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Le Venezuela plongé dans le noir, le régime dénonce une "guerre de l'électricité"

Une rue de Caracas plongée dans l'obscurité pendant la gigantesque panne d'électricité, le 7 mars 2019 ( AFP / YURI CORTEZ )

Comme une plaie supplémentaire: une gigantesque panne électrique plongeait jeudi soir Caracas et la majeure partie du Venezuela dans le noir complet, attribuée par le gouvernement de Nicolas Maduro au "sabotage" de la principale centrale du pays.

"Nous avons de nouveau été visés par la guerre de l'électricité. Cette fois, ils ont attaqué la centrale hydroélectrique de Guri", la principale du pays dans le sud, a déclaré le ministre de l'Energie électrique, Motta Dominguez.

Sur Twitter, le président Maduro a accusé les Etats-Unis. "La guerre de l'électricité annoncée et dirigée par l'impérialisme américain contre notre peuple sera mise en échec. Rien ni personne ne pourra vaincre le peuple de Bolivar et de Chavez. Patriotes, unissez-vous!", a écrit M. Maduro.

Le courant a été brusquement coupé dans Caracas à 16h50 heure locale (20h50 GMT) et la coupure se prolongeait vers 02h30 GMT, près de six heures plus tard, affectant tous les quartiers de la capitale et les services comme le métro et les feux de circulation, juste avant la tombée de la nuit, a constaté l'AFP.

Les lignes téléphoniques et internet ont été également brusquement interrompues ainsi que la distribution de l'eau dans les immeubles, assurée par des pompes électriques.

Les coupures de courant sont habituelles au Venezuela, confronté à une grave crise économique, voire chroniques dans l'ouest. Mais plus rares à Caracas, surtout de cette ampleur.

Hormis les bâtiments alimentés par générateur, la ville, considérée comme l'une des plus dangereuses au monde et régulièrement désertée après la tombée du jour, était totalement plongée dans l'obscurité.

- "Epuisés" -

Selon les habitants de Caracas, obligés pour la plupart de rentrer du travail à pied, provoquant des marées humaines sur les trottoirs, cette panne est l'une des plus importantes subies depuis plusieurs mois.

"On est fatigués, épuisés...", a confié à l'AFP Estefania Pacheco, vendeuse dans un quartier du centre et mère de deux enfants, obligée de parcourir à pied 12 km pour regagner son domicile dans l'est de Caracas.

Selon les informations de la presse locale, la panne affectait le Venezuela de part en part, avec des coupures signalées dans la moitié des Etats, de Zulia, Tachira, Merida et Lara dans l'ouest à Miranda, Vargas, Aragua et Carabobo au centre-nord, jusque Cojedes (centre), Monagas et Anzoategui (est), ainsi que l'Etat de Bolivar dans le sud.

"Ils ont saboté la centrale (hydroélectrique de) Guri... C'est une guerre de l'électricité menée contre l'Etat. Nous ne le permettrons pas! Nous sommes en train de travailler pour restaurer le service public", a affirmé sur Twitter la Compagnie nationale d'électricité (publique), Corpoelec.

Guri, dans l'Etat de Bolivar, est l'une des principales centrales électriques d'Amérique latine, avec celle d'Itaipu, entre le Brésil et le Paraguay.

"C'est un sabotage qui était prévu pour durer plusieurs jours, mais le courant sera rétabli dans les heures qui viennent", a affirmé le ministre de la Communication Jorge Rodriguez.

S'exprimant à la radio, près de quatre heures après le début de la panne, M. Rodriguez a dénoncé "une action criminelle". "Et à ces criminels, nous le disons: ils ne vont pas s'en sortir comme ça!", a-t-il lancé. Selon lui, il s'agit "d'un sabotage technique effectué directement sur le site de la centrale".

- Plan de sécurité -

Depuis un an, le président Maduro a demandé aux forces armées d'activer un plan spécial de sécurité pour protéger les installations électriques, mais les pannes continuent.

Des photos postées sur Twitter, jeudi soir, montrant des soldats gardant le site, mettent en doute leur efficacité.

Les experts accusent le gouvernement socialiste de ne pas avoir investi pour entretenir les infrastructures alors que la crise économique fait rage. Mais les fonctionnaires du gouvernement dénoncent de fréquents "sabotages" - sans préciser de la part de qui.

Dans les quartiers du nord-ouest de la ville, favorables à l'opposition, les résidents sont sortis aux fenêtres et en voiture pour entamer un bref concert de casseroles et de sifflets, un "cacerolazo" de contestation du gouvernement, alors que le pays est plongé dans une grave crise politique et économique.

Depuis le 23 janvier, le Venezuela compte deux présidents: Nicolas Maduro, qui a entamé un deuxième mandat contesté en raison des accusations de fraude qui pèsent sur sa réélection; et Juan Guaido, président de l'Assemblée nationale, qui s'est à ce titre proclamé président par intérim et est reconnu par une cinquantaine de pays.

En outre, le PIB s'est effondré de 50% depuis 2014, avec une hyperinflation de 10 millions pour cent et un salaire minimum mensuel de 18.000 bolivars (6 dollars environ) qui permet tout juste d'acheter deux poulets.

Avec AFP

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La présidente de la Bolivie a le coronavirus

La présidente par intérim de la Bolivie, Jeanine Añez, lors d'une cérémonie au palais présidentiel à La Paz, Bolivie, le 18 décembre 2019. (Photo REUTERS/David Mercado/archives)

La présidente par intérim de la Bolivie Jeanine Añez a annoncé jeudi qu'elle avait été testée positive au coronavirus et qu'elle allait bien.

"Je suis positive au Covid-19, je vais bien, je travaillerai à l'isolement. Ensemble, nous allons aller de l'avant", a écrit Mme Añez sur son compte Twitter.

"Je serai en quarantaine pendant quatorze jours et ferai un autre test. Je me sens bien", a ajouté la dirigeante de droite de 53 ans, dans une vidéo publiée sur le même compte.

Il s'agit du second chef d'Etat sud-américain positif au coronavirus, après le président brésilien Jair Bolsonaro, qui en a fait l'annonce mardi. Au Venezuela, le N.2 du régime Diosdado Cabello a également été infecté.

En Bolivie, trois membres du gouvernement Añez, notamment les ministres de la Présidence Yerko Nuñez et de la Santé Eidy Roca, avaient fait savoir ces derniers jours qu'ils avaient été contaminés.

"Puisque la semaine dernière, beaucoup d'entre eux (parmi les membres du gouvernement, NDLR) ont été testés positifs au coronavirus, j'ai fait le test et il a aussi été positif", a précisé Mme Añez, qui a succédé au président de gauche Evo Morales, qui a démissionné en novembre 2019.

La cheffe de l'Etat a tenu ces derniers jours des réunions virtuelles via la plateforme Zoom depuis la résidence présidentielle, selon l'un de ses ministres.

La Bolivie, qui compte 11 millions d'habitants, a enregistré un total de 42.984 cas de contamination et déplore 1.577 décès liés au Covid-19.

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Plus de 3 millions de cas d'infection au coronavirus en Amérique latine

Agents de santé retirant un cercueil avec un corps laissé à l'extérieur d'une maison à Guayaquil pendant la pandémie de Covid-19, Équateur, 6 avril 2020. (Photo AP/Edison Choco)

Plus de trois millions de cas de Covid-19 ont été recensés en Amérique latine, dont plus de la moitié au Brésil où le virus a tué plus de 66.000 personnes. 

Un total de 3 .023. 813 cas de contamination et de 139 .999 décès dus au nouveau coronavirus ont été recensés dans la région, actuel épicentre de la pandémie.

Le Brésil, 210 millions d'habitants, compte 1.668.589 cas, soit le deuxième pays le plus touché au monde après les États-Unis. Parmi les personnes infectées se trouve le président Jair Bolsonaro, qui présente des symptômes bénins et a annoncé qu'il recevait un traitement à l'hydroxychloroquine.

Malgré la progression de la pandémie, les bars et restaurants de Sao Paulo, la capitale économique du Brésil, ont rouvert lundi. A Rio de Janeiro, qui a également autorisé la réouverture ce week-end, les habitants ont investi les bars et les plages.

Le coronavirus progresse également au Mexique, qui a jusqu'à présent fait état de 31.119 décès -le deuxième plus grand nombre de décès dans la région- et de 261.750 cas de contamination.

Le Pérou, ayant allégé la quarantaine qui s'est étendue sur 100 jours sur l'ensemble du territoire, a recensé 309.278 cas pour 10.952 décès.

Le Chili, où les mesures de quarantaine ont été draconiennes, notamment dans la capitale, a dépassé mardi 300.000 cas pour 6.434 décès. Les autorités envisagent néanmoins d'alléger prochainement les mesures d'isolement.

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