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Son procès reporté 15 fois, un blogueur camerounais reste en détention

Les défenseurs des droits de l’homme en conférence de presse sur l’affaire Paul Chouta, le 2 septembre 2020 à Yaoundé. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

Les défenseurs des droits de l’homme plaident pour que justice soit rendue à Paul Chouta, un blogueur et lanceur d'alerte en prison et sans jugement depuis 16 mois. Arrêté en juin 2019, il est accusé de diffamation, d'injures par l’écrivaine Calixte Beyala.

Paul Chouta est accusé d’avoir diffusé sur les réseaux sociaux une vidéo de l’écrivaine franco-camerounaise Calixte Beyala en train de s’en prendre verbalement à un homme à Douala.

A noter que sur les sept personnes impliquées dans la diffusion de cette vidéo sur les réseaux sociaux, seul Paul Chouta est maintenu en détention.

Selon Ernesto Yene, défenseur des droits de l’homme, pense que "Paul Chouta est carrément prisonnier d’Etat, il y a un petit groupuscule de gens qui ont décidé de faire traîner cette affaire".

"L’on est plus proche d’une affaire kafkaïenne que d’une procédure judiciaire dans un Etat de droit", renchérit Cyrille Rolande Bechon, directrice exécutive de Nouveaux droits de l’homme. Le 2 septembre dernier, elle a au nom d’un collectif d’ONG de défense des droits de l’homme, pris position dans cette affaire.

"Nous mettons en exergue une arrestation arbitraire, une garde à vue illégale et abusive, une détention tout aussi arbitraire de Paul Chouta avec en prime le refus total d’appliquer l’article 224 du code pénale relatif à la liberté sous caution", a dénoncé Cyrille Rolande Bechon, dans une déclaration à la presse.

15e renvoi devant le tribunal

Au lendemain de cette sortie médiatique, l’audience prévue au tribunal de première instance de Yaoundé a été une nouvelle fois renvoyée au motif que le procureur et le juge chargé de l’affaire ont été affectés. La partie plaignante devait pourtant apporter les preuves de son accusation.

"Nous avons toujours attiré l’attention du juge en lui disant que si la prétendue partie civile qui présume avoir été victime de quoi que ce soit, manque de preuves contre notre client, qu’on le libère", confie à VOA Afrique, Crépin Ndjodo, avocat du blogueur Paul Chouta.

"Nous sommes quand même en matière de flagrant délit, si après 15 mois, notre client est toujours en détention, et je précise ici que c’est le seul à être en détention dans cette affaire, alors je commence à penser à un acharnement", ajoute l’avocat.

Paul Chouta est selon ses détracteurs, un activiste des réseaux sociaux proche du MRC Mouvement pour la renaissance du Cameroun, le parti de Maurice Kamto. Lanceur d’alerte, promoteur d’une plateforme digitale baptisée « TGV de l’info », il officiait aussi comme journaliste pour le site « Cameroonweb ».

"C’est inacceptable que des individus décident de prendre la justice de notre pays en otage, il faut qu’on arrête avec ça", dénonce avec véhémence Joseph Okala Ebode, le trésorier national du MRC.

Calixte Beyala se prononce

"Paul Chouta m’a insulté du matin au soir, c’est hallucinant alors que je ne le connais même pas, je trouve qu’au Cameroun il y’a du laisser-aller, il fallait que je porte plainte", a expliqué dans une interview accordée à une chaîne privée locale, Calixte Beyala qui a porté plainte.

La prochaine audience est prévue le 1er octobre.

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Nouveaux heurts violents à Paris contre la loi "sécurité globale"

Des pompiers à côté d'une voiture entourée de flammes lors d'une manifestation contre un projet de loi controversé, à Paris, France, le 5 décembre 2020.

Des dizaines de manifestants cagoulés ont lancé des projectiles sur la police anti-émeute, brisé des vitrines de magasins, incendié des voitures et brûlé des barricades lors d'une manifestation dans la capitale française samedi contre les violences policières.

La police a riposté par des rafales de gaz lacrymogène.

Des milliers de personnes avaient commencé à marcher pacifiquement à Paris lorsque les affrontements ont éclaté entre la police et des poches de manifestants, la plupart habillés en noir et le visage couvert. Certains ont utilisé des marteaux pour briser des pavés.

Les manifestants s’insurgent contre les violences policières et contre une proposition de loi dite de "sécurité globale", qui limite la diffusion d'images des membres des forces de l'ordre.

Un projet de loi que beaucoup considèrent comme une entrave grave aux libertés individuelles et à la liberté de la presse.

Un manifestant tient une pancarte lors de la manifestation contre le projet de loi sur la "sécurité globale", à Paris, France, le 5 décembre 2020.
Un manifestant tient une pancarte lors de la manifestation contre le projet de loi sur la "sécurité globale", à Paris, France, le 5 décembre 2020.

Le passage à tabac d'un Noir, le producteur de musique Michel Zecler, par plusieurs policiers fin novembre a intensifié la colère. Cet incident n’a été révélé qu’après que des images des caméras de surveillance et de téléphones portables ont circulé en ligne.

Dans un revirement en début de semaine, le parti du président Emmanuel Macron a déclaré qu'il réécrirait la portion du projet de loi qui restreint les droits de circulation des images des policiers. Mais ce n'est pas suffisant, de l’avis des manifestants.

"Nous nous dirigeons vers une limitation des libertés de plus en plus importante. Il n'y a aucune justification", a déclaré Karine, résidente de Paris

Un autre manifestant, Xavier, a déclaré "La France a cette manie de restreindre les libertés sur son territoire tout en prêchant leur importance aux autres".

Des manifestations ont aussi eu lieu dans plusieurs autres villes, notamment à Marseille, Lyon, Rennes et Lille.

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