats français ont signé lundi, après sept semaines de négociations, une série d'accords à 8 milliards d'euros pour les personnels hospitaliers, qualifiés d'"historiques" par le gouvernement.

Promis au plus fort de la crise du Covid-19 par le président Emmanuel Macron, ce plan "massif" en faveur de l'hôpital constitue "un moment historique pour notre système de santé", a déclaré le Premier ministre Jean Castex à l'issue d'une cérémonie de signature.

"Je m'y étais engagé, nous venons de le faire. Les carrières et salaires de nos personnels soignants qui ont tant donné pendant la crise sont revalorisés", a tweeté lundi Emmanuel Macron.

Ancien directeur de l'hospitalisation (2005-2006) au ministère des Solidarités, M. Castex, qui a pris début juillet les rênes du gouvernement, a reconnu "une forme de rattrapage par rapport à des années de retard où chacune et chacun, et peut-être moi-même, a sa part de responsabilité".

Ces "accords de Ségur" prévoient 7,5 milliards pour les personnels paramédicaux (infirmiers, aides-soignants) et autres non médicaux (agents techniques, administratifs...).

Cette somme servira en majorité à financer une hausse de salaire dite "socle" de 183 euros net mensuels pour l'ensemble des personnels des hôpitaux et des Ehpad (maisons de retraite) publics, mais aussi de nouvelles majorations pour les heures supplémentaires et le travail de nuit.

Concernant les médecins, 450 millions ont été mis sur la table, principalement pour revaloriser l'indemnité versée aux praticiens travaillant uniquement à l'hôpital public. Les internes et étudiants en médecine, eux, bénéficieront de 200 millions d'euros.

Au total, trois syndicats de la fonction publique hospitalière (FO, la CFDT et l'Unsa) ont accepté de signer l'accord sur les personnels non médicaux. Concernant les médecins, trois syndicats majoritaires (l'INPH, le CMH et le Snam-HP) ont également donné leur feu vert.

Ces négociations aboutissent à la veille d'une cérémonie d'hommage aux soignants organisée pour la fête nationale du 14 juillet.

Cette vaste concertation avait été inaugurée fin mai, après la période de confinement entraînée par l'épidémie de Covid-19.

Le coronavirus a fait quelque 30.000 morts en France depuis mars, un des pires bilans au monde.

Les soignants et les membres du personnel hospitalier, salués comme des "héros en blouse blanche", ont été en première ligne et durement éprouvés, mais la crise sanitaire n'a fait que mettre en évidence une situation déjà très dégradée depuis de nombreuses années à l'hôpital.

Retour au confinement pour contrer le coronavirus

Des gens assistent à un rassemblement , défiant les mesures de confinement du gouvernement, mis en place pour endiguer la propagation de l'épidémie de coronavirus à Belgrade, en Serbie.

Plusieurs pays ont ordonné des reconfinements dans la crainte d'une deuxième vague de nouveau coronavirus, tandis que l'Amérique latine est devenue la deuxième région du monde la plus touchée par la pandémie en nombre de morts, devant l'Amérique du nord.

En Espagne, le gouvernement régional de Catalogne s'est lancé dans un bras de fer avec la justice pour imposer sa décision de reconfiner chez eux les habitants de la ville de Lérida et de communes environnantes, déjà coupés du reste de la région depuis une semaine.

Alors que le tribunal de cette ville "a décidé de ne pas ratifier les mesures" prises par le gouvernement régional "car elles sont contraires au droit", le président régional indépendantiste catalan, Quim Torra, a affirmé lundi qu'il adopterait un décret-loi pour l'imposer.

Dans les rues de Lérida, les boutiques restaient souvent ouvertes tout comme les terrasses des cafés et les habitants, masqués, continuaient de sortir.

En Allemagne aussi, la "menace" d'une deuxième vague d'infections est "réelle", a mis en garde lundi le ministre de la Santé, Jens Spahn, appelant notamment ses compatriotes en vacances aux Baléares à respecter les gestes barrières.

Au Maroc, la ville de Tanger (nord), peuplée d'environ un million d'habitants, devait être reconfinée à partir de lundi midi après l'apparition de foyers épidémiques.

Les transports publics y seront suspendus, les cafés, centres commerciaux, marchés et espaces publics fermés, et les contrôles renforcés, afin que les habitants ne quittent leur domicile "qu'en cas de nécessité extrême", a précisé le ministère de l'Intérieur.

C'est le cas également aux Philippines où environ 250.000 habitants de Manille vont à nouveau être confinés après une flambée des cas.

- Couvre-feu -

En Afrique du sud, le président Cyril Ramaphosa a décidé de réimposer un couvre-feu en raison de la remontée des cas quotidiens de contamination. Les visites familiales seront aussi interdites.

Les restrictions imposées en mars pour tenter d'enrayer l'épidémie dans ce pays, le plus touché en Afrique, avaient été en partie levées en mai. L'Afrique du Sud a enregistré jusqu'à présent 264.184 cas de coronavirus dont 3.971 mortels.

L'inquiétude demeure aussi forte en Australie: après le reconfinement pour six semaines décidé jeudi dernier pour Melbourne, la deuxième ville du pays, les habitants de Sydney ont été priés lundi de limiter lundi les soirées festives après l'apparition d'un nouveau foyer épidémique dans un pub.

Aux Etats-Unis, le pays le plus lourdement touché, la pandémie continue de flamber particulièrement dans de grands Etats du sud, et un responsable du ministère de la Santé à Washington a estimé dimanche qu'un reconfinement dans ces zones n'était pas exclu.

"Tout devrait être envisagé", a déclaré Brett Giroir, secrétaire adjoint à la Santé, interrogé sur la chaîne de télévision ABC.

Les Etats-Unis ont recensé dimanche 59.747 nouvelles contaminations en 24 heures, selon le bilan quotidien de l'université Johns Hopkins. Le nombre de cas confirmés s'établit à 3.301.820 et le nombre de décès à 135.171.

A quatre mois de l'élection présidentielle, un débat y fait rage sur la réouverture des écoles, défendue par le président Donald Trump mais jugée dangereuse par ses adversaires du Parti démocrate.

"J'exhorte toutes les écoles à ouvrir et à proposer à leurs élèves des cours à plein temps", a déclaré dimanche sur CNN la ministre de l'Education Betsy DeVos. "Ils jouent avec la santé de nos enfants", a rétorqué la démocrate Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants.

- L'Amérique latine, deuxième région la plus touchée -

L'Amérique latine et les Caraïbes sont devenues lundi la deuxième région la plus touchée au monde par la pandémie, derrière l'Europe, avec plus de 144.000 décès officiellement recensés. Le Brésil est le pays le plus endeuillé de la région et dénombre à lui seul 72.100 décès. Elle dépasse ainsi les bilans des États-Unis et du Canada.

La pandémie a fait plus de 569.135 morts dans le monde depuis que le bureau de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en Chine a fait état de l'apparition de la maladie fin décembre.

Le président du Kosovo à La Haye pour être entendu par la justice internationale

Le président du Kosovo Hashim Thaçi

Le président du Kosovo Hashim Thaçi est arrivé lundi devant la justice internationale à La Haye pour être entendu sur les accusations de crimes de guerre pendant le conflit avec la Serbie (1998-99) dont il fait l'objet.

"Personne ne peut réécrire l'histoire", a réitéré aux journalistes devant le tribunal M. Thaçi, qui dément ces accusations et a réaffirmé avoir "rêvé et s'être battu pour un Kosovo indépendant et libre, fondé sur l'égalité des droits, une société multi-éthnique et l'Etat de droit".

"Je suis prêt à affronter ce nouveau défi et à vaincre pour mon fils, ma famille, mon peuple et mon pays", a-t-il ajouté.

Une vingtaine de partisans de M. Thaçi étaient rassemblés devant le tribunal, scandant son nom, brandissant des drapeaux du Kosovo et des pancartes proclamant: "Hashim n'est pas un simple nom, il est le symbole d'une grande époque".

Le président kosovar, 52 ans, a été mis en accusation le 24 juin pour crimes de guerre pendant le conflit avec la Serbie par les procureurs du tribunal spécial de La Haye.

En vertu de la procédure, un juge doit examiner ces accusations pour décider s'il convient de confirmer les charges et d'inculper M. Thaçi en bonne et due forme.

Interrogé par l'AFP, un porte-parole du tribunal a refusé d'apporter des détails sur la suite de la procédure.

Hashim Thaçi était pendant ce conflit un des dirigeants de la guérilla indépendantiste, l'Armée de libération du Kosovo (UCK), qui a combattu les forces serbes.

La justice internationale accuse M. Thaçi, son allié politique Kadri Veseli et d'autres personnes d'être "responsables de près de 100 meurtres", de disparitions forcées, de persécutions et de tortures de Serbes, de Roms et d'Albanais du Kosovo.

Dernier conflit en ex-Yougoslavie, la guerre du Kosovo entre forces serbes et guérilla indépendantiste kosovare albanaise a fait plus de 13.000 morts, des Albanais pour la plupart. Elle s'est terminée quand une campagne occidentale de bombardements a contraint les forces serbes à se retirer.

Une guerre "propre et juste"

Dimanche, avant son départ pour La Haye, M. Thaçi avait assuré que la guerre menée par l'UCK avait été "propre et juste". "Il est vrai que nous avons violé les lois du système de Slobodan Milosevic", l'homme fort de la Serbie à l'époque, "et j'en suis très fier en tant que représentant du peuple et en tant qu'individu", a-t-il également dit.

Les procureurs ont fait savoir que les charges avaient été rendues publiques car Hashim Thaçi et d'autres suspects s’efforçaient de faire obstacle au travail du tribunal, une institution conforme aux lois du Kosovo mais disposant de juges internationaux.

M. Thaçi avait déclaré mercredi dernier qu'il se rendrait devant le tribunal spécial, rappelant sur Facebook qu'"au cours des deux dernières années, de nombreux anciens membres de l'UCK (...) ont été entendus" à La Haye.

Fin juin, il avait déclaré qu'il démissionnerait "immédiatement" si les accusations étaient confirmées par une inculpation.

En entrant dans le tribunal, dont le bâtiment est placé sous haute sécurité, M. Thaçi a encore lancé que le Kosovo était "une réussite".

Le Kosovo, ancienne province serbe à majorité albanaise, a déclaré en 2008 son indépendance que Belgrade refuse toujours de reconnaître.

De nombreux anciens commandants de la guérilla, M. Thaçi notamment, ont dominé la vie politique au Kosovo durant sa première décennie d'indépendance. Hashim Thaçi a été Premier ministre, puis président à partir de 2016.

Dimanche, l'Union européenne s'était félicitée de voir le dialogue entre la Serbie et le Kosovo "de nouveau sur les rails", à l'issue d'une réunion à distance entre leurs dirigeants et avant leur rendez-vous en face à face prévu jeudi à Bruxelles.

La mise en accusation de M. Thaçi avait entraîné un report sine die d'un sommet que les Etats-Unis prévoyaient d'organiser le 27 juin.

Les 180 migrants secourus en mer par l'Ocean Viking débarqués en Sicile

Un agent de santé italien donne des bracelets numérotés aux migrants secourus en mer sur le navire de sauvetage "Ocean Viking", exploité par l'ONG française SOS Méditerranée, le 5 juillet 2020.

Epuisés mais soulagés d'être enfin arrivés en Europe: après une traversée mouvementée depuis les côtes nord-africaines, 180 migrants secourus en Méditerranée par le navire humanitaire Ocean Viking ont commencé lundi soir à débarquer en Sicile, pour être placés en quarantaine.

En file indienne, masque chirurgical sur le visage et portant leurs maigres affaires dans un sac à dos qui leur avait été donné à leur arrivée sur l'Ocean Viking, les migrants, pour l'essentiel des Bangladais, Nord-Africains ou Érythréens ayant fui la Libye, ont commencé à quitter le bateau ambulance vers minuit.

Les migrants testés négatifs au coronavirus dimanche par une équipe médicale italienne ont été les premiers évacués.

A l'issue de neuf jours de blocage en mer, les autorités maritimes italiennes avaient autorisé dimanche le navire de l'ONG basée à Marseille SOS Méditerranée, à accoster dans le port sicilien de Porto Empedocle.

Le périple des migrants est loin toutefois d'être terminé. A cause du coronavirus, ils devraient être placés en quarantaine pendant au moins deux semaines sur le ferry Moby Zaza, amarré à une centaine de mètres de l'Ocean Viking.

Cet immense ferry blanc sur lequel sont peints en couleurs les personnages des Looney Tunes, Titi, le chat Sylvestre ou encore Taz, accueillaient depuis deux semaines 200 autres migrants secourus en mer par le navire humanitaire Sea Watch, puis eux aussi placés en quarantaine.

Des 51 migrants, qui dérivaient sur un bateau en bois, sont secourus par des membres de l'ONG française SOS Mediterranée, au large des côtes de l'île de Lampedusa, le 25 juin 2020.
Des 51 migrants, qui dérivaient sur un bateau en bois, sont secourus par des membres de l'ONG française SOS Mediterranée, au large des côtes de l'île de Lampedusa, le 25 juin 2020.

30 cas positifs

Trente d'entre eux testés positifs au coronavirus resteront à bord à l'isolement dans une "zone rouge", tandis que 169 autres ont été évacués à terre lundi. Le navire a ensuite été désinfecté.

Depuis le matin, les migrants de l'Ocean Viking attendaient ce débarquement en Sicile en regardant le littoral depuis le pont du bateau.

"Je suis très heureux qu'on ait finalement trouvé un lieu sûr, pour une vie en sécurité", expliquait Mohammad Irshad, un Pakistanais heureux de pouvoir fêter bientôt son 23e anniversaire en Italie.

"Ca été très difficile en Libye et je ne peux même pas expliquer la joie que l'on ressent aujourd'hui, c'est juste incroyable".

L'attente ces derniers jours pour se voir attribuer un port de débarquement avait suscité de fortes tensions, avec notamment des menaces physiques envers l'équipe de SOS Méditerranée émanant d'un petit groupe de Nord-Africains qui avait poussé l'ONG à se décréter vendredi en état d'urgence pour la première fois de son histoire.

"Le retard inutile de ce débarquement a mis des vies en danger", a expliqué SOS Méditerranée, déplorant en particulier l'absence de "solidarité" européenne.

La reprise de l'activité de l'Ocean Viking s'est faite dans un contexte de forte reprise des traversées de la Méditerranée centrale. Et l'Italie craint de voir arriver le plus gros contingent de navires humanitaires.

Des migrants secourus plus tôt dans la journée par des membres de l'ONG française SOS Méditerranée sur le bateau Ocean Viking à 55 km au large des côtes de l'île italienne de Lampedusa, le 30 juin 2020.
Des migrants secourus plus tôt dans la journée par des membres de l'ONG française SOS Méditerranée sur le bateau Ocean Viking à 55 km au large des côtes de l'île italienne de Lampedusa, le 30 juin 2020.

L'Italie impose une quarantaine

Les autorités maritimes italiennes ont imposé mardi une quarantaine à l'Ocean Viking au large du port sicilien de Porto Empedocle. "Comme indiqué par les autorités maritimes, le navire est maintenant à l'ancre, à l'extérieur du port de Porto Empedocle, où il a été demandé à l'équipage" une quarantaine de deux semaines, a déclaré l'ONG qui affrète le bateau-ambulance.

L'Ocean Viking, parti de son port d'attache de Marseille, dans le sud de la France, avait repris lundi 22 juin ses opérations de sauvetages après trois mois d'arrêt lié à la pandémie du nouveau coronavirus.

Cette reprise s'est articulée avec une explosion des tentatives de traversée de la Méditerranée à partir des côtes libyennes et tunisiennes depuis le début de l'année. Lors des six premiers mois de 2020, les tentatives de traversée de cette route migratoire maritime, la plus meurtrière au monde selon l'ONU, ont grimpé de 150% comparé à la même période l'an dernier.

L'Italie craint de voir arriver le plus gros du contingent des navires humanitaires qui ont repris progressivement leurs activités ces dernières semaines, après une période d'un mois environ durant laquelle plus aucune ONG ne se trouvait sur le terrain.

La maire de Porto Empedocle a ainsi réclamé lundi l'envoi de l'armée pour "protéger les citoyens", déplorant l'arrivée de migrants alors que la Sicile, province pauvre de l'extrême sud de l'Italie, a grandement souffert du confinement.

Les migrants à bord du bateau d'aide humanitaire Ocean Viking, affrété par le groupe caritatif SOS Méditerranée, arrivent le 6 juillet 2020.
Les migrants à bord du bateau d'aide humanitaire Ocean Viking, affrété par le groupe caritatif SOS Méditerranée, arrivent le 6 juillet 2020.

Le pays d'Angela Merkel s'engage à renforcer l'égalité des genres en politique

La chancelière allemande Angela Merkel au Bundestag à Berlin, le 23 avril 2020. (Photo AP)

L'Allemagne a adopté un plan pour promouvoir l'égalité des genres, prévoyant notamment une meilleure représentation des femmes en politique, dont la représentation au Bundestag est à son plus bas niveau depuis 20 ans.

La stratégie nationale fixe des objectifs pour tous les ministères publics, notamment par la réduction de l'écart de rémunération homme/femme et une meilleure représentation des femmes dans les entreprises et en politique, a déclaré mercredi la ministre de la Famille, Franziska Giffey.

"C'est la première stratégie d'égalité des genres de l'histoire de la République fédérale d'Allemagne qui a été coordonnée et approuvée par tous les ministères", a-t-elle déclaré, qualifiant ce plan de "jalon".

Le plan préconise l'augmentation du nombre de femmes aux postes de direction, y compris dans la fonction publique, et une meilleure représentation en politique.

Cette semaine, le parti conservateur CDU de la chancelière Angela Merkel a montré son intérêt pour la question: la cheffe du parti, Annegret Kramp-Karrenbauer, a annoncé que de nouveaux quotas contraignants permettant aux femmes d'occuper au moins 50% des postes de direction politiques au niveau local seraient mis en place d'ici 2025.

Le gouvernement travaille également sur une stratégie visant à augmenter le nombre de femmes dans les conseils d'administration, de sorte qu'un quota de 30% s'appliquera désormais à 600 entreprises au lieu de 105 actuellement, a déclaré M. Giffey.

Bien qu'elle soit dirigée par une femme depuis bientôt 15 ans, l'Allemagne se situe en dessous de la moyenne européenne en matière d'égalité des genres dans le monde du travail, selon un indice de 2019 de l'Institut européen pour l'égalité entre les hommes et les femmes.

Les femmes y gagnent en moyenne 20% de moins que les hommes et n'occupent qu'environ 15% des postes au sein des conseils d'administration.

En politique, la représentation des femmes au Bundestag, la chambre basse du Parlement, est actuellement à son plus bas niveau depuis 20 ans, et plus de 90% des maires sont des hommes, a détaillé Mme Giffey.

Historiquement, l'Allemagne de l'Ouest a toujours été en retard sur la question de l'égalité des genres par rapport à l'Est communiste.

A l'ouest, les femmes devaient encore obtenir l'autorisation de leur mari pour travailler jusqu'en 1977. Peu avant la réunification, un peu plus de la moitié des femmes en Allemagne de l'Ouest étaient employées, contre 91% des femmes à l'Est.

Voir plus

XS
SM
MD
LG