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Un journaliste nigérien condamné à deux ans de prison


La foule est réunie devant la cour de Justice pour le procès de trafic de bébés, à Niamey, Niger, le 13 mars 2017. (VOA/Abdoul-Razak Idrissa)

Le journaliste nigérien Baba Alpha (groupe Bonferey) a été condamné en première instance mardi à deux ans de prison ferme.

Après un premier procès, le journaliste a écopé de deux ans de prison ferme et 300 000 francs CFA d’amende.

La sentence a été prononcée par le juge du tribunal de grande instance hors classe de Niamey envers le journaliste nigérien d’origine malienne Baba Alpha et son père, accusés d’usage de faux en écriture publique.

"C’est une décision illégale du point de vue de la loi nationale et des règles et conventions internationales", a réagi son avocat maitre Mossi Boubacar à la sortie du tribunal de Niamey.

La condamnation signifie que le journaliste est un apatride, a expliqué l’avocat qui annonce son intention de faire appel avec "la conviction que ce genre de décision ne pourra pas résister au temps et aux recours", avant de conclure que c’est le système et non le droit qui a condamné son client.

Dans un communiqué, Reporters sans frontières (RSF) s'est dit "consterné" d'apprendre cette arrestation. "Alpha est né au Niger et y a vécu toute sa vie", explique l'organisation.

Ancien président du conseil d’administration de la maison de la presse du Niger, le journaliste Baba Alpha a été interpellé au début du mois d’avril à son domicile, qui sera par la suite perquisitionné.

Rejoint une journée après par son père de 70 ans, ils sont tout deux poursuivis pour faux et usage de faux en écriture publique, notamment dans l’établissement de leurs pièces d’état civil nigériens alors qu’ils sont d’origine malienne.

Une troisième personne, Omar Sidi, arrêté comme auteur du faux, a été par la suite libéré, l’instruction ayant démontré que l’infraction du faux est prescrite.

"Cela montre qu'il y a une différence de traitement judiciaire, et qu'Alpha est visé politiquement", explique RSF.

Baba Alpha travaille dans un groupe de presse, Bonferey, jugé très critique envers le régime en place, d’où le lien fait par beaucoup dans l’opinion avec son arrestation.

Dans le camp du pourvoir, on estime qu’il a connu un délit de droit commun.

"Il a fait des faux papiers, il y a déjà longtemps; il s’est inventé un autre lieu de naissance que le sien dans le but d’avoir la nationalité nigérienne. Nous n’avons rien inventé", a récemment déclaré le ministre de l’intérieur Bazoum Mohamed.

Abdoul-Razak Idrissa, correspondant à Niamey

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