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Burundi

Report d’un sommet sur la crise au Burundi

Pierre Nkurunziza, après son vote lors du référendum constitutionnel à Buye, au nord de Ngozi, le 17 mai 2018.

Un sommet des chefs d'Etat de la Communauté d'Afrique de l'Est, prévu vendredi à Arusha, a été reporté en raison de l'absence du Burundi.

"Le sommet est reporté pour manque de quorum", a déclaré devant la presse Ali Kirunda Kivenjinja, ministre ougandais chargé des Affaires de l'EAC, à Arusha, au siège de l'EAC.

Selon les textes régissant l'organisation, les délibérations au sommet des chefs d'Etat requièrent la présence de tous les pays membres, a-t-il expliqué.

Or, alors que toutes les autres délégations étaient présentes, avec notamment les présidents tanzanien John Magufuli, kényan Uhuru Kenyatta, et ougandais Yoweri Museveni, le Burundi n'était pas représenté à ce sommet prévu depuis plusieurs mois.

Les présidents rwandais Paul Kagame et sud-soudanais Salva Kiir avaient chacun dépêché un ministre. "Nous regrettons ce désagrément pour les distingués délégués", a ajouté M. Kivenjinja, sans préciser les raisons de l'absence du Burundi.

Bujumbura aurait compris que l'EAC était prête à "prendre une décision" après l'échec de la facilitation menée par l'ancien président tanzanien Benjamin Mkapa dans la crise au Burundi, et qu'elle ne lui serait "pas favorable".

M. Mkapa a présenté la semaine dernière à Kampala au président Museveni son rapport définitif sur le dialogue de sortie de crise au Burundi, qui a échoué en raison du refus persistant du gouvernement burundais de discuter avec l'opposition en exil. Bujumbura avait boycotté la dernière session de ce dialogue fin octobre à Arusha.

Le président burundais Pierre Nkurunziza a échangé la semaine passée plusieurs lettres avec M. Museveni pour obtenir le report de ce sommet, en arguant que son gouvernement n'était "pas prêt".

Le gouvernement burundais n'a pas réagi officiellement. Intumwa Burundi, un site d'information proche du pouvoir, a cependant affirmé sur Twitter que le Burundi avait "eu gain de cause".

Mais il s'est attiré une réplique cinglante du secrétaire d'État rwandais aux Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe. "Si vous aviez été dans la réunion à huis clos des chefs d'État ce matin, mon ami, vous n'auriez jamais eu l'idée d'écrire que +le #Burundi a eu gain de cause+. Croyez-moi sur parole", a asséné ce dernier.

Selon un communiqué de la présidence tanzanienne, le sommet a été reporté au 27 décembre.

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Un haut responsable policier menace publiquement d'éliminer des opposants

FILE - Burundi's security guards patrol near a polling station for the referendum on a controversial constitutional reform in Bujumbra, Burundi, May 17, 2018.

Un haut responsable de la police burundaise a publiquement menacé d'éliminer les membres du principal parti d'opposition et leurs familles, s'ils organisent des "réunions clandestines" à leur domicile, selon un enregistrement audio parvenu vendredi à l'AFP.

Ces menaces ont été proférées par un commissaire provincial alors que le parti d'opposition Congrès national pour la liberté (CNL), deuxième force politique du pays, dénonce la "féroce" répression qui frappe ses membres depuis son agrément fin février.

"Je voudrais dire à celui qui tient une réunion clandestine nocturne chez lui que si on en est averti (...), tu seras en train d'attirer le malheur sur toute ta famille", a déclaré Jérôme Ntibibogora, le commissaire de la police dans la province de Muyinga (est), lors d'une réunion publique mercredi dirigée par le gouverneur de la province dans la commune de Gasogwe.

L'authenticité de l'enregistrement a été confirmée à l'AFP par plusieurs témoins présents sur place, dont des sources administratives, sous couvert de l'anonymat.

Le commissaire a assuré qu'il a toujours sur lui "des engins (explosifs)" et, a-t-il dit, il "suffit que je jette deux d'entre eux dans cette maison". "Si tu veux perturber la sécurité, je vais en finir avec toi sur place, et si tu es avec ta femme et tes enfants, vous partez ensemble", a-t-il ajouté, répondant à des questions sur la répression qui frappe les militants du CNL.

Contactés par l'AFP, la police nationale et le ministère de l'Intérieur n'ont pas souhaité réagir aux propos tenus par le commissaire. Un responsable gouvernemental a toutefois déploré sous couvert de l'anonymat "un excès de zèle" de la part du policier. "Un gradé de la police ne peut tenir de tels propos car ils ne correspondent pas à la politique du gouvernement", a-t-il affirmé.

Le commissaire Ntibibogora dirigeait la police dans les quartiers sud de Bujumbura au plus fort de la crise en 2015, et a été une des grandes figures de la répression des manifestations contre la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat controversé.

Le Burundi est en crise depuis que le président a annoncé en avril 2015 sa candidature à un troisième mandat. Il avait été réélu en juillet de la même année.

Avec AFP

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