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Tshisekedi suspend "l'installation" des sénateurs élus vendredi

Félix Tshisekedi à Kinshasa, le 22 février 2019. (Facebook/Fatshi News)

Le président congolais Félix Tshisekedi a annoncé lundi qu'il suspendait "l'installation" des sénateurs élus vendredi sur fond d'accusations de corruption en République démocratique du Congo, en promettant des poursuites judiciaires pour "débusquer" les élus corrompus.

Des "grands électeurs", députés provinciaux de l'UDPS sont accusés d'avoir vendu leur voix aux candidats de l'ex-président Joseph Kabila, qui revendiquent plus des deux-tiers des sièges au Sénat, élu au suffrage indirect.

Le président Tshisekedi a décidé de "suspendre l'installation des sénateurs" élus vendredi dans 24 des 26 provinces et de renvoyer sine die l'élection des gouverneurs prévue le 26 mars.

L'annonce a été faite par le ministre de l'Intérieur par intérim, Basile Olongo, à l'issue d'une réunion "inter-institutionnelle".

Le président de la République a aussi demandé au parquet de "mener des enquêtes" pour "débusquer" les élus "trempés dans la corruption", "les sénateurs et députés provinciaux, les corrupteurs et les corrompus", et "qu'ils soient sévèrement sanctionnés".

Des militants de l'UDPS ont de nouveau manifesté lundi à Kinshasa et Kananga (Kasaï central) contre leurs propres élus accusés d'avoir trahi la discipline de vote du parti et de céder aux sirènes de la corruption.

L'UDPS n'a par exemple obtenu aucun sénateur à Kinshasa où elle dispose pourtant de 12 élus à l'assemblée provinciale.

Des mesures ont été prises depuis vendredi et la dénonciation d'une pratique courante par la "base" de l'UDPS.

"Trois députés provinciaux sur qui pèsent des indices sérieux de corruption ont été interpellés samedi", a déclaré lundi à la presse Arthur Ilunga, procureur général près la Cour d'appel de Matadi, chef-lieu du Kongo central (sud-ouest).

"La liste pourrait s'allonger parce que les enquêtes se poursuivent encore", a-t-il ajouté, sans donner l'identité des trois élus.

Ces enquêtes sont menées conjointement avec quatre hauts magistrats dépêchés par le parquet général près la Cour de cassation, a-t-il précisé.

Directement mise en cause par la base, la direction de l'UDPS a aussi annoncé des poursuites: "Nous allons déférer en justice vingt-six députés du parti", a déclaré Jean-Marc Kabund, le président par intérim du parti lors d'une réunion publique à Lubumbashi (sud-est).

"Il s'agit de neuf à Kinshasa, six à Mbuji-Mayi, cinq autres à Kananga et six à Lomami", a-t-il indiqué.

"Ces députés seront déchus et remplacés par leurs suppléants", a-t-il expliqué.

Le président Tshisekedi avait promis de faire de la lutte contre la corruption l'une des priorités de son mandat.

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Des milliers de personnes se sont rassemblées ce matin à Kinshasa

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Nouvelle journée de manifestations interdites contre la Commission électorale à Kinshasa

Un homme est blessé à la jambe lors d'une manifestation où des manifestants et des policiers se sont affrontés à Kinshasa le 9 juillet 2020 lors de manifestations organisées contre l'UDPS), pour la nomination du nouveau président de la Commission électorale. (AFP/Arsene Mpiana)

Des milliers de personnes se sont rassemblées lundi matin à Kinshasa en République démocratique du Congo pour une marche interdite par les autorités contre le choix d'un nouveau président de la Commission électorale, quatre jours après des affrontements qui ont fait cinq morts.

Les manifestants ont envahi le boulevard Lumumba, en présence de l'ancien vice-président Jean-Pierre Bemba, un des leaders de l'opposition.

La marche a été organisée par la principale coalition des partis d'opposition Lamuka.

Ailleurs dans le pays,des rassemblements ont été dispersés à Bukavu (est) et Kananga (centre) à coup de gaz lacrymogènes.Ces marches dénoncent le choix du nouveau président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), accusée par les opposants de fraudes électorales à chaque scrutin.

La manifestation a été "reportée" dans la deuxième ville Lubumbashi, ont indiqué les organisateurs, qui redoutent des incidents provoqués par des "infiltrés" pour mettre en cause un des leaders de Lamuka, Moïse Katumbi.

Des marches semblables avaient été organisées jeudi par le parti présidentiel Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).

Cinq manifestants avaient alors été tués (deux à Kinshasa et trois à Lumbumbashi), selon un bilan du ministre de l'Intérieur.

De plus, 20 policiers ont été blessés à Kinshasa dont deux grièvement, selon ce même bilan qui ne confirme pas une rumeur assurant qu'un policier avait été lynché par la foule dans la capitale.

En conseil des ministres, le président Félix Tshisekedi a indiqué qu’il" peut comprendre" ces réactions face aux "irrégularités" dans le choix du nouveau président de la Commission électorale, mais qu'"il condamne" les violences.

C'est le président qui doit valider in fine le choix du nouveau président de la Commission électorale. Il a été entériné par l'Assemblée nationale, sur proposition de la société civile.

Les autorités justifient l'interdiction des marches par l'état d'urgence sanitaire face à la pandémie de Covid-19.

Une troisième marche est prévue dimanche à l'appel d'un collectif catholique et de mouvements citoyens.

Démission du ministre de la Justice en RDC

Le ministre de la Justice Célestin Tunda ya Kasende, à Kinshasa, le 3 mars 2020. (Facebook/Célestin Tunda Ya Kasende)

Le ministre de la Justice de la République démocratique du Congo, Célestin Tunda Ya Kasende, a annoncé samedi sa démission, quinze jours après sa brève arrestation en pleine crise politique au sein de la coalition au pouvoir.

M. Tunda Ya Kasende a présenté sa démission au Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba, après avoir fait "un examen personnel de la situation", a-t-il indiqué.

"En cette occasion pathétique, j'ai pu présenté au chef du gouvernement tous mes remerciements, et mes remerciements également au président de la République", a-t-il ajouté dans un message vidéo diffusé à la presse.

"Je pars du gouvernement avec la conviction que mon action au sein du ministère de la Justice a apporté une pierre à la consolidation de l'Etat de droit dans notre pays", a-t-il conclu.

Il s'agit de la première démission au sein du gouvernement de coalition qui regroupe des partisans du président de la République Félix Tshisekedi, et de son prédécesseur, Joseph Kabila.

Ce gouvernement pléthorique avait été annoncé le 26 août, après huit mois de tractations entre MM. Tshisekedi, vainqueur de l'élection présidentielle du 30 décembre 2018, et Kabila, qui avait quitté le pouvoir en gardant une confortable majorité au Parlement.

Avocat de profession, M. Tunda Ya Kasende est un membre du Front commun pour le Congo (FCC, pro-Kabila), comme la majorité des 67 membres du gouvernement.

Il y a deux semaines, M. Tunda Ya Kasende avait été arrêté par la police à son domicile et conduit au parquet où il a été entendu pendant quelques heures avant d'être relâché.

La veille en Conseil des ministres, le président Tshisekedi lui avait sévèrement reproché d'avoir transmis à l'Assemblée nationale l'avis du gouvernement sur trois propositions de loi très controversées, sans consulter personne.

Une "initiative personnelle", avait relevé le compte-rendu du Conseil des ministres.

Sa brève interpellation avait été fortement dénoncée par les partisans de M. Kabila.

Le parti du président Félix Tshisekedi manifeste contre le nouveau president de la CENI

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Manifestations en RDC: "Non à Malonda"

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