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République du Congo

Tshisekedi demande à une entreprise chinoise d'augmenter les salaires des Congolais

Félix Tshisekedi, le nouveau président congolais, est suivi par son officier d'ordonnance, lors de son investiture, à Kinshasa, le 24 janvier 2019.

Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a demandé à un chef de chantier chinois d'augmenter les salaires de ses employés congolais lors d'une visite de travaux routiers dans la capitale, Kinshasa, a rapporté jeudi la presse congolaise.

"Cinq dollars par jour, c'est peu pour le travail qu'ils font. Vous devez revoir ces salaires à la hausse", a lancé le président Tshisekedi lors de sa tournée d'inspection mercredi.

"Je veux que leurs conditions de travail et de vie soient améliorées parce que vous allez recevoir de l'argent (de l'État congolais). Cet argent, eux aussi doivent en jouir", a insisté M. Tshisekedi, selon un enregistrement parvenu jeudi à l'AFP.

"Il faut payer ces salaires de manière régulière et constante. Il faut les rémunérer à leur juste valeur", a-t-il insisté, après avoir écouté un porte-parole improvisé des ouvriers congolais qui dénonçait les faibles rémunérations.

"A la fin du mois, je vais revenir pour m'assurer que tout a été respecté", a conclu le chef de l'État.

Il a inspecté mercredi les chantiers pour la construction de neuf "sauts-de-mouton" (des ponts routiers ou des échangeurs) qui doivent désengorger le trafic automobile aux grands carrefours.

Pour leur construction, l'Etat congolais aurait mis à la disposition de l'Office des Voiries et Drainage (OVD) environ 17 millions de dollars depuis le 28 mars 2019, d'après le site d'information économique en ligne deskeco.com.

L'OVD est associé à l'entreprise chinoise China Railway Engineering Corporation (CREC) pour la construction du "saut-de-mouton" où le président a fait sa remarque au responsable chinois, d'après le site actualité.cd.

En mars, des salariés congolais de commerces tenus par des étrangers avaient fait grève à Kinshasa pour réclamer une amélioration de leurs conditions de travail.

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L'Afrique sollicite la générosité de la Chine pour ses projets de développement

L'Afrique sollicite la générosité de la Chine pour ses projets de développement
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L'Afrique sollicite la générosité de la Chine pour ses projets développement

Des discussions sur le financement du développement en Afrique se déroulent à Brazzaville, le 10 septembre 2019. (VOA/Arsène Séverin)

Au Congo-Brazzaville, cinq chefs d'Etat africains ont appelé la Chine à financer les projets de développement lors de la 5e édition du Forum Investir en Afrique organisé à Brazzaville par le gouvernement chinois, la Banque chinoise pour le développement et la Banque mondiale.

A travers la cinquième édition de son forum consacré aux investissements en Afrique, la Chine revient proposer de nouveaux financements pour les pays en mal de développement.

Cette fois-ci le numérique, aux côtés des infrastructures et de l'énergie, occupe le cœur des discussions qui se déroulent à Kintele, au nord de Brazzaville.

Léon Juste Ibombo, ministre en charge de l'Économie numérique du Congo-Brazzaville a indiqué que l'Afrique avait besoin de la valeur ajoutée de la coopération avec la Chine.

"C'est une entreprise chinoise qui va justement interconnecter le Congo avec le Cameroun, le Congo avec la Centrafrique, et Huawei va fournir l'équipement de ce projet. Donc, le partenariat avec la Chine est fécond", a-t-il souligné.

L'entrepreneur Vérone Mankou espère que les jeunes développeurs africains accèdent aux financements chinois, à Brazzaville, le 10 septembre 2019. (VOA/Arsène Séverin)
L'entrepreneur Vérone Mankou espère que les jeunes développeurs africains accèdent aux financements chinois, à Brazzaville, le 10 septembre 2019. (VOA/Arsène Séverin)


Un des orateurs du forum, l'entrepreneur Vérone Mankou, à qui l'Afrique doit sa première tablette, estime que la Chine est capable de soutenir les jeunes développeurs de logiciels et d'applications du continent.

"La Chine absorbe le grand nombre d'étudiants africains et congolais sur les formations qui concernent l’ingénierie en matière de télécommunications et du numérique. Nous attendons les Chinois dans l'établissement des projets, pas toujours dans les infrastructures, mais dans la conception des logiciels, d'applications et de services", a envisagé le jeune entrepreneur.

Les opérateurs économiques et les chefs d'entreprise constituent 52% de participants à ce forum. Paul Obambi, président de la chambre de Commerce de Brazzaville, appelle les gouvernants à améliorer le climat des affaires pour favoriser les investissements chinois.

"Je pense que c'est à nous de créer les conditions pour que l'Afrique soit attractive. Les financements sont nombreux dans le monde. Si nous nous organisons, si le cadre structurel est en place, si le cadre juridique est en place, s'il y a la sécurité des investissements, financer c'est facile", assuré le président Obambi.

Sur la tribune officielle, cinq chefs d'Etat, Paul Kagame du Rwanda, Joao Manuel Lorenço de l'Angola, Félix Antoine Tshisekedi de la RDC, Faustin-Archange Touadera de la RCA et Denis Sassou Nguesso du Congo-Brazzaville ont unanimement appelé les Chinois à mettre plus d'argent dans le développement de l'Afrique.

"Depuis le début des années 2000, l'appétit des pays africains pour les infrastructures a conduit nombre d'entre eux à gager leurs matières premières pour assurer ce financement. Le résultat de ces expériences est aujourd'hui fort mitigé", a déclaré le président de la RDC.

Avant d'ouvrir le forum, le président Sassou Nguesso a invité les Chinois à soutenir les jeunes entrepreneurs africains. « La maîtrise du numérique et de l'innovation technologique marquera encore, sans le moindre doute, les relations entre la Chine et l'Afrique. C'est pourquoi j'exhorte les investisseurs chinois à apporter un soutien significatif aux opérateurs africains dudit secteur », a-t-il conclu.

Des techniques d'interrogatoire américaines enseignées à Brazzaville

Des techniques d'interrogatoire américaines enseignées à Brazzaville
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Le FBI forme les gendarmes aux techniques d'interrogatoire à Brazzaville

L'ambassadeur des Etats Unis à Brazzaville, Todd Haskel, félicite un gendarme à la fin de la formation, à Brazzaville, le 6 septembre 2019. (VOA/Arsène Séverin)

Le FBI vient de former les policiers et les gendarmes du Congo-Brazzaville aux techniques d'interrogatoire qui respectent les droits des personnes. La police fédérale des Etats-Unis aide les agents congolais à mener notamment des auditions de personnes accusées traites d'êtres humains.

De nombreux Congolais se plaignent de la pratique de la torture par les agents de sécurité lors des arrestations, ou pour obtenir des aveux pendant la garde à vue.

"J'ai été torturé physiquement. Nous étions tranquillement en discussion avec des collègues au domicile de Mr. Clément Mierassa à Moungali lorsqu'un groupe de policiers est venu nous lancer des bombes lacrymogènes. J'ai été fauché et je suis tombé par terre", témoigne Eric Mampouya, un opposant au régime de Brazzaville.

Il ajoute : "J'ai reçu des coups de poing, des coups de matraque et, manu militari, on m'a jeté dans un véhicule BJ de la police. Nous étions onze, et nous avons été transportés à la DGST, sans que nous ayons fait quelque chose".

Ces témoignages de mauvais traitements sont récurrents. Et pour y mettre fin, les autorités envoient les officiers en formation.

Lieutenant de la gendarmerie Paul Sisca Diamesso, l'une des bénéficiaires de la formation avec le FBI, à Brazzaville, le 6 septembre 2019. (VOA/Arsène Séverin)
Lieutenant de la gendarmerie Paul Sisca Diamesso, l'une des bénéficiaires de la formation avec le FBI, à Brazzaville, le 6 septembre 2019. (VOA/Arsène Séverin)

Cette fois-ci, c'est le FBI qui s'est chargé de former une trentaine de policiers et gendarmes à la technique d'interrogatoire. Le lieutenant Paul Sisca Diamesso témoigne de nouvelles notions acquises.

"Chez nous, on ne doit pas être agressif. Eviter la torture, en tout cas pas de torture, ramener la personne à la raison en lui faisant croire que si elle collaborait, la gendarmerie ferait en sorte que sa sentence soit réduite", affirme l'officier de gendarmerie.

Lieutenant Aïgon Ndoudi satisfait de nouvelles techniques d'interrogatoire apprises auprès du FBI Brazzaville, le 6 septembre 2019. (VOA/Arsène Séverin)
Lieutenant Aïgon Ndoudi satisfait de nouvelles techniques d'interrogatoire apprises auprès du FBI Brazzaville, le 6 septembre 2019. (VOA/Arsène Séverin)

De même, le lieutenant de police Aïgon Ndoudi a retenu de bons moments de cette formation avec le FBI. "Cela a été un moment d'échange en terme d'outils techniques et tactiques, qui nous permettront de bien mener nos auditions et nos interrogatoires", témoigne-t-il.

La formation que les agents de FBI viennent de dispenser à Brazzaville vise avant tout les interrogatoires de personnes impliquées dans le trafic des êtres humains. Todd Haskell, l’ambassadeur des Etats-Unis à Brazzaville, indique que cette affaire est élevée en priorité dans son pays.

"Le président Donald Trump avait déclaré en février dernier que la lutte contre la traite des humains est l'une de nos grandes priorités", rappelle le diplomate américain.

Pour le Commandant de la gendarmerie congolaise, Paul Victor Moigny, il faut désormais que les interrogatoires tiennent compte du respect de la personne humaine.

"La République du Congo qui condamne fermement cette forme moderne d'esclavagisme pourrait désormais, en sus des dispositions existantes, s'appuyer sur cette nouvelle expertise mise à sa disposition par le FBI", dit-il, avant de s'adresser à sa troupe en ces termes : "Fort de cela, j'ai hâte de vous voir dès maintenant à l'œuvre, à la recherche de la manifestation de la vérité, sans jamais marcher sur la dignité de ceux que vous interrogez".

Les Brazzavillois restent impatients de voir la police et la gendarmerie humaniser les conditions d'arrestation et de détention, ainsi que les méthodes d'obtention des aveux.

Paris "attend des actes" de Brazzaville concernant l'opposant emprisonné Mokoko

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