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Selon Israel, la Pologne doit assumer "l'étude complète de l'Holocauste"


Le président polonais Andrzej Duda à Varsovie, le 6 février 2018.

Le président israélien Reuven Rivlin a évoqué un "profond désaccord" avec la Pologne à propos de l'histoire de l'Holocauste, et demandé qu'elle assume son "étude complète."

Il a tenu ces propos à Oswiecim, dans le sud de la Pologne, devant son homologue Andrzej Duda avec qui il a ensuite participé à la Marche des Vivants, un événement éducatif organisé depuis 30 ans sur le site de l'ancien camp de la mort d'Auschwitz-Birkenau par Israël. Cet évènement a lieu lors de la journée de la Shoah, dédiée aux six millions de Juifs tués par les nazis.

"Nous avons un profond respect pour l'examen de conscience que le peuple polonais a accompli mais nous avons aussi un profond désaccord", a dit M. Rivlin, à propos d'une loi controversée sur l'époque de la Shoah.

"Malgré la relation exceptionnelle entre les deux peuples, nous exigeons que la Pologne assume la responsabilité de l'étude complète de l'Holocauste et des divers événements qui ont eu lieu à l'époque de l'extermination", a-t-il déclaré en hébreu.

La rencontre des deux présidents est intervenue un mois après l'entrée en vigueur de la loi polonaise qui avait provoqué de vives tensions avec Israël.

Censée défendre l'image de la Pologne et des Polonais pendant la 2e guerre mondiale contre de fausses accusations, celle-ci prévoit jusqu'à trois ans de prison pour ceux qui attribueraient "la responsabilité ou la coresponsabilité de la nation ou de l'Etat polonais pour les crimes commis par le Troisième Reich allemand".

Le gouvernement israélien et la diaspora juive ont reproché à Varsovie de vouloir nier la participation de certains Polonais au génocide des juifs, voire d'empêcher des rescapés juifs de raconter leur expérience ou la mort de leurs proches.

>> Lire aussi : Une loi polonaise irrite Israël et provoque une mise en garde de Washington

M. Duda a réaffirmé que les parlementaires et les politiciens polonais n'avaient aucunement l'intention de bloquer les témoignages des survivants, y compris sur des comportements de Polonais "méritant condamnation".

Le sujet a été à nouveau évoqué par le président israélien lors de la cérémonie qui a clôturé la marche devant le monument aux victimes d'Auschwitz-Birkenau.

"La machine de la mort nazie n'aurait pas été en mesure de réaliser sa terrible vision si elle n'avait pas reçu de l'aide, si elle n'avait pas trouvé de sol fertile de haine des Juifs pour s'y enraciner", a-t-il dit.

"C'est vrai, c'est l'Allemagne qui a établi les camps, mais nos gens n'ont pas été assassinés que dans les camps. (...) Ils ont été trahis par les gens parmi lesquels ils vivaient, en France, en Hollande, en Belgique. Ils ont été tués par des Ukrainiens, des Lituaniens et, oui, aussi par des Polonais".

Le président israélien a conclu en préconisant un effort commun des Juifs et des Polonais pour investir dans l'éducation et la recherche scientifique sur la Shoah.

Auparavant, un survivant de l'Holocauste de 92 ans venu de New Jersey, Edward Mosberg, a pris la défense de la Pologne. "Il n'y avait pas de camps d'extermination polonais, pas d'Holocauste polonais", a-t-il lancé au micro.

Mais parmi les milliers de carrés de carton traditionnellement posés sur les rails de Birkenau pour communiquer leurs émotions, on en trouvait un portant l'inscription en anglais "C'est bien un camp de concentration polonais".

L'objectif de la loi controversée du gouvernement polonais est de combattre l'expression "camps de concentration polonais", qu'il juge injuste, car concernant des camps nazis allemands.

Entre 1940 et le début de 1945, l'Allemagne nazie a exterminé à Auschwitz-Birkenau environ 1,1 million de personnes, dont un million de Juifs de différents pays européens, ainsi que quelque 80.000 Polonais non-juifs, 25.000 Roms et 20.000 soldats soviétiques.

Avec AFP

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