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Le Venezuela toujours dans le chaos, Guaido veut l'état d'urgence

Une famille obligée de s'éclairer à la bougie à Caracas (Venezuela), le 9 mars 2019. REUTERS / Carlos Jasso

L'opposant Juan Guaido entend lundi tirer parti de la gigantesque panne de courant qui plonge le Venezuela dans le chaos depuis trois jours en appelant le Parlement à voter l'état d'urgence dans l'espoir de faciliter l'entrée d'aide humanitaire dans le pays.

"Je vais demander lundi à l'Assemblée nationale de décréter l'état d'urgence pour permettre l'entrée de l'aide humanitaire" dans le pays, ce qui permettra de "solliciter l'aide internationale", a annoncé dimanche M. Guaido, président de l'Assemblée nationale, autoproclamé "président par intérim" du Venezuela et reconnu par une cinquantaine de pays.

"Cette catastrophe, nous devons nous en occuper maintenant", a-t-il martelé.

Le courant est revenu dimanche soir dans certains quartiers de Caracas, provoquant des clameurs enthousiastes - mais à deux reprises déjà, vendredi et samedi, la joie avait été de courte durée, l'électricité avait de nouveau disparu après un bref retour.

Alors que la panne franchissait un cap symbolique de 72 heures dimanche après-midi, le gouvernement a imposé une nouvelle journée chômée lundi aux fonctionnaires et aux écoliers. L'absence de transports rend de toutes façons tout déplacement hasardeux, même dans la capitale.

"Sur ordre du président Nicolas Maduro, les activités scolaires et le travail resteront suspendues demain lundi 11 mars", a annoncé le ministre de la Communication Jorge Rodriguez, qui a également appelé "au calme", lors d'une allocution à la télévision publique.

M. Guaido a aussi enjoint à la population de descendre dans les rues "parce que ce régime laisse mourir les Vénézuéliens" et a appelé les forces armées à cesser "de couvrir le dictateur", le président Maduro.

Depuis jeudi 16h50 (2Oh50 GMT), le pays est privé de lumière, d'eau et de moyens de transports et de communications, et la population éprouve de plus en plus de difficultés à se ravitailler.

- Aide bloquée -

Au moins 250 tonnes d'aide humanitaire, vivres et médicaments, principalement envoyées par les Etats-Unis, sont stationnées aux frontières du pays avec la Colombie et le Brésil.

Le gouvernement s'est opposé le 23 février à leur entrée dans le pays en suspectant une tentative d'intervention armée déguisée des Etats-Unis.

Selon des ONG, la panne a déjà tué au moins 15 malades dans les hôpitaux - dont très peu sont équipés de générateurs en état de marche - mais en l'absence de bilan officiel et de moyens de communications, il est impossible de savoir ce qui se passe exactement à travers le pays.

Ces bilans ont été démenti dimanche après-midi par le ministre de la Santé Carlos Alvarado, resté silencieux depuis le début de la crise. "C'est faux", a-t-il dit à la télévision - que bien peu de Vénézuéliens sont en état de recevoir.

La centrale hydroélectrique de Gurri, dans l'Etat de Bolivar (sud), responsable de la panne, dessert environ les trois-quarts du pays. M. Maduro a dénoncé une nouvelle "attaque cybernétique" dans la "guerre électrique" menée selon lui par les Etats-Unis.

Le gouvernement a affirmé qu'il fournirait à l'ONU "des preuves" de ces accusations.

Un scénario "hollywoodien", a répliqué M. Guaido, pour qui le manque de maintenance et d'investissements dans le réseau électrique, nationalisé en 2007, sont la vraie cause de cet fiasco.

Dans un communiqué, 11 des 14 pays du Groupe de Lima ont rendu "le gouvernement illégitime de Maduro exclusivement responsable de l'effondrement du système électrique vénézuélien". Le Groupe de Lima comprend 13 pays d'Amérique latine et des Caraïbes et le Canada.

La coupure est inédite par son ampleur et sa durée dans ce pays de 30 millions d'habitants, qui dispose des premières réserves mondiales de pétrole.

- Que des dollars -

Dans la capitale, les rares commerces ouverts n'acceptent que les dollars en espèces. Du fait de l'inflation, les billets locaux en circulation sont insuffisant pour régler des produits de base à triple zéro.

Pour s'ajuster à cette hyperinflation, les paiements électroniques se sont généralisés. Et ceux-ci sont bien sûr suspendus.

Quelques vols ont repris à l'aéroport international de Maiquetia, où les enregistrements se font manuellement pour ceux qui partent, mais des centaines de passagers sont bloqués depuis jeudi.

Chaque jour, Rossy Fernandez, 72 ans, essaie de partir pour rendre visite à son frère à Miami. Mais rien ne la chassera du pays, jure-t-elle.

Selon l'ONU, 2,7 millions de Vénézuéliens ont émigré depuis 2015.

L'obscurité à la nuit tombée ajoute à l'angoisse dans cette métropole de 5 millions d'habitants, considérée comme l'une des plus dangereuses du monde.

"C'est l'agonie. On s'impose un couvre-feu à partir de 17h00. On sort tôt pour acheter ce qu'on peut et on rentre vite", soupire Yadira Delgado, 49 ans, qui vit avec sa mère de 72 ans et sa fille de 16 ans.

Cette nouvelle crise fournit aussi un nouveau terrain de lutte entre les deux présidents qui se disputent le pouvoir. MM. Guaido et Maduro, ont organisé samedi des rassemblements rivaux à Caracas.

M. Guaido a répété qu'il était prêt à autoriser une intervention militaire étrangère.

Avec AFP

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Le coronavirus fait payer un lourd tribut aux États-Unis

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Quelques moments de détente entre John Travolta et son épouse Kelly Preston

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Retour au confinement pour contrer le coronavirus

Des gens assistent à un rassemblement , défiant les mesures de confinement du gouvernement, mis en place pour endiguer la propagation de l'épidémie de coronavirus à Belgrade, en Serbie.

Plusieurs pays ont ordonné des reconfinements dans la crainte d'une deuxième vague de nouveau coronavirus, tandis que l'Amérique latine est devenue la deuxième région du monde la plus touchée par la pandémie en nombre de morts, devant l'Amérique du nord.

En Espagne, le gouvernement régional de Catalogne s'est lancé dans un bras de fer avec la justice pour imposer sa décision de reconfiner chez eux les habitants de la ville de Lérida et de communes environnantes, déjà coupés du reste de la région depuis une semaine.

Alors que le tribunal de cette ville "a décidé de ne pas ratifier les mesures" prises par le gouvernement régional "car elles sont contraires au droit", le président régional indépendantiste catalan, Quim Torra, a affirmé lundi qu'il adopterait un décret-loi pour l'imposer.

Dans les rues de Lérida, les boutiques restaient souvent ouvertes tout comme les terrasses des cafés et les habitants, masqués, continuaient de sortir.

En Allemagne aussi, la "menace" d'une deuxième vague d'infections est "réelle", a mis en garde lundi le ministre de la Santé, Jens Spahn, appelant notamment ses compatriotes en vacances aux Baléares à respecter les gestes barrières.

Au Maroc, la ville de Tanger (nord), peuplée d'environ un million d'habitants, devait être reconfinée à partir de lundi midi après l'apparition de foyers épidémiques.

Les transports publics y seront suspendus, les cafés, centres commerciaux, marchés et espaces publics fermés, et les contrôles renforcés, afin que les habitants ne quittent leur domicile "qu'en cas de nécessité extrême", a précisé le ministère de l'Intérieur.

C'est le cas également aux Philippines où environ 250.000 habitants de Manille vont à nouveau être confinés après une flambée des cas.

- Couvre-feu -

En Afrique du sud, le président Cyril Ramaphosa a décidé de réimposer un couvre-feu en raison de la remontée des cas quotidiens de contamination. Les visites familiales seront aussi interdites.

Les restrictions imposées en mars pour tenter d'enrayer l'épidémie dans ce pays, le plus touché en Afrique, avaient été en partie levées en mai. L'Afrique du Sud a enregistré jusqu'à présent 264.184 cas de coronavirus dont 3.971 mortels.

L'inquiétude demeure aussi forte en Australie: après le reconfinement pour six semaines décidé jeudi dernier pour Melbourne, la deuxième ville du pays, les habitants de Sydney ont été priés lundi de limiter lundi les soirées festives après l'apparition d'un nouveau foyer épidémique dans un pub.

Aux Etats-Unis, le pays le plus lourdement touché, la pandémie continue de flamber particulièrement dans de grands Etats du sud, et un responsable du ministère de la Santé à Washington a estimé dimanche qu'un reconfinement dans ces zones n'était pas exclu.

"Tout devrait être envisagé", a déclaré Brett Giroir, secrétaire adjoint à la Santé, interrogé sur la chaîne de télévision ABC.

Les Etats-Unis ont recensé dimanche 59.747 nouvelles contaminations en 24 heures, selon le bilan quotidien de l'université Johns Hopkins. Le nombre de cas confirmés s'établit à 3.301.820 et le nombre de décès à 135.171.

A quatre mois de l'élection présidentielle, un débat y fait rage sur la réouverture des écoles, défendue par le président Donald Trump mais jugée dangereuse par ses adversaires du Parti démocrate.

"J'exhorte toutes les écoles à ouvrir et à proposer à leurs élèves des cours à plein temps", a déclaré dimanche sur CNN la ministre de l'Education Betsy DeVos. "Ils jouent avec la santé de nos enfants", a rétorqué la démocrate Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants.

- L'Amérique latine, deuxième région la plus touchée -

L'Amérique latine et les Caraïbes sont devenues lundi la deuxième région la plus touchée au monde par la pandémie, derrière l'Europe, avec plus de 144.000 décès officiellement recensés. Le Brésil est le pays le plus endeuillé de la région et dénombre à lui seul 72.100 décès. Elle dépasse ainsi les bilans des États-Unis et du Canada.

La pandémie a fait plus de 569.135 morts dans le monde depuis que le bureau de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en Chine a fait état de l'apparition de la maladie fin décembre.

L'opposition canadienne réclame une enquête sur Justin Trudeau

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau avant une conférence de presse à Ottawa. (Reuters)

L'opposition conservatrice a réclamé une enquête policière pour savoir s'il y a eu fraude dans l'octroi par le Premier ministre canadien d'un contrat à une association caritative ayant versé de l'argent à des membres de sa famille.

"Il y a suffisamment de motifs pour que la police enquête dans cette affaire", a déclaré Michael Barrett, porte-parole du Parti conservateur en matière d'éthique. "Nous avons un contrat de près d'un milliard de dollars qui a été accordé sans appel d'offres par le Premier ministre", a affirmé M. Barrett lors d'un point de presse à Ottawa. "Et nous savons qu'il y a des bénéfices financiers importants qui ont été touchés par la famille du Premier ministre", a-t-il dit.

Margaret Trudeau, la mère du Premier ministre, a touché 250.000 dollars pour des discours prononcés lors d'événements organisés par l'association WE Charity entre 2016 et 2020, selon la chaîne CBC. Le frère de M. Trudeau, Alexandre, a reçu 32.000 dollars pour sa participation à huit événements. La chaîne CTV a également révélé que l'épouse du Premier ministre avait reçu 1.500 dollars pour un événement en 2012, avant que M. Trudeau devienne chef du Parti libéral.

Le Commissaire aux conflits d'intérêts et à l'éthique, un officier indépendant du Parlement, a ouvert la semaine dernière une enquête sur le Premier ministre en lien avec le contrat de gestion d'un programme de bourses pour étudiants de 900 millions de dollars canadiens. Le Parti conservateur juge cette enquête insuffisante, compte tenu des révélations sur les sommes payées à la famille Trudeau.

"C'est beaucoup plus sérieux" qu'un "conflit d'intérêts", a déclaré Pierre Poilievre, porte-parole conservateur des finances, en demandant à la police fédérale d'examiner s'il y a eu "fraude contre le gouvernement".

Le Commissaire à l'éthique a déjà conclu deux fois que le Premier ministre avait enfreint la loi sur les conflits d'intérêts: en 2017, pour avoir accepté des vacances sur l'île privée de l'Aga Khan, et l'an dernier pour avoir tenté d'influencer une procédure judiciaire dans l'affaire SNC-Lavalin.

Le parlement vénézuélien rejette la suspension de la direction du parti de Guaido

Le président de l'Assemblée nationale et chef de l'opposition du Venezuela, Juan Guaido, lors d'une session parlementaire à Caracas, le 7 janvier 2020. (REUTERS/Fausto Torrealba)

Le Parlement vénézuélien, contrôlé par l'opposition, a estimé que la décision de la Cour suprême de suspendre la direction du parti du chef de l'opposition Juan Guaido, Voluntad Popular, était "nulle et non avenue". 

Mardi, la Cour suprême du Venezuela (TSJ), considérée comme acquise au camp du pouvoir, a suspendu toute la direction de cette formation politique et en a remis le contrôle à un des rivaux de Juan Guaido.

Au cours d'une séance par visioconférence jeudi, le Parlement a adopté une résolution pour "rejeter cette décision nulle et non avenue", accusant le TSJ d'être "au service des intérêt de la dictature de Nicolas Maduro".

Le 15 et 16 juin, le TSJ avait déjà pris des mesures similaires contre deux autres formations majeures de l'opposition, Accion Democratica (Action démocratique, social-démocrate) et Primero Justicia (Justice d'abord, centre).

Ces décisions interviennent à quelques mois des élections législatives du 6 décembre qui visent à renouveler le Parlement et que les grands partis anti-Maduro ont décidé de boycotter, dénonçant une "farce" électorale.

L'Assemblée nationale est actuellement présidée par Juan Guaido, qui considère comme illégitime la présence au pouvoir de Nicolas Maduro et s'est proclamé en janvier 2019 président par intérim du Venezuela.

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