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Un discours du chef de la diplomatie vénézuélienne boycotté à l'ONU


Le ministre vénézuélien des Affaires étrangères Jorge Arreaza devant l'Assemblée Générale des Nations Unies, le 25 septembre 2017.

Les diplomates de plusieurs pays ont boycotté jeudi une intervention du ministre vénézuélien des Affaires étrangères Jorge Arreaza lors d'une réunion des Nations unies à Vienne, en signe de protestation contre la politique du chef de l'Etat Nicolas Maduro, a constaté une journaliste de l'AFP.

Quelques dizaines de représentants de pays d'Amérique latine, des Etats-Unis, du Canada et d'Europe, dont la France, ont quitté la salle de conférence, qui comptait plusieurs centaines de délégués, au moment où le chef de la diplomatie vénézuélienne s'installait à la tribune d'une réunion ministérielle de la Commission de l'ONU sur les stupéfiants.

"Les membres de la délégation du Venezuela ici aujourd'hui représentent le gouvernement illégitime de Nicolas Maduro et ne peuvent donc pas être considérés comme parlant au nom du peuple vénézuélien", a déclaré aux médias un porte-parole de la délégation américaine.

Au Venezuela, la confrontation aux répercussions politiques, économiques et humanitaires entre l'opposant Juan Guaido et le président Nicolas Maduro dure depuis le 23 janvier sans qu'aucune solution ne soit en vue.

Une cinquantaine de pays, dont les Etats-Unis, le Brésil, la Colombie et la majorité des membres de l'UE, ont reconnu M. Guaido en tant que président par intérim et souhaitent la tenue d'une élection présidentielle anticipée.

Cette crise divise fortement les Nations unies où Nicolas Maduro conserve l'appui de la Russie, de la Chine, de Cuba, de l'Iran, de la Corée du Nord ou de la Syrie, qui dénoncent une ingérence occidentale.

Une précédente intervention de M. Arreaza lors d'une réunion de l'ONU à Genève fin février avait également été boycottée par plusieurs délégués.

Le ministre vénézuélien a martelé dans son discours que la lutte contre la drogue ne pouvait être menée que de façon multilatérale, critiquant les "mesures économiques unilatérales" des Etats-Unis qui ont selon lui coûté des milliards de dollars à son pays et affaibli sa capacité financière à lutter contre la drogue.

"Aujourd'hui, le modèle multilatéral est menacé, et la situation du Venezuela en est un exemple. Le gouvernement américain a menacé notre peuple d'une agression militaire et d'un usage de la force en violation de la charte des Nations unies", a-t-il ajouté.

Vienne accueille à partir de jeudi et jusqu'au 22 mars la rencontre annuelle de la Commission sur les stupéfiants de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC).

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