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Un deuxième maire d'opposition inculpé et écroué au Sénégal

Le député sénégalais, Barthélemy Dias, salue les sympathisants alors qu'il quitte le palais de justice de Dakar le 1er décembre 2016.

L'élu d'opposition sénégalais Barthélémy Dias, proche du maire de Dakar Khalifa Sall, condamné le 30 mars à cinq ans de prison pour "escroquerie", a été écroué mardi pour "outrage à magistrat" et sera jugé vendredi en flagrant délit.

Barthélémy Dias, maire d'une commune de Dakar, dissident de la majorité présidentielle et ancien député, était depuis vendredi soir en garde à vue dans une gendarmerie de Dakar.

"Il a été inculpé pour outrage à magistrat, discrédit sur l'ordre judiciaire et une décision de justice et avoir provoqué un attroupement non armé", a déclaré Me Cheikh Khouraissi Bâ, un de ses avocats. M. Dias sera jugé vendredi en "flagrant délit", a-t-il dit.

>> Lire aussi : Un maire opposant toujours en garde à vue pour "outrage aux magistrats" au Sénégal

La Coordination des associations de presse (CAP), une organisation des médias locaux, a dénoncé lundi "l'attaque des éléments de la gendarmerie dans les locaux de Dakaractu", un groupe de presse privé, pour effectuer l'arrestation de M. Dias, dans un communiqué.

Elle s'est "insurgée contre cette nouvelle atteinte à la liberté de presse et aux droits des journalistes, convaincue que les locaux d'une entreprise de presse sont comme un sanctuaire".

Barthélémy Dias s'en était vivement pris aux juges le 30 mars après la condamnation du maire de Dakar, Khalifa Sall.

M. Dias "a tenu des propos insultants à l'endroit des magistrats" et qui "constituent une atteinte intolérable à l'honorabilité des magistrats concernés et au-delà, à la dignité de la justice tout entière", a écrit samedi le syndicat de la magistrature sénégalaise (UMS) dans un communiqué.

Barthélémy Dias et Khalifa Sall sont des dissidents du Parti socialiste (PS), membre de la coalition présidentielle. Ils font partie des responsables de ce parti exclus en décembre pour "violences, indiscipline et activités politiques concurrentes".

>> Lire aussi : Arrestation d'un député après des propos désobligeants envers les juges au Sénégal

M. Dias est un partisan fervent de Khalifa Sall, condamné vendredi à cinq ans de prison et plus de 7.600 euros d'amende pour "escroquerie sur les deniers publics et faux en écriture" sur un montant d'environ 2,5 millions d'euros.

Il est reproché au maire de Dakar d'avoir, entre 2011 et 2015, retiré ce montant des caisses de la ville de Dakar sur la base de fausses factures pour acheter des denrées alimentaires qui n'ont jamais été livrées.

Khalifa Sall, 62 ans et en détention préventive depuis plus d'un an, impute ses déboires judiciaires à son statut d'opposant au chef de l'Etat, Macky Sall qui, selon lui, l'a traduit en justice pour l'empêcher de se présenter à la présidentielle de 2019.

Avec AFP

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Le sortant Azali grandissime favori de la présidentielle aux Comores

Le président des Comores, Azali Assoumani, arrive à un bureau de vote lors du référendum constitutionnel, à Mitsoudje, près de Moroni, Comores, le 30 juillet 2018

Le président du petit archipel des Comores Azali Assoumani sollicite dimanche son maintien à la tête du pays dans un scrutin lourd de tensions avec l'opposition, qui l'accuse de dérive autoritaire et redoute un "hold-up électoral".

Au pouvoir depuis 2016, M. Azali, 60 ans, fait figure de grandissime favori au terme d'une campagne qu'il a écrasée de tous les moyens de l'Etat.

Sûr de sa force, le chef de l'Etat sortant a rassemblé vendredi plusieurs milliers de personnes dans la capitale Moroni autour du slogan "un seul jour, un seul tour, un seul homme". "Nous gagnerons cette élection dès le 24 mars", a-t-il assuré à ses partisans.

"Il a une vision pour le pays, lui seul est capable d'offrir un avenir meilleur à tous", s'est enthousiasmée une de ses fidèles, Fatoumia Alibazi, chapeau bleu à larges bords aux couleurs de son champion sur la tête.

La machine Azali s'est mise en marche avec la réforme constitutionnelle approuvée par référendum l'an dernier.

Très controversée, elle a étendu d'un à deux mandats de cinq ans la durée de la présidence attribuée successivement à chacune des trois îles de l'archipel (Grande-Comore, Mohéli, Anjouan).

Ce système a donné un coup de canif au fragile équilibre institutionnel instauré en 2001 pour mettre fin aux crises séparatistes et aux coups d'Etat à répétition qui agitaient l'archipel depuis son indépendance en 1975.

- 'Mascarade' -

L'opposition a hurlé au loup mais rien n'y a fait. Au contraire. M. Azali a riposté à la contestation en embastillant nombre de ses détracteurs, à commencer par son ennemi de toujours, l'ancien président Ahmed Abdallah Sambi, accusé de corruption.

Sur sa lancée, l'ex-putschiste, élu en 2016, a remis son quinquennat en jeu dès cette année. En cas de succès, il pourrait garder les rênes du pays jusqu'en 2029.

L'opposition espère bien l'en empêcher. Mais, prise de cours par l'accélération du calendrier politique, elle s'est lancée dans la bataille en ordre dispersé. Et la Cour suprême l'a encore fragilisée en écartant quelques-uns de ses champions de la route du président.

Patron de l'Union de l'opposition, l'ancien vice-président Mohamed Ali Soilihi a été interdit de scrutin. Assigné à résidence, il ne décolère pas.

"Cette élection est une grosse mascarade", se lamente-t-il. "Le scénario est écrit d'avance: le 24 mars au soir, il y aura une déclaration de victoire (d'Azali Assoumani) au premier tour, c'est un passage en force."

C'est l'antienne reprise par tous les adversaires du président. "Tout le monde est contre lui, si le scrutin est transparent, il ne peut pas gagner", assure lui aussi le candidat du parti Juwa, l'avocat Mahamoudou Ahamada, 48 ans. "Azali n'a d'autre choix que de voler les élections".

Plus que la crainte de fraudes, les partisans de l'opposition reprochent au pouvoir sortant la pauvreté persistante de la population et le train de vie des dirigeants du pays.

- 'Plus que Macron' -

"Tu ne peux pas m'expliquer que je vais avoir une vie sans électricité, sans eau. C'est pas possible", se lamente Mahmoud Mze, chômeur de 48 ans. "Et lui (M. Azali), il gagne 34.000 euros par mois, plus que (le président français Emmanuel) Macron. Ca ne va pas !"

Privée par la réforme de présidence tournante en 2021, l'île d'Anjouan, la plus pauvre de l'archipel, bouillonne.

En octobre, des civils armés hostiles au président ont fait le coup de feu avec l'armée pendant six jours à Mutsamudu, la capitale de l'île, avant de s'évaporer mystérieusement dans la nature.

En campagne à Anjouan, le colonel Soilihi Mohamed, dit "Campagnard" pour ses origines rurales, a mis en garde contre les risques d'un passage en force du président.

"Le peuple va s'exprimer par une révolution dans les urnes", prédit l'ancien officier, aussi raide que le sortant est bonhomme. Mais "si jamais le président tente de faire autrement, on risque une révolution populaire".

La menace fait sourire le ministre de l'Intérieur Mohamed Daoudou, qui promet "la transparence totale".

"Il y a trop de mensonges de l'opposition, notre pays n'est pas une dictature", déclare le secrétaire général de la Mouvance présidentielle, Ali Mliva Youssouf.

Plus de 800 observateurs de la société civile comorienne, financés par l'Union européenne (UE), sont annoncés dans les 731 bureaux de vote du pays pour garantir la régularité du scrutin. Les premiers résultats sont attendus lundi.

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