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Libération au Gabon d'un journaliste et d'un syndicaliste poursuivis pour diffamation


La police arrête une femme après avoir dispersé une manifestation à Libreville, au Gabon, 15 août 2012

"C'est un signe que, de plus en plus, le gouvernement restreint les libertés syndicales dans le pays," a déclaré à leur libération un délégué national d'une Confédération syndicale d'enseignants.

Un journaliste et un syndicaliste, arrêtés et poursuivis au Gabon pour diffamation envers un magistrat, ont été libérés mercredi à l'issue de leur procès en appel, indique leur avocat.

"Ils ont été condamnés à deux mois de prison dont un avec sursis. Comme ils sont en détention depuis le 20 juin, ils ont été libérés ce matin", a déclaré par téléphone à l'AFP Me Bibangoyi, avocat du journaliste Juldas Biviga et du syndicaliste Marcel Libama, après la décision de la Cour d'appel de Mouila (sud-ouest).

"Nous sommes soulagés, dès le départ nous avions condamné leur arrestation arbitraire. Mais c'est un signe que, de plus en plus, le gouvernement restreint les libertés syndicales dans le pays", a commenté Louis-Patrick Mombo, délégué national d'une Confédération syndicale d'enseignants à laquelle appartient M. Libama, et qui est interdite d'activité depuis mars.

Le procureur général de la Cour d'appel de Mouila (sud-ouest) avait fait appel de leur condamnation à 45 jours de prison ferme prononcée le 13 juillet par le tribunal de première instance de Tchibanga (sud-ouest), a indiqué la Conasysed.

Le syndicaliste était poursuivi pour "diffamation par voie de presse" envers le procureur de Tchibanga. Le journaliste était lui jugé pour "complicité de diffamation par voie de presse", pour la diffusion d'une interview du syndicaliste après son arrestation le 15 juin.

Fin mars, le gouvernement avait suspendu les activités de la Convention nationale des syndicats du secteur Education (Conasysed), à laquelle appartient M. Libama, pour "trouble à l'ordre public".

La Conasysed est à l'origine d'un vaste mouvement de grève dans l'enseignement depuis fin 2016 qui a fortement perturbé l'année scolaire au Gabon. Elle avait aussi soutenu Jean Ping, le rival du président Ali Bongo, lors de l'élection contestée de 2016.

Avec AFP

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