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Rwanda

Un chef rebelle rwandais plaide coupable de terrorisme

Callixte Nsabimana (C), porte-parole du groupe rebelle du Front de libération nationale (FLN), est escorté par des policiers au tribunal de première instance de Gasabo à Kigali le 23 mai 2019.

Un chef rebelle soupçonné d'avoir lancé des attaques meurtrières dans le sud-ouest du Rwanda a plaidé coupable jeudi de toutes les accusations portées à son encontre, dont celle de terrorisme, et admis travailler pour des gouvernements étrangers contre Kigali.

Callixte Nsabimana, qui se fait appeler "Sankara", le porte-parole du Front de libération nationale (FLN), était accusé de "formation d'un groupe armé irrégulier, complicité d'actes terroristes (...), prise d'otages, meurtre et pillage".

Le FLN est un groupe armé qui a revendiqué la responsabilité de nombreuses attaques dans la région de Nyungwe, frontalière avec le Burundi et la République démocratique du Congo (RDC).

M. Nsabimana a plaidé coupable des 16 chefs d'accusation, dont ceux de meurtre et terrorisme, et s'est excusé sans réserve pour ses crimes.

"Je m'excuse pour tout ce que j'ai fait", a-t-il déclaré devant le tribunal. "Je veux déclarer que mon travail avec le FLN est fini et que tout ce qu'ils font à partir de maintenant est leur problème et non le mien."

"Je voudrais présenter mes excuses au président (rwandais Paul Kagame), à ceux que nous avons blessés et aux familles de ceux qui sont morts. Je m'excuse auprès de tous les Rwandais", a-t-il ajouté.

Son avocat a requis sa mise en liberté sous caution. Cette demande, à laquelle le parquet s'est opposé, estimant que M. Nsabimana risquait de s'enfuir du pays, sera examinée le 28 mai.

Ce dernier a également admis avoir collaboré avec les services de renseignement du Burundi et avec l'armée ougandaise. "Nous leur avons demandé leur soutien militaire et diplomatique contre le Rwanda et ils étaient prêts à nous aider", a-t-il soutenu.

Ces aveux devraient encore détériorer les relations entre les trois pays. M. Kagame a plusieurs fois accusé l'Ouganda et le Burundi de s'immiscer dans les affaires intérieures du Rwanda.

Le FLN est la branche armée du Mouvement rwandais pour le changement démocratique (MRCD), fondé en 2018 par Paul Rusesabagina, le directeur de l'hôtel des Mille Collines lors du génocide de 1994, dépeint dans le film Hôtel Rwanda.

Le FLN est affiliée aux Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un groupe rebelle basé en RDC qui mène des attaques au-delà de la frontière, contre les forces rwandaises.

En décembre, M. Nsabimana avait revendiqué l'incendie de bus dans la région de Nyungwe, prisée des touristes pour ses gorilles des montagnes, une espèce menacée, qui avait fait deux morts et de nombreux blessés.

Les attaques à Nyungwe avaient conduit de nombreux pays occidentaux, dont la France, l'Allemagne, le Canada et l'Australie, à déconseiller à leurs ressortissants de voyager dans cette région.

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Affaire Rusesabagina: le parquet rwandais fait appel du jugement

Paul Rusesabagina assiste à une audience du tribunal à Kigali, Rwanda, le 26 février 2021. Il a inspiré le film "Hotel Rwanda" en sauvant plus de 1 000 personnes en les hébergeant dans l'hôtel qu'il gérait pendant le génocide.

Le parquet rwandais a annoncé mercredi avoir fait appel de la condamnation à 25 ans de prison de Paul Rusesabagina, ancien hôtelier dont l'histoire a inspiré le film "Hotel Rwanda" et devenu un féroce critique du président Paul Kagame.

La date du procès en appel sera fixée ultérieurement.

Le ministère public, qui avait requis contre lui la prison à perpétuité, a fait appel de l'ensemble des peines prononcées le 20 septembre contre les 21 prévenus, a précisé à l'AFP le porte-parole du parquet, Faustin Nkusi.

Au moment du verdict, le principal procureur, Aimable Havugiyaremye, avait fait part de l'insatisfaction du parquet, "tous les accusés ayant été condamnés à des peines inférieures aux réquisitions".

La condamnation à "25 ans représente déjà une peine de prison à vie", a déclaré à l'AFP la fille de Paul Rusesabagina, Carine Kanimba, en référence notamment à l'âge et à la santé fragile de son père.

"En faisant appel pour demander davantage, l'accusation ne fait que révéler à quel point ce procès est politique et l'a toujours été", a-t-elle estimé.

Procès dénoncés par les organisations de défense des droits humains

Connu pour avoir permis le sauvetage de plus d'un millier de personnes durant le génocide de 1994, M. Rusesabagina, 67 ans, a été reconnu coupable "d'avoir fondé et d'appartenir" au Front de libération nationale (FLN), groupe rebelle accusé d'avoir mené des attaques meurtrières au Rwanda en 2018 et 2019.

Il a participé à la fondation en 2017 du Mouvement rwandais pour le changement démocratique (MRCD), dont le FLN est considéré comme le bras armé, mais a toujours nié toute implication dans ces attaques.

Le procès s'est tenu dans des conditions dénoncées par les organisations de défense des droits humains. L'accusé et ses avocats ont boycotté les audiences depuis mars, dénonçant un procès "politique" rendu possible par son "enlèvement" organisé selon eux par les autorités rwandaises, ainsi que des mauvais traitements en détention.

Après avoir été arrêté dans des conditions controversées à Kigali en août 2020, Paul Rusesabagina était poursuivi avec 20 autres personnes, pour neuf chefs d'accusation, dont celui de "terrorisme".

La famille et les soutiens de M. Rusesabagina ont accusé le gouvernement rwandais de vouloir "faire taire un critique et refroidir toute dissidence future".

Paul Rusesabagina a utilisé sa notoriété hollywoodienne pour donner un écho mondial à ses positions contre le régime Kagame.

Les Etats-Unis, qui lui ont décerné la médaille présidentielle de la liberté en 2005, se sont dits "préoccupés" par cette condamnation.

Avant son arrestation en 2020, il vivait depuis 1996 en exil aux Etats-Unis - où il est détenteur d'une "carte verte"- et en Belgique, dont il a la nationalité.

Début octobre, les députés européens ont réclamé sa libération pour "raisons humanitaires" et son rapatriement vers la Belgique.

Pour faire pression sur Kigali et son respect des droits humains, les eurodéputés avaient également demandé à la Commission européenne "un réexamen critique de l'aide apportée par l'Union européenne" au gouvernement et institutions rwandaises.

Soldats rwandais en RDC: un accident, selon Kigali

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Le président Kagame visite les soldats rwandais déployés au Mozambique

Le président Paul Kagame et son homologue Philip Nyusi du Mozambique, le 23 septembre 2021. (Twitter)

Le président rwandais Paul Kagame a débuté vendredi une visite de deux jours dans le nord du Mozambique, où un millier de soldats rwandais ont été déployés pour aider Maputo dans sa lutte antijihadiste.

Le Rwanda fut en juillet le premier pays africain à envoyer des troupes pour soutenir l'armée mozambicaine dans sa lutte contre une insurrection jihadiste dans la province de Cabo Delgado, qui abrite l'un des plus importants projets de gaz naturel liquéfié d'Afrique.

Le président rwandais a atterri vendredi matin dans la capitale provinciale Pemba, où l'a accueilli son homologue mozambicain Filipe Nyusi, a tweeté l'Agence rwandaise de Radiodiffusion (RBA) qui chapeaute les médias audiovisuels publics.

Les deux chefs d'Etat ont rencontré les troupes rwandaises déployées dans la provinces, a ajouté la RBA.

Peu après le Rwanda, certains des 16 Etats-membres de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) y ont aussi déployé des troupes, dont près de 1.500 soldats sud-africains.

L'Union européenne a pour sa part lancé en juillet une mission militaire de formation des forces armées du Mozambique.

Les forces rwandaises ont revendiqué début août leurs premiers succès, affirmant notamment avoir repris le port stratégique de Mocimboa da Praia aux insurgés.

La ville portuaire, cible de la première attaque jihadiste au Mozambique en octobre 2017, était, depuis le 12 août 2020, aux mains des jihadistes locaux, connus sous le nom d'Al-Shabab ("les jeunes" en arabe), et était devenue leur quartier général de facto.

En mars, les jihadistes avaient attaqué la ville de Palma, base des opérations industrielles du géant de l'énergie français Total, forçant le groupe à suspendre ses travaux d'un projet gazier de 20 milliards de dollars.

Malgré les récents succès de l'armée mozambicaine et de ses alliés, les insurgés ont continué leurs attaques.

Des sources au sein des forces de sécurité ont récemment fait état d'une série d'attaques dans le district de Quissanga, au sud de Mocimba da Praia, où les jihadistes sont présumés s'être repliés depuis que la localité portuaire a été reprise.

La dernière attaque en date a été menée jeudi soir dans le village de Lindi.

"Deux personnes ont été tuées et deux blessées" et plusieurs femmes et filles enlevées, a déclaré vendredi une source policière ayant requis l'anonymat.

Les insurgés ont également tendu une embuscade à deux bus transportant des soldats, plus tard dans la nuit, faisant au moins un mort, a indiqué à l'AFP un policier sous le couvert de l'anonymat.

Cette embuscade s'est produite sur une route majeure, fermée depuis deux ans en raison d'attaques similaires et récemment rouverte après l'arrivée des troupes étrangères.

Au total, au moins dix personnes ont été tuées dans plusieurs villages de Quissanga au cours de la semaine écoulée, a indiqué un autre policier.

Selon des sources locales et militaires, cinq civils ont été décapités le 17 septembre par des jihadistes à environ 150 kilomètres au sud de Palma.

Les attaques jihadistes, qui se sont multipliées depuis un an, ont fait au cours des quatre dernières années quelque 3.300 morts, pour moitié des civils, et ont forcé près de 800.000 personnes à fuir, selon l'ONG Acled.

Les présidents Kagame et Nyusi doivent s'adresser à la presse vendredi soir.

Cyclisme : les Mondiaux 2025 au Rwanda, une première en Afrique

Les coureurs de Team Rwanda célébrant leur victoire au Tour du Rwanda, le 22 novembre 2015.

Les championnats du monde de cyclisme sur route 2025 auront lieu au Rwanda, une première en Afrique, a annoncé jeudi la fédération rwandaise de cyclisme.

Le congrès de l'Union cycliste internationale (UCI), qui se tient vendredi à Louvain (Belgique), doit entériner la décision avant son officialisation, a-t-on appris auprès de la fédération internationale.

Deux candidatures, le Rwanda (Kigali) et le Maroc (Tanger), étaient en lice pour ces premiers championnats du monde de cyclisme organisés en Afrique.

Le comité directeur de l'UCI a opté sans surprise pour la candidature de Kigali qui partait grande favorite.

Le président de l'UCI, le Français David Lappartient, avait annoncé dès le début de son premier mandat en 2017 sa volonté d'organiser les Mondiaux route, l'événement-phare de l'UCI, en Afrique.

Tous les autres continents ont déjà accueilli les championnats du monde route. Après la Flandre, qui accueille cette semaine les compétitions, les prochaines éditions auront lieu en 2022 en Australie (Wollongong), en 2023 en Ecosse et en 2024 en Suisse.

Le Tour du Rwanda, pour lequel s'est déplacé en mai dernier David Lappartient, est l'un des principaux événements cyclistes en Afrique, et attire chaque année une grande foule sur des parcours sélectifs typés grimpeurs ou puncheurs.

Les premiers championnats du monde de cyclisme remontent aux années 20, avec les amateurs en 1921 à Copenhague au Danemark, puis les professionnels en 1927 en Allemagne (Nürburgring).

L'Amérique du Sud a accueilli pour la première fois l'épreuve en 1977 (Venezuela, à San Cristobal), et l'Amérique du Nord en 1986, à Colorado Springs (Etats-Unis). L'Asie les a organisés pour la première fois en 1990 au Japon (Utsunomiya), et l'Océanie en 2010, à Geelong près de Melbourne.

Paul Rusesabagina: préoccupation des États-Unis

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