Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Mali

Un groupe de chasseurs dogons met fin à une trêve au centre du Mali

Les membres de l'ethnie Dogon rentrent dans leur village d'origine après l'arrivée des islamistes, à Binta, Mali, 1er février 2013.

Un groupe armé de chasseurs dogons accusé d'exactions envers les Peuls dans le centre du Mali a annoncé mercredi se désengager du cessez-le-feu observé depuis plus d'un mois, pour défendre les civils de sa communauté.

Cette annonce intervient alors que plusieurs membres de ce groupe, baptisé Dan Nan Ambassagou, ont été tués lors d'un accrochage avec l'armée malienne le 18 novembre dans le village de Koromatintin (centre).

Depuis l'apparition il y a trois ans dans cette région du groupe jihadiste du prédicateur Amadou Koufa, les violences intercommunautaires se multiplient entre les Peuls, traditionnellement éleveurs, et les ethnies bambara et dogon, pratiquant majoritairement l'agriculture. Ces violences ont fait plus de 500 morts civils depuis le début de l'année, selon l'ONU.

"Nous avons rompu la trêve il y a quelques jours. C'est terminé pour le cessez-le-feu. Des terroristes peuls massacrent nos parents dogons sans armes. C'est terminé, nous reprenons la protection des populations", a déclaré à l'AFP lors d'une brève conversation téléphonique Moussa Togoun, un proche du chef militaire du groupe, Youssouf Toloba.

Youssouf Toloba avait signé le 27 septembre un document baptisé "engagement en faveur d'un cessez-le-feu unilatéral", qu'il avait promis de respecter à condition "que l'Etat malien assure la sécurité de tous les citoyens", lors d'une rencontre le 2 octobre entre Peuls et Dogons présidée par le Premier ministre, Soumeylou Boubeye Maïga.

Mais un responsable de l'aile politique de Dan Nan Ambassagou, David Tembiné, a désavoué cette dénonciation du cessez-le-feu par la branche militaire.

"Nous condamnons cette rupture du cessez-le-feu. Si nos combattants constatent des violences opérées par des terroristes peuls ou autres sur le terrain, ils doivent le signaler à l'armée", a déclaré à l'AFP M. Tembiné.

Le groupe a mené ces dernières semaines "des opérations de sécurisation" des populations dogons dans plusieurs localités, a indiqué à l'AFP Moussa Togoun, sans autre précision.

Plusieurs personnes sont portées disparues ou ont péri lors de ces "opérations de sécurisation", selon des sources locales, dont un responsable du gouvernorat de Mopti.

Par ailleurs, des attaques attribuées à ces chasseurs dogons ont visé mercredi le village à majorité peule de Djabel, selon une source municipale à Mopti.

Le chef de ce village a été assassiné mardi par des jihadistes présumés à la foire de la localité voisine de Bankass, avait indiqué un élu local. Ce village avait subi le 18 novembre une attaque d'hommes armés qui avait fait plusieurs blessés.

Les Peuls dénoncent des exactions de la part de groupes de chasseurs, tolérées voire encouragées selon eux au nom de la lutte contre les jihadistes, par les autorités ou l'armée, ce que dément le gouvernement.

Toutes les actualités

Sahel : "avec les terroristes, on ne discute pas" selon le président Macron

Le président français Emmanuel Macron prononce un discours lors d'une conférence de presse à l'ouverture d'une réunion des forces du G5 Sahel à Nouakchott en Mauritanie le 2 juillet 2018.

Le président français Emmanuel Macron a martelé vendredi l'opposition complète de la France, engagée militairement au Sahel, à toute négociation avec les jihadistes, alors que ce sujet fait débat dans la région, notamment au Mali.

"Avec les terroristes, on ne discute pas. On combat", a-t-il lancé dans un entretien avec l'hebdomadaire Jeune Afrique.

"Il faut s'inscrire dans la feuille de route claire que sont les accords d'Alger", a souligné Emmanuel Macron en référence à l'accord de de paix conclu en 2015 entre le pouvoir central malien, les groupes armés pro-Bamako et l'ex-rébellion à dominante touareg du nord du Mali.

"Ceux-ci prévoient un dialogue avec différents groupes politiques et autonomistes. Mais cela ne veut pas dire qu'il faut dialoguer avec des groupes terroristes, qui continuent à tuer des civils et des soldats, y compris nos soldats", a-t-il ajouté.

Cet accord ne concerne pas les groupes liés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) ou à l'organisation Etat islamique (EI) qui poursuivent, voire intensifient leurs actions depuis cinq ans, faisant des centaines de morts.

Le Premier ministre malien de transition, Moctar Ouane, a toutefois souligné lors d'une visite du chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian, le 26 octobre à Bamako, que le "dialogue national inclusif", vaste concertation du pays tenue fin 2019, avait "très clairement indiqué la nécessité d'une offre de dialogue avec les groupes armés" jihadistes.

"Je constate simplement que les autorités de transition ont réitéré leur volonté de lutter avec efficacité contre le terrorisme", a préféré relever Emmanuel Macron.

Le président français a par ailleurs indiqué qu'il aurait, "dans les prochains mois des décisions à prendre pour faire évoluer Barkhane", la force française de plus de 5.000 hommes présente au Sahel. Une décision était jusqu'ici attendue d'ici la fin de l'année.

Près d'un an après l'envoi de 600 soldats supplémentaires au Sahel pour reprendre l'avantage face aux jihadistes, Paris est sur le point de réduire le nombre de militaires déployés, avaient indiqué début novembre des sources concordantes à l'AFP.

"J'ai besoin d'une réitération claire du souhait de nos partenaires de voir la France rester à leurs côtés", a souligné le chef de l'Etat, qui avait déjà demandé un tel engagement à ses homologues du G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger, Tchad) au sommet de Pau (sud-ouest de la France) en janvier.

Barkhane doit se "recentrer vraiment sur nos ennemis, l'EIGS et les groupes strictement terroristes", a souligné le chef de l'Etat en référence à l'Etat islamique au Grand Sahara (EIGS) qui s'inscrit dans la nébuleuse de l'EI, et que Paris et ses alliés du G5 Sahel avaient déjà désigné comme cible principale au sommet de Pau.

Il n'a en revanche pas cité le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Jnim, selon l'acronyme arabe) dirigé par le chef touareg malien Iyad Ag Ghaly, affilié à Al-Qaïda.

Il faut également "accélérer la montée en puissance des armées du G5 Sahel" et "internationaliser notre présence" en y associant d'autres pays européens, a-t-il rappelé.

Les Algériens arrêtent un 2e jihadiste libéré par les autorités maliennes

Les Algériens arrêtent un 2e jihadiste libéré par les autorités maliennes
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:18 0:00

Les poètes du slam à Bamako pour un festival international

Les poètes du slam à Bamako pour un festival international
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:51 0:00

Mopti, ville natale d'ATT, inconsolable

Mopti, ville natale d'ATT, inconsolable
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:48 0:00

Les Maliens rendent un dernier hommage à l'ancien président Amadou Toumani Touré

Les Maliens rendent un dernier hommage à l'ancien président Amadou Toumani Touré
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:30 0:00

Voir plus

XS
SM
MD
LG