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États-Unis

Trump dit vouloir être "immédiatement" jugé au Sénat

Le président Donald Trump, lors d'un meeting de campagne à Battle Creek, Michigan, le 18 décembre 2019.

Au lendemain de sa mise en accusation par la Chambre des représentants, Donald Trump a souhaité la tenue immédiate d'un procès en destitution au Sénat, pour lequel les démocrates poussent les républicains à accepter de convoquer comme témoins de hauts conseillers du président américain.

La présidente démocrate de la Chambre, Nancy Pelosi, a déclaré qu'elle ne transmettrait pas formellement la mise en accusation de Donald Trump au Sénat tant que le chef de file de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, ne ferait pas connaître ses intentions sur les modalités du procès. Pelosi ne devrait pas faire évoluer sa position avant début janvier et la reprise des travaux parlementaires après les fêtes de fin d'année, selon des assistants parlementaires.

McConnell, qui s'est entretenu jeudi après-midi avec le chef de file de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a dit que les deux camps étaient actuellement dans l'impasse. La procédure de destitution a accentué les divisions partisanes à Washington, et les récents sondages dessinent une opinion de plus en plus scindée en deux aux Etats-Unis.

Lors d'un vote historique mercredi soir, la Chambre des représentants - où les démocrates sont majoritaires - a voté la mise en accusation formelle de Donald Trump pour abus de pouvoir et entrave au Congrès dans l'"affaire ukrainienne".

Le procès au Sénat est attendu en janvier. Donald Trump a fait part dernièrement de sa préférence pour un long procès durant lequel seraient entendus de nombreux témoins, mais des sénateurs républicains de premier plan veulent boucler rapidement cette procédure d'"impeachment". S'exprimant jeudi soir via Twitter, le locataire de la Maison blanche s'est plaint que les démocrates lui ont refusé selon lui "une procédure régulière à la Chambre" et qu'ils essaient désormais de "dire au Sénat comment il doit mener son procès".

MOINS DE LA MOITIÉ DES AMÉRICAINS FAVORABLES À UNE DESTITUTION

Les démocrates veulent que Mitch McConnell appelle à témoigner lors du procès au Sénat l'actuel secrétaire général de la Maison blanche, Mick Mulvaney, et l'ancien conseiller à la Sécurité nationale, John Bolton, a-t-on appris auprès d'un haut conseiller démocrate.

D'après un sondage Reuters/Ipsos publié jeudi, moins de la moitié des Américains disent penser que Donald Trump doit être destitué. La mise en accusation du président n'a pas fait évoluer l'opinion, selon cette enquête menée dans les heures qui ont suivi le vote à la Chambre. Environ 42% des personnes interrogées - dont une majorité de démocrates - estiment que le Congrès doit destituer Donald Trump, tandis que 29% disent vouloir que la mise en accusation soit retirée. Seulement 44% des personnes interrogées disent approuver la procédure menée par la Chambre, et 41% d'entre elles la dénoncent.

Jamais, dans l'histoire des Etats-Unis, un président n'a été destitué. Les républicains, majoritaires au Sénat avec 53 sièges, pourront faire obstacle à la procédure, d'autant qu'une majorité qualifiée des deux tiers y est nécessaire pour destituer un président.

Le sénateur Jeff Van Drew, qui s'est prononcé mercredi contre la mise en accusation de Donald Trump lors du vote sur chacun des chefs d'accusation, a quitté le Parti démocrate pour rejoindre les rangs républicains. L'annonce a été faite par Trump, en présence de Van Drew, lors d'une apparition à la Maison blanche.

Avec Reuters

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Les figures-clés du procès en destitution de Donald Trump

Le chef de la majorité républicaine au sénat, Mitch McConnell.

Seule l'accusation, la défense et le juge chargé de présider les débats auront le droit de parole au procès en destitution de Donald Trump au Sénat, qui entre mardi dans le vif du dossier.

- Une défense musclée et médiatique

Donald Trump ne comparaîtra pas et sera représenté par Pat Cipollone, son conseiller juridique à la Maison Blanche, et Jay Sekulow, son avocat personnel.

Le premier, un juriste de 53 ans, a fait carrière dans le droit des affaires et n'a qu'une expérience modeste des plaidoiries à la barre. Catholique pratiquant, père de dix enfants, plutôt taiseux, il a un style qui contraste avec celui de son client.

Mais sur le fond, et notamment sur leur lecture extensive des pouvoirs du président, ils sont en phase. Pat Cipollone a rédigé en octobre la lettre de huit pages dans laquelle la Maison Blanche jugeait l'enquête en destitution anticonstitutionnelle et intimait aux membres de l'administration de ne pas coopérer avec le Congrès.

Le rôle d'orateur reviendra peut-être davantage à Jay Sekulow, 63 ans, habitué des plateaux de radio et de télévision chrétiennes, qui a plaidé à plusieurs reprises devant la Cour suprême des Etats-Unis notamment pour défendre la liberté religieuse.

D'autres personnalités médiatiques les seconderont, dont Kenneth Starr, 73 ans, rendu célèbre par son rôle de procureur féroce dans l'affaire Monica Lewinsky qui a valu un procès en destitution à Bill Clinton en 1999, et Alan Dershowitz, 81 ans, un avocat dans plusieurs grands dossiers criminels, notamment au procès pour meurtre du footballeur O.J. Simpson.

- L'accusation déterminée et diverse

Sept élus démocrates de la Chambre des représentants, quatre hommes et trois femmes, tous avec une expérience juridique, porteront l'accusation contre Donald Trump. Avec deux Noirs et une hispanique, cette équipe resserrée reflète la diversité du parti.

Le procureur en chef, Adam Schiff, 59 ans, a supervisé l'enquête en tant que chef de la commission du Renseignement et connaît l'affaire ukrainienne sur le bout des doigts.

Posé, n'élevant jamais la voix, l'élu de Californie est précis et méthodique, ce qui devrait l'aider à exposer clairement les éléments du dossier.

Cet ex-procureur fédéral, qui a écrit quelques scénarii pour Hollywood dans les années 1990, est devenu l'une des bêtes noires de Donald Trump qui l'a affublé de nombreux sobriquets, dont "Schiff le fourbe".

A ses côtés, le chef de la commission judiciaire de la Chambre Jerry Nadler, 72 ans, est un autre ennemi du milliardaire républicain, avec qui il a croisé le fer dès les années 1980 à New York. Spécialiste du droit constitutionnel, ce vétéran de la politique devrait étayer la base juridique du dossier d'accusation.

- Un juge arbitre et modeste

Le chef de la Cour suprême des Etats-Unis John Roberts est chargé par la Constitution de présider le procès. Ce brillant magistrat de 64 ans, qui compare son travail à celui d'un "arbitre" de sport, a toujours essayé de s'élever au dessus des batailles partisanes.

Très attaché à l'indépendance de la Justice, ce conservateur nommé par George W. Bush à la haute juridiction s'était opposé à Donald Trump en 2018 pour défendre un juge accusé de partialité.

Les règles du Sénat limitent ses marges de manoeuvre et il devrait se contenter d'une posture modeste.

- Un deus ex machina

On ne l'entendra pas, puisque les sénateurs poseront uniquement leurs questions par écrit, mais le chef de la majorité républicaine Mitch McConnell tirera toutes les ficelles en coulisses.

Ce fidèle défenseur du président fera tout pour que les 53 élus de son groupe (sur 100 sénateurs) rejettent la demande démocrate de nouveaux témoins pour boucler "au plus vite" le procès par un acquittement, comme le souhaite Donald Trump.

A 77 ans, le sénateur, élu du Kentucky sans discontinuer depuis 1984, est un animal politique à sang froid, qui sait monter des manoeuvres politiciennes sophistiquées pour faire avancer la cause conservatrice.

Sa placidité apparente et sa longévité lui ont valu le surnom de "tortue". Lui affirme dans son autobiographie ("The Long Game") devoir sa résistance aux batailles livrées dans sa jeunesse: contre la polio et contre les enfants qui le harcelaient à l'école.

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