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Un portrait géant de Sékou Touré sur le "pont des pendus" fait polémique

Photo officielle non datée d'Ahmed Sekou Touré, président de la Guinée. Ahmed Sékou Touré (9 janvier 1922-26 mars 1984) fut le premier président de la Guinée (1958-1984).

Un portrait géant du premier président guinéen Ahmed Sékou Touré apparu fin décembre sur le pont dit "des pendus" dans le centre de Conakry, a ranimé les passions sur la figure de ce père de l'indépendance qui a dirigé la Guinée d'une main de fer pendant 26 ans.

Réalisée par l'artiste Chimère Ndiaw, la fresque colorée, réalisée à l'aérosol, montre le visage de Sékou Touré entouré d'autres leaders africains comme le Ghanéen Kwame Nkrumah ou de l'ex-président burkinabè Thomas Sankara.

Elle a été dessinée sur le pont où quatre hauts responsables de l'Etat dirigé par Sékou Touré (1958-1984), accusé de comploter contre le régime, ont été exécutés au petit matin le 25 janvier 1971.

Situé dans le quartier administratif de Kaloum, dont la maire, Aminata Touré est la fille de l'ancien président, ce pont est devenu un lieu de mémoire pour les quelque 50.000 personnes torturées, fusillées, pendues ou qui "disparu" en détention pendant la présidence de Sékou Touré, selon des associations de victimes et des organisations de défense des droits de l'Homme.

"C'est une insulte à la société guinéenne, une honte nationale, mais aussi une bêtise humaine que de voir cette caricature du tyran Sékou sur ce pont", a déclaré à l'AFP Amadou Tounkara, dont le père a été tué dans le tristement célèbre camp Boiro, en banlieue de Conakry. "Cette effigie doit disparaître si l'Etat veut la paix dans ce pays", a-t-il ajouté, très en colère.

"Je n'emprunte plus cette trajectoire pour ne pas avoir de malaise en voyant cette gravure où mon frère a été pendu par celui qui m'a jeté en prison pendant huit ans pour rien", explique pour sa part un ancien prisonnier du camp Boiro.

Lors des célébrations du 60e anniversaire de l'indépendance du pays en octobre, l'actuel président, Alpha Condé, avait rendu un "hommage particulier" à son prédécesseur.

Il "a géré nos premières années d'existence étatique dans le difficile contexte de la décolonisation et de la Guerre froide", avait souligné M. Condé, en insistant sur la nécessité de la "réconciliation nationale".

"Nous devons être fiers de ces symboles-là, qui ont incarnés notre indépendance. Le président Ahmed Sékou Touré et tous ses compagnons", soutient Soninké Diané, membre d'un mouvement favorable à l'ex-président, avant de s'interroger: "Si mon père avait été pendu, est-ce que j'aurais les mêmes réactions?".

L'auteur de la fresque, qui affirme avoir reçu l'autorisation des autorités locales pour mettre en oeuvre un projet vieux de trois ans, dit regretter la polémique.

"Mon objectif était d'embellir la capitale guinéenne. Je suis un artiste peintre, pas un politicien, et je ne savais pas que mon œuvre allait susciter autant de réactions, surtout de rejets", a expliqué Chimère Ndiaw.

La Guinée, ex-colonie française d'Afrique de l'Ouest, a été dirigée jusqu'à l'arrivée au pouvoir en 2010 de l'ancien opposant Alpha Condé par des pouvoirs autoritaires, voire dictatoriaux.

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Le gouvernement guinéen favorable à une nouvelle Constitution

Alpha Condé lors d'une réunion à Bruxelles, le 7 octobre 2017

L'ensemble des membres du gouvernement guinéen est favorable à l'élaboration d'une nouvelle Constitution, a déclaré mercredi le Premier ministre, Kassory Fofana, au moment où un débat sur l'opportunité d'une nouvelle loi fondamentale agite le pays.

Ancien opposant historique et premier président démocratiquement élu de ce pays d'Afrique de l'Ouest, Alpha Condé, dont le deuxième mandat s'achève en 2020, a souvent contesté la pertinence de la limitation du nombre de mandats sur le continent. En Guinée, ils sont au nombre de deux au maximum.

"En tant que citoyen, j'ai posé la question au gouvernement, en invitant chaque ministre à se prononcer sur le principe d'une nouvelle Constitution. La réponse était unanime. C'est oui, il nous faut une nouvelle Constitution", a déclaré mercredi M. Fofana lors d'une conférence de presse marquant le premier anniversaire de sa nomination. "Donc en tant que citoyen, je dis oui à une nouvelle Constitution, et en tant que gouvernant, je dis oui", a-t-il conclu.

M. Condé, 81 ans, n'a jusqu'à présent pas officiellement annoncé de révision de la Constitution afin de pouvoir se représenter en 2020, mais plusieurs de ses déclarations récentes ont été interprétées en ce sens. Le 18 mai, la direction de son parti lui a demandé "avant la fin de son second mandat, de doter le pays d'une loi fondamentale votée par référendum par le peuple souverain".

Une révision de la loi fondamentale est en revanche combattue par le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), créé en avril par les principaux partis d'opposition, des associations de la société civile et des syndicats pour s'opposer à un troisième mandat.

"Nous avons une Constitution qui consacre une douzaine d'institutions républicaines dont le fonctionnement est d'un coût très lourd", a déclaré le chef du gouvernement, sans citer l'hypothèse d'une levée de l'interdiction d'exercer plus de deux mandats présidentiels.

M. Fofana a aussi dit avoir "pris acte" de la démission récente, "pour des raisons personnelles", de son ministre de la Justice, Cheick Sako.

Dans une lettre au chef de l'Etat, M. Sako expliquait n'avoir "pas été associé à la rédaction de la nouvelle Constitution en (sa) qualité de garde des sceaux". "Compte tenu de ma position personnelle contre toute modification ou changement de la Constitution en vigueur, vous comprendrez que je ne puisse plus continuer à exercer la fonction de ministre de la Justice", ajoutait-il.

Avec AFP

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