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Trump tente un ton rassembleur dans un climat politique délétère

Le président Donald Trump prononce son discours sur l'état de l'Union lors d'une session conjointe du Congrès sur le Capitole à Washington, le mardi 5 février 2019. (Photo AP / Andrew Harnik)

Face au Congrès réuni au grand complet, le président américain Donald Trump s'est posé mardi en rassembleur, mais les tensions politiques à Washington, alimentées par ses propos enflammés sur l'immigration, ont rendu l'exercice périlleux.

Pour ce traditionnel discours sur "l'état de l'Union", le tempétueux président américain a multiplié les appels au compromis dans une allocution à la tonalité plutôt sobre, à l'exception d'un long passage sur la sécurité à la frontière avec le Mexique, conclu sur la promesse que le mur serait bel et bien construit.

"Le programme que je vais présenter ce soir n'est ni républicain, ni démocrate. C'est celui du peuple américain", a-t-il déclaré, portant son emblématique cravate rouge, devant plus de 500 élus, dont de nombreuses femmes démocrates vêtues de blanc, en hommage au centenaire du mouvement des suffragettes.

"Ensemble, nous pouvons mettre fin à des décennies de blocage politique, guérir les blessures anciennes, construire de nouvelles coalitions", a-t-il ajouté, s'en tenant assez fidèlement au texte défilant sur les téléprompteurs.

- "Soudaine envie d'unité" -

Mais ces appels venant d'un président coutumier des diatribes enflammées ont peu de chance d'être entendus par ses adversaires politiques. D'autant que le texte comportait peu d'initiatives nouvelles.

"On dirait que, tous les ans, le président se réveille le jour du discours sur l'état de l'Union avec une soudaine envie d'unité. Les 364 autres jours de l'année, le président passe son temps à nous diviser", avait ironisé, avant même le discours, Chuck Schumer, ténor démocrate du Sénat.

Une image, chargée en symboles, résumait la difficulté de sa délicate équation politique: lorsqu'il a pris la parole devant les élus au grand complet, la nouvelle "Speaker" de la Chambre des représentants Nancy Pelosi était, suivant la tradition, assise derrière lui, dans le champ des caméras. Elle est pour l'essentiel restée impassible.

Or l'élue démocrate de San Francisco, vent debout contre son projet de mur à la frontière avec le Mexique, vient de lui infliger une cuisante défaite politique. Et l'image d'habile négociateur que le magnat de l'immobilier de 72 ans aime mettre en avant a été très sérieusement écornée.

Après des semaines d'une étrange partie de poker menteur, Donald Trump a cédé face à ses adversaires politiques et a mis fin le 25 janvier au blocage des services fédéraux sans avoir obtenu le moindre dollar pour son projet emblématique de lutte contre l'immigration clandestine.

- Enquêtes "ridicules" -

A 21 mois de la prochaine élection présidentielle, où il entend briguer un second mandat, le républicain a dénoncé, avec une virulence rare dans cette enceinte, les enquêtes judiciaires "ridicules" et "partisanes" en référence aux investigations du procureur spécial Robert Mueller sur le liens entre son équipe de campagne et la Russie.

Sur un terrain moins miné, il a mis en avant de très bons chiffres économiques et un marché du travail extrêmement dynamique.

"Après 24 mois de progrès rapides, le monde entier nous envie notre économie, notre armée est la plus puissante de la Terre, et l'Amérique gagne chaque jour", a-t-il déclaré.

S'il a une nouvelle fois affirmé que le mur à la frontière avec le Mexique serait "construit", il n'a finalement pas, comme il l'avait laissé entendre, déclaré une "urgence nationale", procédure exceptionnelle qui lui permettrait de contourner le Congrès.

"Ce sont les immigrants, pas les murs, qui rendent l'Amérique plus forte", lui a répondu juste après son discours Stacey Abrams, femme noire et figure montante du parti, qui lui a donné la république au nom des démocrates.

Evoquant rapidement les questions sanitaires, M. Trump a fixé comme objectif aux élus du Congrès de dégager les moyens nécessaires pour "éliminer l'épidémie de VIH" aux Etats-Unis d'ici 10 ans.

Le chapitre consacré à la politique étrangère lui a valu des applaudissements inégaux dans son camp tant certaines de ses décisions suscitent un malaise.

"Les grandes Nations ne se combattent pas dans des guerres sans fin", a affirmé M. Trump pour défendre le retrait annoncé des troupes américaines de Syrie, mais aussi d'Afghanistan, pays à propos duquel il a évoqué des discussions "constructives" avec les talibans.

Dans un cruel rappel à l'ordre, le Sénat a approuvé lundi soir à une très large majorité un amendement critiquant sa décision de retirer les troupes américaines de Syrie et d'Afghanistan.

- Sommet Trump-Kim au Vietnam -

Le président américain a aussi profité de ce rendez-vous pour annoncer le pays et la date de son prochain sommet avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un: les 27 et 28 février au Vietnam.

Dans l'hémicycle, le contraste était saisissant entre les rangs républicains et démocrates, beaucoup plus marqués par la diversité dans ce Congrès américain qui affiche depuis janvier un nombre record de femmes et d'élus issus de minorités.

Fait remarquable: le discours a été interrompu par un "Happy Birthday" chanté en coeur lorsque le président a présenté Judah Samet, survivant de la tuerie de la synagogue de Pittsburgh fin octobre. "Ils ne le feraient pas pour moi", a ajouté Donald Trump dans les rires.

Le 45e président des Etats-Unis a conclu son discours d'un peu plus de 80 minutes sur une tonalité rassembleuse: "Nous devons choisir si nous nous définissons par nos différences ou si avons l'audace de les transcender".

Le prochain combat budgétaire, avec une échéance fixée au 15 février, pourrait cependant marquer la reprise d'un affrontement politique sans merci jusqu'à l'élection présidentielle de novembre 2020.

Avec AFP

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Joe Biden nomme une équipe de communication à la Maison Blanche entièrement féminine

La porte-parole du département d'État, Jen Psaki, participe à une réunion à Washington, le 27 février 2015.

Le président élu des Etats-Unis, Joe Biden, a annoncé dimanche la composition de son équipe de communication à la Maison Blanche, qui sera exclusivement féminine, ce que son entourage a qualifié de première dans l'histoire du pays.

Parmi les personnes désignées figure Jen Psaki, qui occupera le poste très en vue d'attachée de presse de la Maison Blanche.

Jen Psaki, 41 ans, a occupé plusieurs postes haut placés, dont celui de directrice de la communication de la Maison Blanche sous l'administration Obama-Biden.

"Honorée de travailler à nouveau pour @JoeBiden, un homme pour lequel j'ai travaillé sous l'administration Obama-Biden lorsqu'il a contribué à diriger la reprise économique, reconstruit nos relations avec nos partenaires (ce qui se révèle une bonne pratique) et a apporté de l'empathie et de l'humanité dans presque toutes les réunions auxquelles j'ai assisté", a réagi Jen Psaki sur Twitter.

Joe Biden et la vice-présidente élue Kamala Harris cherchent à mettre l'accent sur la diversité dans les nominations annoncées jusqu'à présent, avant de prêter serment le 20 janvier.

"Je suis fier de présenter aujourd'hui la première équipe de communication pour la Maison Blanche composée exclusivement de femmes", a indiqué M. Biden dans un communiqué.

"Ces professionnelles de la communication, qualifiées et expérimentées, apportent des perspectives variées à leur travail et partagent le même engagement pour reconstruire ce pays", a-t-il ajouté.

Postes économiques

En plus de Mme Psaki, six autres femmes ont été nommées.

Parmi elles, Kate Bedingfield, directrice adjointe de campagne de M. Biden, a été nommée directrice de la communication de la Maison Blanche. Mme Bedingfield a déjà officié en tant que directrice de la communication de Biden alors qu'il était vice-président.

Ashley Etienne deviendra directrice de la communication de Kamala Harris et Symone Sanders est propulsée conseillère et porte-parole de la vice-présidente.

Pili Tobar a été nommée directrice adjointe à la communication de la Maison Blanche et Karine Jean Pierre, attachée de presse adjointe.

Elizabeth Alexander sera la directrice de communication de la future Première dame Jill Biden.

Ces nominations ne nécessitent pas la confirmation du Sénat, contrairement à la plupart des postes du cabinet.

D'autres nominations devraient intervenir dans la semaine. Selon le New York Times, elles comprendront celle de Cecilia Rouse à la tête du Cercle des conseillers économiques du président, première femme noire à ce poste.

Neera Tanden prendrait la direction du Bureau de la gestion et du budget, première Indienne Américaine à cette position.

Cela fait suite à la nomination attendue de Janet Yellen, l'ancienne présidente de la Réserve fédérale, la banque centrale américaine, pour devenir la première femme secrétaire au Trésor, si elle est confirmée par le Sénat.

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