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Burundi

Le passé de Pierre-Claver Ndayicariye ne le qualifie pas pour présider la CVR

Le chef de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Pierre-Claver Ndayicariye, a annoncé le résultat du référendum sur la réforme constitutionnelle, 73% des électeurs ayant voté "Oui" et 19% "Non" à Bujumbra le 21 mai 2018. .

Le choix de Pierre-Claver Ndayicariye à la tête de la Commission vérité et réconciliation (CVR) a été fait à l’unanimité. Me Emmanuel Nkengurutse, avocat, ancien sénateur et membre de l’Uprona, estime que le passé peu glorieux de M. Ndayicariye à la Ceni ne le qualifie pas à diriger la CVR.

Selon Maitre Emmanuel Nkengurutse, la personne la mieux indiquée pour diriger la CVR, doit être quelqu’un d’impartial, d’indépendant, de compétent, d’honnête et surtout quelqu’un qui n’a pas trempé dans les crimes et les évènements malheureux qui ont frappé le Burundi.

C’est dans cette catégorie de personnes qu’on devrait aussi choisir les membres de la CVR. Ce qui "n’est pas le cas de Pierre-Claver Ndayicariye ou de la plupart des membres qui sont les hommes de main du président Pierre Nkurunziza", déclare ce membre de l’Union pour le progrès national dans une interview accordée à VOA vendredi 23 novembre 2018.

Les déclarations de cet homme de droit font suite à la nouvelle composition de la commission vérité et réconciliation (CVR), adoptée jeudi 22 novembre, par l'Assemblée nationale, suscite les critiques de l'opposition, notamment la nomination à sa tête de l'ancien président de la commission électorale, Pierre-Claver Ndayicariye.

L’avocat accuse le nouvel homme fort de la Commission Vérité et Réconciliation, d’avoir "trempé dans ces évènements [relatifs à la crise burundaise], notamment les échecs électoraux qui ont engendré des crises politiques majeures, des violations systématiques des droits de l’homme et des crimes contre l’humanité", poursuit-il.

Il ajoute aussi que le bilan catastrophique de M. Ndayicariye à la tête de la ceni ne milite pas en sa faveur.

Il ne peut pas faire partie d’une commission qui puisse sortir la vérité de notre histoire. Il fait partie des Hutus extrémistes qui tiennent à raviver l’histoire malheureuse, les conflits interethniques, et par conséquent les guerres qui en résultent.

Maitre Emmanuel Nkengurutse joint par Nanythe Talani
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Maitre Emmanuel Nkengurutse s’insurge aussi contre le fait que le pouvoir de Bujumbura accuse la Belgique d’avoir divisée le Burundi en y imposant des catégories ethniques.

L’avocat reconnait certes, que la colonisation n’est pas totalement étrangère dans le conflit burundais mais il soutient que la Belgique ne continue pas à tirer les ficelles de la division, 50 ans plus tard, après l’indépendance du Burundi en 1962.

"La violation de la Constitution ou de l’Accord d’Arucha est le fait de la Belgique ou le fait des Burundais?", Interroge-t-il. "On ne peut pas commettre des crimes et les mettre sur le dos des autres, des Blancs, de la Belgique l’ancien colonisateur. Il y a une partie de l’histoire du Burundi qui appartient aux burundais eux-mêmes. Le Burundi est un pays indépendant. Les responsables burundais doivent assumer leur histoire", avance-t-il.

Puis, de conclure : "Nous voulons savoir la vérité sur notre histoire. Nous voulons notamment savoir ceux qui sont responsables des crimes ; ensuite on saura quelle justice faire et les réparations à faire aux victimes. Nous n’allons pas coller aux Blancs tout ce qui s’est fait entre 1962 jusqu’aujourd’hui. Nous devons assumer notre histoire".

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Les difficultés de Dorothée, réfugiée burundaise à Goma

Les difficultés de Dorothée, réfugiée burundaise à Goma
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Le dialogue de sortie de crise est dans l'impasse selon l'International Crisis Group

Le président burunais Pierre Nkurunziza à Bujumbura, le 20 août 2015.

Le groupe de réflexion International Crisis Group a déploré jeudi l'impasse dans laquelle se trouvent les discussions de sortie de la crise au Burundi, notamment en raison d'un manque de mobilisation des dirigeants est-africains, et mis en garde contre des violences lors des élections de 2020.

La Communauté d'Afrique de l'Est (CAE), chargée de la médiation, "n'était pas préparée à cette tâche", estime l'ICG dans un rapport intitulé "A court d'options", décrivant cette organisation comme "avant tout une plateforme d'intégration économique" qui "n'avait pas d'expérience ni d'expertise en matière de médiation politique complexe".

L'ICG a également identifié comme obstacles au dialogue des "antagonismes politiques historiques" et des "rivalités économiques" entre pays de la CAE, ainsi que de "vives animosités personnelles" entre leurs dirigeants.

"Depuis le début, les dirigeants de la région n'ont eu de cesse de considérer le Burundi comme un allié ou un outil dans leurs querelles et ont donc répugné à irriter (le président burundais) Nkurunziza en usant de leur influence pour le forcer à négocier avec ses opposants", a poursuivi la même source.

Le facilitateur dans cette crise, l'ancien président tanzanien Benjamin Mkapa, s'est dès lors retrouvé dans "l'incapacité" de réunir gouvernement et opposition en exil autour de la même table. Le gouvernement a refusé "systématiquement de participer à la médiation de manière constructive".

Le Burundi est en crise depuis que le président Pierre Nkurunziza a annoncé en avril 2015 sa candidature à un troisième mandat. Il avait été réélu en juillet de la même année.

Les violences et la répression qui ont accompagné la crise auraient fait au moins 1.200 morts et déplacé plus de 400.000 personnes entre avril 2015 et mai 2017, selon les estimations de la Cour pénale internationale, qui a ouvert une enquête.

"Nkurunziza a réussi à résister aux différentes formes de pression externe sur le Burundi - critique publique intense, menace d'une mission militaire de l'UA (Union africaine), suspension d'aides financières vitales et sanctions contre des responsables politiques de premier plan", souligne l'ICG.

Regrettant que la crise perdure au Burundi, l'ICG craint que si les élections de 2020 "ont lieu dans ces circonstances, de nombreux Burundais risquent de les rejeter, ce qui pourrait se traduire par des manifestations potentiellement violentes et accroître le soutien aux groupes armés, comme en 2015".

Le think tank appelle dès lors le gouvernement à autoriser l'opposition en exil à rentrer au pays et faire campagne, les dirigeants de la région à faire usage de leur influence sur Pierre Nkurunziza, et la CAE, l'UA et les Nations unies à éviter "que la crise disparaisse de l'ordre du jour international".

Suspension de la dernière organisation indépendante de la société civile au Burundi

Les forces de sécurité burundais déployées après une attaque à la grenade au cours de laquelle un général Tutsi et conseiller à la sécurité du vice-président, Athanase Kararuza, a été tué, à Bujumbura, le 25 avril 2016.

Les autorités burundaises ont suspendu pour "trouble à la paix et à l'ordre public" la dernière organisation indépendante de la société civile encore active dans ce pays en crise depuis 2015.

Les activités de l'organisation Parcem, qui milite pour une bonne gouvernance, "sont suspendues" pour une durée indéterminée, a indiqué le ministre de l'Intérieur Pascal Barandagiye, dans cette ordonnance.

A l'instar d'une dizaine d'ONG burundaises indépendantes qui s'étaient opposées au troisième mandat controversé du président Pierre Nkurunziza, Parcem avait été suspendue en 2015. Elle avait été autorisée à reprendre ses activités quand son représentant légal avait accepté des conditions imposées le pouvoir.

Le ministre affirme toutefois que malgré plusieurs avertissements, Parcem "s'est activée plutôt à ternir l'image du pays et de ses dirigeants dans le but de troubler la paix et l'ordre public".

L'organisation Parole et action pour le réveil des consciences et l'évolution des mentalités (Parcem), a lancé il y a peu une campagne décryptant la profonde crise économique que traverse le Burundi en donnant notamment des chiffres sur la pauvreté à l'opposé du discours officiel.

Citant des chiffres de la Banque mondiale, elle a par exemple souligné dans des tweets que le Burundi est le pays qui reçoit le moins d'investissements directs étrangers au monde et celui au plus faible taux d'industrialisation au monde.

Trois de ses militants avaient été acquittés en appel en décembre 2018, après avoir été condamnés à 10 ans de prison pour "atteinte à la sûreté intérieure de l'état" pour ne pas avoir invité des membres du parti au pouvoir à une réunion qu'ils organisaient dans le centre du pays.

Le Burundi est en crise depuis que le président Nkurunziza a annoncé en avril 2015 sa candidature à un troisième mandat. Il avait été réélu en juillet de la même année.

Les violences et la répression qui ont accompagné la crise auraient fait au moins 1.200 morts et déplacé plus de 400.000 personnes entre avril 2015 et mai 2017, selon les estimations de la Cour pénale internationale, qui a ouvert une enquête.

Toutes les principales figures de la société civile du Burundi, l'une des plus actives de la région avant cette crise, ont dû fuir le pays. Certains militants ont été assassinés et d'autres blessés. En 2018, un activiste avait été condamné à 32 ans de prison pour sa participation aux protestations contre le troisième mandat de M. Nkurunziza.

Une permanence du principal parti d'opposition burundais incendiée

Le chef de l'opposition burundaise, Agathon Rwasa, arrive, lors du référendum, à un bureau de vote à Ciri, dans le nord du Burundi, le 17 mai 2018.

Une permanence du Congrès national pour la liberté (CNL), principal parti d'opposition burundais dirigé par Agathon Rwasa, a été incendiée dans la nuit de vendredi à samedi dans la commune de Nyabiraba (ouest) par des inconnus, à la veille de son inauguration.

Vendredi, "vers minuit, le commissaire communal de la police est arrivé à notre permanence et a arrêté les 15 personnes qui veillaient sur notre permanence, puis les a mises au cachot", a expliqué à l'AFP un responsable provincial du parti sous couvert de l’anonymat.

Peu après, "les habitants de la commune ont entendu de nombreux coups de feu autour de notre permanence, qui a été détruite puis incendiée", a-t-il poursuivi. Le local aurait dû être inauguré samedi par le chef du parti, Agathon Rwasa.

Selon des témoignages recueillis par SOS Médias Burundi, un site d'information en ligne de journalistes indépendants, des hommes en tenue de policier étaient présents au moment de la destruction et de l'incendie de la permanence.

L'incendie a été confirmé à l'AFP dimanche par Ferdinand Simbananiye, l'administrateur de la commune de Nyabiraba, située à une vingtaine de kilomètres à l’est de Bujumbura. L'administrateur assure qu'une "enquête est en cours pour identifier les auteurs de ce délit".

Mercredi, la même permanence avait été partiellement incendiée par un groupe d'Imbonerakure, des membres de la ligue des jeunes du parti au pouvoir, selon le parti CNL et des témoins sur place.

L'administrateur communal, qui est aussi membre du parti au pouvoir, a qualifié de "montage" un enregistrement sonore où on l'entend menacer le propriétaire de cette maison en disant qu'elle sera "détruite" s'il la loue au parti CNL.

Cet enregistrement a été authentifié par des habitants de Nyabiraba, une commune de la province de Bujumbura rural, fief historique d'Agathon Rwasa.

Mercredi, l'organisation Human Rights Watch (HRW) a dénoncé "les abus généralisés" dont sont victimes les opposants au Burundi à une année des élections générales de 2020, dans un nouveau rapport qui détaille des cas d'opposants (essentiellement des membres du CNL) arrêtés arbitrairement, battus ou tués.

Le Burundi est en crise depuis que le président Pierre Nkurunziza a annoncé en avril 2015 sa candidature à un troisième mandat. Il avait été réélu en juillet de la même année.

Les violences et la répression qui ont accompagné la crise auraient fait au moins 1.200 morts et déplacé plus de 400.000 personnes entre avril 2015 et mai 2017, selon les estimations de la Cour pénale internationale, qui a ouvert une enquête.

Libération de membres de l'Église adventiste

Les juges de la Cour constitutionnelle, à Bujumbura, Burundi, 31 mai 2018. (Facebook/iBurundi)

L'Eglise adventiste du 7e jour a annoncé la libération vendredi de deux dirigeants et de 21 membres de sa branche au Burundi, arrêtés début mai pour s'être opposés à une décision gouvernementale de leur imposer un leader, dans un communiqué parvenu samedi à l'AFP.

"Nous avons reçu des nouvelles très encourageantes et sommes heureux d'indiquer que tous les détenus adventistes au Burundi ont été relâchés", a annoncé le bureau de Ted Wilson, président de l'Église adventiste, dans un communiqué daté de Silver Spring aux États-Unis, et parvenu à l'AFP samedi.

"Nous remercions le gouvernement du Burundi pour son rôle, et plus particulièrement l'un des membres du Parlement, Honorable Justin Niyobuhungiro, pour avoir facilité les libérations", poursuit le texte.

Un pasteur de l'église a expliqué sous couvert de l'anonymat qu'un troisième pasteur arrêté mercredi avait lui aussi été remis en liberté.

"Les pasteurs et les autres ont été relâchés hier (vendredi) peu après 18H00, après avoir été entendus par un magistrat du parquet général de la République (...) il a reçu un ordre venu d'en haut de les relâcher", selon la même source, une information confirmée par une source judiciaire.

L'Église adventiste du 7e jour avait dénoncé mercredi le "harcèlement" dont elle fait l'objet de la part du gouvernement du Burundi depuis six mois et l'arrestation du pasteur Lamec Barishinga et d'un de ses adjoints, Lambert Nitunga, accusés de "rébellion".

Les deux prélats avaient été arrêtés parce que Lamec Barishinga, nommé en novembre 2018 comme président de la branche burundaise de cette église, a refusé de céder sa place à son prédécesseur, le pasteur Joseph Ndikubwayo, réputé proche du pouvoir, et que le ministre burundais de l'Intérieur voulait maintenir en fonction.

Dans son communiqué vendredi, l'église dit espérer "une amélioration de cette situation délicate" et appelle ses fidèles à continuer de prier pour qu'une solution soit trouvée.

L'Église adventiste compte quelque 150.000 membres au Burundi et est l'une des plus anciennes du pays.

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