Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

États-Unis

Trump annonce le départ du chef des services de renseignement

L'ancien directeur du renseignement national, Dan Coats, le 13 février 2018.

Le président Donald Trump a annoncé dimanche que le chef des services de renseignement américains, Dan Coats, quitterait son poste en août et qu'il avait l'intention de le remplacer par le représentant John Ratcliffe.

M. Coats cessera le 15 août ses fonctions en tant que Directeur du renseignement national (DNI), un poste qui supervise et coordonne les activités de la CIA, de la NSA et des autres services de renseignement américains.

Au cours de son mandat, M. Coats a régulièrement été en désaccord avec M. Trump sur des sujets de première importance et il semble avoir été parfois tenu à l'écart de certains dossiers, mais il s'est efforcé d'éviter une confrontation ouverte avec le président.

M. Trump a annoncé sur Twitter son intention de désigner pour le remplacer John Ratcliffe, un des élus du Texas à la chambre des Représentants. M. Ratcliffe siège actuellement dans les commissions du renseignement, de la justice et de la sécurité intérieure de la Chambre des représentants.

"Ancien procureur, John guidera et inspirera de la grandeur au Pays qu'il aime", a écrit M. Trump, qui a remercié M. Coats pour les "grands services rendus à notre Pays".

Si la désignation de M. Ratcliffe est approuvée par le Congrès, M. Trump aura en lui un chef du renseignement qui sera plus en harmonie avec ses vues que ne l'a été M. Coats.

M. Ratcliffe a par exemple déclaré qu'il n'avait "pas vu de preuve" qu'une ingérence de la Russie dans l'élection présidentielle de 2016 ait contribué à la victoire de M. Trump. Il a aussi soutenu la ligne dure du président républicain sur le dossier iranien.

- Défenseur résolu de Trump -

Au Congrès, M. Ratcliffe a été un défenseur résolu de M. Trump et a été très critique envers deux des bêtes noires du président, le chef du FBI James Comey, limogé par M. Trump, et le procureur spécial Robert Mueller.

En revanche, la question des soupçons d'ingérence russe dans l'élection présidentielle est l'une de celles sur lesquelles M. Coats a été en désaccord avec le président.

Le DNI a soutenu les conclusions du renseignement américain, qu'il dirigeait, faisant état d'une telle ingérence.

Il a aussi désapprouvé publiquement la décision de M. Trump d'avoir un entretien à huis clos de deux heures avec le président russe Vladimir Poutine à Helsinki en juillet 2018, avec seulement la présence des interprètes.

"S'il m'avait demandé comment cela devait être mené, j'aurais suggéré une autre manière", a déclaré à l'époque M. Coats.

Le DNI a de plus reconnu avoir été laissé dans l'ignorance de la teneur de l'entretien entre MM. Trump et Poutine. "Je ne sais pas ce qui s'est passé pendant cette rencontre", a-t-il déclaré trois jours après l'entretien.

Un autre point de divergence entre M. Coats et M. Trump a été la volonté du président américain de tenter d'obtenir que la Corée du Nord renonce à son arsenal nucléaire au moyen de négociations directes avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un.

M. Coats avait exprimé son désaccord sur ce sur le dossier nord-coréen dans son rapport annuel sur les menaces existant dans le monde.

"Nous continuons à estimer que la Corée du Nord n'abandonnera probablement pas toutes ses armes nucléaires et ses capacités (dans ce domaine, ndlr), bien qu'elle cherche à négocier des mesures de dénucléarisation partielle pour obtenir d'importantes concessions américaines et internationales", avait écrit M. Coats.

M. Trump, pour sa part, considère que M. Kim pourrait être disposé à renoncer à l'arsenal nucléaire nord-coréen.

Sur l'organisation jihadiste Etat islamique, le même rapport annuel de M. Coats estimait, malgré les affirmations contraires de M. Trump, que le groupe était loin d'être vaincu malgré ses défaites en Irak et en Syrie et qu'il pourrait aisément se développer de nouveau dans un vide créé par le départ des troupes américaines de la région.

Le départ de M. Coats sera le dernier en date d'une longue série au plus haut niveau de l'administration Trump.

Ont notamment quitté leurs fonctions depuis le début du mandat de M. Trump le secrétaire à la Défense Jim Mattis, la secrétaire à la Sécurité intérieure Kirstjen Nielsen, le chef de cabinet de la Maison blanche John Kelly et le secrétaire d'Etat Rex Tillerson.

Avec AFP

Toutes les actualités

Une statue de Christophe Colomb déboulonnée à Baltimore

Manifestation contre le racisme à Baltimore, Maryland, USA, le 12 juin 2020. (Photo REUTERS/Rosem Morton)

Des protestataires ont déboulonné une statue de Christophe Colomb samedi à Baltimore, sur la côte est des Etats-Unis, dernière attaque en date contre des monuments ou statues de personnages historiques liés à l'esclavage ou la colonisation.

Selon des images diffusés par le Baltimore Sun, des manifestants ont déboulonné la statue du navigateur génois à l'aide de cordes, près du quartier de Little Italy.

Longtemps célébré comme "celui qui a découvert l'Amérique", Christophe Colomb est aujourd'hui vu par certains comme le symbole de l'arrivée des Européens et de la conquête de terres ne leur appartenant pas.

Dans la foulée des manifestations contre les inégalités raciales déclenchées par la mort de George Floyd, un Afro-Américain tué par un policier blanc à Minneapolis le 25 mai, de nombreuses statues de personnages liés à l'histoire coloniale ou aux discriminations ont été déboulonnées ou attaquées, aux Etats-Unis et ailleurs dans le monde.

Dans son discours samedi à l'occasion de la fête nationale du 4 juillet, marquant le Jour de l'indépendance, lorsqu'en 1776 treize colonies britanniques proclamèrent leur séparation de la couronne britannique, le président Donald Trump a mentionné le navigateur génois.

"Nous nous battrons ensemble pour le rêve américain, et nous défendrons, protègerons, et préserverons le mode de vie américain qui a commencé en 1492 quand Christophe Colomb a découvert l'Amérique", a-t-il déclaré, s'en prenant aux manifestants qui dénoncent les discriminations raciales.

"Nous sommes en train de vaincre la gauche radicale, les marxistes, les anarchistes, les agitateurs et les pilleurs", a ajouté Donald Trump lors d'une cérémonie dans les jardins de la Maison Blanche

"Nous ne permettrons jamais à une foule en colère de démolir nos statues, d'effacer notre histoire et d'endoctriner nos enfants", a-t-il encore dit.

M. Trump avait déjà demandé vendredi à la police d'arrêter et poursuivre toute personne qui endommagerait un monument.

Plusieurs statues de Christophe Colomb ont été enlevées ou vandalisées, notamment à Boston, Miami, Richmond, en Virginie ou Camden, dans le New Jersey. Pour sa part, la municipalité de San Francisco a retiré une statue du navigateur de son parlement local.

L'Amérique célèbre un 4 juillet au goût amer

Des gens portent des drapeaux américains pendant qu'ils participent à un défilé lors des célébrations de la fête de l'indépendance du 4 juillet à Washington, D.C., États-Unis, le 4 juillet 2019. REUTERS / Carlos Barria

Couvre-feux Covid-19 en Floride, manifestations contre le racisme: les Etats-Unis célébraient samedi leur fête nationale dans une atmosphère singulière et un climat tendu.

Les festivités du 4 juillet, traditionnellement marquées par des parades, fanfares, barbecues et grands feux d'artifice dans une ambiance bon enfant ont été revues à la baisse à travers la pays.

Un "hommage à l'Amérique" sera malgré tout rendu par le président Donald Trump dans la capitale fédérale de Washington, à partir de 18H40 locales (22H40 GMT).

En dépit de la pandémie de coronavirus, le National Mall, l'immense esplanade où se dressent musées et monuments officiels et ses alentours resteront ouverts et accessibles au public pour un feu d'artifice annoncé comme "monumental".

Un défilé aérien d'appareils de la Seconde Guerre mondiale et un show de la patrouille des Blue Angels sont attendus, sous un soleil de plomb.

Pour l'occasion, l'administration dit avoir prévu la distribution de 300.000 masques.

Donald Trump s'exprimera depuis la Maison Blanche lors d'une cérémonie à laquelle ont été invités des Américains "en première ligne" face à la pandémie, en particulier du monde de la santé mais aussi des forces de police et de l'armée.

"La distanciation sociale sera observée et des masques et des désinfectants pour les mains seront distribués", a précisé à l'AFP Judd Deere, porte-parole de la Maison Blanche.

Fidèle au message qu'il martèle depuis plusieurs jours, le milliardaire républicain a une nouvelle fois ignoré samedi le regain des contaminations qui alarme les autorités sanitaires.

"Nous avons été frappés par ce terrible fléau venu de Chine et maintenant nous sommes sur le point de nous en sortir", a-t-il lancé dans un message vidéo diffusé en milieu de journée. "Notre pays est de retour, les chiffres de l'emploi sont spectaculaires", a-t-il martelé.

- Records de cas en Floride -

Au même moment, la Floride annonçait un nouveau record de cas de Covid-19 à 11.458 sur les dernières 24 heures.

Devant l'ampleur de la crise sanitaire, le maire du comté de Miami-Wade, le plus peuplé du pays avec près de 2,7 millions d'habitants, a décrété vendredi un couvre-feu à partir de 22H00 locales.

Il "est destiné à empêcher les gens de s'aventurer et de traîner avec des amis dans des groupes, ce qui s'est révélé être un facteur de propagation rapide du virus", a expliqué Carlos Gimenez.

A Atlanta, Nashville, les concerts ou feux d'artifice ont été annulés.

Une cérémonie virtuelles remplace les célébrations prévues dans la ville texane de Houston, foyer de l'épidémie dans le grand Etat du Sud.

Les célébrations du Jour de l'indépendance, lorsqu'en 1776 treize colonies britanniques proclamèrent leur séparation de la couronne britannique et fondèrent les Etats-Unis d'Amérique, risquent cette année d'avoir un goût amer.

L'Amérique est animée depuis la mort de l'Afro-Américain George Floyd, par un mouvement historique contre le racisme, comparable au mouvement des droits civiques des années 60.

Partout dans le pays, des rassemblements sont prévus pour la justice, l'égalité raciale et contre le gouvernement Trump.

A Washington, une vingtaine de collectifs ont appelé à manifester, notamment devant le monument en mémoire d'Abraham Lincoln, depuis lequel Martin Luther King avait prononcé son discours "I have a dream", en 1963.

Une grande partie du centre-ville était déjà bouclée dans la matinée, a constaté l'AFP.

Candidat démocrate à la présidentielle de novembre, Joe Biden a appelé dans un message vidéo à s'unir pour surmonter "plus de 200 ans de racisme systémique".

"Notre pays a été fondé sur une idée, celle que nous naissons tous égaux. Nous n'avons jamais été à la hauteur de cette idée", a déclaré l'ancien vice-président de Barack Obama.

Donald Trump, qui brigue un second mandat, a dénoncé vendredi soir dans un discours très sombre "le désordre violent" dans les rues, et des "années d'endoctrinement extrême dans l'éducation, le journalisme et d'autres institutions culturelles."

En plein débat sur les statues mises à terre par des manifestants antiracistes, il a dénoncé, depuis l'imposant monument du Mont Rushmore, "une campagne visant à effacer notre histoire, diffamer nos héros, supprimer nos valeurs et endoctriner nos enfants".

Dans son discours, le tempétueux milliardaire n'a que brièvement évoqué la pandémie qui a fait près de 130.000 morts sur le sol américain.

Fête de l'indépendance: Donald Trump vante une Amérique "forte" et "fière"

Le président américain Donald Trump participe à la fête de l'indépendance au Mont Rushmore à Keystone, dans le Dakota du Sud, le 3 juillet 2020.(Photo by SAUL LOEB / AFP)

Loin de Washington pour un soir, Donald Trump a vanté vendredi une Amérique "exceptionnelle" et dénoncé le "violent désordre" provoqué par les manifestations anti-racistes, dans le cadre majestueux du Mont Rushmore, sans s'attarder sur les chiffres alarmants du Covid-19 dans un pays inquiet.

Très critiqué pour sa gestion de la pandémie, le président américain s'est offert, à la veille de la fête nationale du 4 juillet, une soirée de feux d'artifice et un discours au ton très dur en terrain conquis.

Le tempétueux milliardaire s'est exprimé sous le regard de quatre de ses lointains prédécesseurs, taillés dans le granit, dont il a longuement fait l'éloge: George Washington, Thomas Jefferson, Theodore Roosevelt et Abraham Lincoln.

Sous un ciel sans nuage et devant une foule scandant "Quatre ans de plus", dans laquelle les masques étaient rares, il s'est posé, à quatre mois de l'élection présidentielle, en défenseur de "l'intégrité" de son pays.

"Nous allons dire la vérité telle qu'elle est, sans nous excuser: les Etats-Unis d'Amérique sont le pays le plus juste et le plus exceptionnel ayant jamais existé sur la Terre", et "les Américains sont forts et fiers", a-t-il lancé.

En plein débat sur les symboles de l'Histoire du pays, et alors que des statues de généraux confédérés ont été mises à terre par des manifestants antiracistes, il a dénoncé "une campagne visant à effacer notre histoire, diffamer nos héros, supprimer nos valeurs et endoctriner nos enfants".

"Le désordre violent que nous avons vu dans nos rues et nos villes (...) est le résultat d'années d'endoctrinement extrême et de partialité dans l'éducation, le journalisme et d'autres institutions culturelles", a-t-il ajouté.

La mort, filmée de George Floyd, un homme noir asphyxié par un policier blanc à Minneapolis le 25 mai, a suscité une vague de manifestations, parfois émaillées de violences, inédites depuis les grandes marches pour les droits civiques des années 1960.

Résurgence record

Le milliardaire n'a que très brièvement évoqué la résurgence de cas de Covid-19 dans le sud et l'ouest qui "met tout le pays en danger" selon les termes d'Anthony Fauci, directeur de l'Institut américain des maladies infectieuses.

En mauvaise posture dans les sondages, Donald Trump s'en tient depuis plusieurs jours à un seul message: la crise du coronavirus est "gérée", l'économie américaine repart "plus fort et plus vite" que prévu et l'année 2021 sera "historique".

Pourtant, dans un contraste saisissant avec l'Europe, des records de contaminations sont battus quotidiennement aux Etats-Unis.

L'université Johns Hopkins, qui fait référence, a annoncé que les Etats-Unis avaient enregistré vendredi 57.683 nouvelles infections dues au coronavirus en 24 heures.

La petite amie de Donald Trump Junior, fils aîné du président, a elle-même été testée positive, a rapporté vendredi le New York Times. Kimberly Guilfoyle, 51 ans, était présente au Mont Rushmore, mais n'a pas voyagé dans l'avion présidentiel.

Nombre d'Etats ont dû mettre le déconfinement sur pause, voire faire machine arrière, refermant à la hâte bars et plages.

Au début de ce long week-end férié, l'ancien président démocrate Barack Obama a, lui, appelé à un sursaut. "Vaincre ce virus demandera la mobilisation de tous. Portez un masque. Lavez-vous les mains", a-t-il tweeté. "Et écoutez les experts, pas ceux qui essayent de nous diviser".

"Pas de distanciation sociale"

Le locataire de la Maison Blanche, qui était accompagné de son épouse Melania Trump, savait pouvoir compter sur un accueil chaleureux dans le Dakota du Sud, Etat peu peuplé qu'il a remporté en 2016 avec plus de 60% des voix. Et la gouverneure républicaine Kristi Noem avait indiqué par avance qu'elle n'entendait pas gâcher la fête. "Nous avons dit à ceux qui sont inquiets qu'ils peuvent rester chez eux", avait-elle expliqué.

"Pour ceux qui veulent se joindre à nous, nous distribuerons des masques gratuits, s'ils décident d'en porter un. Mais il n'y aura pas de distanciation sociale".

Des représentants de tribus Sioux ont manifesté pour protester contre l'organisation de cette soirée dans les montagnes de Black Hills - où les têtes ont été sculptées de 1927 à 1941 - qu'ils considèrent comme sacrées.

Donald Trump parle lui depuis longtemps de sa fascination pour le Mont Rushmore. En 2017, il avait même évoqué, en plaisantant, la possibilité que son visage y soit ajouté un jour.

Au-delà de toute considération politique, il est cependant peu probable que cela arrive. "La roche qui se trouve autour des visages (des présidents) ne permet pas de sculpture supplémentaire", explique à l'AFP Dana Soehn, porte-parole de ce Parc national. Elle rappelle par ailleurs que le sculpteur, Gutzon Borglum, voulait représenter les idéaux des 150 premières années de l'histoire américaine - naissance, croissance, développement, préservation - et que son oeuvre était par conséquent achevée.

Arrestation et inculpation de l'ex-collaboratrice de Jeffrey Epstein pour trafic de mineures

Ghislaine Maxwell a été arrêtée le 2 juillet 2020 par le FBI pour trafic de mineures dans l'affaire Epstein. (Photo AFP/20 septembre 2013)

Ghislaine Maxwell, ex-collaboratrice et ex-compagne de Jeffrey Epstein, a été arrêtée aux Etats-Unis et inculpée de trafic de mineures, accusée d'avoir recruté des mineures victimes d'abus sexuels commis par le financier new-yorkais.

La fille de l'ex-magnat britannique Robert Maxwell a été interpellée jeudi matin à Bradford, dans le New Hampshire, près d'un an après le suicide en prison de Jeffrey Epstein. Son arrestation constitue un rebondissement dans ce scandale qui touche à la jetset et à la famille royale britannique, en raison des liens entre M. Epstein et le prince Andrew.

Ghislaine Maxwell a comparu -par lien vidéo, pandémie oblige- devant une juge fédérale du New Hampshire, qui lui a lu les chefs d'accusation retenus contre elle. Mme Maxwell n'a parlé que par monosyllabes, et devait être transférée dans la foulée dans une prison de New York, où se tiendront les prochaines audiences.

Elle devra répondre de six chefs d'inculpation pour avoir "aidé, facilité et contribué aux agressions sur mineures de Jeffrey Epstein", de 1994 à 1997. Soit plusieurs années avant les faits pour lesquels Jeffrey Epstein avait lui été inculpé en juillet 2019, qui dataient du début des années 2000. Ghislaine Maxwell est aussi accusée d'"avoir menti de façon répétée" lors d'un témoignage sous serment dans le cadre d'un procès au civil en 2016.

L'acte d'accusation cite trois victimes présumées, identifiées uniquement par des numéros, toutes mineures à l'époque des faits: il indique qu'elles ont été amenées par Ghislaine Maxwell dans les résidences du financier à Manhattan, en Floride, au Nouveau-Mexique, ainsi que dans la résidence de Mme Maxwell à Londres, avant d'être agressées sexuellement.

Ghislaine Maxwell "se liait avec ces filles, en leur posant des questions sur leurs vies", et "en les invitant au cinéma ou à faire des emplettes", a souligné la procureure fédérale de Manhattan Audrey Strauss lors d'un point presse.

Elle "normalisait" l'obligation qui leur était faite d'avoir un rapport sexuel avec lui, en se déshabillant devant elles et en participant à des massages sexuels, a-t-elle ajouté, saluant le "courage" des femmes ayant accepté de témoigner "des décennies après" les agressions présumées.

Plusieurs des chefs d'inculpation, notamment pour incitation à des actes sexuels illégaux, pourrait valoir à cette habituée des soirées mondaines la prison à vie en cas de condamnation.

-"Magnifique propriété"-

Depuis que Jeffrey Epstein s'est pendu dans une prison de Manhattan en août 2019, à l'âge de 66 ans, Ghislaine Maxwell figurait en tête de liste des complices présumés dans l'enquête que la justice avait promis aux victimes présumées de poursuivre.

Plusieurs d'entre elles avaient indiqué, aux médias ou dans des documents judiciaires, avoir été "recrutées" par Ghislaine Maxwell, à une époque où elles constituaient des victimes faciles, inexpérimentées et désargentées.

Mme Maxwell avait disparu de la circulation depuis l'arrestation du financier en juillet 2019, alimentant toutes les spéculations, relayées par les tabloïdes britanniques. Mais les enquêteurs new-yorkais étaient restés muets sur son sort.

"Nous suivions discrètement ses déplacements", a indiqué William Sweeney, un responsable du FBI new-yorkais. "Récemment, nous avions appris qu'elle s'était faufilée dans une magnifique propriété du New Hampshire, continuant à mener une vie de privilégiée, tandis que ses victimes souffrent de traumatismes infligés il y a des années,", a-t-il ajouté.

Détentrice de plusieurs passeports, Ghislaine Maxwell était une figure de la jetset, tout comme Jeffrey Epstein, dont le carnet d'adresses comptait de nombreuses célébrités en Europe et aux Etats-Unis, y compris le prince Andrew ou l'ex-président américain Bill Clinton.

Le suicide du financier avait alimenté toutes sortes de théories du complot, laissant entendre qu'il aurait été éliminé pour ne pas compromettre ses puissants amis.

-Pressions sur le prince Andrew-

L'arrestation de Ghislaine Maxwell risque de placer le prince Andrew à nouveau sous les projecteurs. Dans des documents judiciaires publiés en août 2019, une femme, Virginia Roberts, affirmait avoir eu des relations sexuelles avec le prince, auxquelles Epstein l'aurait contrainte lorsqu'elle avait 17 ans.

Le duc d'York a toujours démenti ces allégations, mais la publication d'une photo, montrant Virginia Roberts à cette époque enlacée par le prince, ont alimenté les rumeurs, ainsi qu'un cliché montrant le prince en train de se promener à New York avec le financier alors même que ce dernier avait déjà été condamné et emprisonné pour recours à la prostitution en 2008.

Après l'avoir accusé de "faire semblant" de vouloir coopérer avec la justice américaine, la procureure Strauss a indiqué jeudi que les enquêteurs new-yorkais espéraient toujours interroger le prince, tombé en disgrâce avec cette affaire. "Nous serions ravis que le prince Andrew vienne nous parler, nous aimerions pouvoir profiter de ses déclarations", a-t-elle indiqué, soulignant que l'enquête était toujours en cours.

Donald Trump au Mont Rushmore pour une soirée de feux d'artifice

Donald Trump au Mont Rushmore pour une soirée de feux d'artifice
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:07 0:00

Voir plus

XS
SM
MD
LG