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Burundi

Un haut responsable policier menace publiquement d'éliminer des opposants

FILE - Burundi's security guards patrol near a polling station for the referendum on a controversial constitutional reform in Bujumbra, Burundi, May 17, 2018.

Un haut responsable de la police burundaise a publiquement menacé d'éliminer les membres du principal parti d'opposition et leurs familles, s'ils organisent des "réunions clandestines" à leur domicile, selon un enregistrement audio parvenu vendredi à l'AFP.

Ces menaces ont été proférées par un commissaire provincial alors que le parti d'opposition Congrès national pour la liberté (CNL), deuxième force politique du pays, dénonce la "féroce" répression qui frappe ses membres depuis son agrément fin février.

"Je voudrais dire à celui qui tient une réunion clandestine nocturne chez lui que si on en est averti (...), tu seras en train d'attirer le malheur sur toute ta famille", a déclaré Jérôme Ntibibogora, le commissaire de la police dans la province de Muyinga (est), lors d'une réunion publique mercredi dirigée par le gouverneur de la province dans la commune de Gasogwe.

L'authenticité de l'enregistrement a été confirmée à l'AFP par plusieurs témoins présents sur place, dont des sources administratives, sous couvert de l'anonymat.

Le commissaire a assuré qu'il a toujours sur lui "des engins (explosifs)" et, a-t-il dit, il "suffit que je jette deux d'entre eux dans cette maison". "Si tu veux perturber la sécurité, je vais en finir avec toi sur place, et si tu es avec ta femme et tes enfants, vous partez ensemble", a-t-il ajouté, répondant à des questions sur la répression qui frappe les militants du CNL.

Contactés par l'AFP, la police nationale et le ministère de l'Intérieur n'ont pas souhaité réagir aux propos tenus par le commissaire. Un responsable gouvernemental a toutefois déploré sous couvert de l'anonymat "un excès de zèle" de la part du policier. "Un gradé de la police ne peut tenir de tels propos car ils ne correspondent pas à la politique du gouvernement", a-t-il affirmé.

Le commissaire Ntibibogora dirigeait la police dans les quartiers sud de Bujumbura au plus fort de la crise en 2015, et a été une des grandes figures de la répression des manifestations contre la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat controversé.

Le Burundi est en crise depuis que le président a annoncé en avril 2015 sa candidature à un troisième mandat. Il avait été réélu en juillet de la même année.

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Flambée de paludisme au Burundi

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Le Burundi confronté à une flambée de paludisme

Une femme avec son enfant dans un dispensaire à Bujumbura, au Burundi, le 18 avril 2006.

Une agence onusienne évoque "des proportions épidémiques" de la maladie depuis début mai, mais le gouvernement burundais a refusé jusqu'ici de déclarer une épidémie de paludisme.

Le Burundi est confronté à une flambée de paludisme atteignant des "proportions épidémiques" qui a fait plus 1.800 victimes depuis le début de l'année, selon l'ONU, soit autant que le nombre de victimes d'Ebola en un an dans la République démocratique du Congo voisine.

Du 1er janvier au 21 juillet 2019, "un total cumulé de 5.738.661 cas et de 1.801 décès a été signalé", selon un rapport du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA). Le Burundi compte 11,5 millions d'habitants.

Les auteurs du rapport évoquent "des proportions épidémiques" de la maladie depuis début mai, mais le gouvernement burundais a refusé jusqu'ici de déclarer une épidémie de paludisme, malgré des demandes des organisations internationales en ce sens depuis la mi-avril.

"Au cours de la semaine 29 (du 15 au 21 juillet 2019), 152.243 cas, dont 65 décès, ont été signalés dans 39 districts (sanitaires) sur (les) 46" que comptent le Burundi, a annoncé OCHA, parlant d'"une augmentation de 164% du nombre de cas signalés" par rapport à la semaine 29 de 2018.

Un faible recours aux mesures préventives comme les moustiquaires ou "le manque de ressources humaines, de ressources logistiques et financières pour une réponse efficace" sont les principaux facteurs expliquant cette flambée de cas de paludisme.

Une source au sein de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), sollicitée par l'AFP, a expliqué ne pas être en mesure de commenter ces chiffres, précisant que "la décision de déclarer une épidémie relève de la souveraineté de l'Etat burundais".

Mi-mars 2017, le gouvernement avait déclaré une épidémie de paludisme alors que le pays venait de recenser quelque 1,8 million de cas et 700 décès en à peine trois mois. Il semble plus réticent à le faire cette année.

"Nous sommes à moins d'une année de la présidentielle, le pouvoir de (Pierre) Nkurunziza qui fait face à de nombreuses crises ne veut pas reconnaître ce qui pourrait être considéré comme un échec de sa politique en matière de santé", a justifié un haute cadre du régime sous couvert d'anonymat.

Le Burundi, qui traverse une grave crise socio-économique depuis 2015, a déclaré une épidémie de choléra dans le pays depuis avril et fait face à de nombreuses pénuries sur les carburants ou les médicaments et plus généralement la plupart des biens importés, faute de devises.

Selon l'OMS, quelque 219 millions de cas de paludisme ont été recensés dans le monde en 2017, entraînant 435.000 décès dont 93% sont survenus en Afrique.

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