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Entre chômage et désespoir, des jeunes veulent en "finir" avec le régime au Togo

Les manifestants demandent le départ du président Faure Gnassingbé à la tête du Togo depuis 2005

Assis au milieu d'un groupe de jeunes dans le quartier de Bè, un fief de l'opposition à Lomé, Yaovi Ewonvo, commente le journal: "Rien ne va plus dans ce pays. Après des années d'études, on est réduit au chômage et toujours à la charge des parents".

Le Togo, où les deux-tiers des habitants vivent de l'agriculture de subsistance et plus de la moitié vit avec moins d'un dollar par jour, est en proie à une grave crise politique depuis septembre.

>> Lire aussi : Pénurie de carburant au Togo

"Ceux qui nous dirigent depuis des décennies ont échoué et ils doivent le reconnaître. Il est maintenant temps qu'ils quittent, raison pour laquelle je ne rate plus les manifestations de l'opposition. Je suis toujours dans la rue avec la coalition", affirme ce jeune de 28 ans, diplômé en informatique de gestion.

Une référence à la coalition de 14 partis de l'opposition qui se mobilisent depuis septembre, organisant des manifestations quasi hebdomadaires qui ont réuni des milliers, voire des dizaines de milliers de personnes.

Portrait de Pedro, irréductible manifestant togolais (vidéo)
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Les participants demandent notamment le départ du président Faure Gnassingbé, à la tête du Togo depuis 2005, après avoir succédé à son père, le général Gnassingbé Eyadéma, qui a dirigé sans partage le pays pendant 38 ans.

Le chômage touche la jeunesse de plein fouet. Certains économistes togolais estiment qu'il atteint 29% de la population active, dont une majorité de jeunes. Alors Yaovi Ewonvo, comme beaucoup d'autres jeunes du quartier, se prépare pour la prochaine marche, prévue le samedi 13 janvier.

"Je suis confiant que le régime va tomber un jour, nous sommes déjà sur le bon chemin. Car nous souffrons trop dans ce pays. La bataille doit se poursuivre", lance ainsi Cossi Adjévi, 27 ans, couturier reconverti dans la vente de carburant à Bè.

"J'ai fermé mon atelier depuis 4 ans, faute de clients. Je me suis finalement lancé dans la vente du +boudè+ (essence frelatée) au bord de la route et la police nous traque tous les jours".

A plusieurs reprises, les rassemblements ont dégénéré en affrontements avec les forces de l'ordre. Des impacts en sont encore visibles à Bè: pavés détruits, traces de pneus brûlés sur le goudron...

- 'La lutte jusqu'au bout' -

La plupart des jeunes manifestants du quartier sont des partisans de l'Alliance nationale pour le changement (ANC) de Jean-Pierre Fabre, chef de file de l'opposition.

Comme celui-ci, ils nourrissent peu d'espoir envers les discussions ouvertes entre le pouvoir et l'opposition.

"Nous voulons en finir avec ce régime cinquantenaire, car trop c'est trop. Le dialogue dont on nous parle depuis plusieurs semaines ne nous intéresse pas, car les discussions ne donneront rien", renchérit Elise Vianou, 23 ans, étudiante en gestion dans une université privée de Lomé.

Pour Edem, arrêté lors des manifestations du 7 septembre, puis relâché quelques jours plus tard, "ce dialogue est un marché de dupe".

"Pour moi, plus question de dialoguer: c'est la lutte jusqu'au bout", martèle ce conducteur de taxi-moto, vêtu d'un tee-shirt noir, sur lequel on peut lire: "Togo Debout".

Annoncé depuis début novembre par le gouvernement, le dialogue peine à démarrer. L'opposition exige des "mesures d'apaisement", notamment la libération de manifestants toujours détenus et le retrait des forces de sécurité du nord du pays, avant le début des discussions.

Jean Eklu, président des jeunes de l'ANC, confirme le désespoir d'une partie de la jeunesse, entre chômage et petits boulots, qui nourrit l'opposition au pouvoir en place.

"Les jeunes ne croient plus en ce régime parce qu'ils sont fatigués. Faites le tour de Bè, et vous verrez la plupart des jeunes livrés à eux-mêmes. C'est le chômage ambiant. Ils sont vendeurs d'essence frelatée ou conducteurs de taxi-moto... D'autres jeunes passent toute leur journée à jouer aux jeux", déplore-t-il.

Avec AFP

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Un chef coutumier et 4 civils tués dans deux attaques à Beni

Soldats des FARDC à Paida, près de Beni, dans la province du Nord-Kivu en RDC, le 7 décembre 2018.

Un chef traditionnel et quatre civils ont été tués dans la nuit de samedi à dimanche dans deux attaques dans le territoire de Beni, théâtre de violences permanentes dans l'est de la République démocratique du Congo, a-t-on appris des sources militaire et administrative.

"Nous avons repoussé la nuit une attaque des ADF (Allied Democratic Forces, rebelles musulmans ougandais) à Magboko près d'Oicha. Les combats se sont poursuivis jusqu'à la fuite de l'ennemi que nous poursuivons. Malheureusement, deux civils ont été exécutés", a déclaré à l'AFP le major Mak Hazukay, porte-parole de l'armée dans le Nord-Kivu (est).

A Eringeti, situé à 30 km de cette première localité attaquée et à 60 km au nord de la ville de Beni, un chef coutumier a été tué avec deux autres civils dont une femme", a indiqué Donat Kibwana, administrateur du territoire de Beni.

"Si à Magboko, l'incursion des ADF ayant fait deux morts a débuté vers 23 heures, pour le cas d'Eringeti, les enquêtes sont en cours pour identifier les auteurs de cet acte", a précis M. Kibwana.

"Les victimes de Magboko ont été tuées à la machette alors que celles d'Eringeti ont été tuées par balles tirées par des éléments en uniformes non encore identifiés", a souligné Teddy Kataliko, l'un des responsables de la société civile du territoire de Beni.

"C'est inconcevable qu'un chef du village soit abattu dans un milieu où l'armée est déployée", a-t-il ajouté.

Miliciens musulmans ougandais présents dans l'est de la RDC depuis 1995, les ADF sont accusés par le gouvernement congolais et la mission de l'ONU, la Monusco, d'être responsables des massacres des civils dans la région de Beni, ayant fait plus de mille morts depuis octobre 2014.

Cette appréciation est remise en cause par un rapport du Groupe d'étude sur le Congo (GEC) de l'Université de New York, selon lequel les ADF portent effectivement une part très importante de responsabilité dans ces tueries, mais au côté d'autres éléments armés, parmi lesquels des soldats de l'armée régulière.

Le village de Mukoko déserté à Beni après les massacres (vidéo)
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Dans l'est congolais, plusieurs dizaines de groupes armés locaux et étrangers sont actifs depuis plus de deux décennies.

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