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Un groupe armé demande aux couples musulmans-chrétiens de passer devant un imam en Centrafrique


Dans une mosquée du quartier PK5 à Bangui, Centrafrique, le 6 juillet 2016.

Le Mouvement Patriotique pour la Centrafrique a instaurer des mesures contre le "vagabondage sexuel", demandant aux couples musulmans-chrétiens d'officialiser leur union devant un imam, ont annoncé des responsables du MPC.

"La Minusca (la mission de l'ONU en RCA) a un dispositif contre les abus sexuels. Nous avons également mis en place notre dispositif. Dans le Coran, le concubinage est considéré comme un adultère. On demande aux couples de respecter ces conditions", a expliqué Amadama Chaïbou, vice-président du groupe armé.

Ce dispositif, mis en place mi-février, implique que les couples mixtes musulmans-chrétiens devront officialiser leur union devant un imam, après la conversion de la personne chrétienne, a-t-il indiqué.

Le MPC, groupe armé proche de l'ancienne rébellion pro-musulmane de l'ex-Séléka et basé à Kaga Bandoro (nord) est opposé "aux vagabondages sexuels", selon son porte-parole Aboulkassim Algoni Tidjani.

>> Lire aussi : Centrafrique: "prolifération" des milices et "prédation" des ressources

Il a procédé à des arrestations début mars d'hommes armés "qui prenaient des femmes par la force", a-t-il assuré, sans qu'il soit possible de vérifier de source indépendante ses propos.

Ces pratiques sont "sectaires" et consistent à "imposer certains préceptes librement inspirés de la Shari'a", a réagi le Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR) mercredi dans son communiqué hebdomadaire. Depuis la mise en place de ces mesures par le MPC, le HCR dit avoir constaté "des violations graves des droits humains et des mouvements de populations en direction des principaux sites de déplacés".

La Minusca juge "inacceptable" la mise en place par le MPC d'un "système de justice parallèle", a déclaré son porte-parole, Vladimir Monteiro, en conférence de presse mercredi.

La Centrafrique est embourbée dans un conflit meurtrier depuis 2013. L’État n'a de contrôle que sur une maigre partie du territoire national. Les groupes armés s'affrontent dans les provinces pour le contrôle du diamant, de l'or et du bétail, dans ce pays qui est l'un des plus miséreux au monde.

Avec AFP

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