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Des tensions encore palpables un an après la présidentielle gabonaise

  • VOA Afrique

Les affiches de la campagne électorale du président gabonais sortant Ali Bongo et de son rival Jean Ping de l’opposition, sont côte-à-côte, à Libreville, 26 août 2016. VOA/Idriss Fall

Deux opposants encore en prison, un journal interdit pendant deux mois... des signes de tensions politiques sont toujours palpables au Gabon, un an après l'élection présidentielle du 27 août.

Bertrand Zibi Abeghe, un ex-député du parti au pouvoir, reste détenu après avoir été arrêté le 31 août 2016 au QG de l'opposant Jean Ping pour "trouble à l'ordre public". Un mois auparavant, fait rare, il avait démissionné en provoquant publiquement le président Ali Bongo dans un meeting de campagne.

"M. Zibi est un prisonnier politique", affirme à l'AFP l'un de ses quatre avocats, Me Jean Paul Imbong Fadi, qui déplore une instruction trop lente.

Landry Amiang Washington, cyber-activiste arrêté mi-août 2016 à son retour au Gabon, est toujours détenu "sans être jugé et encore moins interrogé", explique son avocat, Me Francois Meye, qui parle d'un "crime de lèse-majesté, suite à ses publications sur les réseaux sociaux".

"Ces dossiers sont en cours d'instruction. A ceux qui disent que ces détentions sont arbitraires, il faut établir qu'elles sont tout à fait régulières, conformément à la loi gabonaise", répond le procureur de la République, Steeve Ndong Essame Ndong.

Selon le code de procédure pénale, la durée de la détention préventive ne peut excéder six mois en matière correctionnelle, et un an en matière criminelle. Le code spécifie toutefois que cette durée de détention préventive peut être extensible, "si le maintien de la détention apparaît spécialement motivée d'après les éléments de la procédure".

Un journal d'opposition, Les Echos du Nord, a été interdit en juin 2017, pour des propos jugés diffamatoires à l'encontre du président Bongo et du Premier ministre Issoze Ngondet. Il est revenu en kiosque mi-août.

Début novembre, tous les membres des Echos du Nord avaient été interpellés à la suite d'un article controversé, puis relâchés quelques jours plus tard.

Juste après l'élection, l'opposition avait dénoncé plusieurs interpellations, dont une médecin syndicaliste auteure d'un rapport sur les violences électorales, Sylvie Nkogue Mbot, libérée début octobre. Arrêtés en marge d'un meeting pro-Bongo en juillet, accusés de "troubles à l'ordre public", trois syndicalistes avaient aussi été libérés en octobre, après trois mois de prison.

Avec AFP

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