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Un ex-gardien de camp nazi expulsé par les Etats-Unis vers l'Allemagne

Un passeport nazi, relique de la seconde guerre mondiale, à Auschwitz Birkenau, le 27 janvier 2015.

L'Allemagne a accepté mardi d'accueillir un ex-gardien SS âgé de 95 ans expulsé par les Etats-Unis, invoquant sa responsabilité "morale" au moment où le pays est en passe de clore les dernières poursuites contre d'anciens nazis.

Né en Pologne, Jakiw Palij, âgé aujourd'hui de 95 ans et qui vivait depuis 1949 à New York, avait travaillé comme assistant SS dans le camp de travail forcé de Trawniki en 1941 dans lequel plus de 6.000 Juifs ont été exterminés.

Arrivé mardi matin à l'aéroport de Düsseldorf, l'homme a ensuite été transporté vers un centre de soins gériatriques près de Münster, selon la presse allemande, qui doute que l'homme puisse un jour être jugé.

"Avec l'admission de Palij, le gouvernement fédéral envoie un signal clair de la responsabilité morale de l'Allemagne", a affirmé à l'AFP un porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères.

Mensonge

"L'obligation qui découle de notre histoire comprend l'acceptation" du passé "et un débat honnête autour des crimes du régime de terreur nazi (...) nous assumons la responsabilité envers les victimes du national-socialisme ainsi qu'envers nos partenaires internationaux", a aussi déclaré le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas au quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung.

Lundi, lors d'un déplacement en Pologne, il avait désigné l'ancien camp d'extermination d'Auschwitz comme "le pire endroit au monde", rappelant que la responsabilité des Allemands, qui l'ont créé, "ne finira jamais".

M. Palij avait immigré en 1949 aux Etats-Unis et obtenu la nationalité américaine huit ans plus tard, prétendant avoir été un fermier durant la Deuxième guerre mondiale. Mais en 2003, un juge fédéral la lui a retiré parce qu'il avait menti sur son passé de SS.

Le procureur avait estimé que M. Palij, en tant que gardien, avait empêché les prisonniers de s'échapper et avait "contribué directement à leur massacre", ce qu'il niait.

Depuis, les Etats-Unis ont essayé sans succès de l'expulser vers la Pologne, l'Ukraine (où sa ville de naissance - à l'époque polonaise - se trouve aujourd'hui) et l'Allemagne.

Berlin a longtemps refusé de l'accueillir car il n'avait pas la nationalité allemande.

Un tribunal allemand avait ouvert une enquête préliminaire en 2015 à son sujet puis clos le dossier, faute de preuves suffisantes. Reste à présent à savoir si l'affaire va être rouverte.

L'ancien garde SS a été aux Etats-Unis l'objet de manifestations hostiles régulières, et de plus en plus fréquentes ces dernières années, devant son domicile new-yorkais.

Justice tardive

"Palij avait menti sur le fait d'être nazi et est resté aux États-Unis pendant des décennies. Son expulsion envoie un message fort: les États-Unis ne toléreront pas ceux qui ont facilité les crimes nazis et autres violations des droits de l'Homme et ils ne trouveront pas de refuge sur le sol américain", a estimé la Maison Blanche dans un communiqué.

Le camp spécial de Trawniki, ouvert en septembre 1941, a fermé à l'automne 1943 après que des unités SS ont massacré l'ensemble des prisonniers du camp, soit quelque 6.000 juifs, dans le cadre d'une opération appelée "Fête des moissons".

L'Allemagne a jugé et condamné ces dernières années plusieurs anciens SS pour complicité de meurtre: John Demjanjuk, Reinhold Hanning et Hubert Zafke ont tous été condamnés, illustrant la sévérité accrue, mais très tardive, de la justice allemande.

Cependant, jusqu'ici aucun n'est allé en prison en raison de leur état de santé.

Dernièrement, Oskar Gröning, dit le "comptable d'Auschwitz", a été définitivement condamné à quatre ans de prison. Mais, juste avant son incarcération, il était décédé en mars à 96 ans.

La justice allemande est critiquée pour son traitement des crimes du IIIe Reich, accusée d'avoir longtemps trop peu condamné, trop faiblement et trop tard.

"Il est trop tard pour les décisionnaires, alors on étend la notion de culpabilité à un point risible pour poursuivre les comparses", avait déploré avant le procès Gröning l'avocat français Serge Klarsfeld, qui a consacré sa vie à traquer les nazis mais se dit gêné par ce zèle tardif.

Avec AFP

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La Maison Blanche publie la transcription d'un nouvel appel entre Trump et Zelensky

Le président Donald Trump avec le président de l'Ukraine Volodymyr Zelenskiy

La Maison Blanche a publié vendredi, en pleine audition au Congrès dans le cadre de la procédure de destitution visant Donald Trump, un court compte-rendu d'un premier appel entre le président américain et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, qui venait alors d'être élu.

Cette conversation apparemment anodine tranche avec un autre appel entre les deux dirigeants, le 25 juillet, lors duquel M. Trump avait demandé à M. Zelensky de se "pencher" sur son rival démocrate Joe Biden, avait inquiété un lanceur d'alerte aux Etats-Unis, qui l'avait signalé à sa hiérarchie. C'est cet appel, dont la Maison Blanche a ensuite également publié une transcription, qui a déclenché l'ouverture par les élus démocrates d'une enquête en destitution du président.

Au moment même où l'audition d'une ex-ambassadrice en Ukraine débutait dans le cadre de cette enquête, la Maison Blanche a rendu publique la transcription d'un deuxième appel, qui est en réalité le premier entre les deux leaders, ayant eu lieu le 21 avril.

Sans mentionner les enquêtes ou la politique américaine, M. Trump se contente de féliciter M. Zelensky: "J'ai de nombreux amis en Ukraine qui vous connaissent et vous apprécient. (...) Ils pensent, franchement -- ils s'attendaient à ce que vous gagniez. Et c'est vraiment incroyable ce que vous avez fait".

"Lorsque vous serez installé et prêt, j'aimerais vous inviter à la Maison Blanche", lui dit également Donald Trump.

Selon le témoignage de plusieurs responsables, cette invitation a plus tard été mise dans la balance par Washington comme une récompense faite au leader ukrainien en échange de l'ouverture d'une enquête sur l'ancien vice-président Biden et son fils, Hunter, qui a été employé par une compagnie gazière ukrainienne.

Le président ukrainien, qui lors de l'appel loue plusieurs fois M. Trump comme un "modèle", invite de son côté sans succès le président américain à sa cérémonie d'investiture, et lui promet de "travailler son anglais" en vue de leur rencontre.

Les démocrates soupçonnent le milliardaire républicain d'avoir abusé de ses pouvoirs présidentiels pour son profit politique en demandant à Kiev d'enquêter sur Joe Biden, bien placé pour l'affronter en novembre 2020 à la présidentielle. Donald Trump martèle de son côté que l'appel du 25 juillet était "parfait".

Trump attaque l'ex-ambassadrice à Kiev, qui réplique en direct depuis le Congrès

L'ex-ambassadrice américaine à Kiev, Marie Yovanovitch

Une passe d'armes à distance, mais en direct, a opposé vendredi Donald Trump et l'ex-ambassadrice américaine à Kiev, qu'il a attaquée au moment même où elle était entendue au Congrès dans l'enquête en destitution qui le menace.

"Partout où Marie Yovanovitch est passée, les choses ont mal tourné", a tweeté le président américain en référence à la diplomate qu'il avait brusquement rappelée à Washington en mai.

"Elle a débuté en Somalie, et regardez comment ça s'est terminé", a-t-il ajouté en référence à ce pays de la Corne de l'Afrique plongé dans le chaos depuis 1991.

"Un président américain a un droit absolu de nommer les ambassadeurs", a-t-il encore écrit, en assurant avoir "une politique étrangère très forte et puissante, très différente de celles des administrations précédentes".

Peu après, l'élu démocrate Adam Schiff, en charge de l'enquête visant Donald Trump, a lu ces messages à Mme Yovanovitch alors même qu'elle était interrogée à la Chambre des représentants, lors d'une audience retransmise en direct à la télévision.

Ces attaques sont "très intimidantes", a commenté la diplomate en défendant son bilan.

"Je ne crois pas avoir de tels pouvoirs, ni à Mogadiscio en Somalie, ni ailleurs. Et je pense qu'au cours des années, j'ai plutôt amélioré les choses pour les Etats-Unis et les pays où j'étais en poste", a-t-elle ajouté, stoïque.

"Je veux que vous sachiez, ambassadrice, que certains d'entre nous ici prenons très au sérieux l'intimidation de témoins", a conclu M. Schiff, laissant entendre que ce chef pourrait aller étayer un éventuel dossier de mise en accusation, "impeachment", contre Donald Trump à la Chambre basse.

Il s'agit "d'une intimidation de témoins en direct de la part du président des Etats-Unis", a-t-il martelé ensuite dans les couloirs du Congrès.

"Nous prenons ce type d'intimidation de témoins et d'entrave à l'enquête très au sérieux", a-t-il ajouté en dénonçant la "campagne de dénigrement" et les "attaques" qui avaient visé la diplomate lorsqu'elle était en poste.

Au journaliste qui lui demandait si cela pouvait constituer un chef d'accusation, il n'a pas répondu.

Les démocrates contrôlent la majorité à la Chambre des représentants, qui est chargée dans une procédure de destitution de voter la mise en accusation.

Il reviendrait ensuite au Sénat, actuellement contrôlé par les républicains, de mener le procès. Compte-tenu du fort soutien sur lequel peut compter Donald Trump au sein de son parti, il apparaît peu probable qu'il soit destitué.

Deux diplomates américains témoignent au congrés

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Nancy Pelosi affirme que le président Trump a reconnu des actes de corruption

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Fusillade dans la cour du lycée, deux élèves tués et trois blessés

Evacuation des élèves du lycée Saugus après la fusillade survenue le jeudi 14 novembre 2019 à Santa Clarita, en Californie.

Scénario choquant mais devenu trop tristement banal aux États-Unis: le jour même de son seizième anniversaire, un adolescent a ouvert le feu jeudi dans la cour de son lycée, au nord de Los Angeles, tuant deux camarades et en blessant trois autres avant de tenter de se suicider.

Ironie du sort, le drame qui a frappé le lycée Saugus de Santa Clarita, en Californie, est survenu au moment même où le Sénat débattait à Washington d'une éventuelle limitation des armes à feu, dans un pays qui a connu ces dernières années plusieurs tueries sanglantes en milieu scolaire sans pour autant remettre fondamentalement en cause la législation en la matière.

"Cela me fait horreur d'ajouter Saugus aux noms de Columbine, Parkland, Sandy Hook", autant d'établissements américains endeuillés par de telles fusillades, a lancé le shérif du comté de Los Angeles, Alex Villanueva, "mais c'est une réalité qui nous affecte tous à travers le pays".

L'appel d'urgence a été reçu par la police jeudi à 07h38, alors que certains élèves du lycée Saugus étaient déjà en cours et que d'autres continuaient à s'y présenter.

Les policiers sont arrivés sur place seulement deux minutes plus tard et ont découvert dans la cour "six personnes présentant des blessures par balles. Tous étaient des élèves du lycée", a raconté lors d'une conférence de presse le capitaine Kent Wegener, des services du shérif de Los Angeles.

Les blessés ont été pris en charge et transportés vers des hôpitaux locaux mais "il s'est avéré que parmi eux se trouvait le suspect, actuellement hospitalisé dans un état grave", a expliqué Alex Villanueva, précisant qu'il s'agit d'un jeune homme "asiatique" scolarisé au lycée et résidant à Santa Clarita.

La fusillade a fait deux morts, une lycéenne de seize ans et un garçon de quatorze ans qui ont tous deux succombé à leurs blessures après avoir été hospitalisés dans un "état critique".

Les trois autres jeunes blessés sont un garçon et deux filles âgés de quatorze à quinze ans. L'une des victimes a pu rentrer chez elle après avoir été soignée, ont souligné les médecins.

- Message sur Instagram -

Pendant plus d'une heure, les forces de l'ordre avaient ratissé en vain la zone résidentielle environnante et les collines voisines du lycée à la recherche du tireur, dont on pensait qu'il avait pris la fuite.

Mais les policiers ont visionné des images de caméras de surveillance "qui montrent clairement le suspect dans la cour en train de sortir une arme de poing de son sac à dos, ouvrir le feu sur cinq personnes puis se tirer dans la tête", a dit le capitaine Wegener.

L'arme, un pistolet semi automatique de calibre .45, a été retrouvée sur place avec le chargeur vide, et aucun autre suspect n'est recherché, a-t-il précisé.

L'enquête ne fait que commencer mais à ce stade, aucune motivation précise ou idéologie ne permet d'expliquer le geste du tireur, qui semble avoir agi seul et prémédité son geste.

Le capitaine Wegener a confirmé les informations selon lesquelles le suspect avait publié sur son compte Instagram le message suivant: "Saugus, amusez-vous bien à l'école demain". Le message a été retiré jeudi et les enquêteurs cherchent à déterminer par qui et dans quelles circonstances.

Sur le campus du lycée, des centaines d'élèves étaient restés cloîtrés dans l'attente du feu vert des autorités.

Denzel Abesamis, en dernière année à Saugus, avait aperçu des camarades de classe s'enfuir en courant au moment où il allait se garer. Il avait alors fait demi-tour et appelé une amie qui se trouvait déjà sur le campus. Selon le Los Angeles Times, cette dernière lui a dit qu'il y avait un tireur et qu'elle se cachait dans une salle de classe avec cinq autres élèves.

"J'ai toujours eu peur que quelque chose comme ça arrive", a-t-il dit.

Amber Miller, élève du lycée, a raconté aux télévisions comment elle s'est couchée au sol, toutes lumières éteintes dans sa classe, avec ses camarades lorsque les coups de feu ont retenti.

"On a utilisé nos pupitres et pris de grandes tables pour barricader la porte. Et beaucoup ont pris des ciseaux pour être prêts si on devait se défendre" comme on le leur a appris lors d'exercices de sécurité, a-t-elle expliqué.

"Je ne devrais pas me rendre à l'école et craindre pour ma vie, je ne suis pas une cible, et malheureusement c'est l'Amérique de Trump", a estimé la lycéenne.

Avec AFP

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