Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

États-Unis

Trump part en vacances en vantant son bilan, malgré l'impeachment

Le président américain Donald Trump lors d'une réunion du Cabinet dans la salle du Cabinet à la Maison Blanche à Washington, DC, 20 janvier 2018.

Donald Trump quitte vendredi Washington pour la Floride en mettant en avant de bons chiffres économiques et une série d'avancées, du congé parental à la force de l'Espace qui, espère-t-il, feront un peu oublier un "impeachment" infamant.

Avant de partir pour deux semaines dans son luxueux club de Mar-a-Lago, le président américain a prévu de signer une grande loi budgétaire qui englobe une myriade de décisions, de la politique familiale aux grandes orientations militaires.

"Je signerai aujourd'hui notre loi de défense de 738 milliards de dollars", a-t-il tweeté sur un ton triomphant, même si le texte est, comme toujours, le fruit de compromis entre élus républicains et démocrates du Congrès.

"Elle inclura 12 semaines de congé parental rémunéré, une hausse de salaires pour nos soldats, la création de la force de l'Espace, le financement du mur à la frontière sud, (...) et la hausse de l'âge légal pour fumer à 21 ans! Enorme!".

La "force de l'Espace" deviendra la sixième branche des forces armées américaines, après l'armée de Terre, l'US Air Force, l'US Navy, le corps des Marines et les garde-côtes. Aucun financement supplémentaire ne lui est cependant accordé pour le moment, le "Commandement de l'Espace" voulu par Donald Trump étant encore au stade de projet.

Le budget prévoit aussi une hausse de 3,1% des salaires des membres des forces armées, leur plus forte progression depuis une décennie.

Le texte fourre-tout prévoit par ailleurs des santions contre les entreprises collaborant à la construction du gazoduc russe Nord Stream 2, accusé par Washington de renforcer l'influence de Moscou en Europe, mais jugé par ses promotrices stratégiques pour l'approvisionnement du Vieux continent.

- "Un truc incroyable" -

A moins de 11 mois de la prochaine élection présidentielle, l'ancien homme d'affaires de 73 ans semble aussi déterminé à capitaliser sur de bons indicateurs économiques.

La croissance, dans sa 11e année, a été confirmée vendredi à 2,1% au troisième trimestre, un rythme plutôt soutenu tiré par la consommation des ménages.

En outre, le marché du travail a encore surpris les économistes par sa vitalité en novembre, avec la création de 266.000 emplois et un taux de chômage à nouveau au plus bas depuis un demi-siècle, à 3,5%.

"Ce que nous avons réalisé est un truc incroyable", a martelé le président jeudi soir lors d'un meeting de campagne dans le Michigan, quelques minutes après la vote par la Chambre des représentants de sa mise en accusation pour "abus de pouvoir" et "entrave à la bonne marche du Congrès" dans l'affaire ukrainienne.

"Quand je serai en débat face à l'un de ces personnages (candidats démocrates, NDLR) et qu'ils essayeront de dire des trucs négatifs, il me suffira de dire: Eh bien, regardez où nous en sommes!", a-t-il poursuivi, évoquant la situation des "cols bleus", premiers bénéficiaires selon lui de sa présidence.

Mais deux semaines loin de la capitale fédérale, sous le soleil de Floride dans ce qu'il appelle sa "Maison Blanche d'hiver", ne seront probablement pas suffisantes pour faire oublier à l'Amérique qu'il est devenu le troisième président de l'histoire mis en accusation au Congrès.

La procédure n'est en effet pas terminée. La date et le déroulement de son procès en destitution, qui sera mené par le Sénat à majorité républicaine et devrait lui assurer un acquittement, restent incertains.

Un nouveau bras de fer politique est en effet engagé pour en fixer les règles. En jeu: la durée et, surtout, le nombre et l'identité des témoins qui seront appelés à s'exprimer sous serment lors d'audiences qui pourraient avoir lieu en janvier.

"Nous sommes dans une impasse", a reconnu jeudi soir Mitch McConnell, chef de file du camp présidentiel au Sénat.

Toutes les actualités

Donald Trump accusé d’abus de pouvoir et d’entrave au travail du Congres

Donald Trump accusé d’abus de pouvoir et d’entrave au travail du Congres
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:32 0:00

Etats-Unis: le procès historique de Donald Trump entre mardi dans le vif

Etats-Unis: le procès historique de Donald Trump entre mardi dans le vif
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:22 0:00

Tibor Nagy aborde la question des futures élections avant son départ de Bangui

Tibor Nagy aborde la question des futures élections avant son départ de Bangui
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:26 0:00

Début du procès en destitution du président Donald Trump

Début du procès en destitution du président Donald Trump
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:08 0:00

Les figures-clés du procès en destitution de Donald Trump

Le chef de la majorité républicaine au sénat, Mitch McConnell.

Seule l'accusation, la défense et le juge chargé de présider les débats auront le droit de parole au procès en destitution de Donald Trump au Sénat, qui entre mardi dans le vif du dossier.

- Une défense musclée et médiatique

Donald Trump ne comparaîtra pas et sera représenté par Pat Cipollone, son conseiller juridique à la Maison Blanche, et Jay Sekulow, son avocat personnel.

Le premier, un juriste de 53 ans, a fait carrière dans le droit des affaires et n'a qu'une expérience modeste des plaidoiries à la barre. Catholique pratiquant, père de dix enfants, plutôt taiseux, il a un style qui contraste avec celui de son client.

Mais sur le fond, et notamment sur leur lecture extensive des pouvoirs du président, ils sont en phase. Pat Cipollone a rédigé en octobre la lettre de huit pages dans laquelle la Maison Blanche jugeait l'enquête en destitution anticonstitutionnelle et intimait aux membres de l'administration de ne pas coopérer avec le Congrès.

Le rôle d'orateur reviendra peut-être davantage à Jay Sekulow, 63 ans, habitué des plateaux de radio et de télévision chrétiennes, qui a plaidé à plusieurs reprises devant la Cour suprême des Etats-Unis notamment pour défendre la liberté religieuse.

D'autres personnalités médiatiques les seconderont, dont Kenneth Starr, 73 ans, rendu célèbre par son rôle de procureur féroce dans l'affaire Monica Lewinsky qui a valu un procès en destitution à Bill Clinton en 1999, et Alan Dershowitz, 81 ans, un avocat dans plusieurs grands dossiers criminels, notamment au procès pour meurtre du footballeur O.J. Simpson.

- L'accusation déterminée et diverse

Sept élus démocrates de la Chambre des représentants, quatre hommes et trois femmes, tous avec une expérience juridique, porteront l'accusation contre Donald Trump. Avec deux Noirs et une hispanique, cette équipe resserrée reflète la diversité du parti.

Le procureur en chef, Adam Schiff, 59 ans, a supervisé l'enquête en tant que chef de la commission du Renseignement et connaît l'affaire ukrainienne sur le bout des doigts.

Posé, n'élevant jamais la voix, l'élu de Californie est précis et méthodique, ce qui devrait l'aider à exposer clairement les éléments du dossier.

Cet ex-procureur fédéral, qui a écrit quelques scénarii pour Hollywood dans les années 1990, est devenu l'une des bêtes noires de Donald Trump qui l'a affublé de nombreux sobriquets, dont "Schiff le fourbe".

A ses côtés, le chef de la commission judiciaire de la Chambre Jerry Nadler, 72 ans, est un autre ennemi du milliardaire républicain, avec qui il a croisé le fer dès les années 1980 à New York. Spécialiste du droit constitutionnel, ce vétéran de la politique devrait étayer la base juridique du dossier d'accusation.

- Un juge arbitre et modeste

Le chef de la Cour suprême des Etats-Unis John Roberts est chargé par la Constitution de présider le procès. Ce brillant magistrat de 64 ans, qui compare son travail à celui d'un "arbitre" de sport, a toujours essayé de s'élever au dessus des batailles partisanes.

Très attaché à l'indépendance de la Justice, ce conservateur nommé par George W. Bush à la haute juridiction s'était opposé à Donald Trump en 2018 pour défendre un juge accusé de partialité.

Les règles du Sénat limitent ses marges de manoeuvre et il devrait se contenter d'une posture modeste.

- Un deus ex machina

On ne l'entendra pas, puisque les sénateurs poseront uniquement leurs questions par écrit, mais le chef de la majorité républicaine Mitch McConnell tirera toutes les ficelles en coulisses.

Ce fidèle défenseur du président fera tout pour que les 53 élus de son groupe (sur 100 sénateurs) rejettent la demande démocrate de nouveaux témoins pour boucler "au plus vite" le procès par un acquittement, comme le souhaite Donald Trump.

A 77 ans, le sénateur, élu du Kentucky sans discontinuer depuis 1984, est un animal politique à sang froid, qui sait monter des manoeuvres politiciennes sophistiquées pour faire avancer la cause conservatrice.

Sa placidité apparente et sa longévité lui ont valu le surnom de "tortue". Lui affirme dans son autobiographie ("The Long Game") devoir sa résistance aux batailles livrées dans sa jeunesse: contre la polio et contre les enfants qui le harcelaient à l'école.

Voir plus

XS
SM
MD
LG