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Le Burundi amorce la procédure de retrait de ses troupes de Somalie


Des soldats de la Mission de maintien de paix de l'Union africaine (Amison) venus du Burundi patrouillent dans la banlieue de Mogadiscio, en Somalie, 22 mai 2012.

La présidence burundaise a officiellement demandé à ses ministres des Affaires étrangères et de la Défense d'entamer la procédure de retrait des troupes burundaises déployées en Somalie dans le cadre de la force de l'Union africaine (Amisom), en raison d'un conflit sur les salaires des soldats.

Les salaires de l'Amisom sont financés par l'Union européenne, mais cette dernière ne verse plus depuis des mois à Bujumbura les 5 millions d'euros mensuels destinés à payer les soldats burundais en Somalie.

Elle souhaite trouver un moyen de payer ces soldats directement pour empêcher le gouvernement de ce pays en crise, asphyxié économiquement par des sanctions internationales, d'utiliser cet argent à d'autres fins. Aucun accord n'a encore été trouvé à cet effet.

"Nous avons décidé de lancer la procédure, comme on l'avait déjà annoncé depuis longtemps, car nos troupes engagées au sein de l'Amisom ne peuvent continuer à travailler sans être rémunérées", a déclaré à l'AFP le premier vice-président Gaston Sindimwo, rappelant que Bujumbura avait menacé en décembre d'un tel retrait.

Avec 5.400 soldats, le Burundi représente le deuxième contingent de l'Amisom, après l'Ouganda. Déployée pour lutter contre les islamistes shebab ayant juré la perte du gouvernement central somalien, celle-ci est forte de plus de 22.000 hommes.

"Nous aimerions continuer de soutenir et de sécuriser la Somalie mais nous sommes obligés de mettre en marche les mécanismes de retrait", a expliqué M. Sindimwo, selon lequel "les soldats burundais engagés dans l'Amisom sont entrés dans leur 12e mois sans être payés".

Le Burundi est plongé dans une grave crise depuis l'annonce en avril 2015 de la candidature de M. Nkurunziza à un troisième mandat controversé et son élection en juillet de la même année. Les violences ont fait plus de 500 morts et poussé plus de 300.000 personnes à quitter le pays.

La décision de l'UE de suspendre le paiement des soldats burundais via Bujumbura a pour but d'accentuer sa pression sur un pouvoir qui refuse tout dialogue avec l'opposition. En mars 2016, l'UE, premier donateur du Burundi (430 millions d'euros pour la période 2015-2020), avait déjà suspendu son aide directe au régime.

La présidence burundaise rappelle que les modalités de paiement de ses soldats en Somalie sont prévues par un accord signé avec l'Union africaine. L'organisation continentale organisera son prochain sommet les 30 et 31 janvier à Addis Abeba.

En novembre, l'UA avait rejeté "fermement" la décision de l'UE de suspendre le paiement des salaires des soldats burundais en Somalie, notant "les conséquences lourdes et négatives sur les opérations de l'Amisom ainsi que sur les avancées sécuritaires réalisées en Somalie".

Avec AFP

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