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La détention du journaliste nigérien Ali Soumana est légale selon le gouvernement

Le président du Niger Mahamadou Issoufou, 12 juin 2017.

Le gouvernement du Niger a répondu aux associations de journalistes, affirmant que la détention de leur confrère Ali Soumana était. légale.

La détention du journaliste Ali Soumana est légale, a affirmé jeudi le gouvernement du Niger, en réponse à des associations de journalistes qui y voient une violation de la loi sur la presse.

M. Soumana, fondateur de l'hebdomadaire privé Le Courrier, connu pour ses critiques contre le régime, a été écroué lundi après plusieurs jours de garde à vue.

Il est poursuivi pour "complicité de soustraction de pièces de procédure et violation du secret de l'instruction" relative à une bataille judiciaire opposant depuis 2012 le Niger et une société libanaise, indique jeudi le ministère de la Communication dans un communiqué.

Ces charges sont "punies par le code pénal en vigueur au Niger et non couvertes par l'ordonnance de juin 2010 (sur) la liberté de la presse", affirme le ministère.

Reporters Sans Frontières a dénoncé jeudi "une violation criante de la loi de la presse".

"En poursuivant Ali Soumana, les autorités nigériennes veulent de toute évidence faire pression contre le journaliste et avoir accès à ses sources", estime l'organisation de défense des journalistes, qui demande "aux autorités d'annuler les charges retenues contre le fondateur du Courrier et de cesser l'acharnement contre les journalistes au Niger".

Mercredi, une vingtaine d'associations de journalistes et d'ONG avaient protesté contre l'arrestation de M. Soumana et jugé illégale sa détention, rappelant que la loi de 2010 a remplacé les peines d'emprisonnement pour des délits de presse par des amendes.

"La Maison de la presse s'insurge contre toute violation des textes régissant le métier de journaliste au Niger", et "s'inquiète des harcèlements et des pressions exercées sur les journalistes dans le cadre de leur travail", avait fait savoir dans un communiqué ce collectif d'associations, incluant l'Association nigérienne des éditeurs de la presse indépendante dont fait partie Le Courrier.

En juin 2016, Ali Soumana et Moussa Dodo, directeur du Courrier, avaient été écroués dix jours puis condamnés à trois mois de prison avec sursis pour avoir publié des documents relatifs à des fraudes à un concours pour devenir fonctionnaire, impliquant d'importantes personnalités.

Avec AFP

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En Afrique australe, les rescapés du cyclone Idai menacés par les maladies

Une route inondée dans le district de Buzi, à 200 km de Beira, au Mozambique, le samedi 23 mars 2019 (Photo AP / Themba Hadebe)

Les centaines de milliers de personnes affectées par le cyclone Idai en Afrique australe sont désormais menacées par une épidémie "inévitable" de maladies transmises par l'eau, notamment le choléra, ont averti les autorités qui ont encore revu le bilan à la hausse, dimanche, à plus de 700 morts.

Au Mozambique, pays le plus meurtri par Idai, qui s'est abattu le 14 mars sur l'Afrique australe, "le nombre de morts a malheureusement augmenté", a annoncé le ministre de l'Environnement Celso Correia.

"Hier (samedi), on avait 417 morts et aujourd'hui on est à 446 morts" car "on a reçu des informations de zones qui étaient jusqu'à présent isolées", a-t-il ajouté depuis la ville de Beira (centre), partiellement dévastée par le cyclone.

Au Zimbabwe voisin, des inondations catastrophiques et des éboulements ont fait au moins 259 morts, selon l'ONU, et près de 200 disparus, dont 30 écoliers.

"Le bilan devrait encore monter puisque des zones jusqu'à présent isolées deviennent désormais accessibles", a prévenu dimanche le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha).

Dans ce déluge de mauvaises nouvelles, la télévision nationale zimbabwéenne ZBC a annoncé qu'une jeune femme avait donné naissance à son bébé alors qu'elle avait trouvé refuge dans un arbre pour échapper aux inondations.

Grâce à la décrue qui se poursuivait, les secours ont continué leurs opérations de distribution de nourriture et de reconstruction des routes.

Mais le gouvernement mozambicain et les humanitaires anticipaient également l'apparition de maladies transmises par l'eau, compte tenu des eaux stagnantes et de la promiscuité dans les centres d'hébergement.

"Il est inévitable que des cas de choléra et de paludisme apparaissent", a estimé le ministre Correia, précisant qu'"un centre de traitement du choléra" était mis en place.

La Croix-Rouge avait annoncé vendredi des premiers des cas de choléra au Mozambique, mais les Nations unies et Maputo ont affirmé ne pas en avoir, pour l'heure, enregistré.

"Il y aura des maladies transmises par l'eau", a cependant prévenu Sebastian Rhodes-Stampa de l'Ocha. "Mais si (...) on a des centres déjà en place, on sera capable de gérer la situation", a-t-il ajouté.

- Logistique cauchemardesque -

Près de deux millions de personnes sont affectées par le cyclone et ses inondations en Afrique australe.

Au Mozambique, plus de 100.000 personnes on trouvé refuge dans des centres d'hébergement d'urgence, notamment des écoles.

A Beira, les rescapés se bousculent pour obtenir nourriture et vêtements, tandis que la Croix-Rouge tente de réunir des membres de familles dispersées.

"Je ne sais pas où est mon mari", témoigne à Beira Céleste Dambo, secourue par un bateau de pêche à Buzi, l'un des districts les plus touchés.

Elle dort à même le sol, avec ses trois enfants, dans le gymnase de l'école Samora Machel à Beira.

Dix jours après le passage du cyclone, la "logistique" pour accéder aux disparus et acheminer l'aide "reste un défi", constate l'Ocha.

Au moins 80% des infrastructures électriques de Dondo, à une trentaine de kilomètres au nord-ouest de Beira, sont endommagées, selon le gouvernement. Beira, où vivent un demi-million de personnes, reste partiellement privée d'électricité.

Mais les travaux de réparation de la seule route qui permet d'accéder à la ville et avait été partiellement emportée par les eaux viennent d'être terminés.

A Beira samedi soir, quelques lampadaires étaient allumés. Les rues étaient de nouveau encombrées, signe que la vie reprenait ses droits. Le peu de restaurants ouverts affichaient complets.

- Messe dans la nuit -

Dans la cathédrale Ponta Gea, qui a miraculeusement survécu aux intempéries, une messe a été célébrée en hommage aux victimes, avec une seule torche et quelques bougies.

"Les gens ne savent pas quoi faire car ils ont perdu leurs maisons, ils ne savent pas où dormir (..). Mais les Mozambicains ne vont pas se laisser abattre", a lancé le père Pedro.

Dans l'assemblée, une fidèle regardait son missel à la lumière de son portable.

"On ne peut pas être endeuillés. Nous devons continuer. On essaie de reconstruire notre ville", a déclaré un autre croyant, Wilfried Deliviai, 19 ans.

Des rescapés profitaient de la décrue, dimanche pour reconstruire leurs maisons avec les moyens du bord.

A Buzi, où des centaines d'habitants dorment dehors, dans la rue ou sur des toits, une femme tentait, de l'eau jusqu'aux genoux, de récupérer une tôle pour son abri. D'autres balayaient des maisons où l'eau avait atteint jusqu'à deux mètres.

Avec AFP

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