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Nouvel obstacle à l'accord de Brexit de Theresa May

Theresa May lors d'une réunion à 10 Downing Street à Londres, le 24 juillet 2018.

Il n'y aura pas de nouveau vote sur l'accord de Brexit si le gouvernement britannique n'y apporte pas de changement substantiel, a annoncé lundi le président de la Chambre des communes, compliquant encore la saga du Brexit.

La Première ministre Theresa May avait annoncé son intention de représenter d'ici mercredi le Traité de retrait, après que les députés britanniques l'avaient rejeté à une très large majorité le 12 mars. Elle bataillait depuis pour tenter de rallier les récalcitrants de tous bords à ce texte qu'elle avait laborieusement négocié avec Bruxelles.

Mais la décision du speaker des Communes, John Bercow, a fait l'effet d'un coup de tonnerre dans le ciel déjà sombre du Brexit. Et il a laissé sans voix un gouvernement qui jusqu'ici n'est pas parvenu à mener à bien sa principale tâche: sortir le pays de l'Union européenne comme en avaient décidé les Britanniques par référendum en juin 2016.

"Nous n'avions pas été informés par avance" de la déclaration de M. Bercow et de son contenu, a reconnu le porte-parole de Theresa May, précisant préparer une réaction.

Arguant d'une convention parlementaire remontant au XVIIe siècle et qui n'avait plus été utilisée depuis 1912, M. Bercow a annoncé que le gouvernement ne pouvait pas représenter un texte déjà rejeté lors de la même session parlementaire.

"Si le gouvernement veut présenter une nouvelle proposition qui n'est pas la même ou substantiellement la même, alors tout est en ordre", a-t-il ajouté.

Le Traité de retrait de l'Union européenne, destiné à mettre en oeuvre un Brexit en douceur, avait été recalé une première fois le 15 janvier, avant son réexamen par les députés le 12 mars.

Mais "c'était une proposition différente", a justifié M. Bercow, soulignant qu'"elle contenait un certain nombre de changements légaux" et était accompagnée de la publication de trois nouveaux documents, que Theresa May avait obtenus de l'UE après une visite éclair à Strasbourg.

Des doutes avaient déjà commencé à surgir au cours du week-end sur l'organisation d'un nouveau vote du parlement cette semaine, en raison de craintes qu'il aboutisse à un nouvel échec pour Mme May.

" (...) Avant tout autre vote, nous voulons avoir ou croire que nous avons une chance raisonnable de l'emporter", a confirmé son porte-parole lundi.

- 'Discussions' avec les Brexiters -

Pour obtenir les votes qui lui manquent, le gouvernement a lancé des discussions avec les Brexiters purs et durs, comme le parti nord-irlandais DUP, son allié au Parlement.

Evoquant ces discussions, le ministre des Affaires étrangères, Jeremy Hunt, a affirmé depuis Bruxelles avoir vu des "signes prudemment encourageants" dans les déclarations de plusieurs conservateurs.

Pour les convaincre, Theresa May brandit la menace qu'un troisième rejet de l'accord pourrait entraîner un report significatif du Brexit, voire signer son arrêt de mort.

Le DUP et l'ERG, un groupe de députés conservateurs pro-Brexit, qui pourraient faire basculer le vote, s'opposent notamment au "filet de sécurité", une disposition de l'accord censée éviter le retour d'une frontière physique entre la République d'Irlande et la province britannique d'Irlande du Nord et qui prévoit que le Royaume-Uni demeure dans un "territoire douanier unique" avec l'UE.

"J'attends de voir ce que va faire le DUP", a déclaré le président de l'ERG Jacob Rees-Mogg, sur la radio LBC. "Il y a une hiérarchie. Un +no deal+ (sortie sans accord, ndlr) est mieux que l'accord de Mme May, mais l'accord de Mme May est mieux que de ne pas quitter" l'UE.

- Jusqu'au dernier moment -

L'intention de Mme May en cas d'adoption de l'accord par les députés était de demander lors du sommet européen jeudi et vendredi, un court report, d'ordre technique, de la date du divorce, jusqu'au 30 juin.

En cas de rejet, elle voulait proposer un report plus long, qui exigerait du Royaume-Uni qu'il prenne part aux élections européennes des 23 au 26 mai.

Mais après l'annonce de M. Bercow, il va lui falloir chercher des changements auprès de l'UE pour pourvoir représenter l'accord. M. Bercow a précisé qu'il ne demandait pas un texte différent "dans sa formulation" mais "dans sa substance".

Bruxelles a déjà exclu à maintes reprises une renégociation de l'accord.

Avant la déclaration de M. Bercow, un haut responsable européen avait affirmé que Londres pourrait demander en théorie un report du Brexit jusqu'au tout dernier moment, même "dans l'heure précédant" le divorce programmé à 23H00 GMT le 29 mars.

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Après la crise du Covid en France, plan "historique" pour les hôpitaux"

Le musée du Louvre rouvre ses portes (AP Photo/ Thibault Camus)

Gouvernement et syndicats français ont signé lundi, après sept semaines de négociations, une série d'accords à 8 milliards d'euros pour les personnels hospitaliers, qualifiés d'"historiques" par le gouvernement.

Promis au plus fort de la crise du Covid-19 par le président Emmanuel Macron, ce plan "massif" en faveur de l'hôpital constitue "un moment historique pour notre système de santé", a déclaré le Premier ministre Jean Castex à l'issue d'une cérémonie de signature.

"Je m'y étais engagé, nous venons de le faire. Les carrières et salaires de nos personnels soignants qui ont tant donné pendant la crise sont revalorisés", a tweeté lundi Emmanuel Macron.

Ancien directeur de l'hospitalisation (2005-2006) au ministère des Solidarités, M. Castex, qui a pris début juillet les rênes du gouvernement, a reconnu "une forme de rattrapage par rapport à des années de retard où chacune et chacun, et peut-être moi-même, a sa part de responsabilité".

Ces "accords de Ségur" prévoient 7,5 milliards pour les personnels paramédicaux (infirmiers, aides-soignants) et autres non médicaux (agents techniques, administratifs...).

Cette somme servira en majorité à financer une hausse de salaire dite "socle" de 183 euros net mensuels pour l'ensemble des personnels des hôpitaux et des Ehpad (maisons de retraite) publics, mais aussi de nouvelles majorations pour les heures supplémentaires et le travail de nuit.

Concernant les médecins, 450 millions ont été mis sur la table, principalement pour revaloriser l'indemnité versée aux praticiens travaillant uniquement à l'hôpital public. Les internes et étudiants en médecine, eux, bénéficieront de 200 millions d'euros.

Au total, trois syndicats de la fonction publique hospitalière (FO, la CFDT et l'Unsa) ont accepté de signer l'accord sur les personnels non médicaux. Concernant les médecins, trois syndicats majoritaires (l'INPH, le CMH et le Snam-HP) ont également donné leur feu vert.

Ces négociations aboutissent à la veille d'une cérémonie d'hommage aux soignants organisée pour la fête nationale du 14 juillet.

Cette vaste concertation avait été inaugurée fin mai, après la période de confinement entraînée par l'épidémie de Covid-19.

Le coronavirus a fait quelque 30.000 morts en France depuis mars, un des pires bilans au monde.

Les soignants et les membres du personnel hospitalier, salués comme des "héros en blouse blanche", ont été en première ligne et durement éprouvés, mais la crise sanitaire n'a fait que mettre en évidence une situation déjà très dégradée depuis de nombreuses années à l'hôpital.

Retour au confinement pour contrer le coronavirus

Des gens assistent à un rassemblement , défiant les mesures de confinement du gouvernement, mis en place pour endiguer la propagation de l'épidémie de coronavirus à Belgrade, en Serbie.

Plusieurs pays ont ordonné des reconfinements dans la crainte d'une deuxième vague de nouveau coronavirus, tandis que l'Amérique latine est devenue la deuxième région du monde la plus touchée par la pandémie en nombre de morts, devant l'Amérique du nord.

En Espagne, le gouvernement régional de Catalogne s'est lancé dans un bras de fer avec la justice pour imposer sa décision de reconfiner chez eux les habitants de la ville de Lérida et de communes environnantes, déjà coupés du reste de la région depuis une semaine.

Alors que le tribunal de cette ville "a décidé de ne pas ratifier les mesures" prises par le gouvernement régional "car elles sont contraires au droit", le président régional indépendantiste catalan, Quim Torra, a affirmé lundi qu'il adopterait un décret-loi pour l'imposer.

Dans les rues de Lérida, les boutiques restaient souvent ouvertes tout comme les terrasses des cafés et les habitants, masqués, continuaient de sortir.

En Allemagne aussi, la "menace" d'une deuxième vague d'infections est "réelle", a mis en garde lundi le ministre de la Santé, Jens Spahn, appelant notamment ses compatriotes en vacances aux Baléares à respecter les gestes barrières.

Au Maroc, la ville de Tanger (nord), peuplée d'environ un million d'habitants, devait être reconfinée à partir de lundi midi après l'apparition de foyers épidémiques.

Les transports publics y seront suspendus, les cafés, centres commerciaux, marchés et espaces publics fermés, et les contrôles renforcés, afin que les habitants ne quittent leur domicile "qu'en cas de nécessité extrême", a précisé le ministère de l'Intérieur.

C'est le cas également aux Philippines où environ 250.000 habitants de Manille vont à nouveau être confinés après une flambée des cas.

- Couvre-feu -

En Afrique du sud, le président Cyril Ramaphosa a décidé de réimposer un couvre-feu en raison de la remontée des cas quotidiens de contamination. Les visites familiales seront aussi interdites.

Les restrictions imposées en mars pour tenter d'enrayer l'épidémie dans ce pays, le plus touché en Afrique, avaient été en partie levées en mai. L'Afrique du Sud a enregistré jusqu'à présent 264.184 cas de coronavirus dont 3.971 mortels.

L'inquiétude demeure aussi forte en Australie: après le reconfinement pour six semaines décidé jeudi dernier pour Melbourne, la deuxième ville du pays, les habitants de Sydney ont été priés lundi de limiter lundi les soirées festives après l'apparition d'un nouveau foyer épidémique dans un pub.

Aux Etats-Unis, le pays le plus lourdement touché, la pandémie continue de flamber particulièrement dans de grands Etats du sud, et un responsable du ministère de la Santé à Washington a estimé dimanche qu'un reconfinement dans ces zones n'était pas exclu.

"Tout devrait être envisagé", a déclaré Brett Giroir, secrétaire adjoint à la Santé, interrogé sur la chaîne de télévision ABC.

Les Etats-Unis ont recensé dimanche 59.747 nouvelles contaminations en 24 heures, selon le bilan quotidien de l'université Johns Hopkins. Le nombre de cas confirmés s'établit à 3.301.820 et le nombre de décès à 135.171.

A quatre mois de l'élection présidentielle, un débat y fait rage sur la réouverture des écoles, défendue par le président Donald Trump mais jugée dangereuse par ses adversaires du Parti démocrate.

"J'exhorte toutes les écoles à ouvrir et à proposer à leurs élèves des cours à plein temps", a déclaré dimanche sur CNN la ministre de l'Education Betsy DeVos. "Ils jouent avec la santé de nos enfants", a rétorqué la démocrate Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants.

- L'Amérique latine, deuxième région la plus touchée -

L'Amérique latine et les Caraïbes sont devenues lundi la deuxième région la plus touchée au monde par la pandémie, derrière l'Europe, avec plus de 144.000 décès officiellement recensés. Le Brésil est le pays le plus endeuillé de la région et dénombre à lui seul 72.100 décès. Elle dépasse ainsi les bilans des États-Unis et du Canada.

La pandémie a fait plus de 569.135 morts dans le monde depuis que le bureau de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en Chine a fait état de l'apparition de la maladie fin décembre.

Le président du Kosovo à La Haye pour être entendu par la justice internationale

Le président du Kosovo Hashim Thaçi

Le président du Kosovo Hashim Thaçi est arrivé lundi devant la justice internationale à La Haye pour être entendu sur les accusations de crimes de guerre pendant le conflit avec la Serbie (1998-99) dont il fait l'objet.

"Personne ne peut réécrire l'histoire", a réitéré aux journalistes devant le tribunal M. Thaçi, qui dément ces accusations et a réaffirmé avoir "rêvé et s'être battu pour un Kosovo indépendant et libre, fondé sur l'égalité des droits, une société multi-éthnique et l'Etat de droit".

"Je suis prêt à affronter ce nouveau défi et à vaincre pour mon fils, ma famille, mon peuple et mon pays", a-t-il ajouté.

Une vingtaine de partisans de M. Thaçi étaient rassemblés devant le tribunal, scandant son nom, brandissant des drapeaux du Kosovo et des pancartes proclamant: "Hashim n'est pas un simple nom, il est le symbole d'une grande époque".

Le président kosovar, 52 ans, a été mis en accusation le 24 juin pour crimes de guerre pendant le conflit avec la Serbie par les procureurs du tribunal spécial de La Haye.

En vertu de la procédure, un juge doit examiner ces accusations pour décider s'il convient de confirmer les charges et d'inculper M. Thaçi en bonne et due forme.

Interrogé par l'AFP, un porte-parole du tribunal a refusé d'apporter des détails sur la suite de la procédure.

Hashim Thaçi était pendant ce conflit un des dirigeants de la guérilla indépendantiste, l'Armée de libération du Kosovo (UCK), qui a combattu les forces serbes.

La justice internationale accuse M. Thaçi, son allié politique Kadri Veseli et d'autres personnes d'être "responsables de près de 100 meurtres", de disparitions forcées, de persécutions et de tortures de Serbes, de Roms et d'Albanais du Kosovo.

Dernier conflit en ex-Yougoslavie, la guerre du Kosovo entre forces serbes et guérilla indépendantiste kosovare albanaise a fait plus de 13.000 morts, des Albanais pour la plupart. Elle s'est terminée quand une campagne occidentale de bombardements a contraint les forces serbes à se retirer.

Une guerre "propre et juste"

Dimanche, avant son départ pour La Haye, M. Thaçi avait assuré que la guerre menée par l'UCK avait été "propre et juste". "Il est vrai que nous avons violé les lois du système de Slobodan Milosevic", l'homme fort de la Serbie à l'époque, "et j'en suis très fier en tant que représentant du peuple et en tant qu'individu", a-t-il également dit.

Les procureurs ont fait savoir que les charges avaient été rendues publiques car Hashim Thaçi et d'autres suspects s’efforçaient de faire obstacle au travail du tribunal, une institution conforme aux lois du Kosovo mais disposant de juges internationaux.

M. Thaçi avait déclaré mercredi dernier qu'il se rendrait devant le tribunal spécial, rappelant sur Facebook qu'"au cours des deux dernières années, de nombreux anciens membres de l'UCK (...) ont été entendus" à La Haye.

Fin juin, il avait déclaré qu'il démissionnerait "immédiatement" si les accusations étaient confirmées par une inculpation.

En entrant dans le tribunal, dont le bâtiment est placé sous haute sécurité, M. Thaçi a encore lancé que le Kosovo était "une réussite".

Le Kosovo, ancienne province serbe à majorité albanaise, a déclaré en 2008 son indépendance que Belgrade refuse toujours de reconnaître.

De nombreux anciens commandants de la guérilla, M. Thaçi notamment, ont dominé la vie politique au Kosovo durant sa première décennie d'indépendance. Hashim Thaçi a été Premier ministre, puis président à partir de 2016.

Dimanche, l'Union européenne s'était félicitée de voir le dialogue entre la Serbie et le Kosovo "de nouveau sur les rails", à l'issue d'une réunion à distance entre leurs dirigeants et avant leur rendez-vous en face à face prévu jeudi à Bruxelles.

La mise en accusation de M. Thaçi avait entraîné un report sine die d'un sommet que les Etats-Unis prévoyaient d'organiser le 27 juin.

Les 180 migrants secourus en mer par l'Ocean Viking débarqués en Sicile

Un agent de santé italien donne des bracelets numérotés aux migrants secourus en mer sur le navire de sauvetage "Ocean Viking", exploité par l'ONG française SOS Méditerranée, le 5 juillet 2020.

Epuisés mais soulagés d'être enfin arrivés en Europe: après une traversée mouvementée depuis les côtes nord-africaines, 180 migrants secourus en Méditerranée par le navire humanitaire Ocean Viking ont commencé lundi soir à débarquer en Sicile, pour être placés en quarantaine.

En file indienne, masque chirurgical sur le visage et portant leurs maigres affaires dans un sac à dos qui leur avait été donné à leur arrivée sur l'Ocean Viking, les migrants, pour l'essentiel des Bangladais, Nord-Africains ou Érythréens ayant fui la Libye, ont commencé à quitter le bateau ambulance vers minuit.

Les migrants testés négatifs au coronavirus dimanche par une équipe médicale italienne ont été les premiers évacués.

A l'issue de neuf jours de blocage en mer, les autorités maritimes italiennes avaient autorisé dimanche le navire de l'ONG basée à Marseille SOS Méditerranée, à accoster dans le port sicilien de Porto Empedocle.

Le périple des migrants est loin toutefois d'être terminé. A cause du coronavirus, ils devraient être placés en quarantaine pendant au moins deux semaines sur le ferry Moby Zaza, amarré à une centaine de mètres de l'Ocean Viking.

Cet immense ferry blanc sur lequel sont peints en couleurs les personnages des Looney Tunes, Titi, le chat Sylvestre ou encore Taz, accueillaient depuis deux semaines 200 autres migrants secourus en mer par le navire humanitaire Sea Watch, puis eux aussi placés en quarantaine.

Des 51 migrants, qui dérivaient sur un bateau en bois, sont secourus par des membres de l'ONG française SOS Mediterranée, au large des côtes de l'île de Lampedusa, le 25 juin 2020.
Des 51 migrants, qui dérivaient sur un bateau en bois, sont secourus par des membres de l'ONG française SOS Mediterranée, au large des côtes de l'île de Lampedusa, le 25 juin 2020.

30 cas positifs

Trente d'entre eux testés positifs au coronavirus resteront à bord à l'isolement dans une "zone rouge", tandis que 169 autres ont été évacués à terre lundi. Le navire a ensuite été désinfecté.

Depuis le matin, les migrants de l'Ocean Viking attendaient ce débarquement en Sicile en regardant le littoral depuis le pont du bateau.

"Je suis très heureux qu'on ait finalement trouvé un lieu sûr, pour une vie en sécurité", expliquait Mohammad Irshad, un Pakistanais heureux de pouvoir fêter bientôt son 23e anniversaire en Italie.

"Ca été très difficile en Libye et je ne peux même pas expliquer la joie que l'on ressent aujourd'hui, c'est juste incroyable".

L'attente ces derniers jours pour se voir attribuer un port de débarquement avait suscité de fortes tensions, avec notamment des menaces physiques envers l'équipe de SOS Méditerranée émanant d'un petit groupe de Nord-Africains qui avait poussé l'ONG à se décréter vendredi en état d'urgence pour la première fois de son histoire.

"Le retard inutile de ce débarquement a mis des vies en danger", a expliqué SOS Méditerranée, déplorant en particulier l'absence de "solidarité" européenne.

La reprise de l'activité de l'Ocean Viking s'est faite dans un contexte de forte reprise des traversées de la Méditerranée centrale. Et l'Italie craint de voir arriver le plus gros contingent de navires humanitaires.

Des migrants secourus plus tôt dans la journée par des membres de l'ONG française SOS Méditerranée sur le bateau Ocean Viking à 55 km au large des côtes de l'île italienne de Lampedusa, le 30 juin 2020.
Des migrants secourus plus tôt dans la journée par des membres de l'ONG française SOS Méditerranée sur le bateau Ocean Viking à 55 km au large des côtes de l'île italienne de Lampedusa, le 30 juin 2020.

L'Italie impose une quarantaine

Les autorités maritimes italiennes ont imposé mardi une quarantaine à l'Ocean Viking au large du port sicilien de Porto Empedocle. "Comme indiqué par les autorités maritimes, le navire est maintenant à l'ancre, à l'extérieur du port de Porto Empedocle, où il a été demandé à l'équipage" une quarantaine de deux semaines, a déclaré l'ONG qui affrète le bateau-ambulance.

L'Ocean Viking, parti de son port d'attache de Marseille, dans le sud de la France, avait repris lundi 22 juin ses opérations de sauvetages après trois mois d'arrêt lié à la pandémie du nouveau coronavirus.

Cette reprise s'est articulée avec une explosion des tentatives de traversée de la Méditerranée à partir des côtes libyennes et tunisiennes depuis le début de l'année. Lors des six premiers mois de 2020, les tentatives de traversée de cette route migratoire maritime, la plus meurtrière au monde selon l'ONU, ont grimpé de 150% comparé à la même période l'an dernier.

L'Italie craint de voir arriver le plus gros du contingent des navires humanitaires qui ont repris progressivement leurs activités ces dernières semaines, après une période d'un mois environ durant laquelle plus aucune ONG ne se trouvait sur le terrain.

La maire de Porto Empedocle a ainsi réclamé lundi l'envoi de l'armée pour "protéger les citoyens", déplorant l'arrivée de migrants alors que la Sicile, province pauvre de l'extrême sud de l'Italie, a grandement souffert du confinement.

Les migrants à bord du bateau d'aide humanitaire Ocean Viking, affrété par le groupe caritatif SOS Méditerranée, arrivent le 6 juillet 2020.
Les migrants à bord du bateau d'aide humanitaire Ocean Viking, affrété par le groupe caritatif SOS Méditerranée, arrivent le 6 juillet 2020.

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