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Tchad

Plus de 8.000 Tchadiens atteints par la maladie à virus Chikungunya

Dr Oumaima Mahamat Djarma, médecin infectiologue, au Tchad, le 30 août 2020. (VOA/André Kodmadjingar)

Les autorités médicales tchadiennes ont déclaré une épidémie à virus Chikungunya. Présente dans le monde et en Afrique en particulier, cette maladie a fait son apparition dans la province du Ouaddaï, dans l’est du Tchad, au début du mois d’août. Plus de 8000 cas sont déjà confirmés.

En plus du coronavirus qui affecte négativement la vie socio-économique, le Tchad fait face depuis quelques jours à une autre épidémie de Chikungunya, une maladie virale qui se transmet par une piqûre de moustique.

Les premiers cas ont été confirmés à Abéché, dans la province du Ouaddaï et notifiés le 14 août aux autorités politiques de N’Djamena par les responsables du district sanitaire de ladite localité. Mais il a fallu deux semaines pour avoir la réaction officielle du gouvernement.

Les autorités tchadiennes déclarent une épidémie du chikungunya
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Pour le ministre de la santé publique, son département n’a pas voulu faire de déclaration officielle pour la simple raison que conformément au règlement sanitaire international, il fallait que les résultats obtenus par nos laboratoires soient confirmés par un contrôle de qualité effectué par un laboratoire extérieur.

Abdoulaye Sabre Fadoul précise qu’un échantillon de cinq prélèvements envoyé au centre Pasteur du Cameroun confirme qu’il s’agit bel et bien de la maladie de Chikungunya qui sévit dans cette partie du pays.

Dr Oumaima Mahamat Djarma, médecin infectiologue à la Direction de lutte contre les maladies au ministère de la santé publique, explique au micro de VOA Afrique, que cliniquement, elle se présente par une forte fièvre céphale mais surtout des douleurs articulaires intenses qui peuvent être invalidantes dans certains cas. Ces symptômes sont accompagnés généralement par des vomissements et des irruptions cutanées. Elle peut évoluer selon elle, vers une phase chronique, mais elle n’est pas une maladie contagieuse.

Quelques patients confirment les signes cliniques et s’étonnent de contracter cette maladie.

Des patients sous traitement racontent : "Je ne connais pas ce qu’on appelle la maladie Chikungunya, mais j’étais au boulot et brusquement je sentais mal au niveau de la hanche. Je suis rentré précipitamment pour prendre le produit. Ça s’est calmé un peu mais la nuit, j’avais eu une forte fièvre. C’est ainsi que j’ai appelé un médecin qui était venu me donner des injections. Après ça j’avais les maux tête intenses. Maintenant même mes os me font mal, très mal".

"Cette maladie m’a attaqué aussi et d’ailleurs toute la famille était victime. Je me suis rendu dans un cabinet de soins où on m’avait soigné. Maintenant je vais mieux", renseigne un autre.

Pour protéger la population de la zone touchée par cette épidémie, le ministre de la santé Abdoulaye Sabre Fadoul annonce qu’une équipe médicale a été dépêchée dans l’objectif de renforcer la surveillance épidémiologique et d’appuyer la délégation sanitaire d’Abéché pour faire face à la situation.

Aussi la sensibilisation de la population aux mesures préventives dans la zone d’épidémie a été renforcée, la pulvérisation intra et extra domiciliaire et la simulation à travers la ville de N’Djamena a été renforcée, ainsi que la distribution des moustiquaires imprégnées de longue durée sera lancée incessamment. Abdoulaye Sabre Fadoul informe également que tous les malades qui sont référés dans les structures sanitaires ont été traités gratuitement.

Depuis l’apparition de cette épidémie dans l’est du Tchad, le 14 août, à ce jour plus de 8.000 cas sont notifiés dans le district sanitaire d’Abéché avec zéro décès enregistrés, au moins dans les formations sanitaires.

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Au Tchad, la coalition Wakit Tama se dit victime d'acharnement

Dr Succès Masra président du parti les Transformateurs, N’Djamena, Tchad, le 11 août 2019.

Une marche pacifique a été violemment réprimée le week-end dernier et le sièges des Transformateurs a été perquisitionné.

Une traque judiciaire est lancée contre les leaders de Wakit Tama, un mouvement politico-civil tchadien qui dit militer contre l’injustice et le risque de confiscation du pouvoir par le Conseil militaire de transition (CMT).

Une marche pacifique a été violemment réprimée le week-end dernier. Le siège du parti les Transformateurs, membre de cette coalition, a été perquisitionné et des leaders étaient convoqués lundi à la police judiciaire.

Faisant le bilan des marches pacifiques du 2 et du 9 octobre, autorisées, puis réprimées pour non-respect d’itinéraire indiqué par les autorités de transition, les responsables de Wakit Tama affirment qu’il y a eu au total 58 blessés enregistrés et une trentaine d’arrestations.

Une perquisition jugée problématique

Dans la matinée du 10 octobre 2021, la police nationale a perquisitionné le siège du parti les Transformateurs. Selon le président du parti, Dr Succès Masra, lui et quelques militants qui se trouvaient au siège ont été brutalisés et séquestrés pendant toute la matinée.

D'après le chef des Transformateurs, le fait même que cette perquisition s’est déroulée un dimanche, jour non ouvrable au Tchad, à 6h du matin, est problématique en soi.

Un point de vue soutenu par le constitutionnaliste et ancien ministre de la Justice Ahmat Mahamat Hassan, pour qui l’acte de la police ne se justifie pas.

"J’étais vraiment étonné", confie à VOA Afrique Ahmat Mahamat Hassan, ajoutant que la police a fait une mauvaise interprétation des textes.

Il précise que pour perquisitionner une propriété privée, le code tchadien de procédure pénale de 1967 prévoit des heures: aucune perquisition n'est permise avant 7h ou après 19h.

Ironie du dialogue avec les rebelles

Pour Succès Masra, la perquisition de son siège n'est qu'une tentative d’intimidation qui n’entamera en rien sa détermination. Il note toutefois avec ironie que les mêmes autorités de transition qui entament des démarches pour dialoguer avec des rebelles armés sont réfractaires à l'idée que des Tchadiens sans arme leur proposent des alternatives pour permettre au Tchad d'avancer.

Pour l'heure, trois porte-paroles de Wakit Tama, notamment Barka Michel président de l’Union des syndicats du Tchad, Dr Sitack Yombatina Béni, vice-président du parti les Transformateurs et Marting Félix, président du parti RDST, sont placés en garde à vue dans les locaux de la police judiciaire.

Contactés par VOA Afrique, les responsables de la police ne veulent pas communiquer pour l’instant.

Arrestation des opposants tchadiens de Wakit Tamma

Dr Sitack Yombatina Béni, juriste et enseignant-chercheur au Tchad, le 17 août 2021. C'est l'un des leaders de Wakit-Tamma arrêtés. (VOA/André Kodmadjingar).

Les leaders de la plateforme politique tchadienne Wakit Tamma ont été arrêtés et sont gardés à vue dans les locaux de la Coordination de Police Judiciaire, indique la Convention Tchadienne de Défense des Droits de l'homme (CTDDH) dans un communiqué rendu public ce lundi 11 octobre.

Les porte-paroles de la plate-forme Wakit Tamma, Barka Michel, Dr Sitack Yombatina Béni et Marting Félix Kodjiga ont été auditionnés par la police judiciaire puis gardés à vue dans cette structure. Une situation qui fait suite à une plainte du ministère de la Sécurité publique et de l’Immigration.

Il leur est reproché l'infraction de trouble à l'ordre public et destruction des biens publics.

Tchad Infos indique que des sources au sein de la coordination des actions citoyennes affirment qu’ils seront présentés au procureur ce mardi 12 octobre.

Quant aux avocats Me Max Loalngar et Me Koudé Mbainaissem, qui sont également poursuivis, ils sont convoqués devant le Conseil de l’ordre des avocats du fait de leur statut.

La Convention Tchadienne de Défense des Droits de l'homme ( CTDDH) estime que la marche du 9 octobre 2021 organisée par Wakit-Tamma et qui avait été étouffée dans l'œuf par la police ne pouvait pas logiquement entraîner des troubles à l'ordre public du fait qu'elle n'a pas eu lieu, selon les propres termes du gouvernement.

La CTDDH exige la libération immédiate et sans conditions des personnes arrêtées, jugeant leur arrestation arbitraire.

Dans un communiqué datant du 10 octobre, Wakit Tamma dénonçait déjà la répression des manifestations du samedi.

“Nul n’est besoin de constater que le CMT s’inscrit résolument dans la posture d’une dictature implacable, avec le dessein inavoué de préserver un pouvoir illégitime au détriment de l’intérêt général du peuple tchadien”, avait écrit la plateforme, en faisant référence au Conseil militaire de transition, le directoire de la junte.

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Des doutes sur l'indépendance du parlement de transition au Tchad

Le siège de l'Assemblée nationale qui abrite désormais le CNT, à N'Djamena, au Tchad, le 5 octobre 2021. (VOA/André Kodmadjingar)

Au Tchad, les 93 membres du Conseil national de transition (CNT) nommés le 24 septembre par le chef de la junte au pouvoir, le général Mahamat Idriss Déby, ont été installés mardi au Palais de la démocratie de N’Djamena.

L’ex-président de l’Assemblée nationale Haroun Kabadi a été élu par acclamation chef du CNT.

Aussitôt installés sur les cendres de l’ex-Assemblée nationale, les conseillers nationaux du CNT ont été vertement critiqués aussi bien par les citoyens tchadiens que par l'opposition, qui disent ne rien attendre d’eux.

"Je cherche dans ma mémoire, un exemple d’une Assemblée nationale nommée par un exécutif et qui est indépendante, il n’y en a pas. Donc ça ressemble beaucoup plus à des fables", a déclaré le Dr Succès Masra, président du parti "Les Transformateurs" et membre de la coordination des actions citoyennes Wakit Tama.

En revanche, le président de l’Union des jeunes nationalistes, Loweh-Adoum Ngardomti Blanchard, estime que toutes les composantes des forces vives sont représentées. Il salue le choix porté sur M. Kabadi pour diriger le CNT.

"Cela renforce le processus démocratique", a-t-il dit. "Si ils ont su porter aussi leur choix sur la personnalité de Haroun Kabadi pour diriger ce parlement provisoire, c'est une action très positive et nous faisons confiance à Kabadi et son équipe", a-t-il précisé.

Me Théophile Bongoro, un jeune opposant membre du CNT, est conscient du rôle qu’il va jouer au sein de ce parlement provisoire.

"Nous entendons jouer notre rôle en soulevant les aspects qui nous tiennent à cœur", a-t-il assuré, avant d'ajouter qu'il n'hésiterait pas à "suspendre (sa) participation" si le CNT n'a pas d'impact réel.

Le CNT est le troisième et dernier organe de transition à être mis en place au Tchad, après le Conseil militaire de transition (CMT) et le gouvernement de transition.

Le mandat du Conseil national de transition prend fin dès l’installation d'un Parlement élu. Sur le papier, les membres du CNT peuvent interpeller les ministres en leur adressant des questions orales ou écrites auxquelles ces derniers sont tenus de répondre. Une éventualité dont doute l'opposant Succès Masra.

"Les membres de cette assemblée nationale choisie de façon unilatérale vont être aux ordres de celui qui les a nommés. Et donc la seule chose qu’il faut attendre, c’est la dissolution de cette fameuse assemblée qui n’est même pas représentative", a-t-il dénoncé.

Haroun Kabadi à la tête du CNT: l'opposition tchadienne dénonce
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