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Gabon

Un ancien député condamné à 6 ans de prison suite aux violences post-électorales de 2016

Gabonais réunis à l'extérieur du Palais de Justice à Libreville, le 5 septembre 2016.

L'ancien député gabonais Bertrand Zibi Abeghe, accusé d'être impliqué dans les violences post-électorales qui ont secoué le Gabon en août 2016, a été condamné mardi à Libreville à six ans de prison ferme, a indiqué à l'AFP un de ses avocats.

"Le tribunal correctionnel de Libreville a condamné M. Zibi Abeghe à six ans de prison" ferme, a déclaré son avocat Charles-Henri Gey, joint par téléphone.

"Nous allons faire appel de cette décision de justice, nous allons continuer à nous battre afin que l'innocence de M. Zibi soit reconnue par les juges", a-t-il ajouté.

M. Zibi a été reconnu coupable de "violences et voies de fait" et "détention illégale d'arme à feu", mais a été relaxé des chefs d'accusation suivants: "instigation aux actes et manoeuvre de nature à provoquer des troubles ou manifestations contre l'autorité de l'Etat" et "non-assistance à personne en danger".

Au cours du procès de M. Zibi - qui s'est déroulé début juillet, soit près de trois ans après son arrestation - le ministère public avait requis une peine de dix ans d'emprisonnement.

Bertrand Zibi, député du parti au pouvoir (Parti démocratique gabonais, PDG) en avait démissionné avec fracas au cours d'une réunion publique en présence du président Ali Bongo Ondimba en juillet 2016. Une sortie très médiatisée, juste un mois avant la présidentielle du 27 août 2016 qui a abouti à la réélection contestée d'Ali Bongo.

Il avait été arrêté le 31 août 2016, au siège du candidat de l'opposition Jean Ping, lors des violences ayant suivi la proclamation de la victoire du président sortant: manifestations, interpellations par centaines, Assemblée nationale incendiée, assaut des forces de sécurité contre le QG de Jean Ping.

Au cours des violences, le gouvernement avait fait état de trois morts. Une partie de l'opposition et de la société civile affirme avoir identifié une trentaine de morts et parle de disparus.

Petit pays pétrolier d'Afrique centrale, le Gabon est dirigé depuis 2009 par Ali Bongo Ondimba, qui se remet actuellement d'un accident vasculaire cérébral survenu fin octobre 2018. Il a succédé à son père, Omar Bongo Ondimba, qui était arrivé au pouvoir en 1967.

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Jean Ping constate "la vacance de pouvoir au sommet de l'État" gabonais

Le chef de l'opposition gabonaise Jean Ping arrive au siège de son parti à Libreville, le 28 août 2016. (Photo AFP)

L’opposant gabonais Jean Ping a déclaré samedi que le président Ali Bongo Ondimba est dans "l'incapacité manifeste" de s'acquitter de ses fonctions et que la nation est désormais dirigée par une "bande" menée par la Première dame Sylvia Valentin Bongo.

M. Ping, 77 ans, a fustigé Mme Bongo comme étant à l’origine du projet de loi sur la dépénalisation de l’homosexualité au Gabon.

"Les Gabonais ne veulent pas de cette dépénalisation de l'homosexualité", a déclaré l'ancien président de la Commission de l'Union africaine qui continue de se déclarer "président élu" du Gabon, près de quatre ans après le scrutin qui l’avait opposé au fils du défunt président Omar Bongo Ondimba en août 2016.

Pour lui, le projet de loi sur la dépénalisation n'est qu'une tentative de "distraction" pour détourner l'attention de "la vacance de pouvoir au sommet de l'État" causée par l’accident cardio-vasculaire qui avait frappé le chef de l’État gabonais en 2018 lors d'une visite en Arabie Saoudite.

La déclaration de M. Ping, qui a été diffusée sur Facebook, intervient quelques jours seulement après que le parlement contrôlé par le Parti démocratique gabonais (PDG) au pouvoir ait voté la dépénalisation de l'homosexualité, moins d'un an après que le même PDG en ait fait un crime.

"Les parlementaires du PDG n'ont rien à faire de la volonté du peuple", a déclaré M. Ping, soulignant qu'il est temps de "mettre fin à cette imposture qui n'a que trop duré".

Dans un langage à peine voilé, l’ex-diplomate a validé les rumeurs qui circulent au Gabon selon lesquelles Mme Bongo serait en train de préparer l’installation au pouvoir de son fils Noureddin Bongo Valentin.

Au début de l'année, le jeune homme avait été promu au rang de "coordinateur général des affaires présidentielles" du Gabon, malgré un parcours professionnel que de nombreux détracteurs jugent squelettique.

“La bande à Sylvia”, a dit M. Ping, s’autorise à “agir au nom d’Ali Bongo Ondimba” pour une “destructuration des fondements de la société” gabonaise. L’objectif, selon M. Ping, est de se positionner comme le seul rempart éclairé dans un Gabon en retranchement obscurantiste.

Il interpelle donc les amis du Gabon à aider le pays “à ne pas sombrer dans le chaos”.

La solution, pour lui, est de "retirer" cette "loi scélérate", a-t-il ajouté, empruntant une expression déjà utilisée par le clergé gabonais qui est farouchement opposé à la dépénalisation des rapports homosexuels.

Aucune réaction des autorités gabonaises n'a été immédiatement disponible.

Les autorités gabonaises créent un impôt spécial pour les immigrants

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Le gouvernement gabonais tente de sauver l'année scolaire pour les classes d'examen

Des élèves du lycée catholique Immaculée Conception dans une rue de Libreville, Gabon, 15 juin 2009. (AP Photo/Sunday Alamba, file)

Le calendrier de la reprise des cours et de l’examen du baccalauréat au Gabon est connu. Mais l’année scolaire déjà chamboulée par la crise sanitaire reprend dès le 20 juillet prochain et concerne exclusivement les élèves des classes de terminale qui passeront l’examen du baccalauréat au mois d’août.

Les leaders syndicaux de l’éducation avaient déjà quelques semaines plus tôt appelé à cette reprise des cours. C’est le cas du SENA, dont le chef de file, Fridolin Mvé Messa, conditionnait la relance des activités pédagogiques par la mise en œuvre d'un dispositif sanitaire et sécuritaire au sein des établissements.

"Bien que se réjouissant d’une rentrée qui écarte les classes intermédiaires au profit des élèves des classes de terminale qui doivent passer le baccalauréat, nous aurions souhaité que ce calendrier soit aménagé de sorte que tout finalement reprenne début septembre, quitte à décaler la rentrée des classes 2021-2022", déclare M. Mvé Messa.

Reprise des cours pour les élèves gabonais
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Cette inquiétude du secrétaire du syndicat est partagée par certains parents d’élèves aux moyens limités.

"J’ai un candidat au baccalauréat cette année, je déplore le fait que le gouvernement n’ait pas pu effectuer un suivi-évaluation du e-learning pour juger de son efficacité", selon Julien Nyaré, parent d’élèves, qui dénonce l’improvisation dans l’annonce gouvernementale portant reprise des cours. "Sans cette évaluation, c’est l’échec assuré pour beaucoup d’enfants, surtout pour ceux qui apprennent en zone rurale et qui n’ont pas accès à internet", s’inquiète-t-il, soulignant que les programmes scolaires alternatifs à distance n’ont pas atteint toutes les couches sociales pendant le confinement.

Les autorités disent avoir fait de leur mieux étant donné les circonstances extraordinaires du moment.

​Le gouvernement était "soumis à de difficiles arbitrages entre organiser une reprise globale des cours pour tous les niveaux d’études et privilégier le baccalauréat", avoue un conseiller technique du ministère gabonais de l’éducation nationale​ ayant requis l'anonymat. Les autorités ont donc choisi de mettre en avant le baccalauréat.

La même source souligne que les autres examens tels que le Bepc et le CEP seront organisés par le ministère à une date qui reste tributaire de la maitrise de la situation épidémiologique du pays.

Au niveau de l’enseignement supérieur, le calendrier révisé par le gouvernement prévoit une reprise des activités académiques dès le 13 juillet.

Ces mesures d’assouplissement du confinement du Gabon en cours depuis le 14 mars dernier et bien d’autres touchant les secteurs de l’hôtellerie et de la restauration - exceptés les lieux de culte et les bars - sont contenues dans le plan de reprise des activités présenté mercredi lors d'une conférence de presse organisée par le gouvernement.

Le chef du gouvernement, Julien Nkoghe Bekalé, motive l’allègement des mesures de restriction par la baisse des contaminations dans le pays, mais aussi par la nécessité de relancer l’économie.

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