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L'armée burundaise opposée au rapatriement de 1.000 soldats de Somalie


Des soldats burundais de l'AMISOM patrouillent dans la banlieue de Mogadiscio, en Somalie, le 22 mai 2012.

L'armée burundaise a indiqué dimanche être opposée au rapatriement d'ici au 28 février de 1.000 de ses soldats déployés en Somalie pour la force de l'Union africaine dans ce pays (Amisom) et demandé à son gouvernement de plaider sa cause auprès de l'UA.

Selon un communiqué du porte-parole de l'armée burundaise, le colonel Floribert Biyerke, l'armée conteste la décision de la Commission de l'UA de ne rapatrier que des soldats burundais au lieu de rapatrier des soldats de chaque pays contributeur au prorata du nombre de soldats déployés.

A cet égard, elle estime que la décision n'est pas conforme aux conclusions de la dernière réunion du comité de coordination des opérations militaires de l'Amisom le 30 novembre à Addis Abeba. Or, une note verbale consultée par l'AFP indique que la Commission de l'UA s'est appuyée sur ces conclusions pour prendre sa décision.

Le communiqué ne l'évoque pas, mais la diminution du contingent burundais devrait entraîner un manque-à-gagner pour les finances publiques burundaises. D'après un responsable de l'UA, l'organisation envoie tous les trois mois environ 18 millions de dollars (15,7 millions d'euros) à la banque centrale du Burundi pour payer les soldes et la location du matériel militaire burundais.

Cette somme est devenue l'une des principales sources de devises du pays, sous sanctions de l'UE et de ses pays membres depuis 2016.

Les soldats burundais sont par ailleurs beaucoup moins payés une fois rentrés au pays que lorsqu'ils servent pour l'Amisom.

La décision de la Commission de l'UA de rapatrier 1.000 soldats burundais n'étant selon elle "pas conforme", l'armée burundaise "demande à l'autorité compétente de plaider auprès des instances habilitées pour que cette décision soir reconsidérée", a déclaré le colonel Floribert Biyerke.

Selon un haut responsable de l'UA, la décision de ne rapatrier que des soldats burundais est motivée par le fait que "le contingent burundais a un problème aigu de matériel (militaire)".

Actuellement, quelque 5.400 militaires burundais sont déployés en Somalie, soit le deuxième plus gros contingent des 21.500 soldats de l'Amisom, derrière l'Ouganda (6.200 hommes).

Le réduction des effectifs de l'Amisom à environ 20.000 soldats s'inscrit d'un désengagement progressif des troupes africaines, appelées à être remplacées par une armée somalienne encore embryonnaire.

Déployée en 2007 pour lutter contre les insurgés islamistes radicaux somaliens, les shebab, l'Amisom est composée de troupes venant d'Ouganda, du Burundi, d'Ethiopie, du Kenya et de Djibouti.

Les relations entre l'UA et le Burundi se sont récemment dégradées: le bloc continental a appelé Bujumbura à la modération et à discuter avec son opposition en exil. En retour, Bujumbura a organisé des manifestations pour dénoncer l'UA et le président de sa Commission, Moussa Faki, accusés de soutenir l'opposition.

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