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États-Unis

Trump nomme William Barr ministre de la Justice

William Barr

Le président américain Donald Trump a nommé ministre de la Justice William Barr, un juriste républicain ayant déjà occupé cette fonction sous la présidence de George H.W. Bush.

William Barr remplacera Jeff Sessions, que le président a limogé brutalement en novembre faisant craindre une reprise en main de la très sensible enquête russe.

"Il est respecté par les républicains et par les démocrates", a justifié M. Trump. "C'est l'un des juristes les plus respectés du pays et un des meilleurs esprits juridiques", a-t-il ensuite tweeté.

La nomination de William Barr, 68 ans, doit encore être confirmée par un vote du Sénat, conformément à la Constitution. Compte-tenu des vacances parlementaires, il est peu probable qu'il entre en fonction avant l'année prochaine.

Dans les rangs républicains, l'enthousiasme était de mise. Qualifiant ce choix d'"exceptionnel", le sénateur Lindsey Graham a loué un homme "de la plus haute intégrité". Son collègue Orrin Hatch a souligné "sa vaste expérience et sa finesse de jugement".

Les démocrates étaient plus circonspects. Le sénateur Richard Blumenthal a évoqué ses "commentaires suggérant qu'il est plus intéressé à courtiser Trump qu'à analyser objectivement les lois et les faits". Son confrère Patrick Leahy a lui aussi parlé de "commentaires récents troublants".

Le Sénat, en partie renouvelé lors des élections du 6 novembre, comptera 53 républicains sur 100 à la rentrée, ce qui devrait assurer la confirmation de William Barr.

- "Confiant" -

En attendant, l'intérim au ministère de la Justice est assuré par Matthew Whitaker, soupçonné en raison de propos passés d'être en mission commandée pour rogner les ailes du procureur spécial Robert Mueller.

M. Mueller, un ancien chef de la police fédérale (FBI) devenu bête noire du président, est chargé notamment d'établir s'il y a eu ou non collusion entre Moscou et l'équipe de campagne de Donald Trump lors de la présidentielle de 2016. Il semble en voie de boucler son enquête.

William Barr connaît bien Robert Mueller, dont il a été le chef quand il était ministre de la Justice de George H.W. Bush de 1991 à 1993. M. Mueller dirigeait alors la direction des affaires pénales du ministère.

M. Barr avait loué le choix de le nommer procureur spécial de l'enquête russe en mai 2017, se disant "confiant" sur le fait que M. Mueller "ne laisserait pas l'enquête dégénérer en chasse aux sorcières sans fin".

Quelques mois plus tard, il regrettait toutefois que des membres de l'équipe Mueller aient fait des dons à des candidats démocrates.

- "Rien de mal" -

Diplômé de l'université de Columbia, William Barr a notamment travaillé pour l'agence de renseignements CIA et des tribunaux de la capitale fédérale avant de se mettre au service du président H.W. Bush.

Après l'élection du démocrate Bill Clinton, il était parti dans le secteur privé, notamment au service de l'opérateur américain de télécoms Verizon. Il travaillait dernièrement pour un grand cabinet d'avocats new-yorkais.

Il commentait régulièrement l'actualité et certains de ses propos ont suscité des interrogations dans les rangs démocrates.

Il a notamment soutenu le limogeage du chef du FBI James Comey par Donald Trump: "Je trouve assez compréhensible que l'administration ne souhaite pas un directeur du FBI qui ne respecte pas les limites établies de son pouvoir."

Il avait également défendu l'appel du milliardaire à l'ouverture d'une enquête sur sa rivale démocrate à la présidentielle Hillary Clinton. "Il n'y a rien d'intrinsèquement mal à ce qu'un président demande une enquête", avait-il déclaré, alors que la Constitution prévoit une stricte séparation des pouvoirs exécutif et judiciaire.

Conformément à une opinion en vogue dans certains milieux conservateurs, il estime qu'il y a davantage de raisons d'enquêter sur les liens présumés entre Mme Clinton et la vente d'une mine d'uranium, que sur une éventuelle collusion entre le Kremlin et le candidat Trump.

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L'administration Trump annonce des ventes d'armes à Ryad en contournant le Congrès

Trump

L'administration de Donald Trump a "formellement informé le Congrès" de nouvelles ventes d'armes à l'Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis en contournant la possibilité dont disposent normalement les parlementaires de bloquer ce type de contrat, a annoncé vendredi un sénateur démocrate.

Le gouvernement a "invoqué une obscure disposition" législative sur les exportations de munitions à guidage de précision pour passer outre l'avis du Congrès au nom de la menace iranienne, a déploré Bob Menendez, numéro deux de la commission des Affaires étrangères du Sénat, dans un communiqué.

Le sénateur ne précise ni la nature ni le montant de ces contrats.

"En tentant d'expliquer sa décision, l'administration n'identifie même pas quel mécanisme légal elle pense utiliser, décrit des années de comportement néfaste de la part de l'Iran mais sans expliquer clairement ce qui constitue aujourd'hui une urgence", a-t-il estimé.

Il déplore une mesure "sans précédent" et dit redouter son impact sur les civils au Yémen, où l'Arabie saoudite et les Emirats dirigent une coalition militaire contre les rebelles Houthis soutenus par l'Iran.

"Une fois de plus, l'administration Trump ne donne pas la priorité à nos intérêts de sécurité nationale de long terme et ne défend pas les droits humains, préférant accorder des faveurs à des pays autoritaires comme l'Arabie saoudite", a-t-il déclaré.

Le Congrès américain avait adopté en avril une résolution exigeant du président "le retrait des forces armées américaines des hostilités" au Yémen, à l'exception des opérations visant Al-Qaïda. Donald Trump y a mis son veto.

Le nouveau casse-tête des législateurs

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Objets décoratifs en s’inspirant de la carte de l’Afrique

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Trump accusé de recourir de façon abusive au droit de grâce

Le président américain Donald Trump

Le président Donald Trump, qui envisagerait de gracier ce week-end plusieurs militaires poursuivis pour crimes de guerre, se voyait reprocher vendredi de recourir abusivement à ce droit de clémence que lui accorde la constitution.

Ces grâces, si elles se concrétisent, seraient "répugnantes", a estimé Pete Buttigieg, un candidat à la primaire démocrate.

Ce serait "un affront à l'idée de l'ordre et de la discipline, un affront aux lois de la guerre, auxquelles nous croyons quand nous mettons en danger nos vies pour défendre le pays", a ajouté cet ancien militaire de 37 ans, qui a servi en Afghanistan.

Selon des responsables cités de façon anonyme dans la presse, notamment par le New York Times, le président américain a l'intention de gracier plusieurs militaires pendant le week-end du Memorial Day, qui honore les soldats américains tombés au combat.

- Civils tués -

Parmi les militaires auxquels M. Trump envisagerait d'accorder sa grâce figure un soldat d'élite de 39 ans, Edward Gallagher, accusé d'avoir poignardé à mort un prisonnier blessé âgé d'une quinzaine d'années, alors qu'un médecin était en train de lui administrer des soins.

Membre des célèbres "Navy SEALs", unité d'élite de la Marine américaine, il est aussi accusé d'avoir abattu au fusil de précision une jeune fille et un vieillard et d'avoir arrosé des zones résidentielles à la mitraillette lourde. Son procès doit s'ouvrir le 28 mai devant un tribunal militaire dans la base navale de San Diego (Californie).

Mercredi, c'est l'ancien commandant des forces de l'Otan, l'ex-amiral James Stavridis, qui s'est élevé dans les colonnes du magazine Time contre l'idée de gracier des militaires soupçonnés ou reconnus coupables de crimes de guerre.

"J'ai commandé plusieurs des militaires que Trump veut gracier. Les libérer affaiblira l'armée", écrit l'amiral Stavridis, aujourd'hui à la retraite.

Ce genre de grâces "renforce la propagande ennemie, car ils pourront dire que nous ne respectons pas nos propres principes" et les conduira "à se comporter de façon encore plus barbare", a-t-il noté.

- Meurtres de prisonniers -

Le président américain s'intéresse aussi au cas d'un ancien membre des forces spéciales américaines, le commandant Matt Golsteyn, inculpé de "meurtre avec préméditation" pour avoir tué en 2010 un Afghan qu'il soupçonnait avoir fabriqué des bombes artisanales et avoir ensuite incinéré le corps pour le faire disparaître.

Selon l'armée, le crime de guerre est constitué, car l'Afghan avait été fait prisonnier. Matt Golsteyn doit être jugé en cour martiale à une date restant à fixer.

Les médias ont aussi mentionné trois soldats du corps des Marines punis par la justice militaire pour s'être fait filmer en train d'uriner en 2011 sur les cadavres de talibans tués au combat, et un ancien agent de la société de sécurité privée Blackwater, Nicholas Slatten, 35 ans, jugé coupable en décembre de l'assassinat d'un civil irakien en 2007, onze ans après un carnage à Bagdad qui avait suscité une indignation mondiale.

Pour le général Martin Dempsey, ancien chef d'état-major américain, "la grâce de militaires accusés de crimes de guerre montre à nos soldats que nous ne prenons pas le droit de la guerre au sérieux".

"Mauvais message. Mauvais précédent. Abdication de notre responsabilité morale. Représente un risque pour nous", a tweeté le général Dempsey, qui a pris sa retraite en 2015.

La grâce est un droit régalien que la Constitution des Etats-Unis confère à son président.

- Utilisation partiale -

Donald Trump n'hésite pas à y avoir recours et, selon ses critiques, en fait surtout profiter ses soutiens de la première heure.

Il en a ainsi fait bénéficier ce mois-ci l'ancien patron de presse Conrad Black, un grand laudateur du président américain.

Auparavant, M. Trump a gracié Dinesh D'Souza, un conservateur polémiste très anti-démocrate, ou encore l'ancien shérif Joe Arpaio, condamné pour ses méthodes policières discriminatoires envers les immigrés clandestins.

Deux grands quotidiens américains ont publié cette semaine des éditoriaux critiquant le projet de M. Trump.

"L'usage du droit de grâce par Donald Trump est peut-être légal, mais il n'est absolument pas normal", a jugé le New York Times.

Ces grâces "seraient une insulte aux millions de militaires qui se sont comportés honorablement", a souligné le Washington Post.

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