Liens d'accessibilité

Trump appelle des dirigeants étrangers, son décret sur l'immigration est déjà contesté en justice


Le président des Etats-Unis Donald Trump, 26 janvier 2017.

Donald Trump s'entretient pour la première fois samedi avec plusieurs dirigeants dont Vladimir Poutine, François Hollande et Angela Merkel, au lendemain d'un décret controversé sur l'immigration et l'entrée de réfugiés aux Etats-Unis, déjà attaqué en justice

L'Europe doit "répondre" avec "fermeté" à Donald Trump a estimé samedi à Lisbonne François Hollande, donnant le ton de la conversation téléphonique que le président français aura avec son homologue américain dans la journée.

Donald Trump a déjà conversé samedi avec le Premier ministre japonais Shinzo Abe, pour l'assurer de l'engagement "sans faille" des Etats-Unis pour la sécurité du Japon et convenir d'une rencontre à Washington le 10 février.

- 'Protéger la nation...'

Il a ensuite appelé la chancelière allemande Angela Merkel avec laquelle il a parlé pendant 45 minutes, selon le porte-parole de la Maison Blanche, avant de s'entretenir avec le président russe Vladimir Poutine. La Maison Blanche n'a encore fourni aucun élément sur le contenu de ces conversations. Donald Trump doit également s'entretenir avec M. Hollande ce samedi.

Son dernier décret intitulé "Protéger la nation contre l'entrée de terroristes étrangers aux Etats-Unis" a provoqué des réactions indignées à travers le monde et fait déjà l'objet d'une plainte déposée par plusieurs associations de défense des droits civiques américaines, dont la puissante ACLU, qui veulent le bloquer. Ces associations ont réussi a faire libérer un Irakien interpellé vendredi soir à l'aéroport JF Kennedy.

Les restrictions draconiennes en matière d'immigration et d'accueil de réfugiés visent particulièrement les ressortissants de sept pays musulmans (Irak, Iran, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen), y compris ceux qui possèdent une autre nationalité, ont plongé de nombreux immigrants dans le désarroi.

Plusieurs citoyen de ces pays, en possession de visas en bonne et due forme, se sont vus refuser l'entrée du territoire américain dès vendredi soir par les services d'immigration.

Une Iranienne, étudiante en gestion en Californie, qui devait retourner le 4 février aux Etats-Unis a ainsi vu son billet annulé. "J'avais un billet sur Turkish (Airlines) le 4 février prochain, mais il a été annulé", a-t-elle déclaré à l'AFP sous couvert de l'anonymat.

Au Caire (Egypte), une famille irakienne disposant de visas a été empêchée d'embarquer à bord d'un vol vers New York, ont indiqué des responsables de l'aéroport à l'AFP.

La Maison Blanche a fait savoir que le décret s'applique également aux détenteurs d'un permis de résidence permanente aux Etats-Unis (carte verte) en provenance des sept pays cités, qui ne pourront revenir sur le sol américain qu'après un entretien avec un agent consulaire avant leur arrivée.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a dit espérer par le voix de son porte-parole Stéphane Dujarric, que ces mesures sont "temporaires" car "le besoin de protection des réfugiés n'a jamais été aussi grand".

Une semaine après son entrée à la Maison Blanche, le nouveau président américain a déjà pris plusieurs mesures controversées, de la construction d'un mur à la frontière avec le Mexique, à la dénonciation d'accords commerciaux, en passant par l'annonce de coupes drastiques dans les contributions à l'ONU et des déclarations en faveur du rétablissements de la torture.

Très critique vis-à-vis de l'Union européenne, le président américain s'est réjoui vendredi du Brexit évoquant "une chose merveilleuse". Quelques jours avant sa prise de fonctions, il avait vivement critiqué Angela Merkel pour avoir commis selon lui "une erreur catastrophique" en ouvrant son pays aux migrants en 2015.

Donald Trump est en revanche applaudi par le président tchèque Milos Zeman qui s'est félicité de que le président américain "protège son pays" et se soucie "de la sécurité de ses citoyens. Exactement ce que les élites européennes ne font pas", a tweeté samedi le porte-parole du président tchèque, Jiri Ovcacek.

L'opposition démocrate aux Etats-Unis a dénoncé un décret "cruel" qui sape les valeurs américaines.

- Poutine: un homme 'brillant' -

Mais le coup de fil le plus attendu était celui que Donald Trump a donné à Vladimir Poutine après sa promesse de réchauffer les relations avec Moscou. C'était le premier entretien entre les deux hommes qui ont publiquement fait assaut d'amabilités. M. Poutine avait qualifié M. Trump d'"homme brillant et plein de talent". L'Américain avait loué l'"intelligence" du Russe.

Le Kremlin attend du président américain une levée des sanctions internationales imposée à la Russie après l'annexion de la Crimée en mars 2014 et le soutien aux séparatistes ukrainiens dans l'Est de l'Ukraine.

"Pour ce qui est des sanctions. Nous verrons ce qui va se passer. Il est très tôt pour parler de cela", a prudemment avancé le président Trump vendredi lors d'une conférence de presse avec la Première ministre britannique Theresa May

Première dirigeante à avoir été reçue à la Maison Blanche, Theresa May s'est démarquée du président américain sur ce dossier.

"Nous pensons que les sanctions doivent continuer jusqu'à ce que l'accord de Minsk soit pleinement mis en oeuvre et nous continuons à militer en ce sens au sein de l'Union européenne", avait-elle déclaré en référence aux accords de février 2015 sur un règlement diplomatique entre Kiev, Moscou, Paris et Berlin pour mettre fin au conflit ukrainien.

Avec AFP

XS
SM
MD
LG