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Accusé de mener une "campagne de haine", Donald Trump se défend

Le président Donald Trump, le 17 juillet 2019 à Washington.

Donald Trump s'est défendu dimanche des nouvelles accusations de racisme déclenchées par sa diatribe de la veille contre un élu noir et la ville de Baltimore. Une tactique électorale risquée et assumée que ses opposants dénoncent comme une "campagne de haine".

"Un désordre dégoûtant, infesté de rats et autres rongeurs", un "endroit très dangereux et sale" où "aucun être humain ne voudrait vivre": le président américain a dépeint samedi en quelques tweets un tableau infâme de Baltimore, ville industrielle du Maryland majoritairement noire minée par les problèmes sociaux, la drogue et la violence.

Ces attaques visaient en premier lieu Elijah Cummings, élu de Baltimore au Congrès, qui avait critiqué la semaine précédente les conditions de détention des mineurs à la frontière avec le Mexique.

Elles ont provoqué une volée de réponses indignées au sein de l'opposition, la chef des démocrates à la Chambre des représentants Nancy Pelosi les qualifiant notamment de "racistes".

"Les démocrates jouent toujours la carte du racisme, alors qu'ils ont en réalité fait si peu pour les formidables Afro-Américains de notre pays", a répondu dimanche matin Donald Trump sur Twitter.

"Il n'y a rien de raciste à dire clairement ce que la plupart des gens savent déjà: Elijah Cummings a fait du très mauvais travail pour les gens de son district et ceux de Baltimore", a-t-il insisté dans l'après-midi par le même biais.

Comme lorsqu'il avait invité mi-juillet quatre élues démocrates issues de minorités à "retourner" dans leur pays, ses nouveaux propos ont été commentés avec parcimonie au sein de son camp.

"Le président a raison de dire que cela n'a absolument rien à voir avec la race", a déclaré dimanche sur la chaîne conservatrice Fox News le directeur de cabinet de la Maison Blanche Mick Mulvaney. L'élu républicain du Texas Will Hurd a confié de son côté sur ABC qu'il n'aurait "pas tweeté de cette façon".

- "Manoeuvre de diversion" -

A l'approche de la présidentielle de novembre 2020, Donald Trump semble déterminé à galvaniser sa base électorale, très majoritairement blanche, en alimentant les tensions raciales et idéologiques qui divisent l'Amérique.

L'élue démocrate du Michigan Rashida Tlaib l'a accusé dimanche sur CNN de mener une "campagne de haine" destinée selon elle à masquer son absence de propositions pour le pays.

Devenue en novembre l'une des deux premières femmes de confession musulmane élues au Congrès, l'Américano-Palestinienne fait partie --avec Alexandria Ocasio-Cortez, Ilhan Omar et Ayanna Pressley-- de la "Brigade" violemment visée il y a deux semaines par le milliardaire républicain.

Ses attaques répétées contre ces quatre parlementaires accusées de "haïr" l'Amérique avaient rapidement trouvé un écho auprès de ses partisans. "Renvoyez-la!", avait ainsi scandé la foule, lors d'un meeting électoral, à l'évocation de Mme Omar, fille de réfugiés somaliens.

Une stratégie vouée à l'échec, a estimé dimanche le sénateur Bernie Sanders, candidat à l'investiture démocrate pour la présidentielle de 2020: "Les Américains n'accepteront pas un président essayant de nous diviser selon la couleur de notre peau ou de notre lieu de naissance".

Pour le maire de New York Bill de Blasio, qui espère lui aussi défier Donald Trump dans les urnes l'an prochain, il s'agit avant tout d'une "manoeuvre de diversion" pour "détourner les gens de la réalité du pays".

Barack Obama, assez discret depuis son départ de la Maison Blanche, a modestement contribué au débat en partageant samedi sur Twitter une tribune de 149 membres noirs de son administration qui s'y inquiètent de la rhétorique de M. Trump et de la "montée du racisme" aux Etats-Unis.

"Je suis fier de la façon dont ils continuent à se battre pour une Amérique meilleure", a écrit l'ancien président, comme un miroir déformant au célèbre slogan de son successeur, "Make America Great Again ("Rendre à l'Amérique sa grandeur").

Avec AFP

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Deux semaines de prison pour l'actrice Felicity Huffman

Felicity Huffman quittant le palais de justice fédéral avec son mari, William Macy, Boston, 13 septembre 2019.

L'actrice américaine a été condamnée à deux semaines de prison pour avoir payé 15.000 dollars afin de falsifier les tests d'entrée à l'université de sa fille aînée, dans le cadre d'un vaste scandale de corruption.

Felicity Huffman, devenue célèbre pour son rôle dans la série télévisée "Desperate Housewives", avait plaidé coupable en mai. Elle avait admis avoir versé ces 15.000 dollars au responsable d'une société spécialisée dans la préparation aux tests SAT d'entrée dans les universités américaines, pour que les résultats de sa fille aînée soient améliorés.

Venue au tribunal accompagnée de son mari William Macy, également acteur, elle devrait commencer à purger sa peine le 25 octobre. Sur la trentaine de parents inculpés dans cette affaire, elle est la première à connaître sa peine. L'audience au tribunal fédéral de Boston vendredi était considérée comme un test de la sévérité que montrerait la justice face à des accusés fortunés.

Le procureur fédéral avait demandé à la juge Indira Talwani une peine d'un mois de prison, faisant notamment valoir que de riches parents ne pouvaient pas impunément corrompre le système d'admissions. Les avocats de l'actrice avaient plaidé contre la prison, proposant un an de liberté conditionnelle, des travaux d'intérêt général et une amende de 20.000 dollars.

- "Acquitter votre dette"

La juge Indira Talwani a tranché pour une brève incarcération, assortie de 30.000 dollars d'amende et de 250 heures de travaux d'intérêt général. "Après cela, vous aurez acquitté votre dette (…) Sans cette sentence, les gens vous demanderaient à l'avenir comment vous vous en êtes tiré à si bon compte", a déclaré la juge.

"Il n'y a pas d'excuse ni de justification pour ce que j'ai fait", a assuré Felicity Huffman, dans une déclaration transmise par un porte-parole. "Je peux vous promettre que dans les mois et années à venir, je vais essayer de mener une vie plus honnête, donner un meilleur exemple à mes filles et ma famille", a ajouté l'actrice.

Dans une lettre envoyée au juge début septembre, Mme Huffman avait expliqué pourquoi elle avait payé pour falsifier les tests de sa fille, qui avait eu une scolarité difficile mais ne lui avait rien demandé. "J'ai enfreint la loi, trompé le monde éducatif, trahi ma fille et n'ai pas été à la hauteur de ma famille", écrivait-elle, ajoutant qu'elle éprouverait "honte et regrets" pour le reste de sa vie.

- un système bien rôdé

Cinquante personnes ont été poursuivies dans ce dossier de corruption, dont une trentaine de parents, pour certains patrons d'entreprises ou avocats.Ils sont accusés d'avoir payé des sommes allant jusqu'à 6,5 millions de dollars pour faciliter l'entrée de leurs enfants dans de prestigieuses universités, dont UCLA, l'Université de Californie du Sud (USC), Stanford, Yale ou Georgetown. Vingt-trois personnes ont déjà plaidé coupable.

Le scandale avait éclaté mi-mars. L'ex-patron d'une société spécialisée de préparation aux examens, William Singer, avait reconnu avoir mis sur pied un système bien rôdé, allant de la triche aux examens jusqu'à la corruption d'entraîneurs sportifs universitaires, pour garantir l'admission de ces enfants dans de grandes universités.

M. Singer, qui aurait reçu au total environ 25 millions de dollars, a collaboré avec les enquêteurs et enregistré ses conversations avec plusieurs parents. L'autre célébrité impliquée dans ce scandale est l'actrice Lori Loughlin, connue pour son rôle dans la série "La fête à la maison". Elle et son mari ont plaidé non coupable, et attendent leur procès.

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