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Trump nie que les "tarifs douaniers posent problème", accuse la Fed

Le président américain Donald Trump parle lors d'une discussion lors de la réunion annuelle du Forum économique mondial (WEF) à Davos, en Suisse orientale, le 26 janvier 2018

Donald Trump a nié vendredi que les tarifs douaniers imposés pour forcer la Chine à négocier un accord commercial posaient un problème à l'économie, mais a accusé la Banque centrale d'être responsable du ralentissement de la première économie du monde.

"Nous n'avons pas de problème de tarifs douaniers (nous remettons sur le droit chemin les mauvais joueurs et ceux qui ont des pratiques injustes), mais la Fed pose un problème. Ils n'ont aucune idée de ce qu'ils font", a tweeté le président américain.

De nombreuses fédérations professionnelles ont mis en garde le président ces derniers jours contre les effets néfastes des droits de douane supplémentaires sur les produits importés de Chine, qui doivent entrer en vigueur le 1er septembre.

Si Donald Trump accuse souvent et avec beaucoup de virulence la Banque centrale de freiner "son" économie, il a innové vendredi en accusant les entreprises qui se plaignent des tarifs d'être dirigées par des incompétents.

"Des entreprises mal dirigées et faibles blâment et c'est bien vu ces petits tarifs plutôt qu'elles-mêmes pour mauvaise gestion... et qui peut vraiment leur en vouloir de faire ça? Ce ne sont que des excuses!", a-t-il encore tweeté.

M. Trump s'est aussi insurgé une nouvelle fois contre le niveau élevé du dollar, accusant là encore la Fed de ne "RIEN faire", alors que "l'euro chute comme un dingue face au dollar, ce qui leur donne un gros avantage à l'export et pour le secteur manufacturier".

Il a répété une nouvelle fois une contrevérité, selon laquelle le dollar serait maintenant le plus élevé de l'histoire. C'est faux, le niveau du billet vert ayant déjà été beaucoup plus élevé par rapport aux principales devises mondiales, notamment au milieu des années 1980.

Le président a souligné à quel point cela pesait sur les exportateurs américains. De fait, quand la valeur du dollar augmente face aux devises des partenaires commerciaux, cela augmente automatiquement le prix à payer pour les produits américains exportés.

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Attaques de drones: l'impossible parade

Drone Militaire américaine aux Philippines.

Les dégâts infligés samedi par les rebelles yéménites Houthis aux infrastructures pétrolières saoudiennes illustrent la quasi-impossibilité pour un pays, même richissime, de protéger ses infrastructures vitales d'une telle menace asymétrique, soulignent experts et officiels. 

Les dégâts infligés samedi par les rebelles yéménites Houthis aux infrastructures pétrolières saoudiennes illustrent la quasi-impossibilité pour un pays, même richissime, de protéger ses infrastructures vitales d'une telle menace asymétrique, soulignent experts et officiels.

Les dommages sévères subis par l'usine d'Abqaiq et le gisement de Khurais, dans l'Est du pays, ont résulté d'une attaque menée par dix drones, écrit lundi le centre d'analyse américain Soufan Center.

L'emploi additionnel de missiles de croisière est possible, ajoute le Centre, citant des responsables de l'administration américaine.

Ce sont des armes dont disposent les Houthis, appuyés par l'Iran depuis le début de leur confrontation au Yémen avec une coalition menée par Ryad, il y a cinq ans. Ils ont prouvé à plusieurs reprises, notamment depuis le printemps 2019, que ces armes parvenaient à percer les défenses saoudiennes.

Face à une telle menace "il faut un système de défense ultra-perfectionné, comme seul en dispose, je pense, un groupe aéronaval américain" organisé autour d'un des porte-avions de l'US Navy, assure à l'AFP l'ancien chef d'un service français de renseignement, qui, toujours tenu au devoir de réserve, demande à ne pas être identifié.

"Une attaque coordonnée comme celle qui a été menée samedi n'est pas à la portée de n'importe qui, et ce n'est pas non plus à la portée de tout le monde de pouvoir se défendre contre une attaque comme ça", ajoute-t-il.

Début juillet, les Houthis ont présenté en grande pompe, lors d'une cérémonie dans un lieu tenu secret, un drone-bombardier, baptisé le "Sammad 3" et un missile de croisière, dénommé "Al-Qods". Ils disposent également d'un drone armé d'explosifs appelé "Qasef 2".

"C'est le pouvoir égalisateur de la technologie, qui permet à des gueux de pouvoir menacer de grandes puissances", s'indignait récemment un haut gradé de l'armée française, sous couvert d'anonymat. "Nous sommes défaits par des engins de 250 kilos, comme nous sommes défaits par des mines au Mali".

- Fusils brouilleurs, drones programmables -

L'Arabie Saoudite a dépensé des fortunes pour se doter de systèmes de défense sol-air, comme des batteries de missiles anti-missiles américains Patriot, de radars et d'une force aérienne ultra-moderne.

Ses dépenses en armement ont dépassé en 2018 les 65 milliards de dollars, selon l'Institut de recherche pour la Paix de Stockholm.

Becca Wasser, analyste au centre de réflexion réputé Rand Corp, précise à l'AFP que "pour l'essentiel, l'Arabie Saoudite compte sur ses systèmes Patriot pour intercepter les projectiles Houthis, mais les résultats sont mitigés, étant donné que les Patriot sont destinés à détruire des missiles, plutôt que des drones".

"L'emploi de drones indique que les Houthis ont trouvé la faille dans leurs systèmes de défense", juge-t-elle.

Les dimensions des installations pétrolières saoudiennes, par endroits de la taille de grandes villes, et leur dispersion dans le royaume les rendent en outre extrêmement difficiles à protéger en permanence, face à une menace protéiforme.

Les drones des Houthis, mis au point selon un rapport d'experts de l'ONU publié en 2018 à l'aide de pièces d'origine iraniennes, sont de dimensions variables et peuvent évoluer à des vitesses et des altitudes variées, rendant plus difficile leur interception.

"Le problème, c'est qu'il n'existe pas de système unique pour traiter tous les cas, et la menace drone évolue sans cesse" commente un ingénieur militaire français.

"Aujourd'hui, les sites sensibles sont protégés par des radars et des fusils brouilleurs, mais il existe désormais des drones autonomes, programmables" et ainsi insensibles au brouillage GPS, ajoute-t-il. "Leur vitesse va également augmenter: il va falloir les détecter plus vite et plus loin".

Le 19 août, l'armée de l'air saoudienne a publié les images de l'un de ses chasseurs-bombardiers F-15 détruisant en plein vol un drone Qasef-2 au-dessus du Yémen, et a assuré avoir neutralisé une vingtaine de ces appareils au cours de l'année écoulée.

D'après les vidéos mises en ligne par les Houthis, leur drone d'attaque "Sammad 3" dispose d'un rayon d'action de 1.500 km, mettant tout le territoire d'Arabie Saoudite à sa portée, ainsi que plusieurs régions des Émirats Arabes Unis, alliés de Ryad dans la guerre au Yémen.

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