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Donald Trump va frapper les importations d'acier et d'aluminium d'importantes taxes

Le président américain Donald Trump à la Maison Blanche à Washington, le 27 février 2018.

Donald Trump a annoncé jeudi qu'il allait frapper de fortes taxes les importations d'acier et d'aluminium aux Etats-Unis, au risque de provoquer une guerre commerciale avec ses principaux partenaires commerciaux dont plusieurs ont immédiatement réagi.

"Nos industries de l'acier et de l'aluminium (et bien d'autres) sont décimées par des décennies de commerce inéquitable et une mauvaise politique avec les pays à travers le monde", a twitté jeudi le président américain.

"Je les promulguerai la semaine prochaine", a affirmé le président américain lors d'une rencontre à la Maison Blanche avec des producteurs d'acier et d'aluminium américains. "Et elles seront appliquées pour longtemps", a-t-il souligné.

Le président américain a évoqué des tarifs douaniers de 25% pour l'acier et de 10% pour l'aluminium sans toutefois spécifier quels pays ils viseront.

>> Lire aussi : Le déficit commercial américain au plus haut depuis sept ans

L'Union européenne "va réagir fermement et proportionnellement pour défendre (ses) intérêts", a rétorqué le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, ajoutant que la Commission présenterait "dans les prochains jours une proposition de contre-mesures contre les Etats-Unis, compatibles avec les règles de l'OMC, pour rééquilibrer la situation".

Du côté du Canada, le premier partenaire commercial de Washington, le ministre du Commerce international, François-Philippe Champagne, a prévenu que toute éventuelle taxe douanière imposée par les Etats-Unis serait "inacceptable".

Chute de la Bourse

"Vous devrez reconstruire vos industries", a indiqué Donald Trump à l'intention des industriels qu'il recevait, ajoutant que les importations à bas prix aux Etats-Unis "détruisent nos entreprises et nos emplois".

Ces déclarations interviennent alors que Liu He, conseiller économique du président chinois, est en visite à Washington. Il devait rencontrer des responsables de la Maison Blanche mais pas M. Trump, ont indiqué à l'AFP des responsables américains.

Donald Trump avait en principe jusqu'au 11 avril dans le cas de l'acier et jusqu'au 19 avril dans celui de l'aluminium pour se prononcer sur des mesures visant les importations aux Etats-Unis qu'il accuse d'être subventionnées et écoulées à des prix inférieur à leurs coûts de production (dumping).

Les déclarations de Donald Trump n'en aura finalement que dévoilé les grandes lignes dans de brèves déclarations.

Mais celles-ci ont contribué à accélérer la chute de Wall Street dont l'indice vedette DJIA perdait plus de 2% vers 20h00 GMT, lesté par la forte baisse de sociétés exportatrices comme Boeing, Caterpillar et United Technologies qui perdaient plus de 3%.

Le président de la banque centrale américaine (Fed), Jerome Powell, qui vient de prendre ses fonctions après avoir été nommé par Donald Trump, a également fait part de ses réticences face à l'arme des sanctions commerciales, estimant notamment lors d'une audition devant le Sénat que "les droits de douane n'étaient pas la meilleure approche" et que "d'une façon générale" les échanges commerciaux avaient "un impact positif" sur l'économie.

Guerre commerciale

L'administration Trump avait dévoilé mi-février trois scénarios pour taxer les importations d'aluminium et d'acier, mettant en avant la nécessité de préserver la sécurité nationale et les emplois aux Etats-Unis.

La première option consisterait à taxer l'ensemble des importations de ces deux secteurs jugés stratégiques, la deuxième propose une taxation encore plus lourde envers certains pays et la troisième verrait la mise en place de quotas, avait expliqué le ministre du Commerce Wilbur Ross.

Dans le détail, une taxe d'au moins 24% est envisagée sur toutes les importations d'acier quel que soit le pays d'origine; ou une taxe d'au moins 53% sur celles provenant de douze pays dont la Chine, la Russie, le Brésil, la Corée du Sud et la Turquie; ou un quota équivalent à 63% des importations provenant de chaque pays sur la base des quantités de 2017.

Les propositions pour l'aluminium sont similaires avec une taxation générale d'au moins 7,7%, ou d'au moins 23,6% sur celles provenant de Chine, Hong-Kong, Russie, Venezuela et Vietnam. L'option du quota serait de 86,7% des importations sur la base de celles de 2017.

Les Etats-Unis sont les plus gros importateurs d'acier au monde. Leurs importations sont près de quatre fois supérieures à leurs exportations, a déploré M. Ross, accusant aussi la Chine de produire "chaque mois en moyenne la quasi-totalité des besoins annuels des Etats-Unis".

Les déclarations du président américain réveillent les craintes de guerre commerciale mondiale, la Chine, deuxième partenaire commercial des Etats-Unis, ayant déjà prévenu qu'elle ne resterait pas les bras croisés face à des mesures protectionnistes américaines.

Pourtant, ce pays est loin d'être le principal fournisseur d'acier des Etats-Unis, comptant pour moins de 2% des importations totales. Celles-ci proviennent principalement du Canada (16%), du Brésil (13%) et de la Corée du Sud (10%).

Avec AFP

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Au Mur des Lamentations, Pompeo offre à Netanyahu une image symbolique

Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo devant le Mur des Lamentations

Le secrétaire d'Etat Mike Pompeo est devenu jeudi le premier haut responsable américain à visiter le Mur des Lamentations avec un Premier ministre israélien, une image symbolique et un coup de pouce à Benjamin Netanyahu, engagé dans une bataille incertaine pour sa réélection.

L'administration américaine de Donald Trump semble vouloir mettre tout son poids dans la balance pour soutenir le Premier ministre d'Israël à l'approche des élections législatives du 9 avril.

En plein déplacement de son secrétaire d'Etat, M. Trump s'est prononcé sur Twitter pour la reconnaissance de "la souveraineté d'Israël" sur la partie du Golan syrien occupée en 1967 par Israël puis annexée.

"Merci président Trump!", a aussitôt réagi Benjamin Netanyahu sur Twitter, en saluant une décision "courageuse".

Le chef du gouvernement israélien avait encore réclamé la veille, en présence de Mike Pompeo, que la communauté internationale fasse ce pas au nom de sa sécurité. Reconnaître formellement l'annexion du Golan serait une nouvelle entorse à la tradition diplomatique américaine et au consensus international.

Mike Pompeo a en tout cas rompu avec la pratique lors de sa visite à Jérusalem. Devant les caméras, il s'est recueilli avec Benjamin Netanyahu face au Mur des Lamentations, le site de prière le plus sacré pour les juifs. Les deux hommes ont ensuite, chacun à leur tour, glissé leur prière inscrite sur un petit papier entre les pierres de l'imposante muraille.

"Il est important" et "symbolique qu'un haut responsable américain s'y rende avec un Premier ministre d'Israël", a expliqué le chef de la diplomatie américaine, évoquant un "lieu très important pour de nombreuses religions".

- Une aura -

Mais ce geste apparaît surtout comme une nouvelle étape dans la révision de la position américaine à l'égard de Jérusalem engagée par Donald Trump, qui avait lui-même été en 2017 le premier président des Etats-Unis en exercice à se rendre au Mur des Lamentations.

Ce site se trouve en effet à Jérusalem-Est, dont Israël s'est emparé en 1967 avant de l'annexer.

La communauté internationale juge illégale cette annexion, et renvoie le statut final de la Ville sainte à des négociations de paix.

Mais Donald Trump a lui reconnu unilatéralement fin 2017 Jérusalem comme capitale d'Israël, ce qui lui vaut les remontrances de nombreux autres pays, la colère des Palestiniens, mais aussi une aura particulière auprès des Israéliens.

Le sort de la ville est une des clés de toute résolution du conflit israélo-palestinien, puisque l'Etat hébreu la considère comme sa capitale "indivisible" alors que les Palestiniens revendiquent sa partie orientale comme capitale de l'Etat auquel ils aspirent.

- Netanyahu à Washington -

Tous ces gestes américains "devraient être accompagnés de déclarations montrant que les Etats-Unis envisagent aussi qu'à l'issue d'éventuelles négociations, la capitale d'un Etat palestinien puisse voir le jour dans Jérusalem-Est", estime Dan Shapiro, ambassadeur en Israël de l'ex-président Barack Obama. Ce qui n'est pas le cas.

Aaron David Miller, ancien diplomate américain, juge que la visite Pompeo-Netanyahu au Mur des Lamentations vise à montrer clairement "que cette administration est la plus pro-israélienne de l'histoire".

"A moins de trois semaines des élections israéliennes, pas besoin d'être un grand spécialiste du Moyen-Orient pour comprendre que l'administration fait tout son possible, en surfant sur la popularité de Trump en Israël, pour démontrer que Netanyahu est indispensable", dit à l'AFP cet expert du cercle de réflexion Wilson Center à Washington.

Le Premier ministre israélien, au pouvoir depuis une décennie, multiplie de son côté les occasions de s'afficher auprès des dirigeants américains, et se rendra la semaine prochaine à Washington auprès du locataire de la Maison Blanche. Ce nouveau voyage sera aussi l'occasion pour Benjamin Netanyahu de s'afficher à la grand-messe du puissant lobby pro-Israël Aipac.

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